‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 155 sur 225 · SUR LA MÉDISANCE · texte numérisé non relu

SUR LA MÉDISANCE

qnelqu'oD soit mis en jeu ; aotrement on tariroit bientât, et ott dboMi* reroit dans le silence. On dit : Il £int bien être instroit de tout oe qoi se passe ; il fout bien connottre le monde, afin de ne s'y pas tronqper. On dit : Je n ai rien contre ces personnes , et je ne prétends point lenr nuire ; si j'en parle , c'est fort indiffiérenunent. On dit : La chose n'est pas secrète, ou dans peu elle cessera de l'èlre. On dit : C'est un homme dont je n'ai pas lieu d'être content ; il en use mal : pourquoi Fëpargnerois je? il se fait trop valoir ; il est bon de Thomilier. On dit : Je n'en impose point, je n'avance rien de faux, toiit est comme je le rapporte. Enfin , que ne ditron pas? et , rassuré de la sorte , avec qudle liberté ne s'explique-tron pas et ne lanoe-ton pas les traits les plus piquants?

4. Péché qui ne coûte que quelques paroles , et dont les moyens sont toujours les plus présents et les plus prompts : il ne s'agit que de s'énoncer , ou même , au défaut de la voix , un geste, un signe , un coup d'œil suffit , et dans un moment fiait concevoir tout ce que la bouche pourroit exprimer : car on médit en plus d'une iaçon , et il y ^ pour cela plus d'un langage.

5. Pédié qui fiiit l'agrément des conversations , et qui se trouve ap* plaudi et bien reçu de tout le monde. Ce n'est pas que dans le fond de l'ame on n'ait souvent en horreur le médisant; mais la médisance plaît , surtout quand elle est assaisonnée de bons mots , c'est4-dire de mots qoi percent , qui déchirent , qui exposent le procèain i la risée , et qui insultent en quelque sorte à sa honte et à son malheur. Tous les esprits alors se réveillent pour écouter, et on redouble l'attention : il n'est donc point surprenant , après cela , qu'avec un accès si fodle la médisance iasse de si grands progrès , et que samobstade die répande de tous c6tés son venin. Aussi est-ce le péché le pins commun» et de là les parfaits chrétiens tirent deux conséquences : la première, d'éviter, autant qu'il leur est possible , le commerce du monde ; et la seconde , d'y être toujours en garde toutes les fois qu'ils y sont appelés : car ils n'ignorent pas combien la médisanœ est un mal contagieux , et avec quelle subtilité et quelle vitesse il se communique.

Second point. Grièveté de la médisance. C'est un principe gàiéral , et que nous devons reconnottre avant toutes choses , savoir : que la médisance est , de sa nature , un péché grief : pourquoi ? par le tort qu'elle hit au prochain, à qui die ravit le plus dier de tous leslriens de la vie humaine et civile, qui est la réputation. Car la réputation, disent, les théologiens , est un bien propre où chacun a droite ei, un bien d'une valeur inestimable dans l'opinion des hommes: par oonsé* quent si je l'enlève à mon frère sans un titi^ légitime et sans une solide raison , c'est une injustice dont je me rends coupable envers lui , et dont je lui doi^ une réparation aussi entière qu'elle le peut être. Hais , pour ne pas insister davantage sur un point si uoiviarsdle-

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