SUR LA FOI
pour en juger sans prévention , sans passion? et est-ce enfin au milieu de la débauche où ils demeurent pfengés, est-ce parmi une troupe d'impies comme eux et dans la dissipation du monde, qu'on est en état de s'instruire? Des yeux couverts d'un voile épais n'aperçoivent point la lumière du solal/mais die n'en est pas moins vive. Laissons le libertinage raisoilner à son gré, et se perdre dans ses raisonnements: pour nous, raisonnons en clirétiens.Notre raison appuieranotre foi, et nous aidera à dissiper tous les nuages de l'incrédulité.
Second point. Foi assez obscure dans le fond de ses vérités pour exercer laisoumission la plus humble et la plus aveugle. C'est un autre avantage de la foi chrétienne, el c'est proprement ce qui en fiiit le m^ rite. Yoilà pourquoi le Fils de Dieu disoit à saint lliomas : Bienheureux ceux qui n*oni poinivu et qm atacru (Joan., 90). Heureux de croire et de ne pas voir, parceque s'ils voyoient, ils ne croiroient plus, puisque croire c'est adhérer à ée qu'on ne voit pas. Heureux de croire et de ne pas voir, parceque s'ils voyoient ils n'auroient plus de foi , puisque leur foi se changeroit en évidence, et que l'obscurité est essentielle à la foi. Heureux dei croire et de ne pas voir, parceque s'ils voyoioit, leur adhésion à ce qu'ils verroient ne seroit plus pour eux une vertu ni un sujet de récompense, puisqu'elle nedépendroit plus de leur volonté et de leur consentement : car l'esprit est«il maître de ne pas acquiescer à ce qu'il voit, et fout^il le oHnndre efibrt et le mdndre acte de la volonié, pour commander à la raison de le reoonnoltre et pour l'y obliger?
C'est donc ici que nous devons admirer l'infinie miséricorde et la suprême sagesse de notre Dieu, lorsqu'il a formé le dessein de nous conduire au salut par la voie de la foi. 11 a en tout à la fois eta vue et sa gloire et notre sanctification ; il a, dis-je, voulu que la soumission de notre foi honorât son adorable et souveraine vérité, et que comme nous lui foisons par l'amour le sacrifice de notre cœur, nous lui fissions par la fm le sacrifice de notre esprit. 11 ne s'est pas contenté de cela, mais en cela même il a encore eu égard à notre intérêt: ila voulu que la soumission de notre foi, par l'effort qu'elle nous co&teroit, et par la victoire qu'elle nous feroit remporter sur nous-mêmes , nous tfnt lieu de mérite anjn^de lui, et nous devint profitable pour l'éternité. Or il est vrai que dans le fond de ses vérités et des mystères qu'elle nons révèle, la foi, par son obscurité, est en eâet pour nous la plus grande épreuve, et conséquemment la plus méritoire.
Car quelles vérités nous propose-t-elle à croire , et queb mystères? i. Des mystères au«dessus de tous les sens, et plusieurs même tout opposés à ce que les sens nous représentent ; 2. des mystères au-des- 8US de l'intelligence huiuttue, et où la raison, tonte pénétrante qu'elle est, ne peut par elle-même se foire jour, ni suppléer au défaut des sens; 3. des mystères ^nt la oonnoissance s'est perdue dans les plus
JITQ SUR LA RÉDEMPTION DES HOMMES, etc.
vaates contrées d« la lerre» et quedesntlioBi entières d'infidèles igno« renti et ne sont nullement en peine de savoir; 4. des mystères exposés, jusque dans le sein du christianisme, aux mépris et aux contradiotions, attaqués par Timpiété, combattus par l'hérésie; 5. et qudie crésnce nésômoins dois-je donner à ces mystères ? une créance si ab» solue, que pour cela je dois démentir tous mes sens, imposer sQencei ma raison, lui fiûre violence, et la tenir assujettie sons le joug; uns créance si pure, si siniple, que je ne puis écouter la moindre diffi* coIté, ni former le moindre doute ; une créance si pleine et si parfaite, qu'elle doit généralement s'étendre à tons les articles de la foi que je professe : de sorte qu'il ne m'est paspcmds d'en retrsneher un seul, puisque de pâçber dans un seul point, c'est pécher dans tous les autres; une créance si résolue et si constante, que rien ne puisse m'en déticher , ni crainte, ni espérance, ni menaces, ni promesses, ni autorité, ni grandeur, ni persécutions, ni tourments, ni la vie, ni la auirt. Ah! Seigneur, un tel hommage vous est bien dA, niais il n'appartient qn'i vous et à votre divine parole. Ce n'est point là ce que nous révèle la chair et le sang ; mais cette docilité , cette soumission sans réserve ne peut venir que de la grâce de votre Père céleste. Tout l'esprit de rhonune y répugne ; sop indépendance naturelle, sa curiosité,aa pré* «emption ne peuvent s'accommoder de ce saint esdavage oii la foi le réduit; mais, malgré toutes les révoltes intérieures et toutes les répu« gnanees, jecrois, umni Dieu, parceque je veux croire ; et je veux croire,
paresque je sua cpM je dois croire. Vous oepenchmt, Seignens aoff*
mentez ma foi, animez-la, vivifiez-la, afin que ce ne soit pas stérile, mais agissante, mais féconde en bomes couvres, er sahitsire.
uRDi. — JeaurBapUste psrfecUgnusnt Irt psupt^ pir Ve^pérancs en' J^iHJIvU.
SERMON son LA niniM PTiON uns romues par lÉscs-cnniST.
Beee Âgnu$ IM, eecê qtU toUU ^ealum mundi.
VoOl rA«MM 4e Dito, voM eetai qal dMbe le péGM dB moBSe. loiii .. I.
S'immoler à Dieu comme la victime du monde ; en cette qualité de victime, ef&cer les péchés du monde et être le rédempteur du amide : tout cela c'est, en différents termes, le même sens. Dès-là donc que Jésus-Christ c^t venu nous délivrer du péché, il est venu nous sauver; et poovons-noQS concevoir une rédemption plus parfaite, de quelque manière que nous la regardions , soit dans son principe, soit dans son mérite, soit dans aon étendue? Arrêtons-nous à ces tirois points. AA» dempiion dans son principe la plus gratuite ; premier pointRëdemption dans son mérite la plus abondante : second point. Rédemption dans son étei)4ue la plus universelle : troisième point. De Ui noua tirerqiv aptant d9 mMib fowf pmt^ notre confiance en c^ DJM-
SUR LA RÉDEMPTION DES IIOIOŒS, stc (171
Homme, dont nous nous disposons à célébrer la glorieuse nativité; et, sans présumer de ses miséricordes, nous nous sentirons portés à le ré^ clamer dans tous nos besoins, et à implorer auprès de son Père sa toute puissante médiation.
Premier point. Rédemption dana son principe la plus gratuite* Quand saint Paul veut relevei^ et nous donner à oonnottre l'amour ei^tréme que Dieu nous a témoigné dans la rédemption du monde, il qous marque deux drconstances, savoir, que nous n'avions mérité cette grâce en aucune sorte ^ ni par aucune de nos œuvres; et de plus, que le péché même nous en renJoit formellement indignes, puisque nous étions dans h disgrâce de Dieu et ennemis de Dieu« D'oïl FApdtre conclut que si nous avons été rachetés par nu Dieu Sauveurs c'a été de sa part une pure miséricorde et une pure grâce.
1< Qu'avions-noos feit et que pouvions-nous foire qui dût nous attirer du cid un don aussi excellent et aussi grand que celui du FHs unique de Dieu, pour être le médiateur de notre salut et le prix de notre rançon? Yoità^ dit Jésus-Christ lui-même dans saint Jean » voilà comment Dieu a ahné le monde. Il a donné son Fils pour le monde f afin que ceux qui croiront en lui ne férissent points mais qu*ils par' viennent à la vie étemelle (Joan., 3). Paroles remarquables. Ce divin Maître ne dit pas , Voilà comment Dieu a récompensé le monde, voilà comment il a eu égard aux vœux et aux bonnes œuvrer du monde; mais, Voilà comment il Ta aimé : c'est-à-dire qu'il ne s'est nntéressë pour nous que par amour, qu'il n'a compati à nos maux que par amour, quil ne nous a sauvés que parcequ'il e^t bon» et que par anaour.
% Ce n'est point encore assez, poursuit le Docteqr des nations. Car une autre drconstance. où notre Dieu a fait éclater, ne disons plun simplement sa charité, mais le^ richesses infinies, mais l'excessive condescendance, mais le comble de sa charité, c'est de l'avoir exercée envers nous lors même que nous étbns pécheurs, et que^ paftidpant à la désobéissance de notre premier père et à la malédiction tombée sur lui, nous n'étions à ses yeux que des enfants, de colère et des sujets de haluie. Du moins si nous n'avions eu que ce péché d'origine : mais combien d*auires péchés prévoyoit-il , dont nous sommes devenus dans la suite des temps, et nous devenons sans cesse coupables ? Péchés actuels et personnels, péchés énormes et de toutes les espèces, fléchés sans nombre, et péchés toutefois qui n'ont pu, ni par leur maice et leur grièveté,.ni par leur innombrable multitude, rétrédr ces enîrtûtfes de miséricorde avec lesquelles il a plu au Seigneur de venir d'en haut nous visiter , pour éclairer ceux qui demeuroient ensevelis dans les ténèbres et dans C ombre de la mort , et pour nous mettre dans le chemin de la paix (Luc, 1). Après cela, que n'avonsnoua pas droit 4*dttendre d'un Dieu qui nous a ainsi prévenus ? Graindrons-'iioqs
572 SUR LA RÉDEMPTION DES HOMMES, etc.
d'aller à lui? Tout offensé qu'il étoit et tout égarés que nous étions » il n'a pas dédaigné de nous chercher lui-même, et de faire toutes les avances pour nous ramener et nous retirer de la voie de perdition : nous rejettera-t-il quand nous nous présenterons à son trône, que nous nous jetterons à ses pieds , que nous lui adresserons nos demandes dans un esprit d'humilité ei avec un cœur droit et contrit ? Gessera-t-il de nous aimer dans le temps où, par notre confiance et par des dispositions chrétiennes, nous trayaillerons à nous rendre moins indignes de son amour ?
Sbcond point. Rédemption dans son mérite la plus abondante. Elle a eu deux effets : l'un d'effocer pleinement le péché, l'autre de nous enrichir d'un trésor de grâces inépuisable.
1 . Rédemption abondante, parcequ'elle a effacé plônement le péché : comment cela? C'est que la vertu des mérites' de' Jésus-Christ est au-dessus de toute la inaÛce du péché,' et que ces mérites ont été plus que^uffisants pour laver les péchés , non seulement du monde entier, mais^de mille mondes. Car la malice du péché, quelle qu'elle puisse être, et à quelque excès qu'elle soit montée, n'est, après tout, infinie que dans son objet, ,c'est-^-dire qu elle n'est infinie cpie parcequ'dle s'attaque à Dieu, qui est le premier être, un être infiniment grand : au lieu que les mérites de Jésus-Christ sont infinis en euxmêmes et par eux-mêmes : pourquoi? parceque ce sont les mérites d'un Homme-Dieu, les mérites du Fils de Dieu, les mérites d'un Dieu.
2. Rédemption abondante par le trésor de grâces dont elle nous a enrichis. Trésor dont l'Église est dépositaire, et qui lui est resté des mérites de son Époux. De là cette belle et consolante parole de l' Apêtre, que là oit te péché étoU abondant^ la grâce a été turaJbondanie {Ad Shbit., i). De là même ce raisonnement si juste et si solide que faisoit aux Romains le maître des Gentils pour affermir leur espérance : Dieu n'a pas épargné tan propre flb, mais U l'a Uvré pour nous. Or 9 en nota le dûmumif ne nous a^t-il pas toui donné avec bd et en Uù {Bûm.9 8)? En effet, c'est de ce don essentiel, de ce premier don, comme d'une source intarissable, que sont venus et que^nnent sans interruption tous les autres dons qui se répandent sur la terre, et qui servent à la sanctification des amés ; c'est de là que. partent toutes les grâces renfermées dans les sacrements de FÉglise, et de là qu'ils tirent toute leur vertu ; c'est de là que nous sont communiqués tous les secours intérieurs et spirituels qui nous fortifient , toutes les lumières qui nous éclairent, toutes les vues qui nous conduisent, tpus les sentiments qui nous touchent, tout ce qui nous approche de Dieu, qui nous convertit à Dieu, qui nous élève et nous unit à Dieu.
Ah! Seigneur, U est Ken vrai que vous Sus le Sauveur du monde (JoAH., 4). Mul autre que vous ne pouvoit l'être , puisque nul antre ne pouvoit satisfaire pour les péchés du monde, ni ne pouvoit sancti-
SUR Là RÉDEMPTION DES HOMMES, etc. 873
lier le monde. Vous avez faix Fan et l'autre, et oomment l'avez-voiis feît? avec quelle effusion de vos miséricordes! avec quelle plénitude et quelle perfection ! Mais » hélais ! s*il ne manque rien à notre rédemption de la part de ce Dieu Sauveur, n'y manque-t-il rien de notre part? Car ne nous flattons point, dit saint Augustin : le même Dieu qui nous a créés sans nous ne veut point nous sauver sans pous. En effaçant le péché, il n*a point prétendu nous dégager de l'obligation d'effacer nous-mêmes nos péchés et de les expier, autant que nous le pouvçDS et que nous le devons. Et en nous comblant de ses grâces, il nous a ordonné de ne les pas recevoir en vain, mais d'y être fidèles et de les faire Talon*. Selon ces deux devoir^ si indispensables, jugeons-nous nous-mêmes, et voyons si notre espérance en Jésus-Christ est bien fondée, et si ce n'est point une espérance présomptueuse.
Troisièwb ponrr. Rédemption la plus universelle dans son étendue. Tous les hommes y sont compris : tous en général, chacun en particulier.
1. Tous en général : ce n'est point seulement pour une nation que Jésus-Christ est venu et qu'il a été envoyé, mais pour tous les peuples et toutes les contrées de la terre. Car auprès du Sàgneur^ dit l'Apôtre saint Paul , il n'y a ni Juif^ m Genii/, ni circoncit^ m tnctrconm, m Scythe^ m Barbare; nwis Jétui'Ckriii en tout {Cal.f S), et tout est en Jésus-Christ* Ce n'est point seulement pour certaines conditions. Le Dieu que nous adorons n'a aceeptian de personne (Ephes.^fSj : ni de celui qui est dans la grandeur, ni de5^lui qui est dans l'abaissement, ni du riche, ni du pauvre, ni du monarque, ni du sujet, ni de Taf^ firanchi, ni de Tesclave. Ce n'est point seulement pour les fidèles et pour un petit nombre de prédestinés, mais pour les infidèles et les idolâtres, mais pour les pécheurs, mais même pour les réprouvés. Le Père des miséricordes a fait lever son soleil sur les bons et sur iesmé» ehants ; et sans exception^ il a fait couler sfur les uns et sur les autres la rosée du ciel (BIatth., 5) et les saintes iofluences de sa grâce.
S. Chacun en particulier. C'est ce que nous enseigneexpreseénent le Prince des apôtres dans sa seconde Épttre, où nous lisons ces paroles si claires et si décisives : Le Seigneur use de patience à cause de voaSi ne voulant point que pas unpéritse, mais que tous aient recours à la pénitence (S. Petr. , 5). D'où vient que saint Jérôme n'a pas craint d'avanc^ir cette proposition : que Jean-Baptiste, en disant de Jésus* Christ , Voilà celui qtii efface les péchés du monde^ eût été dans Terreur et nous eût trompés avec lui, s'il y avoil un seul homme dont les péchés n'eussent pas été effacés par la médiation de ce divin Sauveur. Sur quoi saint Bernard ajoute ( et ceci est bien remarquable) que comme tous les êtres créés peuvent dire chacun à. Dieu, Vous êtes mon Créateur; ainsi tous les hommes peuvent chacun lui dire : Vous êtes mon Rédempteur. Vérités consolantes dans l'Église chrétienne;
374 SUR LA liÉVOTION ENVERS JÊSUS-CHRIST.
yërités fondëes sur lès sacrés oracles du Saiot-Ësprit , sur les écrits des apôtres, sur la tradition des Pères, sur la créance commune et orthodoxe, sur la raison même éclairée de la foi et dirigée par la foi. Car «ans cela, quel fond pourrion^nous faire. sur la Providence divine, et qui pourroit s'assurer qu'elle ne lui a pas manqué? Non, elle n'a manqué à personne ; mais voici le renversement. Dieu a voulu et veut encore sauver tous les hommes ; mais de tous les hommes combien y en a-t-il qui veuillent leur propre salut : qui le veuillent» dis-je^ sincèrement, efficacement? Tous sont appelés à ce salut étemd, tons pour cela ont eu le même Rédempteur, et néanmoins il n'y a que très peu d'élus : pourquoi? parcequ'il n'y en a que très peu qui veuillent Têtre, que très peu qui travaillent à Fétre, que très peu qui prennent les moyens de Têire. (Confions-nous en Jésus-Christ et en ses mérites ,' mais souvenons-nous qu'on n'y participe qu'en participant à ses souffrances et à ses travaux, qu'en observant ses préceptes, qu'en se conformant à ses exemples, qu'en imitant ses vertus.
«àiot. -^ leal^Bâpt!lte perfeekiomiaiit lei penplét par llimoof de JiiaB43irîâf .
SERMON
film LA DiVÔTIM BNVfenS lAsDSHQnnff .
gaudium fneutn knpUtum est.
t'atni de répottz, qui ot prêtent et qui ré^te, net tottea JMe à eiileiidfeli tolxderê* yMt : et ToUà oequl rené B«-J«io pafattit Jaui. , ui.
Qu'est-ce que cet époux, et qu'étoit-ce que cet ami de l'époux? Dans lé sens propre de TÉvangile, cet époux c'est Jésus-Christ, et cet ami de l'époux c'étoit Jean-Baptiste. En témoignant ces sentiments à regard du nouveau maître qui commençoit à parottre dans le monde et à enseigner, le saiot précurseur avoit en vue de les inspirer a ses disciptes, et de les répandre par leur ministère dans tous les cœurs. Sentiments dont nous devons être remplis nous-mêmes ; sentiments d'un zèle sincère pour Jé^us-Cbrist, d'un dévouement parfait à Jésus- Christ, d*nne fervente dévotion envers Jésus-Christ. Que ne suis-je assez heureux pour l'allumer dans vos âmes cet amour» cette dévotion si digne de l'esprit chrétien I c'est du moins à quoi je vais travailler dans ce discours. Dévotion envers Jésus-Christ, dévotion tout à la fois et la plus sainte et la plus sanctifiante. La plus sainte en elle-même : premier point. La plus sanctifiante par rapporta nous : second point. La plus sainte en elle-même, en voilà l'excellence; la plus sancii* fiante par rapport à nous , en voilà les avantages. Quoique cette matière soit générale, c'est vous surtout qi^'elle r^arde, âmes fidèles et pieuses qui cherchez à vous avancer dans les voies de la perfoctioB évangélique , et à vous tenir étroitement unies au principe même de
SDK LA DÉVOTION ENVERS JASUS-GHRIST. KTS
tonte stiDtetë, qai est le Saravear envoyé da cid pour le salut et la sâBcUfication des hommes.
Pamm poiht. Dëvotioû eoTera Jéses- Christ ^ dë?odon la pins sainte en elle-même* Doublement sainte, soit par rdbjel qa'elle se propose , soit par l'esprit qui ranime.
1 . DëTOtion sainte par l'objet qn'elle se propose.G*«ftt le Verbe éternel de Dieu, le Fils unique de Dieu, le Saint des saints. Leâ autres 6é* votions sont saintes* C'est une sainte dévotion que d'honorer les Saints, qui sont les amis de Dien et les héritiers de son royaume^ C'est une sainte dévotion que d'honorer les anges bienheureux qui hssistent autour du trône de Dieo, elqui sont ses ministres et ses! ambassadeurs. C'est une dévotion encore plus sainte d'honorer la mère de Dieu, que les mérites de ses vertus et l'éclat de sa dignité ont portée au plus haut point de l'élévation, et qui dans le ciel, aa<-dessos de tout ce qui n'est pas Dieu , lient le premier rang. Tout cela est vrai : mais en tout cela notre culte, aprèa tout, n'a pour objet proehain et immé' diat que de puces créatures. Ce sont des élus de Dien, des favoris de DîeUyCesont desSsHnts; mais tonte leur Ainteté nepent entreren comparaison avec la samteté 4e PHomme^Dieui Si donc, à raison de leur anînteté et à proportion de leur iinnteié, le culte qu'on leur rend est saint, combien plus le doit dii« le coite qne no^s rendons^ dans Fndotable personne de Jésus^hriit , à la sain tfeté mime intsamée f Cohesi •gféable à Dien, qn'il en a fait un cosamnidement exprès, non seule» ment aux hommes qui vivent sur la terre , mais aux princ(p<|otés et a«x puissances célestes. Car, sëon te témoignage de saint Paul, cW dé ce Dieo-Homme, de ce fUê pém»^ mlnmr itoitt ie wonde^ que le Père tout puissant a dit : Que ions les angèt de Dieu fndorenî {Heb.,i ).
3. Par l'esprit qui l'anime. Esprit de religion , esprit d'amour, esprit de reconnoîssance'î vôllà les grande et puissants motifs de no- Ire dévotion envers iésus^Christ , et est-il rien de phis sahit qne osa sentiments? Esprit de religion qui notls remplit de la pins haute idée de Jésus-Christ et de ses grandearè; qui, par la foi , nous le hit re* connof tre et envisager comme la sagesse Incréée, la parole de Dieu , la force et la vertu de Dieu ; comme la splâideur de la gloire, l'image de la substance du Père , en qni il a mis ses complaisances et en qui irÀidela plénitude de la divinité ; comme le principe et la fin» le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs , pair qtii toniea choses subsistent^ et ayant sur toutes choses l'empire et la préémiuenèe. Eitpresêions de rÉcriture, et divines qualités d'ofi taons concluons avec l'Apôtre qu'il est digne de tons nos respects, et qu'au nom de Jésus tout ce qu^il y n dans le ciel , sur la terre et dans les enfora , doit fléchir le genon et lui rendre hommage.
Esprit d'amour^ qni nous le fiiit ploa particnlièrement enviaager selon les rapports qu'il a avec nous et que nous ftvona avec Im' ; qvî
374 SUR LA liÉVOTION ENVERS JÊSUS-CHRIST.
Tentés fondées sur les sacrés oracles du Saint-Esprit , sur les écrits des apôtres, sur la tradition des Pères» sur la créance commune et orthodoxe, sur la raison même éclairée de la foi et dirigée par la foi. Car sans cela, quel fond pourrions-nous faire. sur la Providence divine, et qui pourroit s*as6urer qu'elle ne lui a pas manqué? Non, elle n*a manqué à personne; mais voici le renversement. Dieu a voulu et veut encore sauver tous les hommes ; mais de tous les hommes combien y en a-t-il qui veuillent leur propre salut : qui le veuillent» dis-je» sincèrement, efficacement? Tous sont appelés à ce salut étemd, tous pour cela ont eu le même Rédempteur, et néanmoins il n'y a que très peu d*élus : pourquoi? parcequ il n'y en a que très peu qui veuillent Têire, que très peu qui travaillent à l'être, que très peu qui prennent les moyens de Têire. éonfions-nous en Jésus-Christ et en ses mérites; mais souvenons-nous qu on n'y participe qu'en participant à ses souffrances et à ses travaux, qu'en observant ses préceptes, qu'en se conformant à ses exemples, qu'en imitant ses vertus.
«àtoi. -^ leal^B•plilte patMcmivA tel peuplai par Itunoot de MaK-Chriil.
SERMON 69R LA DivônoN stWËRs lAsoMunt .
gaudium meum Unptetum est.
t'atni de l'époux, qui ot présent et qui l'é^te, net totteaj^eà entelidfetav^blxder^ pMtt : et ToUi oequl rené nrj^te piHÛli« joar. , m.
Qu'est-ce que cet époux, et qu'étoit-ce que cet ami de l'époux? Dans lé sens propre de TÉvangile, cet époux c'est Jésus-Christ, et cet ami de Vépoux c'étoit Jean-Baptiste. En témoignant ces sentiments à l'égard du nouveau maître qui commençoit à parottre dans le monde et à enseigner, le saint précurseur avoit en vue de les inspirer à ses discipto, et de les répandre par leur ministère dans tous les cœurs. Sentiments dont nous devons être remplis nous-mêmes ; sentiments .d'un zèle sincère pour Jésus-Gbrist, d'un dévouement parfait à Jésus- Christ, d'une fervente dévotion envers Jésus-Chrbf. Que ne suis-je assez heureux pour l'allumer dans vos âmes cet amour, cette dévotion si digne de l'esprit chrétien ! c'est du moins à quoi je vais travailler dans ce discours. Dévotion envers Jésus-Christ, dévotion tout à la fois et la plus sainte et la plus sanctifiante. La plus sainte en elle-même : premier point* La plus sanctifiante par rapporta nous : second point. La plus sainte en elle-même, en voilà l'excellence ; la plus sancii* fiante par rapport à nous , en voilà les avantages. Quoique cette matière soit géiaérale, c'est vous surtout qi^'elle r^arde, âmes fidèles et pieuses qui cherchez à vous avancer dans les voies de la perfection évangélique , et à vous tenir étroitement unies au principe même de
SDK LA DÉVOTION ENVERS J£SUS-CHRIST. ttTS
umt0 sainietë» qui est le Sauveur envoyé da cid pour le salut et la sauctîficatioii des hommes.
PamiR ponvT. Dëvotiou tovera Jésus -Christ^ dévodon la plus sainte en eUe-méme* Doublement suinte, soit par r^ribjel qu'elle se propose , soit par Tesprit qui l'anine.
1 • Dévotion sainte par l'objet qu'elle se propose.G^t le Verbe éternel de Dieu, le Fils unique de Dieu» le Saint des saints. Leé autres dé^ votions sont saintes. C'est une ssdnte dévotion que d'honorer les Saints, qui sont les amis de Dieu et les héritiers de son royaume. C'est une sainte dévotion que d'honorer les anges bienheureux qui hssisteiit autour du trdne de Dieu, el qui sont ses ministres et ses! ambassadeurs. C'est une dévotion encore plus sainte d'honorer là mère de Dieu, que les mérites de ses veMus et l'éclat de sa dignité dfit portée au plus haut point de l'élévation, et qui dans le ciel, auMiessos de tout ce qui n'est pas Dieu , tient le premier rang. Tout cela est vrai : mais en tout eela notre culte, après tout^ n'a pour objet prochain et immé« dîat que de puces créatures. Ce sOnt des élus de Dieu, des favoris de Dieu, ce sont deaSaints; mais toute leur âinteté ne peut entrer eu comparaison avec la sainteté 4e PHomme^DieUi Si donc, à raison de leur anîoteté et à proportion de leur éainteté, le culte qu'on leur rend est saint, combien plus le doit dtre leoulte que no^s rendons^ dans Fadorable personne de Jésus-Chriit , à la saintteté même incarnée? Cahesi agréable à Dieu, qu'il en a fait un commandement exprès, non seule* ment aux hommes qài vivent sur la terre , mais aux princ(p<|otés et aux puissances célestes. Car, selon le témoignage de saint Aiui, cW de oe Diea-Homme, de ce fUê ffrendetr-né entrant itom îe monde^ que le Père tout puissant a dit : Que fous les angêi de Dieu fndorent {Heb.,i ).
3. Par l'esprit qui l'anifile. Esprit de religion , esprit d'amour, esprit de reconnoissance's vôllà les grande et poissants motifs de no- Ire dévotion envers Jésus-Christ , et est-il rien de pkis saint que ces sentiments? Esprit de religion qui notls remplit de la plus haute idée de Jésus-Christ et de ses grandeufè; qtii, par fa (bi , nous le fait reconnoître et envisager comme la sagesse Incréée, la parole de Dieu, la force et la vertu de Dieu ; comme la spl^deur de la gloire, Timage de la substance du Père , en qui il a mis ses complaisances et en qui réside la plénitude de la divinité ; comme le principe et la fin» le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs , par qui toniea choses subsistent^ et ayant sur toutes choses l'empire et la prééminenee. Eitpresêioas de rÉcritore, et divines qualités d'oii taoos concloons avec l'Apôire ou'il est digne de tous nos respects, et qu'au nom de Jésus tout ce qu il y a dans le ciel , sur la terre et dans les enffera , doit fléchir le genoa et lui rendre hommage.
Esprit d'amour^ qui nous le fiiit ploa particulièmnent envisager selon les rapports qu'il a avec nous et qûé nous ftvona avee lui ; qui
j(76 SUR LA DÉVOTION ENVERS JÉSUS-CURIST.
nous le fait considérer comme Tanteor de notre saint, comme le pacificateur eitre Dieu et nous, et le médiateur de notre réconciliaition : comme le pontife de la loi nouvelle , le grand-prétre assis à la droite de Diep, et toujours vivant pour prendre toujours nos intérêts et intercéder en notre Aivenr; comme le chef du corps de l'Église, dont iKMis sommes les membres ; comme notre frère, en qualité d'homme semblable à nous, tout Dieu qu'il est. Vues égilement solides et tondiantes. La juste conséquence qui en suit, c'est le b^u sentiment da maître des Gentils : Qui nom séparera de ta eharité de Jésus-^Chiti ( Rom., 8)? ou cet autre : Qtitcon^tt^ n*aime pas notre Seigneur Jésiu* Christ^ ^ti*%l soit anaihhne (t. Car., i6).
Esprit de reconnoissance, qui nous bit descendre dans le détail de tous les biem^ qui nous sont venus par ce Rédempteur du monde; qui nous retrace dans le souvenir comment il a quitté le sein de son Père et il s'est abaissé jusqu'à nous ; comment il s'est revêtu de notre chair et chargé de toutes nos misères, pour demeurer parmi nous; comment, dans le cours de sa vie mortelle, ila conversé avec nous; comment il a souffert pour nous, il est mort pour nous ; comment, dans son retour même au ciel, il n'a poi A voulu nous priver de sa présence, mais il est toujours resté au milieu de nous. Toutes ces eonaidératîona pénètrent une ame, la ravissent, renflannnent , l'atuchent pour jamais à son bienftiteur et à son Sauveur, et, dans l'ardeur de son lèle , loi font dire sans cesse avec le Prophète : Que donneni^e à eetm gui m'a umt donné [Psahn,, 115), et que ferai-je pour celui qui a tout fait pour moi?
Or,encore unefois, une dévotion établiesur de tels fondements, n'estce pas, de toutes les dévotions, la plus sainte ? Aussi étoit-oe la dévotion de saint Paul. Il n'y a qu'à voir ses Épitres : elles sont toutes remplies de Jésus-Christ , et il n'y est presque fait mention que de Jésus-Christ, tant il avoit Jésus-Christ vivement imprimé et dans l'esprit et dans le cœur. Aussi est-ce la dévotion de l'Église. De quoi es^ elle occupée, que de chanter les louanges de Jésus-Christ, que de célébrer les mystères de Jésus-Christ, que d'ofFrir le sacrifice de Jésus- Christ; et adresse-t-elle «neprière à Dieuoii elle nefasse entrer Jéaus* Christ? Aussi a-ce été la dévotion des Saints, surtout de saint Remard: Quoi que je liie, disoit-il, je ne m' affectionne àrien^ si je ne lis le nom de Jémsi-XUharut; quoi que j'entende^ je ne goûte rien, si je n'y entends le nom de JésuS'Ckriet. Toute nourriture est in^fide à mon ame sans cet assaisonnement et ce sél dtvtn. QueUe est donc l'illusion de notre siècle? illusion assez commune dans le monde chrétien. Chacun se fait des dévotions à sa mode, des dévotions selon son sens. A Dieu ne plaise que nous les blâmions ! mais ce qu'il y a de blâmable , c^est la préférence qu'on donne à ces dévotions nouvelles et arbitraires , au* dessus des divotions essentielles dans le christianisme , telle que la dévoUon envers Jésus-Christ. . ,