DE LA FIN DU GHRÉTIEN
8i qoelqD'un veut venir après moi , qu'il renooce à sol-mènie. Vim. , Gh«p. xvi.
Premier point. Pourquoi suid-je chrétien? pour servir et honoi^r Dieu : non plus selon les simples vues de ma raison, puisque ma raison étant aussi foible , aussi bornée et aussi obscurde qu'elle l'est par le péché, elle ne me donneroit pas d'assezhautes idées de Dieu. Non plus selon les maximes générales de la religion : car Dieu demande de moi» comme chrétien , quelque chose de plus parlait que ce que la religion en général prescrit à tout homme qui connottroit Dieu, et n'auroitqnela foi d'un Dieu. Mais je suis chrétien pour servir Dieu et pour le glorifier selon les règles particulières , et selon l'esprit de la loi de Jésus-Christ. Dieu ne veut plus que je vive selon d'aotres rè^es que celles-là ; et tout ce qui n'ert pas selon ces règles n'est plus selon le cœur de Dieu.
En effet, Jésus-Christ n'est venu au monde que pour me faire connoltre Dieu » et que pour m'apprendre à honorer Dieu comme Dieu mérite d'être hànoré.C'est pour cela qu'il disoit : Mon Phe^yai fait cw nouveaux hornmes votre nom (Joan., 47). Moïse avoit appris aux Juiîns à honorer Dieu par des sacrifices et des victimes; mais ces sacrifices » où l'on n'immoloit que des animaux, n'étoient que l'ombre et la figure du vrai culte que Dieu attendoit de moi. Ces sacrifices étoient infiniment au-dessoas de ce que Dieu méritoit. Jésus-Christ est donc venn pour m'enseignera honorer Dieu en esprit, c'est-à-dire par le sacrifice de moi-même et par le renoncement à moi-mêmel
Divine leçon que cet Homme -Dieu, comme législateur, et comme mattre, m'a faite dans sa propre personne. Entrant dam le monde^ il dit à Dieu : Vou$ riavèx plus voulu. Seigneur , d^obhuion éirangire ; mais vmu nCaoez formé un corps. Les hoioca^stes de Candenne Un <mi cessé de vous agréer; c'est pourquoi y ai dit : Me voici^ je viens^je m'of^ fre^je me livre à vous {Heb,^ 10 ). En un mot, il s'est immolé luimême, il s'est anéanti lui-même, et cela pour honorer Dieu ; mais en même temps pour avoir lé plaisir de me dire : Si quelqu'un veut venir aprhs moi, qu'il renonce et quilmeure à soi-même (Matth., 16).
Voilà, dis-je» pourquoi je suis chrétien, et c'est uniquement par-là que je me mets en état de rendre à Dieu le véritable hommage que je lui dois. Il faut donc conclure que si je ne renonce à moi-même, je ne suis chrétien que de nom; que^ je ne renonce à moi-même , je ne porte le nom de chrétien que pour ma confusion ; que , quoi que Je fasse d'ailleurs, si je ne renonce à moi-même, je neconnois pas Dieu» je n'aime pas Dieu, je suis incapable de glorifier Dieu de la manière que je le aois connottre, que je le dois aimer, que je le dois glorifier.