DE LA FIN DU REUGIËUX
ne changera jamais : c'eèt donc à moi de changer ma conduite et de reformer ma vie.
TROISIÈME ttÉDlTÀTION.
DE LA FUI nu RELIGIEUX.
DemundononeêtU*
Tous n'êtes plus du monde. Jean , duip. zv.
Prehier point. Dieu m'a appelé à Tëtat religieux, afin que j'y vive séparé dd monde» détaché du monde, crucifié pour le monde, et absolument mort au monde. Quatre degrés par rapport auxquels je dois me juger moi-même, et me confondre d'avoir jusques à présent si mai répondu à ma vocation.
<Ma fin, dans l'état religieux , est d'y vivre séparé du monde, non seulement d'habitation et de demeure, mais d'esprit et de sentiments. Il ne me suffit pas, pour être religieux, d'en porter l'habit, ni même d'en avoir fait le vœu; il font que j'en aie l'esprit. Or il arrive tous les jours que l'esprit du monde s'introduit jusiqne dansia religion: comme, par un effet tout contraire, l'esprit de la religion se communique quelquefois aux conditions les plus engagées dans le monde. Combien d'ames toutes mondaines dans les communautés religieuses ? Ne suis- je point de ce nombre?
Ma fin, dans l'état religieux, est d'y vivre détaché du monde. Car je seroisle plus malheureux des hommes, si j'étois séparé du monde sans en être détaché ; puisque dès-là je n'anrois plus, ni les consolations du monde, ni celles de Dieu. Être séparé du monde et n'en être pas détaché^ ce seroit pour moi non seulement le plus grand de tous les malheurs, mais le plus grand de tous les dësordres; et je pourroisme reprocher alors, plus justement que saint Bernard, que je suis la chimère de mon siècle. C'est-à-dire que je ne suis ni séculier, ni reUgienx : ni séculier, puisque je me suis retiré du monde; ni religieux, puisque je tiens encore au monde et que je ne l'ai pas tout-à-fiiit abandonné.
Ma fin, dans l'état religieux, est d'y être, comme saint Paul, crudfié pour le monde. Tellement que si, malgré ma profession de religieux, j'aime encore le monde , et si le monde m'aime encore ; que si je me plais encore avec le monde, et si le monde se platt encore avec moi ; que si le monde, tout religieux que je suis, ne laisse pas de s'accommoder de mes maximes, et si je m'accommode également des maximes du monde, je ne suis plus religieux que de nom. Pour l'être en efiet et en vérité, il faut que je sois dans le monde bomme dans on âat de souffrance. Il faut que le monde soit ma croix, comme je serai inM- UMement la croix du monde , par la contrariété de sentiments et de principes qui se trouvera entre lui et moi, dès que je me comporterai en religieux.
Ma fin, dans Fétsit rdigieux» est de mourir absolument an monde et