DE L'ENFER
port à Dieu. Ai-je lien de croire qne je lui sois uni par la grâce? si cela est, je ne puis l'en bénir assez, ni trop prendre de précautions pour ne me laisser pas enlever un trésor si précieux. Ai-je sujet de craindre que le péché ne m'en ait séparé , ou qu'il ne m'en sépare bientAt? voilà sur quoi je dois me réveiller, et user de tous les remèdes les {dus efficaces et les plus prompts. Vivre dans un divorce actuel avec Dieu et dans sa disgrâce, ce seroit m'exposer à un divorce éternel après la mort. Les réf^rouvés ne le perdront dans réternité , que pour avoir commencé dès cette vie à le perdre.
TaoïsiÈME POINT. Ce qui doit encore bien nous surprendre dans la considération de l'enfer et dans ce que l'Évangile nous en lait oonnoltre, c'est que, par autant de mirades de la toute-puissance divine, un feu matériel agisse sur des âmes spirituelles pour les tourmenter; que ce feu, tout matériel qu'il est, subsiste toujours , conserve toujours ia même activité et la même ardeur, et n*ait pour cela point d'autre aliment qui l'entretienne que le souffle de Dieu ; que ce feu , appliqué ao corps d'un daniné, le brûle sans le consumer, et que ce corps, immortel au milieu des flammes dont il sera investi, n'en reçoive point d'autre impression que les douleurs cuisantes et intolérables qu'elles lui causeront ; qu'il n*y ait pas un moment où, ce feu n*exerce tonte sa rguenr, ni pas un moment oh le corps et l'ame n'en éprouvent sans relâche toute l'âpreté et toute la pointe; que dans tout l'avenir il ne doive jamais y avoir un moment où ce feu s'éteigne, ni un moment qui soit enfin pour le réprouvé le terme de son supplice. Car c'est ainsi que Dieu se glorifiera aux dépens des pécheurs qui l'auront déshonoré et outragé. De l'une ou de l'autre manière, 31 faut que ses créatures servent à sa gloire; et si ce n'est pas par les dons de sa miséricorde et par leur sàlut, ce sera par les arrêts de sa justice et par leur danmation. Comme il vouloit les récompenser en Dieu , il les punira en Dieu ; si bien qu'il ne fera pas moins éclater son pouvoir et sa grandeur dans l'enfer que dans le ciel.
Grandes et essentielles vérités, dont il ne m'est pas permis de douter. Dès que je suis chrétien , je dois convenir de tout cehi et reconnottre tout cela. L'esprit de l'homme a beau raisonner et former des difficultés: malgré toutes les difficultés et tous les rusonnements , cet ordre de réprobation s'est déjà accompli et s'accomplit tous les jours à l'égard d'une multitude innombrable d'anges et d'hommes livrés au bras de Dieu. U n'est donc point question de vouloir pénétrer le fond de ces principes, puisque ce sont des principes de foi; mais ce qu'il est question d'approfondir et de pénétrer, ce sont les conséquences de ces mêmes principes , qui me r^ardent aussi bien que les autres , et peut-être plus que bien d'autres. Je suis religieux, il est vrai, et je ne saurois trop en témoigner ma reconnoissance à Dieu, qui m'a mis par-là plus en garde contre le malheur de la damnation; mais je dois B. 5. 46
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tou|our8 mfi souvenir (|nDe. tp9l reKçieiix qoç je api$t JÇ pui3 ipe damner; qu'iry 2| eu des religieux qui se sont dampés; que plusieurs de ceui-I^ mëgaes, pendant un grand nomijre d'années, avaient mieux vécu que moi ^ ipais que malheureusement ils sent vegus à se démen« tir, et que Dieu, Ta permis ppr une juste punition de certaiqi^s négligences et de certaines iuQdelités où ilsétoiept tombë^; que Dieii^pent le permettre de même pour moi, et que je n^ai nuf orôit d'espérer qu^il m§ traite plus favofabtement si Je le ser& au^i {àchement et aussi négligemment ^ en un mot , que personne ne sait s'it est en état de grâce ou s'il n'y est pas , et que dans cette incertitude absdue il n'y a point d'attention que jjp ne doive ^voir, point d'effort que j^ ne doive (aire, point d'occasion de péril dpnt je ne doive m'éloigner, point d*embarrasde conscience , de doute, de scrupule que je ne doive échircir ; rien de si pénible ni de si contraire aux inclinations et aux sens , à quoi je ne doive m'assujfettir pour me procurer toute l'assurance raisonnable et moralement possible, j'ai einbrassé la profession religieuse ppur me sauver : que seroit-ce de feire naufrage dans le port même, et d'y échouer !
CocicLi;sio]|t Ççigneur^ que vous ^tes bon dans vos miséricordes ; mais que vous élci fgipenétrâble dans vos jugements, et formidable dans voy; châtinjLents! flufi j^y pense , plu§ îé suis saisi de frayeur ; et plus ma frayeur 9Hgw.ente , plu§ je seos croître mon apiour pour vous* car JQ ne puis iguor^Ci. mon Pieu , ce que j*ai mérité , et en quel abtme vous pouviez I0f| précipiter. J/ai péché contre v<^us , et vqus avez arrêté VQltre justice » qi)î s'élevoit contre moi. Du moins poMvois^ me porter ^ lûeiji d^ p^bés oi^ m% témérité , où ipa dissipation m'exposûity et doi|t Y^rç gr^ce ni'a préservé. Ah! Seigi^eur, c'est m'avoir ^Vtapt dip fois retiré d^ Penfer.
YouA n'av^ pa^ ein pour t^nt (fauires la même providence. Qu'avoiei)t-il$ fait ^uilpsi rendît plus indignes de vos soins? cui*avoient fait tant de solitaires et d'anachorèies, que leurs c|)utes déplorables ont eptr^tnés dans la voie d^ pçr^ition , et qui n'en sont jamais revenu? A tt\i^ cptop^rer (^yçc eu$ , je n'en j^uiç conclure autre chose, si- UOA qiie voqs ^vez ^i^ e9ve|s nioi d'ipae pl^^ graqde indulgence, et que si je q'^ 0,99 ^^ ^J^y^VlVi ^^"£ ^ même ruine» c'est ai vous seul que j'en dois re^ijlifg gloiçe.
Or c €»)( Qçl9 vaéiQjs qji^i ip^ toiiQhç^ ô mon Dieg^, çt qui (Jemande de tt^ P^l; q0Ç grs^tit|i4$ ét;iaro^e. Il faut que Iç feu de 1 enfec serve de cette sor^ 4 9lJiH°l8r jaqs mon cceur le sacré feu de yo.tre charité; il fout qv U r^i^me toute Qia ferveur, qu'il excite toute pa vigilance, qu'il Wio $QiDULù?nn^ 4^ toi^ Içs exercices d'unç au^iè^e pénitence, et qu'il m'çB lido^icia^ tqul^; le^ rigueurs; il faut qu'il içe rei^de patieoil d^^ ^oijyi l^ msWL 4lS U ^î^ » constant dan^ toutes les obsjervaq* ces 4fi ifpn état» a^d^nt et zélé dans tout ce qui conc^rae votre ser-
SUR LES VISITJËS DU SiilNT^iAiCBfiNENT. 729
vioo «I le aalut de ttoo ame : eftr Toilà , Seigaenr, le fruil que je doit Fetirer de la méditation et de la vue de cet eofer» dont B voua a pla juMfiies à présent de me garantir», oà je pennroia néanmoins encore daM la aiiîle éire oondamné, et qne je »'évîierai jtmak qu'm m'atu* eliant à vona par mie fidélité ûivîoUUei et par la pi^liqiie «le louiea les vertoa ehrAiennea et religieDaea.
CONSJPÉRATION Bua LBâ visrrBs bu sARfr^AcanfËffT.
Oolre lef hevre^ manpiées par la ^le potw a'aasewblf r devani TaMtel du Seigneur, et pour y rendre h Dieu les davoira ordinaires^ ehaenn, selon o piété particulière, peqt, à certains temps libres, visiter le aeint-sacremoat» et aller s'entretenir avec JésusvCbriaft. U n'y a point de dévotion pl«s solide que celle-là , il n'y en a point de plus conforme nnvk vues el an ietentions de Jéfus-^Chriat, H il n'y en a point de plus salutiare pçar nous-mêmes* ni de pins plÛ^
PauiiBa POINT. Dévotion solide : car elle a Jésua^^hviat ménse p^ur objet; non point seulement Jésus-Christ en figure ni en représenia.tîoA, non point senlement Jésiia*Christ d^m le simple souwiir ni dans rimagination , nsiais Jésus-Christ présent réellement et s^ftimtieUement, présent en personne» et comme Oiçut» et eomme homme; en w mol, présent tel qu'il est an plus haut des eiaui età la droite de aonP^re.
^oand f. 9m pied de mon orateirey ou en qurique autre lieu que ce aoit , qui n'est ni le temple^ ni Taotel de Dieu » je m'oocupe de JésusiChri^t et que je m^ntretiena avec hii, que je lui par)e, que je l'adore, que je hii rends tous fes hommages que m'insfûn^pit mou aàte et mon amour, tout oela ne se passe qu'en espnt, puisque Jésus-Christ n'est paa là en effet , que je ne suis pas véritablement devant lui ni auprès de lui, et qu'il n'est pas vérîtahleaieat devant moî ni auprès de moi. Quand méôie, en présenee de aou tabernacle et dans ami sanctuaire , je médite sur sa bieabtureuse nativité, sur aa dosloureuse et sanglante circoBcision , sur ks opprobres de sa croix, sur sa résurrection Qu son ascension glorieuse, ce ne som plus là que des knagea que jeuMforme, et des mystères passés doit je me reirace la mémoire ; car quoiqu'il soit actuellement sur l'autel où je prie et oè je feis tes amutea niéditattions, i) n'y ptend pas aetuellemeut naiss^iœ, il n'y est pas actuellement dreoncis, eu ne l'y erucifie pas aetuellemeut, et U ne raasuscite pas, ni ne monte pas actueUement au ciel, liais il n'en eat pas de même à l'égard du smu^eacresieut : ce sacrement adorable, e'est Jésua^Christ lui-méaae et tout JéaHS'>€hrist; je veux dfie JéfUSrvChriBt aekm aa divinité et aebn seu humipixéi déserte que» dans les visitesque je rends à ce divin aacvenaent, c'est eMectivemeut Je*