S4 SUR LES VISITES DU SAINT-SACREMENT
sus^hrist que je visite, c'est devant Jésus-Christ que je me prosterne, c'est avec Jésus-Christ que je converse : il est là dans l'état où je le viens chercher, et où je prétends Thonorer; il y est pour mereoevoir, pour m'entendre, pour me répondre; il y est au milieu d'une mdtitude infinie d'esprits célestes , qui ne partent point de son antd ; et je suis moi-même comme au milieu de cette troupe bienheureuse , à laquelle je me joins, pour offrir ensemble nos hommages et notro encens à ce Dieu cadié sous de fragiles espèces.
S'il y avoit un lieu dans le monde où il se fit voir d'une manière sensible et à découvert, il me semble que j'aurois de l'empressement et de l'ardeur pour Fy aller trouver, et que je serois disposé à entreprendre pour cela les plus longs voyages : je m*en ferois un mérite et une vertu , et je ne croirais pas pouvoir mieux lui marquer mon |èle et mon attachement. Or il ne serait point plus présent partout ailleurs qu'il Test dans son temple; et, sans qu'il soit nécessairo de le chercher bien loin, nous l'avons auprès de nous et parmi nous. Nous ne le voyons pas, il est vrai; mais nous avons la foi, qui sappUe au délaut de nos sens , ou qui y doit suppléer ; et ce que nous connoissons par la foi nous est flm certain que tout ce que nos yeux nous peuvent découvrir.
D'où arrive-t-il donc que des chrétiens , que des religieux aient tant d'indifforonce pour un sacrement où Jésus-Christ est en personne , disons mieux , pour un sacrement qui est Jésus-Christ mÀne, et qu'ils soient si peu assidus à s'acquitter du culte qu'ils lui doivent et à lui présenter leurs adorations? 11 y a des temps dans la journée où je parais comme les autres devant ce divin sacrement ; mais, à ne me point flatter, ne serai-je pas obligé de reoonnoltre que j'en rotrancherois beaucoup, si ce n'étoîent pas des temps prescrits par Tobéiasance, et que j'en pusse disposer sdon mon gré? Hors de ces temps où la nécessité peut-être me foit plus agir qu'une sincère piété, vaia-je nne fois et de moi-même aux pieds de Jésus-Christ, lui témoigner les sentiments de mon cœur et lui tenir, pour ainsi dire, compagnie, dans l'extrême solitude où il s'est réduit pour moi? A peine y ai-je été quelques moments , que l'ennui me prend ; et au lieu qne l'amour, h reconnoissance, le respect devroient m'y attacher de telle sorte qu'il fallûitme liaire violâice pour m'en retirer, ce n'estau contrave qu'avec une espèce de violence que je m'y porte, et qu*autantque l'observance régulièro m'y appelle.
Ce qu'il y a souvent en cela de plus étrange , c'est qu'en même temps qu'on abandonne, ou du moins qu'on néj^ge le sacrement de Jésus-Christ , on se fait une dévotion particulière et nne pratique inviohd)le de visiter certains oratoires en Thonnenr des Saints. Si Ton y manqnoit, on se le reprocheroit comme une infidélité ; et l'on neseroît point content de soi , qu'on n'eût réparé cette omission. D'honcM'er les Saints, c'est sans doute un pieux exercice et une dévotion londde;