SUR LUS VISITES DU SMNT-SACREMENT
maïs après tout , notre premier devoir regarde le Saint même des aaints» et tout antre doit céder à odai-là* David ne sonhaitoit rien plus ardemment que d'entrer dans le temple du Seigneur; et il se fût estimé heureux de n'en sortir jamais* Daniel » éloigné de la Judée et captif en Babylone, ouvroit chaque jour trois fois les fenêtres de sa chambre du cM&té de Jérusalem ; et de là, fléchissant les genoux « il adressoitsaprièreau Dieu d'Israël comme s'il eût été dans son temple. Les premiers chrétiens vouloient toujours avoir avec eux le saint sacrement. Il y a eu des Saints qui ont presque passé toute leur vie en sa présence; et combien y a»t-il de sociétés et de communautés où 1^1 établie cette institution si religieuse de l'adoration perpétuelle? Ëofin, s'il faut se servir ici de l'exemple même du monde, dans les <cours des princes, les courtisans ne perdent jamais, autant qu'ils peuveot^ la vue du maître. Or le premier maître, le premier supérieur de cette maison, c'est Jésus-Christ. Comment donc vais-je si peu à lui, surtout lorsqu'il n'y a que quelques pas à faire, et que je l'ai si près de moi?
Second point. Dévotion la plus conforme aux vues et aux intentions de Jésus-Christ. Le plus grand art de la politique humaine, pour ceux qui approchent les rois de la terre et qui sont employés à*leur service , est d*en étudier les inclinations et de s'y conformer. Il est souvent difficile de les conndltre; mais nous n'avons pas besoin d'une longue recherche pour nous instruire def^ inclinations du Fils de Dieu, le Roi des rois et le médiateur des hommes. Il s'en est assez déclaré dans ses divines Écritures, et il nous fait assez hautement entendre, que iêtre avec les enfants des hommes et de converser avec eux , ce sont ses pltis chères délices (Prov., 8). Car c'est la sagesse incréée qui parle de la sorte ; et cette sagesse du Père, n'est-ce pas Jésus-Christ? Il ne dit pas au reste qu'il a mis sa gloire à s'entretenir avec nous, mais qu'il y a mis ses délices. Sa gloire est en mille autres choses; et c'est, par exemple, de présider à toute la nature^ de régner dans le del et sur la terre, de commander aux esprits bienheureux , et d'en (aire ses anges et ses ambassadeurs. Mais, au milieu de tout cela, il nous témoigne que son inclination et son plaisir le plus sensible est de nous voir auprès de lui et devant lui , non point prédsénient pour le glorifier, mais pour traiter familièrement avec lui.
Aussi quand il annonça à ses apôtres qu'il se disposoit à les quitter et à retourner dans le sein de son Père , il leur promit qu'ti ne Us laisserait point orphelins (Jban, 14) en ce monde; et que quoiqu'il les privât de sa présence visible, il serait néanmoins avec euxjusques à ta fin des nècles (Matth., S8). C'est ce qu'il nous promit à nous-mêmes dans leurs personnes, et c*est ce qu'il accomplit tous les jours dans le sacrement de nos autels. U nous répète sans cesse, de son'taberpade y ce qu il dit alors à ^es premiers disciples ; Me voilà ^ et me vpilà
non point pdtir fin Jonl* tti pour nnë Année , mnis poof tous le^ ieiûp^ à venir, ^Jttsqû'A vt éjii'iU so^tnt t&ui anuoniméê. Je suis rentré (hns le séjottr de ma bâltitnde ëtemdle { je snis remonté à cette céleste patrie : mais ne eroyëz pus m'av^^ir perdn ponr cela ; mon sacrement est le supplément de mon ascension. Comme vous ne pouvez voos soutenir sans moi, je tie puis demeurer sans vous. C'est ainsi que nou^ parle cet aimable Saùveilr, on tel eët au moins le senâ de ses paroles. Or 9 afin qu'il demenre avec bons, il faut que nous dèmeuHons avec lui; car ma que nous a'aurons pas soin d'aller â lui et que nous ne serons point avec lili , il n^ sehi point atec nous , et nous renverserons toutes les mesures et tous les desseins de son amour.
De làje dbh conclure deut ebbsès : la première, que je ne puis rien feire de pldS agréable à lésus-Ghrist que de lui rendre de fréquentes visites. II iU'Sippellé , il m*intite ; et le même empressement qu'il a pour m'âttirer à lui, ne dois-je pas l'atbir pouf l-épondre à de si tendres inviuttt^nS? Avec la thème constance qu'il daigne bien m'attendre, ne dois-je pas, aussi long-temps qu'il m'est possible, me tenir auprès de lui ? Mais parceque les différentes occupations de la vie et les divers emploie ébmmis ft nos sbins nous irtirent souvent de son sanctuaire, et ne noU^ permetteut pas d'y réciter autâiai que notre dévotion notis riàspiferôît^quefeit dU^ âme solidement vertueuse et tonte dévouée & son divin épbut? Sans tin Saint désir dé lui plaire, elle sait au moins ménager ceHaiaes heures^ 06 elle va régulièrement le visiter. Elle y va lé matin , poa^ te saMer et pour lui offrir les prémices de la journée, où même pour la lui offrit* pa^ avance tout endèré. Elle y va vers le milieu dU jour, poui* se recueillir, et pouf se Remettre en quelque sorte de la dissipation ou auroieut pu la jeter ses fonctions extérieures. Elle y va le soii*, pour prendre sa bénédKtion avant le repos de h nuit ; pouf rè(50nnoture à ses pieds les fautes dont elle se sent coupable, et pour les lui confesser avec douleur ; pool* implorer sa grâce et le secours de sa maJtt toute puissante contré Ses ennemis invisibles , et contre ioUS les dangers auxquels elle pourrbit être exposée pendant son sommeil. Tout bêla lie consiste polut en de longues prières , mais en des sendmebts afftctueUt , où éfaacun s'arrête plus ou moins , SeloU lé. mouvement de sa piété et la disposition présente des af-
L'autre concloslon est toute (îontraife, quoiqu'elle soit fond^ sttr le înÉme principe : c'est t|Ue je ne puis guèt*ë montrer plus de mépris poilt" le Sacrement de JésU9-Christ , Que de le délaisser ; ni offenser î^ld^ sensiblement ce Dieu d'amour, que de U'avoif nul égard atix
in^tinees qu'il me fait et à là mauièfe dont 11 mb prévient. Car, ptnr
repl'endre la comparnisbti des grands du siècle et ab$ princéS, le aanetilâit*b de )&us-Cnrist est bomme le palais où il tibUt sa cour : br que lu cour du prince se trouve déserté , c'bst une confusion qu'il doit vriteUietat Hssekitir, parceque ti'ést tm ^i^é tnaniRsste du pëU tS'tSuit
SUA LES tîSltÉÎS DU ifAfNT^JÀCRisME^t. i^
qteift ifont dé lu! Sa sujets. Et certes , ce Sàuvèiû* &i itidighérf^ètlt tbàill et si justement irrité d*un pareil oubli peut bien nie faire à\oH té mêtàè reproche qu'il fit à ses a|)6tres ^ xftii s^tbfe&t ëtidormîs dans le jardin, pendant qiill pHoit : Hé quoi! voûè n'ù'bei pu Veiller une heure <fe temps àvéèfhoi (MÀTtÂ., 26)? tK li'eureât riétl à Itti dire là-dessùi pout* se jnstifiëf; et de qifel ptéteiitè ^oir'rf ôis-j(^ xàe servir môi-iné&è pour exclisèr M iëgligetTcfé? Il û'esl qtte tro^ dbandôhdé des gens du monde; et à Qui eët-ce 'd'^ Suppléer, àinon à dëà religieux qu'il â spéciàledlént (Moisis, et avfe ^Ui il % iovln dVôir lin comnièrce plus intime étplUS Ordinaire?
TRôisièMÊ ^ôiÂf . DéVdUUK la blus ttiilê pàilt liouâ-ifiemës et pour notre avancement spirituel. Une oëà côiituÀés lêis plSà établies dani le ibondé est de se visite!* Tes bns leâ aâlres : ihatâ (ju'ést-ce que lâ plupart dé ceà tiSitës, et ^u'éh rètiP'é-t-oÙ? Oh y f^rd beaucoup de temps; et quelque iiinifeéntès qù'eUes f)uissétit élré» elles sont au moinS fort ihulQeS. Souvent , par l'iihpbrlunité déé piersontiéB et par le dés< agrémem dé ïeu)t conversation , eltes deviennent très ennuyeuses él tf es incoitimôdés. La paix quèlqu'efdié y est troublée par les chagrins qu'on y reç(St. I^tus de fois eâ(X)'re U cônécfënce y est bKsaéé par les discoure ffîédisahts qû'ott ^ tieût SI qu'dii y entend. Ëh^n, ce sont prèsqae tbùjourà deé viiites dangereuses et t^él^hrcietTsèd par la diâsipàtioA qu'elles causent, et par là diV'ehitgdéè objets qui s'y présëntèiit. Mais il n'îen est pas de ia^ètùé dès Visités Iqu'oh r'éûd à Jésus-Christ et à son sacfeihéAl. Ce soât dès Vmiëi tôutê^ Saihtë^, âai visites toutél salutaires, de& visites tbuitô édn^olâtklês, et pl^ttU d'tlife onctioû toute divine. Ûné â£'e y trduve mille avâhtàgé& ^ût S9 pehfé'ctioti , et é'ii remporte dés fruits in^sliïiiablës.
Visites toutes saintes, i^'ôit par îà fin qû'dii S'y propbse et lemotil^ qui y conduit, soit par Tés àctéis dé tbutes les Vertus qu*<)n y pratique» surtout d'une toi vive, d^iine feriilk conJSaiic'é, d*uile ardebte charité^ d'une humilité profonde, d'une èdliiàîîssioh parfaite, d'une sincère contrition. Car voilà de qubi t'ott doit plus c6fnmunémeilt s'y occuper, et ce qui hë demandé point lantdepàMes, qiié de âeci^tés ëlévationS du cœur.
Visites toutes salutaires, puisqu'on y va à fâ source tàéme dés grâces. Et en effet» comme la plénitude de la divinité habite en Jésus- Christ corporellement, c'est aussi dans le sacrement de son corps et de son précieux sang que toutes les grâces sont renfermées, et c'est de là que ce Dieu âauTeur les répand avec plus d'abondance. De sorte que les mêmes miracles qu'il opéroit autrefois à l'égard des maladies du corps , en parcourant la Judée {Act., 10), il les opère à l'égard des maladies de l'ame, en demeurant dans son tabernacle. Il éclaire les aveugles , il fortifie les foibles , il guérit les infirmes , il ressuscite les morts. Hais pour obtenir de lui toutes ces merveilles, il est bfen juste