SUR LES VISITES DU SAINT-SACREMENT
que nous ayons recours à lui , et que , par nos assiduités, nous Teng^ gions à nous les accorder.
Visites toutes consolantes : il n'y a que ceux qui se mettent en état de réprouver qui le puissent conndltre» et qui en puissent parler. Toute la vie de l'homme n'est que misère et affliction d'esprit ; et malgré les prérogatives de la profession religieuse, chacun, comme par» tout ailleurs, y a ses peines. Mais qu'heureuse est l'ame affligée qui sait où elle peut trouver le remède à ses maux, et qui va chercher auprès de Jésas-Ghrist sa consolation ! Il ne fout quelquefois qu'une visite du saint-sacrement pour changer tout-à-coup la disposition d'un cœur, et pour y faire succéder au troublé et à la douleur le plus doux repos et un plein contentement. On étoit venu tout triste , tout languissant ; et l'on s'en retourne tout rempli de force , de courage , et même de joie. Comment cela se fait-il? C'est un secret réservé à la oonnoîssance de Dieu. Il nous Suffit de savoir que la chose arrive ainsi : mais d'en vouloir pénétrer le fond, c'est ce qui ne nous appartient pas. Contentons-nous de l'expérience de tant d'ames saintes, qui en ont rendu et qui tou§ les jours en rendent encore témoignage.
Voici donc les résolutions que ie forme, ou que je dois former : de renouveler ma dévotion envers le très saint-sacrement de l'autel, et de m'adressera Jésus-Christ dans toutes les conjonctures et tous les états de ma vie. Si j'ai quelque doute à résoudre, j'irai le consulter ; A j'ai quelque affaire à entreprendre, j'irai la lui recommander; si je me sens attaqué de la tentation , j'irai implorer son assistance. Dans mes tiédeurs et mes lâchetés, il me ranimera ; dans mes dissipations et mes égarements, il me rappellera à moi-même; dans mes dégoûts , mes ennuis, mes inquiétudes, dans toutes mes souffrances, soit intérieures, soit^xtérieures, il me consolera ; en un mot, dans tous mes besoins il sera mon refuge et ma plus solide ressource. Au reste , ce ne sera pas seulement pour mon intérêt que j'irai à lui, ni pour les biens que j'en espère ; mais pour sa gloire et pour l'honneur qui lui en peut revenir. Ce ne sera pas seuleinent pour moi, mais encore plus pour loimême. Je m'unirai de cœur avec lui; et jouissant, autant que je le pourrai, de sa divine présence, je commencerai dès maintenant ce que, par sa grâce, je dois faire dans l'éternité bienheureuse, qui est de l'aimer et de le posséder.
DU RETOUR DE L'ENFANT PRODIGUE, etc. 729