CINQUIÈME JOUR
PREMIÈRE MÉDITATION
DU RETOUR DE l'eNFANT PRODIGUE A SON PÈRE , ET DE CELUI DE
l'âme reugieuse a dieu.
St surgem, vaiU ad pàtrem.
Il partit aonltdt • et retourM k so&père. Luc. cluip.XY.
Premier PoniT. Le dessein dçJésus-Gbrist dans la parabole de Ten* bni prodigue a été de nous y proposer Tidée d*un véritable retour i Dieu et d'une sincère pénitence. Ce jeune homme, emporté par le feu de l'âge, avoit quitté la maison de son père , et s'en ëtoit allé dans ' un pays étranger, pour y vivre selon son gré et pour y jouir de sa liberté. Mais il eut bientôt lieu de reconnottre son aveuglement et de penser à revenir dans la maison paternelle. Trois choses l'y déterminèrent : le Sentiment de la misère où il se trouva réduit en très peu de temps; le reproche intérieur et le repentir de la faute qu'il avoit commise; enfin, la confiance .qu*il conçut en la bonté du meilleur de tous les pères, dont il s'étoit séparé, et de qui il se promit d'être encore fovorablement reçu.
Qu'est-ce que ce prodigue? N'est-ce pas moi-même , et y a-t-il un plus grand prodigue qu'une ame religieuse qui, depuis bien des années, a vécu comme moi dans la tiédeur? Quelles grâces, quels dons célestes et quels biens spirituels n'ai-je pas dissipés ? Mais voudrois-je toujours persister dans mon égarement , et dois-je différer davantage à rentrer dans les voies du Seigneur, et à réparer, autant qu'il me sera possible, toutes mes dissipations? Les motife qui inspirèrent à l'enfant prodigne une si prompte et si ferme résolution à l'égard de son père, ne sont-ils pas assez puissants pour me l'inspirer à l'égard de mon Dieu ?
La première vue qui lé toucha, ce fut celle de sa misère. Dans la vie licencieuse et voluptueuse qu'il avoit menée, il ne lui fallut que quelques mois pour épuiser tout son héritage ; et est-il une disette pareille à celle où l'Évangile nous le fait voir ? De riche qu'il étoit , le voilà dans une extrême pauvreté et dépouiUé de tout. Cette liberté dont il avoit été si jaloux , il est obligé de l'engager et de la vendre. Sous la domination d'uo maître dur et impitoy23)le, il manque de pain pour se nourrir, et il s'estimeroit même heureux d'avoir la pâture des plus vils animaux, et de pouvoir s'en rassasier ; mais on la lui refuse. C'est donc alors qu'il rentre en lui-même : car rien n'est plus capable de nous ramener à nons-mêmes, et de nous ouvrir les yeux , que l'adversité. Il compare son état présent avec l'état 'où il étoit auprès de son père : ConUnen^ dit-il, y a-t-il de valets et de mercenaires dans la nuUr son de mon père qui ont du pain en abondance^ et moi je meurs ici de fiàm (Luc, AS). Réflexion qui le pénètre, et qui, sans lui permettre
im BU RBHoe» ofi lê^éâSt i%obrtîWEi «tt.
de délibérer plus long-^esips , kn fth er^ndre le parti de reloomer dans sa famille et de s'y remettre dans le devoir.
On peut dire (et n'eit-oe pas ce que f é^iirôilTe?) qu'il n'y a point de misère plus semblable à celle dn prodigue que la mienne , depuis que je me suis éli6igtaé de DISu; \gt que yti pëtHu itt ptetiiièH fêrvëtitdafi les exercices de la religiou ? Mon cftttf S^Bst desséché , et tout l'esprit de retraite, d'oraison, de mortification, de piété) s'est éteint en moi* Où est ce recueillement, cette iMdéRlè; cette VigiUndi, t^èttënlhscience timorée que j'avois autrefois? Je n'ai plus rien de tout cela, et je me trod Vë Wt tbtil cëK dâiià un dehiiemen t déplorable. A quets n^ tre^ me suti-]^ ââsttfetti, ëh ihe titrant à mes désirs et \ mes passions? Au lieu t^e }t ne 'dètoik èWé hourri clans là maison de Dieu que du pain d^ aAgbs et dés délices inléKeu^és d^ûhé vie toute divine, je ne therehë, codimè cetinfohiilié prodigue, qu'à me remplir de la nburriiure 6t dh gtàfîd dëS poùrcéàuk, c'est-i-diré que je ne cberche que deâ GondolatibiiS llhfhàides, eï que fes vaines satisfactions que je mè puis procurer àè là {$&'rl dés cKéaVurês, surtout de là part du monde* Encore ne teâ Sii-jë ^d§ 6\X né ta âi-je pas assez pour me conteilter ; car uion éti^t itiàtgl*é ihbi iiié les ihtërdil, bu du moiiis ne me les accorde pas âiibiit qiiè |ê le cteîii&ncleroift.
Que me reste-t-il donc , et où en 8uis-|e tAh ! combien de ineroenaires, ct^ibbiéh itS chtetieâsdu siècle, att milieu du siècle méknet s'clèvéht à D!eh, géûVenlDiëu, jôiiisséîit des plus douces Commdnications dé t)1ëii?ét tnbi, dé but cèt|ùi à i^àpport à Dieu, je ne sens rien, je ne m'aFPeciiohnè I rien, je iie profilé de rien. Heureux après tout que j'aie âti inôiiié qbélaue cônnoissàncë d'une i^itrisië disposition^ Jl que j'éri voie tè'dësotdre êl lé ihâltiéiir , bëiiireui ouê je n'y soûpas tout-à-t!lit iriséiisibré ! YViVrâi-jé Ib'ujoiirs, et iie Ferai-je nul ^rort pour en sortir ^ sérai-jé p(ii& leiit î mé résoûdi^ que ne lé tal Tenti^ prodigue? iè me sîiis ég^ cbmihëhili voila lé âéi*é^ementde ma vie; mais ce qui actièVeroit oe ihë ^erdrfi et ce qui tnettroit lé cokiUe k ma ruidë, i% séroitâë he|>ai révéuir dêsôrmab ausssi promptemeot qde Ibi*
Second ^ôiHi. kpvH èybfr considéré sa misère et l'avoir âéplorée dvèt: biéB (!te là cbihflâSSibn poû^ tui-mème , ce prodigue prit uu sent»» meht eûXiiH \^&^ HilSofahab^e él pliis géQéréui, pàrceau il è'toit moins
boniés de son p^ , d de douleur, tl oompr)^ toulë findifenilé de là condùUê, ei il de se dîssimiil& rien de touié i ebbf nlU^ dé ik kiite q&*i! kvoit commise contre un père digne de toute sa recbnil5tséànce et de tbiit son amouf. tl s^en fet tods \é& reprodies qii^in vrai regret ii'é iiàànqiie pomt d*ihspirèr h un coour sensible cft toucbê de repentir, t^r qiioiqiië PÈvan^de né noii^ mahjue rien !■• dessus ék téisA , il libiis le donne néadmoins assez à connottine pa^
DO ftETOUR DE L'EWFANT PRbWÔÔfe, Istt. 75f
trois choses que le prodigue se proposa dfe hiit^ ta Hè prëlS«iftatft de^ vdnt sofi père.
Avant que de se mewtè en chemin, il voétllM ce tfaJl àvoit à fifre, ièt régla lui-même ia manière dont il dèvott Ife comporter dans son retour. 1. 11 résolnt de se jeter aux pieds de son père, de ne dtférchët ^ point à se justifier, mais an OOntraire dé se reconfaoltre ci^imifitl et safts excuse ; de lui en témoigner sa peine trte Viheèh^, ^ dfe se mettre i!»ar^ là en état d*obteoir gncezJepartàrai^yiiHA ànumphe, et je luidirbi: Mùn père,j*ni pééiè contre k tM ëi tontre voi£> \ Ltic, 15). Contre le ciel, qteii m'orfloânoit de TOns être soumis et de Vous fendre tous les devoirs d'une obéissance filiale ; contre vous, é&vèrs qui j*ai fait troir tant d'ingtaitlttde , et doUt j'sil laiit négi^é i^ avis et tes salutaire leçons. 2. Il ne se contenta jpas de cela ; mais le mépris qu'il avôil conçu de lui-même lé pftifrta à sliumilier eîircot*e davantage, et à ne prendte plus auprès de son père la qualité de fils, dont il se crut dé^ ormais Indigne : Je fit mMte plia d'ttre appelé votre fils (Ibid. ), et ce n'est pM ainsi que voiks me devè2 regarder. Se n'ai poiht agi eli fils à votre égard i vota avez droit à mon ëgkrd de n'ag^ir plus en père^ 3. Enfin, il né fc'en tint pas à rfaumiiiâtion en cobsetitam à être dégradé et dépouillé du titre de fils; mais il alla jusqu'à l'aù^érité de vie et i la sévérité de la pé&iteficè, tn 4emandaût à A'av(rir jtointd'auti^ place dans la maison de soâ père, ni d'smtre traitement qli^Ies domestiqués!^ les valets: Comptet-moi pot&uii âevoi servitèurty Aneine traiuz pMî autrement qu^enx ^IbM.). Cte sera beaucoup poiït moi d'étkie M^H chez vous à cette tùtiâiûoh^ et ce set-à beaucoup pc/ot \on% de me 1"^ corder. Qnd iatigage dt^ fa part de t^e jeune hoAihiè, autrefois ^i fAddcile , é présomptueux , si amàteûi^ de Sa per ^omie f^ A Srdonné & sdtt plaisir! Quel changement H quelle conve^On !
Voilà ce qu'opère dàffô une àme p^ilente la doulènr t)tti ta ptmè . et voilà ce qu'eRe doit opét^r en moi. Lé pèTè dtt pl'odigue àVôit-li jamais rien fait pour son fils qui puisse égahr toutes leè fâveut^ lât toutes les miséricordes dont je suis redevable à la providence de monr Dieu ? Y puis-je pekiser sans eu avoir le ressentiment le plus tèlldrè et le plus affectueux, oU puis-je û'y pas penser Sans être lé plus mécollnoisiant et le plus in^t de tous les hommes? Cette pensée tl'tm Bîéû si bota, et surtout d'Un fiiea i\ bon ekiv«^ moi, potir peu ^taé je m'applique à la bien pénétrer, me touchera iikfaillibtèmtât le cœub âvet tè secours de la Çraoe ; et le sentiment de ma contrition, s'il ett datffi fe degré nécessaire, tte ihànqu^ilk pas dé prcfdtkit^ ées tîbis efll^ , qOf sont es^htféls à là p^nitétrcè:
i. te tecûurii* promptctoent t biéd. Ap ine prosteMi^r êA te pM6sencë, de lui Ëiirô l'at^d de tous ie^ i^lâchéments de ihft vie , dé lê^ détester de bonne foi à ses pieds et de les pleurët àmèrêmbtit. i'Si p8cbë, mon Dieu, y ai péché contre hous (LUc, 15), Aon pas une (ois, comiMé YenliïA pvodl^te coûïrë son père, ttàtis prt^qiié autant dStdk
732 DU RETOUR DE L'ËNFAMT PRODIGUE» btc.
que j'ai véca de moments. Je n'entreprends point d'entrer avec vota en de vaines justifications, ni de me couvrir de feux prétextes; mon cœur medémentffoity et les lumières de votreaagesse meconfondit>ient. Ah ! j'ai péché » Seigneur, pins encore que je ne le connois , et autant que TOUS le connoissez mieux que moi. Je viens tout confesser devant vous; et pour vous fléchir en ma faveur, je n'ai à vous présenter que cette confession douloureuse et que mes larmes.
2. De me mépriser moi-même, et de sentir d'autant plus mon indignité que je suis dans une profession plus sainte. Hélas ! Dieu vouloit faire de moi un religieux : mais le suis-je en effet? J'en ai le nom parmi les hommes, j'en ailes apparences; mais en ai-je leiond? Chose étrange ! ce nom de religieux que je porte devroit m'étre un sujet de gloire, et c'est pour moi un sujet de confusion. Car de quoi dois-je plus rougir, que de passer pour religieux et de ne YéCre pas? Ai-je lieu de m'élonner après cela. Seigneur, que vous ne me iavorisies pas de ces grâces spéciales et de ces communications divines dont vous gratifiez tant de parfaits religieux ? Ce sont proprement vos enfants , parcèqu*ils vous honorent et qu'ils vous servent comme un père; et c'est aux eniants qu'est réservé le pain des enfants. Je ne pub ni le demander, ni l'attendre.
3. De me condamner à tout ce qu'il y a dans la vie reUgiense de plus pénible, de plus austère, et de m'y assujettir : ne voulant m*épargner en rien , et ne souhaitant point de Fétre ; acceptant tous les dégoûts et toutes les répugnances que je pourrai avoir à supporter dans mon retour ; agréant que Dieu me laiiBse éprouver toute la pesanteur du fardeau sans me l'adoucir. N'est-ce pas assez, mon Dieu, que vous ne me rejetiez pas de votre maison? Du reste, je n*y ai pas vécu comme un fils dodle et obéissant : il est juste que vous m'y traitiez comme un mercenaire et un esclave. C'est ainsi que pense une ame contrite, c'est ainsi qu'elle agit, et c'est ainsi que je dois penser moimême, que je dois parler et agir.
Troisième ^point. Malgré tout ce que le prodigue avoit projeté de dire à son père et de faire en sa présence, il pouvoit craindre de n* être pas écouté. Plus il se reconnoissoit criminel , moins il avoit d'espérer un favorable accueil, et le désordre de sa conduite devoit naturellement lui inspirer de la défiance. Mais il se souvint qnil retourooit à un père, et qu'un pi^reest toujours père, etne peut oublier ce qu'il est. Aussi, dans la résolution qu'il prit et dans le dessein qu*il forma de son retour; il ne dit pas : J'irai à mon mature, nia mon juge; mais à mon père (Luc, 15). Ce nom de père le rassura; et la confiance prenant le dessus, elle bannit de son cœur toute crainteet ne lui permit plus de délibérer.
Soutenu donc d*une confiance si fermeet sisolidement fondée, il part, îl marche, il arrive, il approche de son père, qui luifeit bien éprouver
DO RÉTOUR DE L'ENFANT PRODIGOE, Etc. 755 sor Pheore qu'il ne s'ëtoit pas trompé dans l'espérance qu'il avoit conçue : car du moment que le père aperçoit son fils , il va au-devant de lui, il l'embrasse et lui donne le baiser de paix ; il l'introduit tout de nouveau dans sa maison , et^ sans éclater en des reproches amers sur le passé, il assemble toute sa famille, pour leur témoigner sa joie et pour leur en fiiire part. Ce n'est point encore assez : bien loin âe traiter en mercenaire et en esclave ce dissipateur ec ce prodigue, qui 8'étoit réduit, par ses dépenses excessives , dans un état si misérable etsipauvre, il vent qu'on le revête d'une robe neuve, qu'on tue pour lui le veau gras , qu'on prépare un grand souper , et qji'on l'accompagne d'une agréable symphonie , afin qu'il ne manque rien à cette fête. Pourquoi tout cela ? Ah! s'écrie ce père si bon et si tendre, c'est que mon fiU iioit mortf et que le voUà resnacUé; c'est qu'il étoit perdu ^ et que je l'ai heureusement retrouvé (Luc, 15).
Or il en est de même à l'égard d'un pécheur qui revient à Dieu , et que Dieu reçoit : il en sera de même à mon ^rd; et dès que f irai à Dieddansle sentiment d'une vraiecomponction, et que je m'humilierai devant lui dans la vue de mes ingratitudes et de mes infidélités , je le trouverai encore mieux disposé en ma faveur que le père de l'enfant prodigue ne Tétoit en faveur de son fils. Il est Trai que , selon les règles de sa justice , il pourroit me rejeter , et que si je n'avois point d'autre fonds sur quoi je pusse compter que mes oeuvres et que ma vie, il auroit droit de me renoncer pour toujours, et de me refuser tout accès auprès de lui ; mais j'ai tonte sa miséricorde pour garant de ma confiance ; et en même temps que je penserai à satisfaire moimême sa justice, je puis me répoudre de cette miséricorde sans mesure, ((Uf ne demande qu'à se répandre et qu'à s*exercer.
Je ne dois donc point écouter les craintes et les défiances que la nature m'inspire, et pair où les ennemis de mon salut et de ma perfection tâchent de me retenir. Je ne dois point m'étonner de toutes les difficultés que je prévob , et de toutes les répugnances que je sens à les combattre et à les vaincre. Fussent-elles mille fois encore plus grandes, la pénitence me doit mettre dans une ferme disposition d'endurer tout : mais, du moment que je m'y serai bien établi , et que , dans cet esprit, je ferai les premiers pas pour aller à Dieu , l'expérience me détrompera bientôt des fausses idées qui me troubloient, et des vaines alarmes que me causoit la vue de mes foiblesses et de mes parements. Au lieu de trouver un Dieu sévère et inexorable, je trouverai un Dieu plein de bonté et de tendresse pour inoi. Il n'oublie pas même ceux qui le fuient : que fera-t-il pour ceux qui le cherchent ?
Ainii» tout offensé qu'il peut être, et quelque sujet qu'il puisse avoir de me bannir de sa présence , voici néaamiHos ce que j'ose me promettre de sa part : 1 . C'est qu'il viendra lui-même au-devant de moi pour m'apianir le chemin , et pour me fedliter vers lui le retour que je médite. S. C'est qu'il m'accordera une prompte rémission de toutes
;34 DU RETQdR f» {.'ENFANT PBODIGU£» bîo.
pe^ fautes, et qu'il ^ relâi^ber^ infiniment de la aatisiacUoiiqw bi en est due. 3. C'est qu'ij coq sfiic^d^dera pap dm^ grâces U»HJottn nouvdles dans toQS( U9 efforts qo» f anraî à faire» sqîi pour nie relever, soit poar me soutenir et poMï jMTsévërer. 4* C'est quQ,,noi| oonientdeme voir rentré dan^ la i^oi^ de m^ obser?aiioes , il s'uppUqiiera i m'y avance et k m'y perfi^çtkwMir ; dis sprte qu'il nu tîendia w*à moi de regagner tout oe que j(tA |wdu, et d» panr^nîr W rMg de^ âmes les
ÎIrs parfaite^^ P'wtjr^s que mai , après Vfok wmmè vm ^a dans ) relâchement, ^nt ensuite devenus des moà^ de régularité et des Saints. S"" C'est qu'au milieu de tout celp, sai^s qiftfr je k»demande ses €onaolati,ons divines , ni que j*y prétende» il les FàMuvka sur moi avec «me espèce,de profo^lon, et qu'il saura bien medédcynmftger des victoires que je remporterai pour lui, et des s#«rifioes<|i)e je M ferai. Que me feiit-il davanuge, et puis-je euoore balwœr «i posent sur le parti que je dois prendre ?
Gonci^usioxf. Pèredesmiséricoides^fiieu d^espénaBoe etdepmi. Seigneur, soyez béui de la sainte résolqjîpn fue votre graoom'a inspirée, et daignez, p^ oette m4fne gracie, m'y con^naar. Je reviens i vous, «t m^ voijîi à vos pi^d^, oonlus et humilié, mais raisiué par yo«^isfïèm^t et cpmpiiint $up votre bmté pateni«Ue : ear e'eat vona-méiBe, é mon Dieu, qui «'a^ez foi^ eolencke votre voix pour nie rappeler : ai*je à craind^re qm^ vaun m» iSscmiez votre sein pour ne me pas reoe« voir ?
Qoe voi^dir^-je» Seigqeur^ o(|#r où pw^-je vous iéshir? ne pint6t , qu'ai-jQ a«tre chose à faire ponr cola, que de ralhuner tom mon zèle pour vou^ et de reçommenner tout de nouveau à To«$s6rvir?Ce qp $ont point dei paroles que vous vonlez , ce aoni des effets. Mais ^près toi|t, Seigneur, que» que j^ fasse , ce ne seroit. rie» encore, si \ou3 me traitiç?; kdm toute la sévérité de vos jugements. Qu'est-^e qifun komf^, fiçtur réppruire à un QteU'()oBy 9), et pour entrer en compte s|yea lui? Ah I mon D|ieu, toute ma ressource, (^est votre cQ^ur» ce çq^ixr de pÀre. MaUieor à quieonque voudroit m'Aler là-dessns qo^ confia^e : ce seroit m'éloignerde vons pour jamais.
le la conserverai donc précieusement , cette confiance qui vons a raveaaé ta,ot d*ames, et je m'y laisserai conduire. Bien Icîd de me rendre jnoins vigilant et moins attentif a mes devoirs , elle me les fera ppatiquÊf avec beaucoup plus de fer^ur, parceque je les pratiquerai j^r r><^nnoîssance et par amoujr ; bien loin de flatter ma délicntesse et de m^ tenir lieu de prétexte pour m'épargeer les rigueurs d'une yi^ p^ente , plus elle vq«3 représentera à moi comme un Dieo propice et miséricordieiix , plus elle me fera comprendre mon mjostke i^YôTS v,qaa eit^Ia giâèveté de mes offenses ; et, pap^là même, pins elle XX^'^cn^a ù l^s réparer, et è vous venger de moi-xméme par tontes les UU^il<^ de ûmoi tifivatkm i^^gîeuse. Vous agréerez sur cela, Sei-
DU RÈGNB DP j.-C, PA»8 VA»^ HIJUglRUSB. ?W
gnepr, in^& fûib|p4 effort , ^ VW« I^ ^vmie^^i VPlHi lare» i^rd à ma boBQ^ sçimé «I à lii df^iM^'S ^ Uê» ÛUptfidn» - 1« r«eur sera r^proque ifi \{m kmi%fi^ WfÀ^ ÏW3« Il W^PciliaUoa sera (^rfiait^ H, par iKttr^ «a(CO)irs vw^ PVÎiiMt» ^diir^^ ^^ tous ks siècles d^ sîècl^
SECONpE MÉDfTi^TIQÎ}.
n» aÈOHii BB lisiun^ma» »a«s l au» riupihvsk.
fWlfl«/«yiimfiiefMii super vo«, el imienfe/l^reçufem <»t<fj»ato< vestrU. Vmmsiiiv^iiMnJwg. elveii8||fluiv:raiterQ|iMdaTaiâmtt.Jià«fB.,ohap.xi.
PHEidEH pomT. Il ne suffit oas, 1^ r?tQiiFQ9(^( ^ P^ , que je ua* vaille à détruire d^ps iRqi la gap^H^litç ^t Tj^OMir-proBCfi, qui ont éië les prîpcipeç de tous ip^r^Ii)i4içip§Q($ : U f^iffi, ^cpff^qv^ j'y fassç ré-
Sner Jésus-Çhrist; pu pljit4(» c'^t ^ji ét^tldis^g^ï W U Çi^^oe le règne e Jésus-Clirist daps iqoq oqjiffr^ qi)^ |*y d4tçiijr%n'6ttiyi^ dea sens et l'amour de ipoi-m^qie.
Ce règne (le Jéç.q$-(;;hnçt t^% XQjfi ip^éff^W» ^ î^ P<mi^9 ^ bannirde mon ^me tout aH^re esprit (m Ç^l^i 4^ J^sv^-Çl^i^t • à ne juger de rien que selop l^s ma^ip^g^ 4^ ji^ifS-vhri4t ^ 9*9>W^ ^i^° 4^^ selon les senticments de Jésu^^p^lf 4 fi^^^^ W9 ^ Wi* Pff vne prati()ue constante çt ^bitueUç, tPO|igjlte»T^Cl>iA 4l? j^lMft-Ç^HSti tellement que ce soit jfés.us-Gbp^ (yii p)^ gpnx^n^ e^ ttui|, qi^ me ri^le en tout, qui raç fasse tout ^Slv^^pâvp et tp|i( 4/C(;p|9pl|iip^
Ce r^ne de Jésf|s-Gbrii$t 9'e9( ppin]. de Çe «^m4e « ç'fi$|ri-4ire qoe ce n'est ppint un règne oj| Jé^pç-Çj^ri^^ ^VWe l/^a an^ea rois , se montre dans laipoipp^etd9i\$V)éq(9t^«4Qii,piM* b Bnissa^c^desarmes, it cherche à étendre ses co^q^^les et 4 $*acquéj:i( ^% sujets : au contraire^ il ne se fait voir que ^1^ îj^ él^t^ ^ p%s p^vres» les plus obscurs, les plus huipiliant^ ; |^ .i|*U (i^mporie i^ YJ^toives» c'est par t'atiraltde ((^es mêmes états ou ^^*^î|it^ PÙUa vpubi&er^uire. Une ame touchée de le voir m^ol^ d^^Ya^t ^ eWK^e seo chef , et de lui voir prendre )a rquiç I9 piljj^ ^pitt^i^ ^ h V^M ^(rûite^se sent excitée à le suivre ; ellç se livre à hy (fW^ ^Kjiiièi:^ ^ ^'^bgndmie sans réserve à sa conduite : p^f quelque yf4ç qu'il luî pUrisfi de f^ifieler, elle y entre généreuserpent) e(le ^'y ^tU)pbç iftVÎQlî^Aweiit» elle 7 persévère et elle y avance constj^jEQyieAt ; si^s exemples s^ nt4^ (HPdres pour elle, et elle auroit Inouïe qu'ij y e^^i uue diffipi|ll^ qui^ra^iâtàl » lorsque son divin m;|ître les vn^u^ épf ^p^ IfiUk^^ U QH^l Iw api^ead à les surmonter. AUonSj dit-ell^ ÇQQPP^ Wf^ ttopiill* ^( monrooi Qvec kù. L* esclave nest point a2^-c{^||m (k m» ^Vf'^BW S^^tW^^ (i^^y 11 ; H4TTH., 10), ni la créature 9mr4l^9^ de $au Dîe«^ C'eat do«Q lui qui ia mène, lui qui lui donne à chaque pas qu eHefiitt Tioifression et la mouvement , lui qui la déiermine , qui l'encourage et qui Ja soutient : c'est une soumission sans r^ei:Yei et ^ d^geitdauoe eH parfaite.
736 DU ItÊGNE DE J.-G. DANS L'AMË KELlGlËUSE.
YoiH^ à quoi notre Sanvetir noos invite , quand il nous dit : Prenez $ur vous mon joug^ et forUXrU (Hàtth., il )• U adresse celte invitation i tous les chrétiens en général , mais en particulier aux religieux. Car elle regarde diversement les uns et les autres. S'il exige des chrétiens qu'ils se chargent de son joug, ce n'est» dans la rigueur de la lettre , que par rapport aux préceptes de sa loi : mais ce qu'il exige des religieux va jusqu'aux conseils et à la plus sublime perfection. Du reste » il veut que ce soit nons*mémes qui nous soumettions à ce joug du Seigneur ; et en nous donnant la giace de la vocation religieuse , il ne nous a pas dit : Recevez mon joug que je vous impose ; mais , Prenez-le et mettez-le vous-mêmes sur vous. Il ne lui seroit point assez glorieux de nous entraîner par violence après lui : il demande à régner par amour , et non par force ni par contrainte.
Est-ce ainsi qu'il règne sur moi et dans moi ? Yeux-je en effet ne me conduire désormais que par lui et que selon lui ? Le veux-je , dis- Je 9 en effet? Car jusques à présent je ne l'ai voulu qu'en apparence. Depuis tant d'années ce qui m'a conduit , ce sont les désirs de mon cœur, auxquels je n'ai jamais eu le courage de résister, et que j'ai au contraire toujours cherché à satisfaire ; ce sont mes inclinations naturelles , que je n'ai jamais pu me résoudre à combattre , et au gré desquelles j'ai toujours vécu ; ce sont mes sens , que j'ai flattés et que j'ai écoutés , sans jamais les contredire ni les mortifier dans les moindres choses ; c'est le monde, dont je n'ai point quitté l'esprit en quittant ses biens , et dont peut-être j'ai conservé , sous un saint habit , les sentiments les plus profanes , pour ne pas dire les plus criminels ; ce sont mes vues particulières , soit de vaine gloire et d^ambition , soit d'intârét propre et de recherche de moi-même. Car tout cela n'est que trop ordfaïaure jusque dans la religion ; et quoique les objets y soient diffiérents , ce sont néanmoins les mêmes passions. Voilà l'esclavage ou j'ai passé une grande partie de ma vie , voilà les maîtres à qui j'obéis ; et dois-je être surpris que, sous de tels maîtres, je sois tombé en de si déplorables froments ?
Or n'est-il pas temps de faire place à Jésus-Christ , et de l'établir dans mon ame comme dans son royaume , pour la posséder et pour y dominer? Est-il un meilleur Ûatcre? en est-il un plus sage et plus éclairé? U est /a iageue même de Dieu , el il a les paroles de la vie étemelle (1 • Cor., i ; Jran , 6>. Que me demande-t-il que de saint , que de raisonnable , que de conlbrme à la plus droite justice et à l'éqfiité, que d'utile et de salutaire pour moi ? Hais surtout que me demandet-il , qu'il n'ait pratiqué avant moi ? Ne seroît-ce pas une indignité , que la condition me parftt trop dure , d'aller après mon Sauveur , de me joindre à lui , d'agir avec lui et sous lui , d'aimer ce qu'il a aimé et de feire ce qu'îl a fait ?
Second point. Il m'est d'autant moins permis de me soustraire à ce