‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 213 sur 225 · DU RÈGNE DE J.-C. DANS LAME RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

DU RÈGNE DE J.-C. DANS LAME RELIGIEUSE

régné de Jësos-Christ dan» moi , qu'il est plus solidement établi et mieiix fondé. Le seul christianisme nous soumet tons au joag de cet Homme-Dieu , notre législateur et notre maître. Être chrétien , ou plutôt se dire chrétien , et ne vouloir pas se laisser conduire par Jésus-Christ f ne vouloir pas entrer dans la voie qu'il nous a tracée , ni recevoir de lui Tordre qui doit diriger toutes nos. actions et renfler tontes nos démarches , c'est une contradiction.

Poiirquoi dans notre baptême avons-nous renoncé au démon , à la chair , au monde et à ses pompes ? FTa-ce pas été pour faire ent'^ndre que nous ne voulions point nous assujettir à leur empire , ni nous asservir sous une A honteuse domination? Pourquoi ayons-nous été en même temps marqués du sceau et du caractère de Jésus-Christ? IS^ace pas été pour nous revêtir de ses livrées , et. pour reconnoître h la face des autels , par une profession solennelle , que non^ lui appartenions, et que'nous lui étions spédalement dévoués? Qn*est-ce que son Évangile? n'est-ce pas sa loi? et pourquoi Tavons-nou^i embrassée, cette loi , si ce n'est pour dépendce du souverain Seigneur qui nous Ta imposée? Enfin» c'est la foi même qui nous enseigne que nous sommes les membres de Jésus-Christ, et qu'il est notre chef; que nous sommes son troupeau , et qu'il est notre pasteur ; que nous sommes son Église, et qu'il est notre pontife; que nous sommes son peuple , sa conquête , le prix de son sang , et que , nous ayant achetés de son sang , il s'est acquis un droit incontestable sur nous. Quand donc je n'aurois égard qu'à ces raisons communes et générales , je ne puis jamais , sans injustice , me départir de l'aitadiement inviolable et de rentière obéissance que je dois à ce divin Sauvent*. C'est à lui de parler, et à moi de l'écouter. Or il parle en effet , il ordonne : l'Évangile qu'il nous a' prêché subsiste toujours , et c'est sa parole , ce sont ses commandements et ses ordonnances. Refuser de m*y conformer, ne seroit^ce pas une révolte ? ne seroit-ce pas en quelque sorte renoncer à mon baptême? ne seroit-ce pas tomber dans une espèce d'apostasie? .

Ce seroit plus encore par rappore à moi , puisque j'ai un engagement particulier qui me lie à Jésos-Christ , et qui lui donne un nouveau droit sur toute ma personne : c'est la qualité de religieux. Qu'ai-je fait en me consacrant à la religion : je me suis hsiutement et singulièrement déclaré disciple de Jésus-Christ, son imitateur en tout et son sujet , prêt à tout abandonner , à tout faire et à tout souffrir pour son service. Tai considéré l'état religieux comme une sainte milice , où je m'enrdlois pour combattre sous l'étendard de Jésus- Christ , et pour agir sous ses ordres , oomme un soldat agît sons ceux de son général. C'est pour cela que je me suis uni à lui par trois voeux, qui ^nt désormais trois liens indissolubles. Par ces trois vœux , je l'ai mis dans une pleine possession de moi-même , et je lai en ai hit un don absolu et irrévoctible. Je lui ai sacrifié tous les biens B. 5. 47

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