‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 215 sur 225 · SIXIÈME JO€R · texte numérisé non relu

SIXIÈME JO€R

PREMIÈRE MÉDITATION

DR LA PADTRfiTÉ DB jisOS-CBRMT DAHS SA NATITIt£.

SdiitgrtUkmDomUdnoêtri JuuCkriUiiqtumêamfrojftervostggmufaciÊUést, e^m estêt diie$.

Tout MTai<|iidl6aétébiiiMriooidedeiioti«8fli«iMiirJéni-Gk^ qillydélal-niêim étanlriebe, t^Mt fait panvie pour ▼ou. a.^orMeliap.tiii.

Pbevibr poiifT. C'est dès sa naissanœ que Jësas^^lbrist Gommence à exécuter le dessein qa'H aToit formé de viyre et de monrir pauvre. Ce Dieu de majesté, ce souferain auteur de toutes choses » et par coDsë« quent à qui tt>utes choses appartenoient , pouvoit nattre au milieu des richesses et dans rabondauce. Il semUoit même que cet état convenolt davantage, non seulenient à la dignité de sa personne, mais à la fin de sa mission ; car venant sur la terre pour attirer à lui tous les hommes et pour le^soumettreà'sa loi , pouvoi^il mieux les engager à le suivre que par l'éclat et la pompe d'une condition opulente ? du moins les Juift avoient-ils cpnçu cette idée du Messie qu'ils attendoieot, et croyoient-ib qu'il se feroit voir dans la splendeur, et qu'il les comble^ roit de biens ^mporels. Mais que les vues du Seigneur sont différentes des nôtres , et au-dessus des ndtres ! Ce Messie , ce deshré des nations, naît enftv, mais dans la pauvreté ; et pourquoi? parcequ'il vouloit d'abord, par son' exemple, persuader an monde cette vérité, qu'il devoit ensuite nous annoncer InÎHDéme dans son Évangile : Bienheureux la pauvret (Matth., 5) /

Ydlà donc pourquoi il se fait pauvre dès sa sainte nativité; et comme la première leçon qu'il avoit à nous donner étoit du bonheur des pauvres, voilà le premier état où il se oMmtre à nos yeux , et oà il nous repré^nte son adorable humanité : exemple plus puissant que tons les discours ; exemple qui nous découvre sensiblement le mérite et le prix de la pauvreté , puisqu'eUe a été digkie du choix d'un Dieu , et qu'il l'a préfëréeè toutes les richesses du siècle; exemple le plus propre i nous en inspirer, non seulement l'estime, mais l'amour et le goût , puisque nous la voyons* consacrée dans la personne de ce Dieu Sauveur, qui ne s'y est réduit et ne l'a embrassée que pour nous.

C'est i cette pauvreté qu'il m'a spécialement appelé par sa grâce; et un avantage singulier de la profession .religieuse est d*y pouvoir imiter plus parfiiitemeàt la pauvreté de Jésus-Christ. H y a des pauvres dans le monde ; mais les uns ne spnt pauvres que d'effet et que par la nécessité de leur condition , sans, l'être de cœur et-d'affcction; et les autres le sont d'affection et de cœur, sans l'être réeliement ei en effet. hA pauvreté des premiers n'est qu'une pauvreté faftsée, qu'ds déplorent, et dont ils se plaignent; d*où il s'ensuit que ce n'est point la pauvreté de Jésus-Christ, laquelle a été nue pauvreté volontaire. La pauvreté des seconds est une pauvreté dbrétienne et agréable à Dieu;

no DB LA P4UV&ST& DE J.*G. DANS SA «ATIVITft.

lear oœur est détaché des biens qu'Ui ont dans les mains , et , sdcm h maxime de TApAtre, ils ie3 possèdent comnie s'ils ne les possédoient pas ; mais oe n'est pas là néanmoins toute la pauvreté de Jésus-Christ, lequel a voulu se dépouiller de toute propriété et de toute possession. Il n'y a y à bien parier, que le religieux qui sôit le Trai imitateur de la pauvreté de son Dieu» 11 est pauvre en effet , et encore phis pauvre de volontés pauvre en effist* car il a tout qnilié; anoor^ plus pauvre de volonté , car c'est lui-même qui , par le secours et l'inftpiratioii d'en haut, s'est déterminé à quitter tout , et qui seroît prêt dereoMioer as monde entier s'il en étoit maître. C'est donc en vertu de oe sacrifice que je puis dire! Jésus-Christ , comme les apôtres : Sonneur J'asfoai a^atufomi^ pùurvom ncû/re (Matth., .19) ; et, si je suisteujours fidèk à ma vocation, c'est en réooibpense de ce même sacrifice que je puâ attendre de la part de Jésus^Chrîst œtie réponse si consolante et o^e grande promesse : Vous Mitez «mû «urdei tràm^ ie gloire (Ibid.)- Avec une telle espérance , et soutenu de l'exemple de mi^ Sauveur, ai-je lieu de regretter ce que je lui ai sacrifié? D(MS-je même le compter pour quelque chose? dois-jé le regarder comme un don que j'aie foità Dieu ; ou n'est-ce pas une grâce que Dieu m'a taite de l'agréer ei de vouloir bien l'accepter? La pauvreté où je vis ne me ckifieni-dle pas honorable, dès que c'est celle de Jésus-Chrisi? nemeGEevient-dlepas douce et aimable^ <lés qu'elle me lie si étroitement à Jésii»*(lirisi? ne me devient-elle pas infiniment chère et prémense, Hès qu'dle me donne un droit particulier au royaume de Jésus-Cfarisi et à une fiéliciié étemelle?

Sbqsnd point. Si , d'une part, la pauvreté de moa> état est pim conforme à la pauvreté de JésiohGhrist, il s'en faut bien d'ailleon qu'il n'y ait entre l'une et l'autre une ressemblahce entière et ue pleine égalité. Pour, m'en convaincre, je n'ai qu'à ouvrir les yeux et qu'à contempler cet Enftint-Dieu dans l'étable où îl est né. Cette éuble, voilà sa demeure; cette crèche, voilà son bereeâu; oette {MuDeoi il est couché, ^voilà le lit de son repos ; ces misérables langes qui Te» veloppent , voilà tous ses vêtements. Est-ce qu'il n'eut besoÎD de rki autre chose pour se défendre du Aroid de la nuit , de l'extrême rigueur de la saison , de toutes les injures du teihps? eslH» qu'il ne fut poiat sujet aux infirmités de l'enfance, et qu'il ne les ressentit poiM? Il ëtoii homme comme nous, passiUe comme nous, encore même plasqie nous, par la délicatessede soneorps; et ses larmes, ses cris douBoient assez à entendre ce qu'il soutirait. Mais, du reste, la pauvreté na rien de si rigoureux qu'il n'ait voulu éprouver, et il est venu sur h terre pour en porto* tout le fardeau et en soutenir toute la misère.

Saint Bernard s'adresse là-dessus aux. riches du- monde; et pour leur instrmdion ou leur condamnation , il les invite à écouter k voii de oeite éiable d'un Dieu naissant i de cette crèche, de ces faunges.

DE L\ PAUVRETÉ DE h-C DANS S4 NATIVITÉ. 7{M

Quoique, dans ma profession, je ne puisse éire mis au nombre des riebes da siècle , je ne dois pas me rendre inoins attentif à cette même Toix , et œ qu'elle m'annonce ne doit gfuère me donner moins de confusion. Elle me représente l'état pauvre de mon Sauveur, et , par un juste retour sur moi-même, elle m'engage à me comparer avec lui , c'est-à-dire à rougir en sa présence de ma foiblesse et à ta recoanottre : car, il est vrai, je^ mène une vie pauvre; mais , dans le fond , à quoi se réduit cette pauvreté ? Puis- je la fiiire entrer ep quelque comparaison avec rétable, avec la crèche, avec ces langes usés et déchirés? Ai-je les mêmes incommodités à endurer? Me suis-je vu quelquefois dans les mêmes extrémités? Ai-je manqué en quelques rencontres des choses nécessaires? Tout pauvre que je suis, n'ai-je pas ce qui me suffit? La religion s'est chargée d'y pourvoir. Elle ne s'est pas chargée de pourvoir au superflu ni au délicieux : ce n'est point ce que j'en ai attendu , ni ce que j'en ai dû attendre ; et sans doute ce seroit une étrange pauvreté que la mienne , si je prétendois l'accorder avec les délices et les superfluités. Mais quant à ce nécessaire dont de sages instituteurs ont jugé que je ne pouvois me passer, dont tant d'antres avant moi se sont contenté, et dont tant d'autres comme moi se contentent encore présentement, m'est-il refusé, et ne me le fournit-on pas?

En cela même j'ai cet avantage, cjne la religion me délivre de tous les soins temporels, qui oaupent une infinité de gens du monde pour s^assurer ce nécessaire et pour 9e le procurer. N'est-ce pas assez pour moi? Eh ! c'étoit bien assez pour tout ce qu'il y a eu de aajnt3.et.de fervents religieux, qui in'ont précédé dans la même observance et sons la même règle. Que dis-je? c'étoit trop pour eux; et leur pauvreté, à les en croire, étoit toujours trop aisée et trop commode. Bien loin de vouloir élargir ce nécessaire et l'étendre , ils ne pensoient qn'i le resserrer autant qu'il leur étoit permis, afin de le proportionner davantage i l'état de Jésus-Christ et de l'en approcher de plus près. Ils ne se plaignoient que d*en être encore si éloignés. Uélas I j'en suis bien plus éloigné qu'eux : mais est-ce là le sujet de mes plaintes? O que de murmures cesseroient, que de retours de l'amourpropre seroioit tout d'uu coup arrêtés^ si je venois à meux comprendre que je ne l'ai compris jusques i présent, ce que c'est que d'être pauvre comme Jésus-Christ, ou plutôt si jecomprenois mieux de quelle indignité il est r dans un religieux , de se dire pauvre de Jésua^rist , et de ne vouloir pas être pauvre comme Jésua-Cbrist.'

T^oisites POINT. Ou c'est Jiésus-Christ qui s'est trompé dans le choix qn'il a lait d'un état pauvre, ou c'est le monde qui se trompe dans l'attachement qn'iF a aux biens de la terre. Mais Jésus-Christ étant la sagesse incréée, il est incapable de se tromper en aucune chose; d'oîi il faut conclure que c^est donc le monde qui est dans Ter-

7îa DE LA PAUVRETÉ DE J.-C. DANS SA NATIVITÉ. •

rear et qui s'égare. Voilà comment raispnDoit saint Bernard , et œ raisonnement regardoit en général toutes les conditions; mais on peot bien l'appliquer en particulier à la profession religieuse.

Car, entre toutes les conditions » où est-ce qu'on se trompe le plus» si ce n'est dans la religion , dès qu'on y est attaché à ses commodité et qu'on y recherche les aises de la vie? Une ame religieuse tombe alors dans les plus grossières erreurs , et sa conduite en est toute pleine. 1. Elle se flatte de suivre Jésus-Christ pauvre» parcequ'elie marche dans la voie de la pauvreté : mais autre chose est de marcher dans la voie de la pauvreté, et d'y suivre Jésus-Christ. On l'y suit par une sainte conformité de sentiments avec lui ; et quelle conformité y a-t-il entre les sentiments de cç Dieu volontairement dépouillé de tout» et ceux d'une ame qui, dans la pauvreté qu'elle professe, ne pense qu'à se ménager tout ce qu'elle peut d'accommodements et de douceurs? 2. Elle croit avoir devant Dieu le mérite de la pauvreté évangélique, quoiqu'elle n'en ait pas le véritable esprit : car ce n*est pas ravoir, cet esprit de pauvreté » que de ne vouloir manquer de rien, et de savoir si bien se dédommager d'un côté de ce qu'oo ne peut recevoir de Tautre. 3. Comme il arrive sQuvent que, malgré toute son attention et tomes ses précautions , elle n'a pas, à beaucoup près, tout ce qu'elle souhaite , il s'ensuit de là qu'elle ressent tout l'effet et toute la peme de la pauvreté, sans en retirer aucun fruit ni en pouvoir espérer aucune récompense» 4. Après avoir abandonné pent-*écre de grands biens, ou du moins un honnête établissement dans le motide , elle se laisse occuper de bagatelles , et n'en est pas moins possédée que les mondains le sont d'une abondante fortune. 5. D'autant plus aveugle et plus dangereusement trompée qu'elle se persuade, en bien des occasions et sur bien des sujets où elle se donne certaines libertés , qu'il n'y va pas du salut , lorsque son vœu néanmoins s'y trouve violé et que la conscience y est grièvement blessée. ' Point de matière où Ton ait plus à craindre , même dans la religion» de se faire une fausse conscience , qu'en ce qui copcerne la pauvreté. Combien de fois ai-je eu sur cela moi-même des doutes, des inquiétudes, des remords ? et si je n'en ai point eu, combien ai-jeeu lieu d'en avoir? Car me suis-je toujours appuyé sur de bons principes pour me rassurer? Combien peut-être ai-je fait valoir dé mauvaises excuses que je prenois pour de bonnes raisons, parcequ'elles secondoient mes desirs? De combien de permissions me suis-je autorisé, ou extorquées, ou mal interprétées, ou trop étendues? Quoi donc ! ai-je renoncé aux richesses du siècle en vue des périh; qu'elles portent avec elles , poor me jeter en d^autres embarras et en d'autres dangers du côté même de la pauvreté religieuse? L'ai-je embrassée, cette sainte pauvreté» à condition de n'en éprouver dans la pratique aucun effet? Ai-je pré-> tendu être de ces religieux qui, dans un sens bien opposé à celui de rapôtre saint Paul, n'ont rien en apparence, mais réellement posaè-

DE L'OBÉISSAKCE DE JÉSUS-CHRIST, etc. 7S3

dent tout? En vérité^ CalloU-il pour cela sortir da monde; et» après avoir fait une fois le sacrifice de tous ses biens» si je veux encore user de certaines rëseryes , n'ai-je point peur d'attirer sur moi la malédiction dont Dieu a menacé quiconque déroberoit quelque chose de Tbolocausie qui lui est offert? L*expérience a souvent confirmé la menace. / Malbeur 9 si j'en deyenois moi-même un exemple !

GoncLosiON. Pieu créateur du del et de la terre » mais que j'adore sous la forme d'un enfiint et que je vois dans la misère d'une ëtable et d'une crèche , Seigneur, agréez le sacrifice que je renouvelle en votre présence, de tout ce que le monde me destinoit et de tout ce que j'y pouvois prétearire. Dans 1^ sentiment qui me touche, il me semble que par votre grâce je serois actuellement disposé à vous sacrifier un royaume si je le possédois ^ et que je n'en Toudrois être mlattre que pour vous l'o^r.

Hélas ! Seigneur, vous ne m'en demandez pas tant, et voilà l'illusion ordinaire qui nous séduit. Nous formons pour vous des souhaits que nous ne pouvons exécuter; et ce qui dépend de nous, nous vous le refusons. Car il ne s'agit point , mon Dieu , de renoncer à des royaumes ni à des empires , que je n'ai pas et que je n'aurai jamais : mais ce que vous voulez de moi , c'est que, par un esprit de pauvreté, je me défosse de ceci et de cela , où mon cœur est attaché , et dont je sens bien que je devrois apprendre à me' passer. C'est peu de chose; mais si je vous étois fidèle en ce peu de chose, que vous répandriez sur moi de grâces et de trésors^spirïtuels ! Et parceque j'ai toujours répugné jusques à présent à vous l'accorder, que ce peu de chose a causé de dommage à mon ame, et Fui en peut causer dans la suite ! Voilà , Seigneur, ce .que je dois vous donner, et de quoi je dois me dépouiller : voilà l'offrande que je dois porter à votre crèche. Ah ! si ce peu de chose m'arrête , que seroit-ce , mon Dieu , s'il éioit question de grandes chosesl En quelque dénuement que la pauvreté religieuse me réduise, il ne sera jamais tel que le vôtre, ni jamais il ne sera comparable aux dons célestes et à l'infinie récompense que vous avez promise aux pauvres évangéliques.

SECONDE MÉDITATION

DE L'OBilSSANCE DE J&US-CHEI8T DANS SA FUTTE EN iGTPTE.

Bumilknit Mmel^MiMi , faehu obedUetu.

n s'Mt abaiué Ini-iDéiiM , et s'esl fait obéissant PhUipp., chap. ri.

Previer POINT. Quoique l'ordre que reçut Joseph de la part du ciel et par le ministère d'un ange , de s'enfuir en Egypte avec Jésus et Marie, ne s'adres&àt pas immédUatement à Jésus-Christ, il le regudoit néanmoins et ne r^ardoit même que lui. Et parceque cet Enfant-Dieu avoit une pleine oonnoissance de tout oe qui se passoit, on peut considérer cette fuite si prompte et ^ peu pr^Murée comme l'effet de son obéissance.

754 ^ DE UOBÉISSANCE DE JÉSÙS-CHRIST, etc.

Ce fat dans son pfiacipe une obéissance toute sainte, puisqu'efle n*ëtoit fondée que sur une conformité parfaite de sa volonté avec la volonté de son Père , ât qui seul il vouloit plaire , et en qui il se confioit uniquement. li Penvisageoit non seulement dans cet ange envoyé d'en haut 9 mais dans Jose)>h à qui l'ange avoit parlé , et qui devoit être lui-même en cette occasion l'agent et le ministre de Dieu. Ce divin Enfant se laissa donc conduire, et n'eut point d'autre sentiment que celui d*une soumission filiale, et d'un plein abandonnëment de ses intérêts entre les mains de la Providence et de ceux qu'elle avoit chargés du soin de sa personne. Or telle est l'obéissance religieuse. R?ea de plus saint que les principes sur quoi elle est établie : car c'est sur l'acte de foi le plus héroïque , sur l'acte de confiance le plus excellent , et sur l'acte de charité le plus parfait.

Acte de foi le plu& héroïque, puisque, pour obéir en religieux, je dois croire que l'uutorilé de Dieu réside dans mes supérieurs, et qu'elle leur a été communiquée par Jésus-Christ; non point à la vérité par Jésus-Christ en personne, mais par Jésus-Christ représenté dans ^n vicaire et dans toutes les puissances de l'Église légliimement ordonnées. De sorte que cotte communication d'autorité me doit être ausài certaine que si elle s'étoit faite par une apparition visible de lésus-Christ 'même, et qu'il s'en fût expliqué de vive voix. Je dois croire dé plus que in'étant soumis volontairement et de gré à cette juridiction divine et humaine tout ensemble, c'est Dieu qui me gouverne par mes supérieurs, et que je suis obli<^é de leur rendre obéissance, non pas en tant que ce sont des hommes comme moi, maïs en tant qu'ils me tiennent la place de Dieu , qui me déclare par leur bouche ses volontés. Et parceque cette vérité subsiste indépendamment des imperfections de ces supérieurs et de leurs foiblesses, indépendamment des contradictions de mon esprit et des répugnances de mon cœur, de là vient qu'avec tout cela le même acte de foi doittoojours subsister, et que, malgré tout ce que je découvre de défauts dans un supérieur, je dois toujours également le respecter, ou plutôt reconnoitre et respecter Dieu dans lui.

Acte de confiance le plus excellent : car, à n'en juger que selon les lumières naturelles, souvent je pourrois craindre de m'égarer en suivant les vues dé mes supérieurs. Mais j'obéis néaiimoins, parceque j'espère que Dieu , touché de mon obéissance; leui^ iàspiret-a ce qui me convient; qu'il ne permettra pas que je me perde dans l'exercice, remploi, le Reu oiiiH m'auront d)estiné; qm'îl fne délivrera de tous leà danger^ qui pburrbient s'y rencontrer pour mbî, et que, supposé ihême qu'ils se fussent trompés , il ne toe détoandera point compte de leiir erreuf { ehfiii, qu'il agréera ce que j'aûràî feft , dès que je Taoraî faîi par un yéritable esprit de dépendance , et qâ'i! A'eA réôbtf^pensera.

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