DE LA CHARITÉ DE JÉSUS-GHRIST, CTC
tioe contre lui, il é».oit disposé à leur faire tout le bien qn'ib en pouvoient attendre» et il ne tenoitqa'à eux, en recourant à ce divin maître» d'en obtenir tontes les grâces dont il ëtoit le dispensateur. Mon seulement il y étoit disposé» niais pour cela il les appeloit» il les iontoit et les recherchoit. Si je ne porte jusque-là ma charité pour le prochain, je n*ai qu'une charité impar&ite , ou je n*ai même qu'une fausse charité, parceque ce n'est point une charité chrétienne. Car b charité chrétienne nous fait aimer le prochain par rapport à Dieu et en vue de Dieu. Or ce motif n'est point limité; et vouloir le restreindre à certains sujets, sans l'étendre aux autres, c'est le détruire absolument et l'anéantir.
Aussi le Fils de Dieu, et après lui les apAtres, en nous recommandant la pratique de la charité comme une de nos obligations les plus essentielles, se sont-ils servis d'un terme commun : Aimes vos frères, aimez votre prochain. Cette qualité de frère, de prochain, ne convient pas moins à l'un qu'à l'autre , et par couséquait elle n^ bous oblige pas moins envers l'un qu'à l'égard de l'autre. Si vous ne faites du bien, ajoutoit le Sauveur du monde, et si vous n'êtes préparés A en faire qu'à ceux qui vous plaisent, qu'à ceu^ avec qoi vous êtes liés d'une société plus étroite, qu'à vos amis, par où différea-vous des païens ? Car ils ont comme vous leurs connoissances , leurs amitiés, leiirs liaisons. Or la charité évangélique doit avoir un caractère de distinction et de sainteté qui la relève au-dessus d'une charité purement humaine, telle qu'étoit celledu paganisme, et telle qu'est encore celle du monde. C'est pourquoi le Sauveur des hommes, dans le commandement qu'il nous fait de nous aimer les uns les antres, et qu'il appelle son précepte et sa loi, comprend même ceux qui se tourneot contre nous et dont nous avons reçu les plus sensibles offenses : Bémuez ceux qui vous tiiaudissent ^ soijLhaUex du bien à ceux gm vous veulent du mai , prie» pour ceux qui vous perséeuient (Luc, 6). Que ce degré est éminent, mais qu'il est rare! Tout rare néanmoins et tout éminent qu'il est , c'est un devoir nécessaire; et le christianisme, ni conséqui»mment la religion, ne reoonnott point d'autre vraie charité que pellè-Ià : Dieu n'en récompense point d'autre.
Où en suis-je donc, et comment est-ce que je satisfais à cette obiigatioD? Car ce que Jésus-Christ nous a lui-même annoncé, qu'il viesdroit des temps où la charité de plusieurs se refroidiroit, ne s'accomplit pas seulement parmi les gens du monde, mais parmi les religieux. Elle ne s'y refroidit en effet que trop ; et autant qu'elle s'y refroidit, elle s'y rétrécit. On a ses inclinations et ses antipathies; et, selon cette différence de sentiments, on tient une conduite toute <Ufférente. On a ses amis particuliers, pour qui l'on n'épargne rien ; mais on ne s'intéresse guère à ce qui regarde tout le reste de la communauté. Dans un office où l'on dt^it à chacun les môoies soins , on a ses prédileetions ; et tandis qu'on est d'une attention et d'une figilan^ jnfiole en
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faveur de quelques uns, on est d'une négligence et d'une difficulté extrême envers les autres. Se sent-on blessé en quelque chose, on a ses ressentiments et ses peines dans le cœur; et au lieu que la charité devroit les étouffer, on sait bien dans l'occasion user de retour et les faire connottre.
Ce qui est encore très ordinaire , et ce qui renverse tout Tordre de la charité, c'est qu'on se montre plein de douceur et pldn de zèle pour des étrangers, pour toutes les personnes du dehors ; et qu'on n'a que de la froideur et quelquefois de l'amertume pour ses frères, avec qui néanmoins on est uni par des liens si intimes et si sacrés. Où est la charité de Jésus-Christ? car ce ne l'est pas là. Elle n'est qu'en certaines âmes, dont Dieu, pour notre édification, nous met les exemples devant les veut. N'en ai-je pas vu moi-même, et n'en vois-je pas? Il semble que ce soit la charité même; ou il semble que leur charité se déploie sans cesse et se multiplie, à mesure qu'il se présente des sujets sur qui l'exercer. On les admire: mais y en a-t-il beaucoup qui les imitent? Que me sert toutefois de les admirer, si je ne travaille pas à les imiter?
• Conclusion. Dieu de charité , Seigneur , c'est dans les maisons religieuses que vous avez voulu conserver l'esprit de votre Église naissante, et de ces premiers chrétiens qui la composoient.Or iisn'étoient tous qu'un cœur et qu'une ame ; et comment , sans la charité , puis-je donc être vraiment religieux ? II n'est pas en mon pouvoir de concilier ainsi tous les cœurs , et de les réduire à cette conformité parfaite et à cette sainte unité ; mais j'y dois au moins disposer le mien , je Fy dois former, et ce sera l'effet de votre grâce.
Donnez-moi , mon Dieu , cette charité patiente qui ne s'altère de rien , cette charité bienfaisante qui ne refuse rien , cette charité universelle qui n'excepte rien. Ah ! Seigneur, quelque patiente que puisse être ma charité envers mes frères , jamais le sera-t-elle autant que la vôtre envers moi , et jamais aurai-je autant à supporter de leur part , que vous avez eu jusques k présent à supporter de moi ? Quoi que je fasse pour eux ou que je désire de faire en vue de vous, jamais égalera-t-il tout ce que j'ai reçu de votre infinie libéralité ? et dois-je enfin compter pour beaucoup d'étendus mon zèle sur tout ce qu'il y a de personnes avec qui j'ai à vivre et de sujets qui me sont présents , après que vous avez rempli de votre miséricorde toute la terre , et que vous avez étendu votre amour jusqu'à ceux mêmes qui vous ont crucifié ?
Si donc sur la charité que je dois à mon prochain, aussi bien que sur toutes le? autres vertus , je vous envisage , Seigneur, comme mon modfle, j*ai bien ù me confondre du peu de ressemblance qui se trouve entre vous et moi. Mais ce qui redouble ma confusion et ce qui ipit y mettre le comble , c'est que je sois si froid et si lent aux
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Wrcices de la cYf^vlié , qua^d yoas voulez pïen acpq>ter u>m ce f)n'elie me foit faire , cojnme étaan fàjf à vpos-inémp ; quaqd vou# ne fïi^^igae^. pas d'ep étrç Ijs mptjf , qp^ voqs ip'eQ ^avez gré, et qpe ypii8 m'en Alites un mérit^ auprèsde yous. Ek I mon Diepf , ^i j^ foqs aime» commeni puis-je ne pas aimer ceux que vous avez snbsiiimb ei^ votre p)9ce7 Or i^e sppt-œ pas mes frèr^t et n'^t-œ pas vous- )P(ime que i'fime dan^ eux ? n'est-pe pas à voMs-môme que je r^ds d^O^ eu^ tou^ 1^ bons offices qile la cbarit^ m'inspire ? Que me Àutil fiutre chose ppi)r m'engager ? Un cœur est bien peu sensit^le pour yq^f I Çetgneujr , $i cette $eule considération ne lui suffit pas.
SECOjNOé; MÉ;D}T4TI01>r.
nés DOULEURS mTÉRIBURES DE lÉSCSrGHRlST DAMS SA PASSION.
TîMc aii illU : Tristit est antma mea usque ad mortem.
àMûfé 11 leur dit : Je nls dam tme trbtesM ntorteUe. Uim., chap. nri.
P^siçusR poisT* Jésusdhrist deyoit être notre modèle en tout , et U a voulu 9 dans sa passion , nous apprendre comment nous devofis ipas comporter dans les peines et les afflictions de la vie. U y en a de deax {H)rte9 ; d'inférieures f qui n'affligont que l'ame; et d'extérieures, qui affligent Ips ^enf . Or les un^s et les autr^ m(s fournissent la maf jère jde depx importantes méditations : et qiiant à ce qui regarde aabprd les peines intérieures du Fils de Dieu » elles se réduisent à frQJ9 espèces » que )ps év^ngélistes pous ont miirquées , et qifi ^t la trjstesse^ Tennui , Ij^ crainte.
I)e quelle tristesse est-il tout-à-pqup accablé , lorsqu'après la dernière scène qu'il avoit faite avec ses apôtres , il va au jardin de Getl)- ^mani ! A peine peut-jl se soutenir I^i-méme, et, seloa qi^* il {e déclare
Imi: frOis disciples qu'il a choisis pour l'accompagner, la douleur qiyi e presse est si violente» qu'elle seroit seule capable de lui causer la mort : if on amc est triste, leur dit-il « et cest une trUiesse à en nunirir. Voilà par où a commencjé cette sanglante passion qu*il a endurée pour moi. Ce n'^toit poiqt assez qp'il livrât son sacré co.rps au supplice de \^ crpix 9 i} falloit que son ame fût livrée aux plifs rudes cop)bats , et qu'elle en ressenitif les pins vives e( les plqs do^lQurciises atteintes. .C'étpjt une p^rtitî , et môme ^principale partie de la satisf^ctioq qu jl devoir fiiire à son Père ppur les pécules ^es hommes, p^rc^ue p'est (làq$ le cœur que le péché f?st conçu , et que c'est proprêipent l'aofe qi{i , p^r le dérèglement de |a vo|opté , le copiimet.
Quoi qu'il en soit , que faii-il dans cette tristesse qui l'abat , et qu'il pe pourrait por|e|r ^ans un miracle ? A-t-il recours aux vaines opnsolaUon^ d|f monde? Cherche-t-il au mpins qpelqqe squlagement et queiquf^ appui aupr^ de ses apôtres ? Se laisse-t-il aller à l'impatipnce çt aux piajptes ; et , pour décharger son cqçur du poid^ qui Ip presse, s^épaifcbe-tril ^n dp lopgis discours ? |)eu^ pfi t{^i$'paro)^ , c*^ fftut
fiS6 DOULEURS KiTÉRIfiURES DE J-C, ktc. m
ee qii'H dit de son état. Do reste , sans a'arréier av«c ses disciples , il s^ rejtire à l'iécart » il y^ prier, il y passe tnois heures eotières ; le ciel est tout aoD refuge et tout son soiisien ; et soit qu'il en soit écouté ou qtt*il paroiss|e 9e l'être p^s , il y met toute sa confiance . et n'u point d'antre sentiment que d'une soumission parfajte et d- nue pleine résigoatipn; Mm Père y qtt!U en soit comme vous l-ordonnesi, ft non eonm^je le vpux ( Hattu., Sti ).
Quelque exempte que semble la profession religieuse des chagrins de la vie , il y a dans la religion aussi bien qu'ailleurs des jours péuibles et des temps de tristesse. On 4 partout de mauvais m^^men^ » et j'ai les mi^^ comme les autres. Nous sommes même tellement nés , que si DOMS n'avons pas de vrais sujets de chagrin , nous nous en faisons d^imaginaires.S^n3 examine|r ce qui attrista le Fils de Dieu au point 011 il le fut et ou il témoigna l'éire , nous ne pouvons douter que ^a douleur n'ait été aussi vériiab'e dans son principe et aussi raisonnable , qu'elle éipii amère et sensible dans ses effets ; fu lieu que ce qui fait en mille rencontres toute ma peine » ce n'est qu'une idée ei qu'un hn* t4me ; ce n'est que ma délicatesse extrême, que mon humeur inquiète, que mon orgueil , que mon amour-propre. Ôir si je veux bien rentrer en mioi-méme et sonder le fond de mon cœur , je trouverai que c'est là communémept ce qui le remplit d afperiume. Pourquoi êtes-pou$ triste y à mon a^el et pourquoi vous trouOlet-vous (Ps. 41-)? G est que vous êtes ingénieuse à vous tourmenter, souyent sans raison , et même contre toute raison.
Afais sQÎt que mes chagrins soient bien ou mal fondas , comment .est-ce que je les supporte/ Combien de réflexions également inutiles et affligeantes 9 dont je me ropge en secret ï combien de vaines dis* tractions que je tâche à mn procurer, et au*dedans et au-dehors , sous }e sp^eu^ prétexte de guérir mon imaginaiion , et de la détourner des objets don^ elle est frappée? combien quelquefois de dépits et d'àpimosités contre les personnes à qui î*attribue ma peine et que j'en crois être le^ auteurs ? A l'égard même de ceux qui » constamment et de ma propre eonnoissance , n'y opt pulle part, combien m'échappe-t-il d'impatience^ et de fermes offen^nts , comme si je m'en preuQÎs à eux , et que je fusse en 4t oit , parpeque je ^uf fre , de les ^re souffrir ?
P que ne suis-je soumis comme Jé$us-Christ ! Si je sayoi^ me taire , et me tenir dans un silence chrétien et religieux ; si je me retirais deo^ l'intérieur de mon ame ^ et si j'y renfermois toutà mes peines ; 9i , pour répandre mon pœui^, je n'allpis qu'à Dieu , et je ne voulois point d'autre consolation que celle qu'on goûte dans I9 prière et avec Pieu : que de fautes j'éviterais I que d'inquiétude^ et d'agitations je m'épargnerais! L'ange du Seigneur viendront , et il meconforteioit ; Pfi plutêt le Seigneur (Jesoendrojt lui-même avec toute l'pnaion de sa gcece. Il m servlri^it de cop^l , d'emi , de confidents II appliqi^
776 DES DOULEURS INTÉRIEURES DE J.*G., etc.
roit le remède à mon mal ; et s'il ne lui plaisoit pas de m*en accorder rentière guërison , du moins il radoucirait » et me le rendroit » non seulement plus tolérable » mais salutaire et profitable. J*étoi$ dans le dernier abattement y disoit le Prophète royal , et je croyais que rien ne pouvait me consoler; mais je me suis souvenu de Dieu , et toui^è' coup celte vue de Dieu m* a remis dans le calme et dans la joie (Pi. 76.). Voilà ce que ce saint roi avoit plus d'une fois éprouvé : pourquoi ne Tëprouverois-je p^s de même ?
Second point. Une autre peine intérieure dont le Sauveur des hommes se sentit atteint, ce fut Tennui. Il commença à s'ennuyer (Harg.« 14) , dit révan{yélis(e. G*ëtoit une suite naturelle de Ig tristesse qui l'accabloit. Tout lui devint insipide , et il ne prit plus de goût à rien. Ces grands motifs qui l'avoient auparavant animé et si sensiblement touché 9 sans rien perdre pour lui de leur première force , perdirent du reste toute leur pointe. Ils le soutenoient toujours , mais sans aucun de ces sentiments » ni aucune de ces impressions secrètes qui excitent une ame et Tencouragent Tellement qn il se tronvoit comme abandonné à lui-même et à la désolation de son coeor. Éfat mille fois plus difficile à porter que toute autre peine , quelque violente d'ailleurs qu'elle puisse être ; état où se trouvent encore île temps en temps une infinité de personnes dévotes et religieuses.
11 y a des temps où l'on tombe dans le dégoût de tous les exercices de piété et de religion. Rien n'affeciionne , rien ne platt. On est rebuté de Toraison , de la confession, de la communion , des lectures spirituelles , de, toutes ses observances et de toutes ses pratiques ; peu s'en faut qu'on n*en vienne quelquefois jusqu'à se dégoûter même de sa vocation , et à concevoir certains regrets de ce qu'on a quitté dans le monde. lN*aî-je point été bien des fois en de pareilles dispositions, et n'y suis-je point encore assez souvent ? Si ce n'est point moi qui me suis réduit là par un relâchement volontaire , je ne dois point m'en affli/^er : ce sont alors des tentations qui me peuvent être très salutaires , et dont il ne tient qu'à moi de profiter au centuple, en donnant à Dieu y par ma constance , la preuve la plus certaine de ma fidélité. Hais le mal est que ce d^oût et cet ennui ne vient oommnncment que de moi-même, que de ma négligence et de ma tiédeur. Je ne voudrois pas me foire la moindre violence pour me réveiller et pour m'élever à Dieu. Est-il surprenant alors que le poids de lu nature m'entrafae; et dois-Je m'ëtonner que Dieu ne se communiquant plus à moi , parceque je m'attache si peu à lui , je ne fosse que languir dans sa maison , et que le temps que je passe auprès de lui me semble si long ? Ah ! les heures me paroissent bien plus courtes , partout où je satisfais mon inclination.
11 est vrai néanmoins , et il peut arriver quelquefois que ce ne soit pas par ma foute que je tombe dans cette langueur et que je sente cet
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éloignement des choses de Dieu. Hais sais-je me rendre cette épreuve aussi utile qu'elle le peut être ? Je pourrois sanctifier mon ennui même et mon dégoût ; je pourrois m'en feire un moyen de pratiquer les plus ei^oellentes vertus* la patience» la pénitence, la persévérance. Ce n'est pas un petit mérite devant Dieu que de savoir s'ennuyer pour Dieu ; ce n'est pas une petite perfection que d'avancer toujours , malgré l'ennui , dans la voie de la perfection. C'a été le don des Saints, et ce n'est guère le mien. Dès qu'un exercice commence à me déplaire , ou je le laisse absolument , ou je ne m'en acquitte que très imparfaitement : je me fais du dégoût où je suis une raison de me relâcher; an lieu que je devrois , avec la grâce de Dieu , qui m'éprouve dans ce dégoût et par ce dégoût , recueillir toute ma force et m'clever au-dessus de moi-même. Jamais David ne glorifia plus Dieu qu'en lui disant : Foui voiu êtes retiré de moi , Seigneur, et moi je ne me suii point retiré devons^ ni de vot commandements {Ps. 118). C'est là que je donnerois à Dieu plus de gloire , c'est là que j'amasserois des trésors infinis de mérites.
Troisième poiht. Un troisième sentiment dont le cœur de Jésus- Christ fut pressé et serré, c'est la crainte et la plus vive répugnance. Au milieu des ténèbres de la nuit qui l'environnoient, et dans ce lieu désert où il s'étoit retiré, toute l'idée de sa passion lui vint à l'esprit, et se trouvant à la veilled'une mort si ignominieuse et si doolonrense, il s'en fit une image qui le saisit de frayeiu*. L'impression fut telle que tous ses sens en furent troublés ; et l'eitréme répugnance qu'il sentit le porta même à demander de ne point boire un calice aussi amer que celui qui lui étoit préparé : Jlfon Phre , s'U est potsible^ détournez de moi ce catiee (Hi^TTH., 96). Et sansdonte il n'est pas étonnant qu'à la vue de tant d'opprobres où il alloit être exposé, et de tant de souffrances où son corps devoit être livré, toute la nature se révoltât. Jamais combat intérieur ne dut être plus violent , ni ne le fut en effet. Il en tomba dans une mortelle agonie, et il en fut tout couvert , depuis la tête jusqu'aux pieds, d'une sueur de sang. Hais cela ne se passoit , après tout, que dans l'appétit sensible ; et, sans é;|[ard aux révoltes de la nature, la volonté demeuroit toujours également ferme et constante. Aussi, d^ le moment qu'il fallut en venir à l'exécution, et que ses ennemis approchèrent pour le prebdre, il ne pensa point à fuir ni à se cacher : au contraire, il s'avança lui-même vers eux « il leur déclara qui il étoit : C'est moij leur dit-il, que vous cherchez ( Joan. , 18) ; voici votre heure et Cempire'des ténèlnres (Luc, 32). Vous pouvez faire de ma personne tout ce qui vous est ordonné. Quel effroi totM ensemble et quel couraje dans cet Homme-Dieu! quelle constcroation, et quelle résolution !
Quand il se présente une occasion où j'ai à me vaincre moi-même , je ne puis d'abord arrêter certains sentiments naturels qui s'élèvent
77a DBS nOUÏ.ÇlIR8 IWTÉRIPWRES m h-Ç*, ^K,
4s^i» mon p»MF* Ql o^mine^ r^pugaanpe^ iqvoSQot^irw? K*«it-C9 pa; mvfMt ç» qo^ l'on éproMY^ daos une r|$tr;|iu ? 11 n'y a( pqjnf d ame ^i tiè4^ et 8i ead^ri^ÛQ» qiii ^p fue r^v^ille pn ce saini te^i^ ^t iiè »e ra- ^m^* pieu parle ^n oœqr, la grac^ éclaire Teaprit ; p9 ^ rqprocbe a^ égareqieQÛ, ei Vm ^u découvre les principes. De là mèiq^ oq vQi( 4i) quel$ remèdes on devroH user, et c^ qu'il y aiirpit à faîrp ; op sen| qu'on n'e^t pas , k t^eafippup près , ce qu'on devrpjt étrfe , et Tqn reçcinQpf t i^ qqoi il tient qu'pn qe le soit : mais on craint de s*y engager ^ fie Tentrepren^re ; po s'y propose des difficultés infinie^, et Ton se défie sur cela de ses fofc^; on dispute avec soi-même : mais tout te fruit d^ pes longs raispnnement^ est une inc^rtitfide ou l'on fie conclut f i^n et l'op ne §e fiétermine à rien.
Pf 'est-ce pas là peu(-4tre l'état où je m^ trouve pr^entepent 1 En v^n jp ypudrqis me iroq^per et m 'aveugler : Dieu , malgré moi , ne 10^ fiait que trqp cqnnoitre ce qq'jl faudroit cbangef et {réforiner ^ans pa vjeppur la ^epdr^ plus religieuse* C^r^^f exeoiples que j*ai devant ies yeux» les remords secrets de ma conscience, les avis de mes supérieurs, les réflexions que j'ai faites dans le cours de ma reiraiie, «t que je féis encore» tout cela ne me permet pas fi*îgQorer à quoi je devroi^ mettre ordre, ^t tout cela m'inspire assez de bonnes vues et de bons sentioieniç. Mais qu'est-ce qui m'arrête? ce qui m'^ cent fois prréié : une vaioe peur et une timidité que je n'ai pasja force desurimnter» et qui me représente les choses comme îq^out^ables pour wei» et comme împr^iMcables. Ces fausses terreurs doqt je me busse préoccuper vont môme jusqu'à me f^ire imaginer mille raiaons apparentes de différer, fie ne point aller tout d'un coup si av%nt, ni si vite. iésus-Gbrist pe différa ni ne délibéra ppint delà sqrte. Ètoitril tomefois, au fond de son cœur, moins agité qqe mpi? avoit-il muips sujet de l'être? G^tte passion, qu'il envisageoit de si près, et don^ il s^étoit SI vivement retraM^é dans l'esprit toute l'borreur» devoiHlle moins lia fipiiter, et avoit-elle fn^ios dequpi rétonper? Ah! me laisserai-je tonjours intimider et décqncerter aux moindres obsèdes que ma foib|es6e f 4it naiirç , et qu'elle augmente djins mon idée ? ou si la crainte m^ préyie|[^t , n*appre9drai:je jamais à me raffermir cqptre ses premiers mouvements, et jamais ne me dirai-je aussi résplnmeiit et auasi efpcacernent que le dit Jésus-Christ à ses disciples ; L€9qnf'^ç^* et mor*
CoNGLusioif . Aimable 39iiveur, c'est par votre sagesse et votre mséricorde infinie que vous avest youlu paroiire fpible comme moi» et iq:e sujet gux mêmes révoltes intérieures que moi, afin que vont exemple m'instruisit et qu'il me fortifi4t. 34us cela , ^ mon Diea , cette-règle et ce soutien que je trouve en vous, ou en serois*je à faim^ moments , et que devf eudroie-je? Voqs yqye^ combien je Mis dîf$ren( de moî*ipême d'ime heure à uqe ai^rç, et de quelle? vici»-
rm DOULEURS £XTÉR1EUBES OB J.-a, m. 7T0
«ilud^s je sm ooBtîntiçllenieDt agile. Un jour mon ame eat en paix « at 10^0)6 dans une sainle allégr^se ; mes devoira mé plaident , ei je goAte le tMwbeurde mon état; rien ne me fait peine, et il me semble qu'il n'y a point de victoire que je ne sois en disposition de remporter sur moi-même et sur tQUtes ie$ passions de mon cœur : mais « dès le jour suiysnt, ce n*est plus moi ; nies es^ercices me sont à charge ; je m'en fais une fatigue, et j'y sens une opposition qui nr«i les rend non seulement insipides, mais très pénibles. Ainsi, toute ma vie n'est qu'un combat perpétuel et qu'une variation , où il semble que tour à ^ur deux esprits tout contraires me gouvernent.
Pourquoi, Seigneur, le permettez-vous? Vous avez en cela, comme en tout le reste, vos desseins ; vous avez vos vues, et des vues de salut pour moi et de sauctifioatioa. Voqs voulez que je sois éprouvé coii)roe TOUS Tavez été; vous voulez que je pratique dans mon état les méme^ vertus» et que j'aoqui^e par proportion les mêmes mérites ; voua voulez que j'endure le môme martyre du cœur, et que je fosse lemAme sacriice de touteales douceursde l'esprit et de toutes les consolations. Ainsi soit-il, 6 mofi Dieu , puisque c*est votre volonté. Il me seroia trop msé et trop doux 4e vous suivre, si j'y sentois toqjours le mène attrait. Vous cependant , Seigneur, ne cessez point de me soutenir , non seulement de vqtre exemple» mais de la grâce qui l'accompagne : que l'un et l'autre m'affermissent tellement dans vos voies, qu'il n'y ait nj tristesses, ni ennuis, ni craintes , qui puissent m'en détonme»; que j'y marche toujours du même pas, quoique ce ne soit pas toujours avec le même goAt. Pjof j'aurai à prendre sur moi pour y avancer, plus ma persévéraQOo yo|is sera glorieuse, et plus vous lui préparerez de couronnes pour 1^ récompenser.
TROISIÈME MÉDITATION
r DES nOCLECRS EXTÉaiEURES DE JÉSUS -CHRIST DANS SA PASSION.
/jtff att/ein vufnçratift t$i prop^ iniq^UaîeJl nostffii » aUritu^ eH iprtfUr ««f fera natfra.
U a été cooTert de UMMirei pour nos péchéSp et c'eit poor nos crinM» qn'Ila ébihtîié de çoupf. I^ii, c)iap. uif.
Premier poiifi. Outre que Tame de Jésus-Christ devQjf servir à Texpiation 4^ nos péchés, et, par ses peines intérieures, satisfaire 4|a justice divine, DieU, qui lui avoit donné un corps capable de souffrir» voulpit enpore qife ce sacré corps fi^t livré auit plus cruels tourmepts. C'est pour ceja que le Sauveur dus hoipipes epdura upe si rjgoureu^ passipn , et qu^aprës avoir répandu tout sop sang, il empira enfip ^^r la croif . Leçon qien çensible pour moi, et adipirable modelé d'u^e d^ xertus les plus propres du christiapisme y et surtQut de la pro^essipn f eljgi^t^se, qui est I9 mqf tî^catipn des sens.
Ce que j (M premièrement $ copsjdéreri P'est ce qqe mpn S^uyei|r
780 DES DOULEURS EXTÉRIEURES DE J.-C, etc.
a souffert; et, ponr m'en former quelqae idée, il me suffit de prendre le crucifix, d'attacher mes regards sur ce corps adorable, tout ensanglanté et tout couvert de plaies; de le contempler à loisir, et d'entendre au fond de mon ame les paroles que m'adresse par son prophète ce Dieu mourant : 0 vous tous , qui passez par le chemin de cette vie mortelle, faites attention^ et voyez si jamais il y eus des souffrances pareilles aux miennes ( TAren., 1 ). Je n'ai qu'à parcourir des yeux ce visage meurtri de soufflets et tout livide, cette tête cooronnëe d'épines, cette bouche abreuvée de fiel , ces mains et ces fieàs percés de clous, ce côté ouvert d'une lance, tons ces membres déchirés et disloqués. Voilà l'état où l'ont mis ses bourreaux, et où il est mort: que puis- je répondre à cet exemple, et que me dit mon coeur à ce spectacle?
Quand on me parle de pénitence, et qn'on m'exhorte , selon le langage de l'apôtre saint Paul, à porter sur mon corps la mortification de Jésus^Christ ( 3. Cor.^ 4) , s'agit-il pour moi de tout cela , et me demande-t-on tout cela? On exige de moi une vie austère ; mais à qaoi se réduit cette austérité de vie ? aux observances de ma règle : car il n'y a point, par rapport à moi, de plus solide mortification, et c'est là, suivant les vues de Dieu, que toute ma pénitence est renfermée. Ne donner de nourriture à mon corps qu'autant que la règle lai en accorde, et que celle que la règle lui accorde ; ne prendre de repos que dans le temps prescrit par la règle , et que selon la mesure du temps ^e la règle y a destiné ; n'avoir ni pour mon vêtement, ni ponr ma demeure, ni pour toutes les autres choses qui servent à mon entretien, qne ce qui est conforme à la règle et à la plus étroite rigueur de la règle ; vaincre là-dessus toutes les révoltes de la nature, et n'écouter aucun des prétextes dont l'amour-propre a coutume de s'aotoriser; du reste , soutenir avec courage et sans m'épargner tout le poids de la règle , dans les exercices laborieux où elle m'applique , dans les veilles de la nuit, dans léchant du chœur, dans le travail des mains, dans les fonctions et les fatigues de mon emploi, dans tout ce qui regarde mon ministère; vivre de la sorte, non pas pour un jour, ni pour une semaine, ni pour une année, mais sans int^rnptlon et sans relâche jusques à la mort , voilà de ma part tout ce que Dien attend , et de quoi il se contente ; voilà où je puis me fixer. Il est vrai que cela est mortifiant, et il est surtout vrai que cette continuité est bien pénible et bien pesante : mais, après tout, qu'y a-t-il là qui soit comparable • aux douleurs et à la passion de Jésus-Christ ?
Cependant ne suis-je pas obligé de reconnoitre ici devant Diea, et à ma confusion, que ma principale étude dans la vie et mon soin le plus ordinaire est de m'adonclr, le plus qu'il m'est possible, toutes ces mor^ tifications de mon état ? Combien en retranche-ton , et combien de soulagements cherche-t-on à se procurer d'ailleui*s? Les raisons en apparence ne manquent pas pour cela, et l'on sait bien s'en prévaloir. Je l'ai bien su moi-même jusques à présent. C'est-à-dire, pour ne me
DES DOULEURS EXTÉRIEURES DE J.-C » ètC. 78i
point flatter, et pour me juger de boniie foi» que j'ai bien su me tromper, et que je prends encore plaisiràdemeurerdansmes erreurs, parcequ'elles me sont commodes et qu'elles Javorisent ma lâcheté. Que je changerois bientôt de sentiment et de conduite, si les souffrances de Jésus-Christ étoient bien gravées dans mon cœur, et si je les avoîs plus fortement imprimées dans mon souyenir! Tout me deviendroit léger; tout me deviendroit au moins soutenable. Quoi que pût dire la nature, je lui répondrois que je ne souffre rien en comparaison de mon Sauveur , et que s*il m'en coûte quelque chose , ce n'est pas, comme à lui, jusqu'à verser du sang. Je medirois, et je dois en effet me le dire sans cesse , que si je ne puis vivre sur la croix, j'y puis mourir; et qu'il vaut mieux y mourir, que de vivre et de mourir sans pénitence.
Second poimt. Pourquoi Jésus-Christ a-t*ii tant souffert? Autre considération non moins solide ni moins touchante. H a souffert, parcequ'il s'y éioit engagé pour la gloire de son Père et pour le salut des hommes.G'étoit un engagement libre dans son principe, et pleinement volontaire. H pouvoit ji^e pas accepter la condition qui lui avoit été prescrite, de souffrir et de mourir, s'il vouloit sauver le monde et ré* parer Tinjure iaite à Dieu. Mais l'honneur de son Rère lui étoit irop cher, fii il s'intéressoit trop à notre salut , pour ne sacrifier pas à l'un et à l'autre son sang et sa vie.Voilà de quelle manière il avoit contracta de lui-même une obligaticm si rigoureuse. £n conséquence du consentement qu'il y avoit donné , cette loi à laquelle il eût pu ne se pas soumettre étoit devenue pour lui comme un devoir indispensable , et c'est ainsi qu'ti $*est fait obMuantiuinuesà la mort^ et à la mort de la croix {Phil.,^).
Quand il n'y auroit que la qualité de chrétien dont je suis revêtu , elle suffiroit pour m'engager à vivre dans une continuelle pratiqué de la mortification de mes sens. En nous appelant au christianisme , Jésus-Christ nousadit à tous sans exception : Quiconque veut venir aprèi inoî, qu'il se renonce soi-iti^me, et qu il porte Ma croix tous les jours: sans cela ton ne peut être mon disciple (Luc, 9). Or si c'est là la vie d'un simple chrétien, que doit être la vie d'un religieux? Car outre l'engagement commun et général que nous avons tous, conraie chi*étiens, à une vie pénitente et mortifiée, j'en ai un particulier comme religieux, et je n'y puis manquer sans démentir ma profession. Mon état est essentiellement un état de pénitence ; et en l'embrassant , j'ai voulu, ou j'ai dû vouloir embrasser tout ce qui s'y trouve iméparablement attaché. En prononçant mes vœux, j'ai spécialement promis de suivre Jésus-Christ, et par conséquent de marcher dans la même voie que lui» qui est une voie de souffrance et de renoncement aux aises de la vie. J'y marche en effet, et je ne puis plusme dispenser désormais d'y marcher, ou volontairement ^ ou malgré moi. Ma parole est don«
7tf DES DOULEURS EXTàRtEURËg m I^Om stc.
Bée; et, de force oa de grë^ il fiht tivre eomme le» autres, obaérrer b même règle et pratiquer les mômes austérités;
Peiit-étre par ma lâcheté^ et par la recherche de certaines commodités^ puis-je, noH pas absolument secouer le jeugf de la mortification religieuse^ mais le diminuer ; et c'est ee que Je n'ai que trop ftlt depuis bien des années. Mais qu'esi-il arrivé de là ? Deux choses dont je ne saurois asset gémir : c'est que j'ai perdu tout le mérite de ce qu'il y a dans ma règle de plus ausière et de plus mortifiant ; et d'aHleurs, que j'en ai perdu toute la douceur. Car il y a dana la InortiBcatioh même une deueeur secrète et très sensible, man tiUi ri'est qné pour tes âmes vraiment mortifiées : or ce n'est pas l'étré, que de se ménager autant que je fais, au milieu même des rigueurs et dès mortifications dont il n'est plus en mon pouvoir de m'exempter»
Heureux engagementde la religion ! Elle me fournit tous lesmoyens «le satisfaire à Dieu pour mes péchés » de purifier mon ame devant Bien, d'avoir part aux souffrances du Fils de Dieu. Nooseulement elle me les fournit ^ ces moyens si saluiairesi mais elle m'y assujettit. C'est une pédiience journalière» habituelle, toujours présente. Toute autre pénitence qui seroit purement de mon cho^ me poarroit dcre sus*' pecte, parceque je craindrois, ou qu'elle ne fût pas suffisante, ou
3 u elle ne fût pas.confoi me aux desseins de DieU ; mais je ne puis me éfierdecelle-ci, puisque je pe l'ai prise que parla vocation divine, et Sue c'est Dieu même qui me l'a marquée. Qu'il en soit éterneUemeat isni, et que j*en sache utilement profiler!
îaoïsiftMB POINT. Enfin, comment Jésus-Christ a-t-il souffert? Avee une patience invincible et avec une constance inaltérable* Sa patience en fit , selon la figure du prophète , comme un agneau à qui Ton enlève sa toison, sans qu'il fasse nulle résistance; ou comme nne brd^is qu'uB mène à l'autel pour y être immolée , et qui s'y laisse oonduire sans se plaindre. Quel silence garda-til devant Pilatequi le oondaolnai? Dit-il une parole contre les Juife qui le traiooient au milien de Jérusalem lié et garrottéi contre lessoldats qui ledéchiroient defouendâns le prétoire, ou qui lui enfonçoient une couronne d'épines dans la télé; oonti^ les bourreaux qui lui perçoient de clous les pieds et les mains, et qui Tattachoient à la croix? On eût cru qu'il étoit insensible : mais voilà l'effet de la patience dans les maux qui affligent le corps, et dans les plus violentes douleurs.Ce n'est pas qu'on ne les ressente, etnaénie irèsvivement ! mais si l'ou n'est pas toujours maître d'arrêter quelques plaintes que la nature arrache, et qui loi sont une espèce de aonlagement, du moins l'esprit de mortification et de patience en étouffe une grande partie, et modère l'autre.
Avec cet esprit de patience et de mortification , je ne ferois point tantde retours sur moinnéme oux moindres infirmités qui m'arrrrent, el je n'aurois point de compassion de moi-mêmei Je ne léMoîgttenm
DES DODLEOftS ÉI^TËtllËtlRES DE J.^.» etc. ^
|>oiht tant ce qae je souffre» et Je ii*eti paHérdjs t)6iiit en Dés tërineft si vift,Di aTectântd'exafj^érâtion. Je tiem'ëpahcherois poiht en tant de hioriiiut-es, ni avec tant d*aigreur, dès qn*il me manque quelque chose. Je bë m'épargnéh>is point ta'nt , ni ne Toudroià point tatit l'être. Je ttiè soumettfois à ibnt, f ehdurerois tout ^ans rien dire; on je d\Ms fteulement,bommesaintPaUl,que jedoîsétre tout ré?élu dé latfioriiflcatiôé de mou BaUTeuh Yoilà Comment je paHéroië, et ee i}Ue je peilseroié : mais pourquoi eèt-ce que je {)arie et (jue je peûsé toot autrement t c'est que je ne sais guère ce (|ue c'est que là traie mdi^tiflcatibh « ëk tque je ne l'ai guère dans le cœur.
Hais ce que je sais encore moins, c'est de joihdi*e à la patience ëVah- (^éiiqué et à là mortification religieuse une terme et' inébranlable cdhstance. Là patience du Fils de DieU ne se démentit pas du Énomeilk jiisquesan dernier soupir qu'il rendit sur la croix. C'étoitli qu'il de*voit eonsommer son sacrifice, et il n'y atoit que la mort qui dûtmetttb lin & ses douleUrs.On Ycut bien quelquefois mortifier sil chair, et l'on est disposé à souffrir; ihaisde persévérer dans cette sainte dist)osiiion et de soutenir Sans relâche cet état, c'est de quoi il y a peu d'exempleë.
Où sont maintenant ces reiigîeut si ennemis de leur col^ps , qu'ils portoient toujours jusqu^au tombeau la même haine contf*elUi, etqu'ib ne cessoient de le persécuter qu'en cessant de vivre? Saint François recoUboissoit même en mourant qu'il avoit traité le sien avec uh excès lie rigueur : hélàs ! ne tombe-t-on pas tons les jours dans un excès tbut opposé? A peine al-je fait quelque effort poUr dompter tnés setil et leur ai-je une fois refusé ce qu'ilé demandoient, que je me crolà eu droit de les dédommager dans la suite, et de condescendre à tunteh leurs foiblesses. La plus légère incommodité me suffit pour m'interdire tout exercice de pénitence, et pdurm'accorder des soulagements dont je me passerois fort bien, si je savois prendre un peu plus sur moi , et que je ne voulusse point tant ttie flatter. Plus j'avance dans mes années, plus je me persuade que je puis retrancher de la sévérité de ma règle, comme si à tout âge l'on n'étoitpas également religieux. il est vrai qu'il y a des égards 9 avoir et des mesures à garder ; ma/s ces mesurés ont des bornes, et souvent on ne leur en donne point. Ah ! ne comprendrai- je jamais quel est le bonheur d'un religieux qui, après avoir vécu dans la mortification , a l'avantage de mourir , et expire comme Jésus entre les bras de la croix?
Conclusion. Dieu rédempteur du monde, Seigneur^ jpuisqiie c est pair la croix que vous m'avez sauvé , comment puis-je autrement me sauver moi-même; et quand je le pourrois , comment le voudrois-je? En vous faisant mon Sauveur, Vous vous êtes fait mon guide dans )e chéiiiin du salUt, et |)ar conséquent je né puis prétendre à ce saliit que vods m^ave2 mérité , qu'autant que je vous suivrai dans la voie de la croix que vous m'aves enseignée.
Hais supposant même qae je pusse prendre one auire route, y pourrois-je consentir ? Toute ma raison, toute ma religion ne s*élèveroit-elle pas contre moi ? Quoi ! Seigneur, je vois votre sacré corps, œ corps innocent, meurtri , décbiré de coups, et je voudrois fiaiier une chair aussi criminelle que la mienne, et n'avoir pour elle que de Findulgence! Je vous vois abreuvé de fiel et de vinaigre, et je voudrois contenter mes appétiu ; je me plaindrois qu'on ne leur accordât pasœ qu'iU désirent ! Je vous vois finir votre vie dans le plus cruel iiupplioe, et je voudrois passer mes jours dans une vie aisée et douce !
Hé ! Seigneur, le disciple , et même le serviteur et l'esclave , doit4i donc être mieux traité que le maître? Quand, après m'êire bien épargné , moi chrétien, moi religieux, moi dévoué à vous par tant de litres, je paroitrai devant votre tribunal , comment soutiendrai-je l'af Arense différence qui se trouvera entre vous et moi? Gomment la puis-je dèi maintenant soutenir, et que faut-il autre chose pour me combler de confusion , quun regard vers vous et vers votre croix? On plutôt. Seigneur, que faut-il autre chose pour me ranimer, pour réveiller en moi l'esprit de mortification et de pénitence, pour me revêtir d'une foi'ce toute nouvelle, et pour affermir contre les plus rudes combats des sens et de la naiure toute ma constance? Non , mon Dieu , je ne sais plus rien, ni ne veux plus rien savoir désormais, comme votre apôire, que Jésus crucifié. Voilà toute ma science. Ce seroit peu delà posséder en spéculation, si je ne la réduisois en pratique. Vous contempler sur la croix. Seigneur, c'est un moyen de sanctification : mais portersoi-méme sa croix, et la bien porter, c'est (a sanctification même, et la plus sublime perfection.
CONSIDÉRATION
La lecture a été de tout temps un des exercices les plus ordinaires et les plus recommandés , non seulement aux personnes religieuses» mais eu généra! à toutes les personnes de piété, même dans le monde. Elle a servi à la conversion d'une infinité de pécheurs, et c'est elle nnœre qui sert de nourriture à la vraie dévotion, et qui contribue extrêmement à l'entretenir. Mille exf'mples Tout fait connoltre, et voi'à pourquoi dans tous les ordres religieux l'on a pris soin de marquer un temps particulier pour cette pratique si salutaire. Or comme il y a (le mauvais livres , qu'il y en a d'indifférents, et qu'il y en a tnfin de bons , il faut de même raisonner des lectures. Il y en a de mauvaises, qui sont défendues ; il y en a d'indifférentes, qui sent tolérées; et il y en a de bonnes, qui sont prescrites et ordonnées. C*est par rapport à ce% tro^s caractères que nous pouvons considérer tout ce qui regarde la lecture.
PftiimiPMiiT. Leetores maaiwises et défeDdues. H y en à ded^x sortes. Les nnes sont mauvaises» 0|i do moins dangerenseï» par rap« port à la foi et à It vraie piété. Les^preipières, qoî pensent oorronipre les âmes et les porter au vice, ne sont pas communes dans les maisons religieuses, et c'est un article sur lequel il y a peu de réflexions à faire. Mais pour les lectures capables d*a(térer la foi, et d*éloigner dn droit chemin d*une solide piébé, elles ne sont que trop fréquentes, et l'on ne peut user là-dessus de trop de vigilance ni de trop de pré-, caution. Combien y a.^t-il de livres qui se répandent, et qui sont évidemment remplis d'erreurs condamnées par l'Église? Combien y en a->t-il dont la dDctrine ^t au moins très suspecte, et dont le poison est d'autant plus à craindre,'qu'il est plus subtil et plus caché ? Combien sont pleins de maximes qui ne tendent qu'à décréditer d'anciennes et de bonnes pratiques^, et qu'à les abolir pour en aubstituer de nonbelles? On peut dire^^rtainement que^esont là de mauvaises lectures. Aussi l'Église en a-i-elle 1res expressément défend^ quelques unes; et quoiqu'elle ne se soit pas si foriement expliquée sur les antres, parcequ'ii en faodroit venir à de trop longues discussions, ses ministres et ses vrais pasteurs s'ep sont assez déclarés pour elle, et put pris soin de découvrir aux âmes fidèles le venin qu'on leur présentoit.
Lectures surtout nuisibles aux personnes du sexe, qui, n'ayant pas certaines conÉtoissances , se laissent plus aisément préoccuper et surprendre. Et c'est une réponse bien frivole que ce qu'elles disent ordinairement pour leur défense, savoir : qu'elles ne remarquent rien que d*édifiant dans ces lectures qu'on vpudroit leur interdire, et qu'elles n'en voient pas la contagion. Voilà comment elles raisonnent; et c'est justement raisonner comme si, prenant une liqueur empoisonnée, elles se croyoîent en sûreté, parcequ'elles n'y aperçoivent rien que d'agréable à la vue et au goût. Il seroit à souhaiter qu'elles la vissent, cette contagion ; car alors elles seroient plus en état de s'en préserver. Mais ne la voyant pas , et étant néanmoins d'ailleurs averties qu'il y en a, la sagesse leur dicte-t- elle autre cbose, sinon qu'elles doivent absolument rejeter .ce qui pourFOit, sans qu'elles y prissent garde, les infecter et les égarer ? Ce n!est point tout^is ainsi que la plupart en usent. Dès^là que certains livres ont cours dans le monde, on veut les voir ; et, par un fonds de malignité qui noas est naturel, c'est assez que ce soient des livres notés et prc&mts, pour piquer davantage la curiosité et pour la redoubler. £n vain des supérieurs sages et vigilants prennent d^ mesures pour leur fermer l'entrée dans une communauté :on sait les soustraire à leur vigilance et les-faire venir dans ses n^ins. On lés lit secrètement , mais assidûment, et l'on en rejpàti son ame comme de la nourriture la plus exquise.
Ce qu'il y a de merveilleux, c'est que tout cela se fait sans scrupule , malgré les condamnations les plus formelles et les plus rigon-
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itiises d«»8 pQj^sallcfs ecclésiastiques; Elles s*ufi{roi#llt iMtès^ et bil« çeroiHH tous leuN anaihèmes, qii*on ne reviendroii paè de ies prejuffi^ et de &01I f ntéienif nt. 1^ n vérité, peot-oh tt oire alors qu'on soit eonduh ptit' TespHt de Dieu f Peut-on espéféf que Dieu répande sa benéiiiction stir de sembliiblès lectures? peut-on ft'assiirer qu'on D*ait rien à rraiodre , ni tun & se reprocher du c6té de h con^ieneet et . si i^on se le pi^r^nade, nVsM^e jnis une des plus f^rôssièrës illusiionsT
Il terôit plus rt-ligieux d'ubserver les règles suivanf^, et des*y attt« ber invioliblement : i^ de ne iire>aucuii livre contré le ^ré des sypërieurs^ "kP de consulter sur chaque fivre qu*on Ih» ohquon auroit dessein de lire, un directeur éclairé et d'une doctrine éprouvée ; 3* de mortifier une démangeaison extrême qu'ont des personnes reirjp uses, de voir tout ce qui s'écrit ei qui se débite-, se figurant qu'elles sont en é<at dVn juger, et quil n*y a là-dessus pour t Iles, lii peine à se fiiire, ni lisqae à courir; 4^ de s*ftbstenir généralement de toute lecture sttspctste ; car il suffit qu'elle soit âuspècte. Or neui-on ignorer que bien des ouvrages , dont on est si curieux, éont au moins des livres suspects, et très suspects? Si Ton avoit suivi ces principes* en plbsieurs communautés, la foi y seroitplus pure, l'esprit des saints ft>ndateurs s'y seioit mieux conservé; les partis ne s'y seroienl point élevés, etTuaioB des cœurs y auroit été par-là même beaucoup mieux 4Jmentée et mieux entretenue ; ,on n'auroit point lieu de déplorer les brèches qui s'y sont fiiites à l'ancienne discipline et à TexActé régularité, comme à la soKde jpiété, des premiers tempâ.
Sbcoud point. Lecture indifférentes et tolérées. H y a ifes livres qui ne 6ont ni mauvais ni bons, par rapport à la loi ou aux mœurs. Ce sont des ouvrages d'esprit , dont les sujets ne regardent nî les vérités (le la religion, ni les devoirs de la piété. On les lit pour passer le temps, et par une espèce de récr^éation, sans y chei cher aucun fruit pour rédiflcaiion de son'ame. mais aus^i sans y craindre aucun danger. Dans les maisons bien régulières , et ou l'observance est encore en sarpremière vigueur, on be s'arrête guère à ces sortes de letiires. Ce sont des amusements peu profitables , sut tout pour des filles qol se sont dé\oué( s au service de Dieu, et qui n'ont nul besoin de cultiver eeriains talents; ni d'acquérir certa nés conn<fis:sances. L'oraison, la médiiation des i hoses saîntes, le chant du chœur, quelfue lecture édifiante, quelques eonférehoes entre elles^ et ^<^lqiies conversations sages et miles ; du reste, le travail , selin les dilférenies fonctions où Toi éisaance les emploie; voifù Toccupation qui leur convient» et ce qui doit remplir toute leur journée.
Aussi la règle n'en marque-t-ere pas communément davantage. Ce* pendant, par une tolérance qui peu é peu à'cst introduite et qui ne croit que trop, la plupart des personnes qui condur>ent les comuiunanlës n'ont pas crii dèvoâ" N roldfr hmtre d^ lectures jQ9q«*à les
iétenAre absotumertt et à les proscrire. Ainsi le sHence des supérieurs, et je ne sais quel usagée, semblent les autoriser.
Mais si l'on n*a pas assez d*einpire sur soi-même pour se refiis^er ces vains délassements d'esprit et pour s*en priver, du moins doit-on preptre garde à bien des désordres ou Ton tombe sur cela, et à bien des abus rpii s*y commelieht. 1. Dés qii*une fois on y a pris goût, on y donne trop de temps. D*une lecture à laquelle quelgues moments devraient Suffira, on se làil un exercice journalier et b;ibiiuel : car le goût est toujours accompa{{[né de quelque passion ; et quand h pas* sion de lire s*esi empaiée d'un esprit, on ne connoît plus de bornes et Ton ne garde plus de mesures. 2. Ce qui arrive de là, c*est qu'un s'entête tettement d*une lecture qui pbtt , qu'on en néglige ses pratiques ordinaires et ses devoirs; on en retranche une partie, et Von s'acquitie précîpitammt nt du reste. Si pendant le jour on ne peut be ménager tout le temps quon soohaiterôit., on le prend sur son repos pendant la nuit ; et pourvu que Ton se contente, on n'a égard, ni a la règle q^u'on viole, ni même à sa santé qu'on endomma^je. 5. Ce quil y a encore de très pernicieux , c'est que par ces lectures profanes dont on se laisse vainement repaître l'imagination , et dont on se finit ûu une élude ou un divertissement, on vient à se dégoûter ppu à peu des livrer spirituels I on ne les lit plus que par manière d'acquit , et qiie pour ne les pas abandonner tout-à-fait ; mais à peine en a-t-on parcouru des yeux quelques pages, qu'on retourne incessaniment aux autres, et qu'on y porte toute son attention. Les meilleurs ouvrages» et les plus remplis, non seulement de religion, mais de sens et de raison , ne paroissent rien en comparaison de ceux ci. On ne les croit propres que pour des commençants et pour des novices , et, par im renversement dont gémissent toutes les personnes sages , on préfère, comme disoit l'Apôtre, de frivo'es discours à la plus saine docttine, et dt s faMes ù la vérité. 4. Encore tire-t-on d^ ^à une espèce de gloire. On se pique d'un discernement plus juste et plus fin pour recunncitre les livres bien écrits.et pour en juger ; on se, charge la mémoire de divers endroits qu'on a recueillis , et qu'on récite bien ou mal , mais toujours avec une certaine ostentation : on acquiert ainsi le nom de fille lia()ile » ou l'on prétend l'acquérir ; on en est jaloux , et Ton ne.se souvient pas que la plus belle science d'une ame religieuse est de «a« voir s'humilier , s'avancer dans les voies de Dieu , et se sanctiKer. Or voilà ce qu'on n'apprend guère dans ces livres qu'on recherche avec tant de soin ; et toute auir j science néannioins sans çellelà n'est que vanité. . '
Troisième point. Bonnes lectures , et expressément ordonné^. Deux choses contribuent à rendre une lecture utile et salutpire: la Qualité du livre qu^ôn lit , et la manière dont on le lit. ^uant à la iqualité du livre, quoiqu'il y ait sans doute des livides de piété bèancoup
788 SUR LA LËGTURf;.
meilleurs les uns que les autres, chacun, dans le choix qn'fMi en doit foire , peut se consulter soi-même » et suivre li-dessus son attrait. Quelques uns aiment mieux les livres qui les instruisent , et d*autres préfèrent les livres qui les affectionnent et qui les touchent. Genx-4i prennent plus de goût aux histoires et aux vies des Saints , qiii leur mettent devant les yeux des exemples i imiter ; et ceux-ci en ont plus peur les traités spirituels^ qui leur développent lé fond des matières, et qui les convainquent par des raisonnements. Quoi quiil en soit, il importe peu , ce semble , à quelle sorte de livres on s'attache , pourva que ce soient de bons livres, c'est-à-dire des livres orthodoxes, édifiants, et dont on puisse tirer du profit pour son avancement et sa perfectioa.
Hais il ne suffit pas de les lire , il fout les bien lire , car souvent tout dépend de la manière , et il y a en tontes choses-nne méthode qui leur dontie plus d'efficace et plus de vertu. Lire à la hâte et comme en courant , c'est s*exposer à ne rien retenir d*une lecture , et k n'en recevoir nulle impression , puisqu'il n'est pas possible qu'on y fosse alors tonte l'attention nécessaire. Les viandes prises avec trop d'avidité et trop vite causent ordinairement à la santé plus de dommage que de bien. Lire trop chaque fois et hors de mesure , c'est se remplir Pesprit d'nne infinité d'idées qu'il ne peut plus arranger , et dont il ne lui reste qu'une vue confuse et superficielle. L'excès de nonfriture , quelque saine qu'elle soit , charge un estomac et le met hors d'état de la digérer. Lire pour remarquer certaines sentences , ou de l'Écriture ou des Pères, certaines pensées nouvelles et moins communes , c'est faire de sa lecture uqe étude : or toute étude dessèche le cœur et le distrait. Lire , et s'arrêter en lisant à la beauté du style et à la pureté du langage , c'est prendre le change et s^amuser à des fleurs , au lien de cueillir les fruits.
De tout ceci il est aisé de conclure comment on doit foire la lecture spirituelle , et quelles règles il y fout observer. C'est 1^ de s'adresser d'abord à Dieu , et d'élever versiui le cœur , pour lui demander les lumières de son Esprit ; car il n'y a que Dieu qui donne l'accroissement , stntoùt à sa parole , soit tue , soit entendue. 1* De lire posément et de bien peser les choses, afin qu'elles puissent mieux s'imprimer et qu'dies s'insinuent doucement dans l'ame, comme me rosée qui tombe goutte à goutte et qui pénètre ainsi b terre. 3* Pour cela de lire peu chaque jour , estimant beaucoup plus une courte lecture foite avec réflexion , qu'une autre , plus longue , mais aussi pins légère «t mal digéiée. 4* De demeurer à certains endroits dont od se sent plus frappé , de les repasser et de les goûter , foisant un retour sur soi-même et se les appliquant. De cette sorte la lecture devient one espèce de méditation ; et c'est un avis très sag^ que donnent les maîtres de l|i vie dévote aux personnes qui ne sont point encore versées dans la pratique de l'oraison , et qui veulent' s'y former , de conmiencer par ces lectures, et de se contenter d'en tirer quelques bonnes
DE Lk VIE NOUVELLE DE JÉSUS-CHRIST, ne. 789
résolations. 5, Dé relire de temps en temps certains livres géoéralement estimés , et dont on a connu par soi-même l'utilité et la solidité. Cest une erreur dont se laissent prévenir bien des personnes , de ne vouloir jamais lire deux fois le même livre , et de se persuader qu'ayant plu dans une première lecture , il ennuiera dans la seconde. Un livre solide est comme une riche miné , où Ton trouve toujours à creuser et à profiter. Voilà tout ce qni regarde l'exercice de la lecture spirituelle : c'est à nous de mettre en œuvre un' moyen de sanctification aussi efficace que celui-là » et tfal nous est si aisé et si présent.