SUK L'HUMILITÉ DE LA FOI
(Matth., 18). Yojlà l'idée que les apôtres, aprè» 4<»is-Cbri8t,.qiie tous les théologiens nous donnent de cette vertu ; en vpilà Tessepce et laqature. Or ne sont-ce pas là les actes d'humilité les plus excellentg et les plus parfaits dont soit capable une créature raisonnable, aidée, de la ^ace de Pieu? Croire ce qu'on ne voit pas, ce qu on ne conciprepd pas, ce qui contredit tous nos sens, tous nos pr^ugés, toutes nos connoissances naturelles. Ce n'est pas assez: le croire, a la vérité, parceqa'il est révélé de Dieu; mais, du reste, sans autre évidence de cette révélation , sinqn que des hommes conune nous nous le dé« clarent ainsi. Je dis dçs hommes comme nous : non pas qu'ils ne soient d'ailleurs et qu'ils ne doivent être distingués de nous par l'^ptprité divine dont ils sont revêtus, et que nous sommes obligés de recoqnottr^ et de respecter dans eux; mais, après tout, à n'en juger que par les apparences, que par les dehors, q^e par les yeuiç, npim n'y apercevons n'en qui nous représente autre chose que des bpcQme^ ^oib/ables à nous. Ce sdpt là ceux qui composent avec.le reste de^ fidèles l'Église de Jésu8*Christ; ce sont ceux qui la gouvernent ai^ nom de Jésus-Chsist, et c'est à leurs décisions que nous devons nouiî soumettre purement et simplement; je veux dire, sans autre preuve , sinon que ce sont des décisions émanées de Imv tribunal. Une pareille soumission , dis-je , un tel sacrifice de toutes nos lumières et de (out^ nos vues, n'est-ce pas la plus graqde humiliation de l'espri^ humain?
lY. C'est en ce sens que le Fils de Dieu nous a dit dans l'Évangile: 5î vous ne devenez semblables à des enfantSf vous n'entrerez jamais ions le royaume des deux ( Ibid. ). Car, selon les interprètes, ce royaMme des ci^ux, c'est l'Église militante sur la terre , et triomphante dans le ciel. Afin donc que nous soyons de cette Église, il but noua rendre enfonts : et par où enfants? demande saint Augustin, Par la foi. £n effet, poursuit ce saint docteur, un enfant n'est différent d'iia hopime que parcequ'il n'a encore aucun exercice de sa raison, on qu'il n'en a que trè; peu d'usage. Il croit, mais il ne raisonne point; e( c'est justement ce que la foi opère dans nous. Quand Dieu a une fois p^rlé, ou par lui-même directement , ou plus communément par son Eglise, la foi nous défend de douter, d'examiner, d'user d'aucunes recherches ; mais elle nous fait un commandement de croirel Ainsi elle nous réduit à une espèce d'enfance : et le moyen que nous no«s y réduisions nous-mêmes par une obéissance chrétienne, si lions ne sorooies vraiment humbles !
V. C'est encore en ce même sens et selon cette même idée de la foi, qpe l'apôtre saint Paul nous la dépeint comme une sainte servitude, oii nous tenons notre entendement lié, pour ainsi dire, et enchaîné. Qae veut-il par-U nous faire entendre? Saint Chrysostome l'explique d'une manière îrès ingénieuse et très littérale. Voyez, dit ce Père , la dM^tioq et l'étal diin prisonnier : il n'est plus en pouvoir d'aller