‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 30 sur 225 · SUR LE. CHOIX D*CN ÉTAT BE VIE · texte numérisé non relu

SUR LE. CHOIX D*CN ÉTAT BE VIE

Dans rage où vous étes^ vous devez penser à faire choix d'un état de ¥ie; et rien n'est plw néoeasaire pour voos que de bien connottre rinportaoce de ce clioix, et les règles qu'il y fapt garder. Voos me deoMndes là*dessusqnelque instruction, et Je satûfiais volontiersà une demande aussi raisonnable que celle-là, et aussi digne de votre piété et de votre sagesse.

L Imprimez-vous bien dans Fesprit cette grande niaxime, qu'il n'y a rien dont le saint dépende davantage que de bien- choisir l'état où l'on doit vivre» pareequ'il est certain qne presque fous les pédiés des hommes viennent de l'engagement delenr état. Combiai Dieu voit-il de réprouvés dans l'enfer , qui seroient maintenant des Saints s'ib avoient embrassé, par exemple , l'état relî^eox ? et combien y a*t-il de Saints dans le ciel qui serol«itétemelleibent répfouvés» s*ils avoient vécu dans le monde? Voilà ce qui s'appdie le sëcutde Ift-prédestînation, lequel roule principalement sur le choix de Fetat. Tâchez donc de bien comprendre cette vérité, afin de vous bien conduire dans une affaire si importante. Car que seroit*oe si vous veniez à vous y tromper, et à prendre une autre voie que ceiieoà Dieu vous a prépsnré ties grâces pour faire votre salut?

II. Ce qu'il y a de plus essentiel dans le choix d'un état, est de n'y entrer jamais sans vocation , c'est-à-dire sans y être appelé de Dieu. Car il ne vous appartient pas de disposer de vons^me pour choisir selon votre gré tel état qu'il vous plaira. Étant à Dieu comme nous y sommes, c'e§t à lui de nous placer selon les vnes et selon les desseins de sa pipvidence; et si« ait préjudice d'une obligation si saiute, jsous nous engageonstémérairement dans uneconditionoù il nenoas appelle pas, dès-là il est en droit de nous y délaisser, et de né nous plus accor* der cette protection spëcisie dont il favoriseles^ustes. Or quel malheur si cela vous arrivoit jamab, et si vous pouviez un jour vous reprocher que vous êtes dans un état où Dieu ne vous^voit pas destinée ! Quand vous seriez alors sur le premier tr^ne du monde* qund vous séries reine et souveraine, vous devriez plaindre votre sort, et le regarder comme l'état le plus déplorable.

•III. GependàDt voilà le désordre et tout ensemble la misère des cooditbnsdu aM>ttdei On n'y entreque par intérêt, queparambkion, que par passion, que pour y chercher des établissements de fbnuiie. Jamais, ou presque jamais, on n'y envisage Dieu ; et la dernière chose à laquelle on pense , c'est d'examiner si l'état qu'on prend est de sa volonté, et si le salut y peut être en assurance. Cela ne se voit .qae trop. Par exemple, dans une al|^ice qu'on veut foire, et où deux

* CeUBlattruction regarde iine Jeune perm^cqoaltté.

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