‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 34 sur 225 · DU SALUT · texte numérisé non relu

DU SALUT

NéCBSSITÉ no SALDT/bT L*USAGE QUB nous en BETONS FAIRE CONTEE LES PLUS DANGEREUSES TENTATIONS DE LA TIE.

On pirle da saint comme d'une afEairesoQTerainement importante, et on a raison d'en parler de la aorte. Mais c'est trop peo dire : it fant ajouter que c'est une affaire absolument nécessaire ; et ce fut l'idée que le Sauveur des hommes en vonlnt donner à Marthe, dans cette grande leçon qu'il lui fit: Marthe^ vous v(m» inquiétex et vous va§s^ embarrassez de bien des choses; mais une seule chose est nécessaire (Luc, 40).

Ce n'est donc point seulement une afiaire d'une importance extrême que le salut, mais une affaire d'une absolue nécessité. Entre Ton et l'autre la diffiérence est essentielle. Qu'on me fasse entendre qa*nne affaire m'est importante et très importante, je conçois prédsànent par-là que je perdrai beaucoup en la perdant, sans qu'il s'ensuive néanmoins que dès-lors tout sera perdu pour moi, et qu'il ne me restera plus rien. Mais que ce soit une affaire absolument nécessaire , et seule nécessaire, je conclus et je dois conclure que si je Tenois à la perdre, tout me seroit enlevé, et que ma perte seroit entière et sans ressource : or tel est le salut.

Affaire nécessaire , et seule nécessaire : nécessaire , puisque je ne pais me passer du salut; seule nécessaire, puisque, hors le salut, il n'y a rien dont je ne puisse me passer. Je dis nécessaire, puisque je ne pois me passer du salut : car c'est dans le salut que Dieu a renfermé toutes mes espérances, ea me le proposant comme fin dernière; et c'est de là que dépend mon bonheur pendant toute l'éternité. Je dis seule nécessaire, puisqu'il n'y a rien, hors le saint, dont je ne me puisse passer : car je puis me passer de tout ce que je vois dans l» inonde; je puis me passer des richesses du monde 9 le puis me passer des honneurs et des grandeurs du ippnde , je puis me passer des aises et des récréations du monde. Tout cela , il est vrai , ou une partie de tout cela, peut m'étre utile, par rapport à la vie présente, suivant l'eut et la condition où je me trouve; mais enfin je puis me passer de cette vie présente et mortelle , et il faudra bien , tôt ou tard , que je la perde. Par conséquent, je n'ai de fond à faire que sur le salut : c'est là que je dois tendre incessamment, uniquement, nécessairement , à moins que, par un affreux désespoir, je ne consente à être immanquablement , plein^nent , éternellement malheureux. Terrible aiternattve: ou un malheur éternel , qui est la damnation ,

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