‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 36 sur 225 · ESTIME DU SALUT · texte numérisé non relu

ESTIME DU SALUT

de jour en jour dans toas les états da chri8tîaiii8me.'Parce que lessens,

toat matâiels et tout grossiers, nesont susceptibles que des ofajçtsqifils

aperçoÎTeiit et qui leur sont présents» c'est à ce présent que nons nous

arrêtons. Au lieu de dire » comme saint Paul , Nom n'aums ptdnt id

une demeure stable et permanente^ maiM mou» en niiendom une autre

dam l'avenir (Htbr.y 13), à peine conoe?ons-nons qu'il y ait un

avenir an-deli de ce cours d'années que nous passons sur la terre « et

dont la mcHTt est le terme ; à peine nous laissons-nous persuader qu'il

y ait un autre bonheur, qu'il y ait d'autres biens et d'autres grandeurs

que ces grandeurs et ces biens visibles dont nous pouvons jouir dans

le tenops : d'où il arrive que nous avons si peu dégoût pour les drases

du ciel , et pour tout ce qui a ra^pert au salut. On nons en parle»

nous en parlons nous-mêmes: maïs ce qu'on nous en dit, coBunent 1'^

ooatonMous, et nous-mêmes comipent en parlons-nous? avec le même

froid quesi nous n'y prenions nul intérêt. Et il n'y a rien en cela de sor-

prenant, puùque [homme seneuel et iintmoi ne peut f élever au^desSui

ëe tui*nûme, ni pénétrer avec des yeux de chair dans les mystères de

Dieu {4 Car., 4).

C'est pour cela que la vue du monde nous devient si dangereuse et si pernicieuse. Non seulement elle pourroit nous être salutaire . mais elle d€vroit l'être dans la manière que je l'ai fait entendre. Elle l'a été et elle Test encore pour un petit nombre de chrétiens , accoutumés à juger de tout par les pures lumières de ia foi , et non par l'aveugle pencfaant de la nature. Ils voient la figure de ce monde » ils la consi» d^nt, mais comme une figure, et non point autreipent. Car ce n'est dans leur estime qu'une figure ; mais de cette figure ils passent à la véritë qu'elle leur annonce , au bien réel et solide qu'elle leur déoouvre , à la suprême béatitude , dont elle leur trace ooinme un léger crayon. Que ne regardons-nous ainsi le monde 1 que ne nous attachona-nous à contempler dans ce miroir ce qu'il nous représente des beaotës inestimables et ine^les d'un autre monde , où sont renfermées, tontes nos espérances l C'est l'occupation la plus ordinaire de ces âmes fidèles et intérieures que l'esprit de Dieu conduit, et qui, sans se laisser prendre à des dehors trompeurs , tournent à bien pour leur perfection et leur sanctification ce qui pervertit le copmun des hommes. Car voilà quel est le principe de ce mortel assoupissenient , et, si je l'ose dire, de cette stupide insensibilité où nous vivons à l'égard du salut.

Le prophète reprochoit aux imb qu'ils n^avoient tenu nul compte de cette terre promise que le Seigneur leur destinoit , paroeque , dans le désert où ils marchoient, ils n'étoient attentifs qu'à ce qu'ils rencontroient sur leur route , et à ce qui pouvoit satisfeire leur sensuaHté. N'est-ce pas là notre état, et surtout n'est-ce pas là l'état d'une infinité de grands et d'opulents , qui semblent , à les voir agir, n'avoir été faits que ponr cette vie , et y avoir établi leur dernière fin? Ce qui

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