‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 40 sur 225 · INCERTITUDE DU SALUT · texte numérisé non relu

INCERTITUDE DU SALUT

par vous ; Diea de mon sahit, paroeqne vous voulez que je me sauve, et que vous-même vous voulez me sauver; Dieu de mon salut , parceque pour me sauver vous ne me refusez aucun des secours nécessaires , et que vous me mettez dans un plein pouvoir d'en user. Voilà , Seigneur, ce qui me rassure , et ce qui cahne mes inquiétudes. Vous m'ordonnez de les jeter toutes dans votre sein » et de m'y retirer moimême comme dans un asile toujours ouvert pour me recevoir. De là, sans présumer de vos miséricordes, je défierai tous les ennemis de mon ame, et je ne cesserai point de dire avec votre prophète :Le Seigneur est ma lumière^ il est ma défense (Psabn. 26); de quoi dois-je m'alarmer? Qumid je marcheroîs au milieu des ombres de la mort , mon cœur n'en seroit point ébranlé , parceque mon espérance étant dans le Seigneur, il est auprès de moi. Je ne veux de lui qu'une aeule chose, et je la chercherai , je tâcherai de la mériter : c'est d'être avec lui pendant tous les siècles des siècles dans sa sainte maison et dans le s^our de sa gloire. Cest 1& que se portent tous mes désirs : tout te reste ne m'est rien.

Confiance chrétienne, mais qui, pour être chrétienne , doit avoir ses règles , et n'aller point au<^elà des bornes. Car il est certain d'aiUeurs qu'il y a des gens d'une sécurité merveilleuse, ou phitôt d'une présomption énorme touchant le salut. Ce ne sont point, il est vrai , des libertios et des impies ; ce ne sont point des pécheurs scandaleux et plongés dans la débauche ; ils n'enlèvent point le bien d'autrai, et ne font tort à personne ; ^ifin, je le veux, ce sont de fort honnêtes gens selon le monde. Biais sont-ce des apôtres? Bien loin de s'employer au salut et à la sanctification du prochain en qualité d'apôtres, a peine pensent-ils à leur propre sanctification , et à leur propre salut en qualité de chrétiens. Sonl^ des hommes d'oraison , accoutumés aux ravissements et aux extases ? jamais ik n'eurent nulle connoissance ni le moindre usage de ces exercices intérieurs où l'ame s'élève à Dieu , et s'eotretient affectueuseknent avec Dieu. Quelques pratiques communes dont ils s'acquittent avec beaucoup de négU« gence et de tiédeur, voilà oiise réduit tout leur duistianisme. Sontce des pénitents ennemis de leur chair, et esiténués d'austérités et de jeûnes? ils ont toutes leulrs commodités, ou du moins ils les cherchent ; ils mènent une vie douce, tranquille et agréable ; ils écartent tout ce qui ponrroit leur être pénible et onéreux , et ils ne se refusent aucun des divertissements qui se présentent , et qui leur semblent propres de leur état. Avec cela ils vivent en paix , sans crainte , sans inquiétude sur TafEaire du sakit ; et parceqn'ils ne s'abandonnent pas à certa'ms désordres , ils ne doutent point que Dieu, selon leur expression, ne leur fasse miséricorde. Or qu'ils écoutent un apôtre» et un des plus grands apôtres, un prédicateur de l'Évangile et le docteur des nations. Qu*ils écoutent un saint ravi jusqu'au troisième olel» et qui , dans la plus sublime contemplation , avoit appris des uereu

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