‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 44 sur 225 · POSSIBILITÉ DU SALUT. ISK · texte numérisé non relu

POSSIBILITÉ DU SALUT. ISK

mon salut, c'est une contradiction ; car vouloir le salât, et ne vouloir rien faire de tout ce qu'on sait indispensablement requis pour parvenir au salut , ne sont-ce pas dans une même volonté deux sentiments incompatibles, et qui se détruisent l'un l'autre? Hé l nous trompe* roDs-nous toujours nous-mêmes , chercherons-nous toujours à rejeter sur Dieu ce que nous ne devons imputer qu'à nous-mêmes, et qu'à la plus lâche et la plus profonde négligence?

POSSIBIUTi DU SALUT DANS TOUTES LBS COKDmONS DU MONDE.

Quand un homme du monde dit qu'il ne peut se sauver dans son état , c'est une mauvaise marque : car un des premiers principes pour s'y sauver est de croire qu'on le peut. Mais c'est encore pis , quand persuadé, quoique fiaussement, que dans sa condition il ne peut faire son salut , il y demeure néanmoins : car un autre principe non nioins incontestable, c'est que dès qu'on ne croit pas pouvoir se sauver dans un état, il le faut quitter. J'ai , dites-vous, des engagements indispensables qui m'y retiennent ; et moi je réponds que si ce sont des engagements indispensables , ils peuvent d^lors s'accorder avec le salut y puisqu'étant indispensables pour vous , ils sont pour vous de la volonté de Dieu , et que Dieu , qui nous veut tous sauver, n'a point prétendu vous engager dans une condition oà votre salut vous devint impossible. Développons cette pensée ; elle est solide.

C'est un langage mille fois rebattu dans le monde , de dire qu'on ne s'y' peut sauver: et pourquoi? parcequ'on est, dit-on, dans un eut qui détourne absolument du sialut. Ifais comment en détournet-il? Est-ce par lui-même? cela ne peut être, puisque c'est un état éubli de Dieu ; puisque c'est un état de la vocation de Dieu ; puisque c'est un état où Dieu veut qu'on se sanctifie ; puisque c'est un état où Dieu , par une suite immanquable , donne à chacun des grâces de sa* lut et de sanctification , et non seulement des grâces communes, mais des grâces propres et particulières que nous appelons pour cela grâces de l'état : enfin , puisque c'est un état où un nombre infini d'autres avant nous ont vécu très régulièrement , très chrétiennement , très saintement , et où ils ont consommé , par une heureuse fin , leur prédestination éternelle. Reprenons , et de tous ces points , comme d'autant de vérités connues , tirons, pour notre conviction , les preuves les plus certaines et les plus sensibles.

Un état que Dieu a établi. Car le premier instituteur de tous les états qui partagent le monde et qui composent la société humaine , c'est Dieu même , c'est sa providence. Il a été de la divine sagesse, en les instituant , d'y attacher des fonctions toutes différentes ; et de là Tient cette diversité de conditions , qui sert à entretenir parmi les hommes la 8id)ordination , Tassistsuice mutuelle , la règle et le bon ordre. Or Dieu, qui , dans toutes ses œuvres , envisage sa gloire , n'a point assurément été ni voulu être l'auteur d'une craditîon où Ton ne

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