IS8 POSSIBILITÉ DU SÀLUT
nous voyons, selon la peos^ et l'oracle de notre dJnn maître, qu'il n'est donc point impossible de servir tout k la fois , et conformément à notre état , Dieu et le monde ; Dieu pour Iai>méme , et le monde en vue de Dieu.
J'ai ajoute, et c'est nue vérité fondée sur la raison et sur l'expé' rie^ce , qu'on ne s'acquitte jamais mieux de ce qu'on doit à son état et au monde, qu'en s'acquittant bien de ce qu'os doit à Dieu, parcequ'alors tout ce qu'où fait pour son état et pour le monde, on le fait pour Dieu et dans l'esprit de Dieu : or, le faisant dans l'esprit de Dieu et pour Dieu , on le fait avec une conscience beaucoup plus droite, avec un zèle plus pur et plus ardent, avec plus d'assiduité, de régularité, de probité. Un troisième et dernier principe, non moins vrai que les deux autres, c'est qu'on ne peut même s'acquiiter pleinement de ce qu'on doit ù Dieu, si l'on ne s'acquitte de ce qu'on doit à sonéiat et au monde, puisque, dès qu'on le doit au monde et à son état , Dieu veut qu'on y satisfasse, et que c'est là une partie de la religion. De tout ceci concluon); que si uotre état noua détourne du salut, t par lui-même, mais par notre faute : car, bien loin que ce soit un obstacle au salut, c'est au contraire la voie du •u nous a marquée. Pi'ous devons tous aspirer au même nous n'y devons pas tous arriver par la même voie. Cba- )e : or la nôtre , c'est l'état que Dieu nous a choisi; et en lant, il nous dit : Voilà votre chemin, c'ett par-tà que votu 3Al.,50]. Tout autre ne seroit point si sur pour nous, dès e notre choix, sans être du choix de Dieu. Comment doncetenquelsensest-il vrai qu'on nepeut sesauverdans SOD étal? C'est par la vie qu'on y mène et qu'on y veut mener, laquelle ne peut compatir avec le salut : mais on y peut vivre autrement, mais on doit y vivre anirement, mais on peut et on doit autrement s'y comporter.
Cet état expose à une grande dissipation par la multitude d'a^ires qu'il attire , et cette dissipation lait aisément oublier les vérités éternelles, les pratiques du christianisme , le soin du salut. Le remède, ce seroit de ménager chaque année, chaque mois, chaque semaine, et même chaque jour, quelque temps pour se recueillir et pour rentrer en soi-même. Ce temps ne manqueroit pas, et on sauroitassez le trouver, si l'on y étoit bleu résolu; mais pour cela,'ilfaadroit prendre un peu sur soi, et c'est à quoi on ne s'est jamais formé. On se livre à des occupations tout humaines, on s'en laisse obséder et posséda, on ai a sans cesse la tète remplie; le souvenir de Dieu s'efface, et on pense à tout, bons à se sauver.
Cet état donne des rapports qui obligent de voir le monde, de co»veraer avec le monde, d'entretmir certaines habitudes , certaines liaisons parmi le monde : et personne n'ignore combien pour le salut il y a de ritqnes i courir ^m le commerce du monde. Le [H*éscrvalif né-