‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 48 sur 225 · VOIE ÉTROITE DO SALDT · texte numérisé non relu

VOIE ÉTROITE DO SALDT

nî de détours ; nous sommes prêts, ainsi quM nous est ordonn^^dela publier sur les toits. Mais du reste, avec toute sa sévérité, cette morale subsiste toujours telle que nous l'avons reçue, et toujours elle subsistera. Tout cela est rigoureux, il est vrai ; mais il n est pas moins vrai, quelque rigoureux que tout cela soit, qu'il ne nous est pas permis d'en rien retrancher; il n'est pas moins vrai que quiconque refuse de s'assujettir à tout cela est dans la voie de perdition , et qu'il n'y a point de salut pour lui ; il n'est pas moins vrai que de prétendre modérer tout cela, expliquer tout cela par des interprétations favorables à la cupidité de l'homme et à nos inclinations sensuelles , c'est se tromper soi-même , et tromper ceux qu'on entraîne dans la même erreur; et qu'en se trompant ainsi soi-même et trompant les autres» on se damne et on les damne avec soi. Voilà ce qui ne peut être contesté, dès qu'on a quelque teinture de la morale chrétienne; et comme les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre l'Église de Jésusp Christ, je puis ajouter que jamais tous les artifices ni tous les prétextes de notre amour-propre ne prévaudront contre ces principes évangéliques , et contre les obligations étroites qu*ils nous imposent* LiC ciel et la terre passeront, mais la parole du Seigneur ne passera point. Or il nous a dit en venant parmi nous : Ce n'est point la paix ni un repos oisif que je vous apporte; mais je viens vousmetire le glcave à lamain (Matth., 10); je viens vous apprendre à vaincre tous les ennemis de votre salut, et surtout à vous vaincre vous-^mémes. N'es« pérons pas de changer cet ordre de la divine sagesse ; mais ne pensons, pour nous y conformer, qu'à nous changer nous-mêmes.

On me demandera : Qui pourra donc se sauver? Qui le pourra? ceux qui pratiqueront l'Ëvangile. On ira flus loin, et on me demandera: Qui le pourra pratiquer, cet Évangile dont la morale est si pure et la perfection si relevée? Quilepourra? ceux qui, par unevolontéferme et inébranlable , aidée de la grâce, s'y trouveront fortement déterminés. Mais on ne s'en tiendra pas encore là, et Ton me demandera enfin : Qui pourra se déterminer à une vie aussi régulière et aussi laborieuse que rÉvaugile nous la prescrit? Qui le pourra? ceux qui, par mie solide et fréquente réflexion, se seront bien rempli l'esprit et bien convaincus de l'importance du salut. Car quoique je l'aie déjà remarqué plus d'une fois , je le redis et je ne puis trop le redire, c'est de là que tout dépend; c'est-à-dire de cette vive persuasion, de cette vue toujours présente, de cette idée du salut comme de l'affaire capitale, comme de Tunique affaire, comme d'une affaire qui seule, ou par son succès, doit faire notre bonheur souverain, ou par sa perte , notre souverain malheur. Voilà le ressort qui remuera toutes les puissances de notre ame; voilà , après la grâce du Seigneur , le premier mobile d'où nousrecevronscesgrandesimpressionsauxquellesrienne résiste. Tellement que, quelque combat qu'il y ait à soutenir et quelques nœuds qu'il y ait à rompre» quelques charmes que le monde présente à nos

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