SOIN DU SALUT
oomine si cela sufHsok, et que Diea dût suppléer aa reste. En vérité* est-ce ainsi que le Sauveur des hommes nous a avertis de chercher ce royaume fermé depuis tant de siècles, et dont il est venu nous tracer le chemin et nous ouvrir l'entrée ? Il veut que nous le cherchions comme un trésor ; or avec quelle ardeur agit un homme qui se propose d'amasser un trésor? on est attentif à la moindre espérance du gain, sensibleà la plus petite perte, prudent pour discerner tout ce qui peut nous servir on nous nuire , courageux pour supporter tout le travail qui se présente , tenipérant pour s'interdire tout divertisssement, tonte dépense qui pourroit arrêter nos projets et diminuer nos profits. Il veut que nous le cherchions comme une perle précieuse : or cet homme de l'Évangile qui a découvert une belle perle ne perd point de temps, court dans sa maison, vend tout ce qu'il a, se défidt de tout pour acheter cette perle dont il connott le prix, et qu'il craint de manquer, n vent que nous le cherchions comme notre conquête : or à queb frais, à quels hasards, à quels efforts n'engage pas la poursuite et la conquête d'un royaume? Il veut que nous le cherchions comme notre fin et notre dernière fin : or en toutes choses la fin , et surtout la fin dernière, doit toujours être la première dans Tintention; on ne doit viser que là, aspirer que là, agir que pour arriver là.
Et voilà pourquoi notre adorable maître ne nous a pas seulement dit: Cherchez le royaume de Dieu; mais il ajoute: El sa Justin» Qu'est-ce que cettejustice, sinon ces œuvres chrétiennes, cette sain* teté de vie sans quoi Ton ne peut prétendre au royaume étemel ? Car je viens de le dire, et je ne puis trop le répéter^ ce royaume n'est que pour les Saints. Il n'est ni pour les grands, ni pour \e$ nobles, ni pour les riches, ni pour les savants : disons mieux, il est et pour les grands, et pour les nobles, et pour les riches, et pour les savants , et pour tons les autres, pourvu qu'à la grandeur, qu'à la noblesse , qn'i Topulenoe , qu'à la science, qu'à tous les avantages qu'ils possèdent » ils joignent la sainteté. Tous ces avantages sans la sainteté seront réprouvés de Dieu, et la sainteté sans aucun de ces avantages sera couronnée de Dieu.
Mais cette justice, cette sainteté de vie, ce mérite des œuvres^c'est ce qui ne nous accommode pas, et ce que nous mettons, dans le plan de notre conduite, au dernier rang. Du moment qu'on veut nous en parler, une foule de prétextes se présentent pour nous tenir lieu d'excuses, on de prétendues excuses : on est trop occupé» on n*a pas le temps, on a des engagements indispensables, et à quoi l'on peuti peine suffire ; on est incommodé , on est d'une oomplexion délicate » on est dans le feu de la jeunesse, on est dans le déclin de l'âge; en un mot, on a mille raisons, toutes aussi spécieuses, maïs en même temps toute aussi fausses les unes que les autres.
Ce qu'il y a de plus déplorable, c'est qu'on se croit par«ià bien justifié devant Dieu, lorsqu'on ne l'est pas. Ces cunviéa qui s*exG|pièrfnt
ae doatèrent point que le maître qui les ayoit iatités ne fftt très content d'enx, el de ce qu*ib loi allëguoient pour ne se pas trouver i son repas. Mais fl en jagea tout autrement» il en fut indigné , et dédara sur l'heure 911^ jamait aitctm de ces gens'là ne pandiroU à ta tabk (L0C., 12). Tel est, de la part de Dieu» le jugement qui nous attend. Dès que nous refiwons de travailler ànotresalut^ et d'y travailler solidement, il nous rejette par une réprobation anticipée, et nous exclut de son royaume. Quel arrêt ! quelle condanmation ! Malheur à l'homme qui s'y expose ! Ah ! nous avons des affaires : mais du moins, pottr ne rien dire de plus, oomptpns le salut au nombre de ces affaires, et regardons-le comme une occupation digne de nous.
Non seulement elle en est digne , mais , par comparaison avec cellelà , mdle ne mérite nos soins; et tout ce que nous donnons de temps à toute autre affaire , au préjudice de celle-là ou indépendamment de cdle-li, ne peut être qu'un temps perdu. Je ne dis pas que c'est toojours un temps perdu pour le monde , mais pour le salut : or étant perdu pour le salut , tout antre emploi que nous en fiiisons n'est pins qu'un amusement frivole , et tout autre fruit que nous en retirons n'est que vanité et illusion.
suBSTrroxioM des grâces nu salut, les vues que dieu s'y propose ,