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vous douté (Hatth.» i^)? Cependant on ne doute pas , on croît» mais d'une foi troublée , d'une foi presque diancelante; et Timpression est si Yive en (quelques rencontres , qu*il semble qu'on ne croit rien et qu'on ne tient à rien. Épreuve difficile à soutenir, mais que Dieu per« met pour épurer notre foi même, et pour la perfectionner. Il a ses vues en cela , et » i)ien qu'il paroisse nous délaisser , ce sont pour nous des vues de salut ; parcequ'il sait que tout contribue à la sanctification de ses élus 9 et qu'au lieu de dégénérer et de tomber » c'est dans une foiblesse apparente que la vertu se déploie avec plus de force, et qu'elle s'avance.
Or, en de pareilles conjonctures , dans lesquelles je puis me trouver aussi bien que les autres, que fais-je, ou que dois-je faire? Après avoir imploré l'assistance divine, après m'étre écrié comme le Prince des apôtres, en levant les mains au ciel : Seigneur , sauvez-nous ^ ou-* trement nous allons périr (Matt., 30), je fois un retour sur moi-même, et, pour me fortifier , j'appelle tout enseoible à mon secours, et ma raison et ma religion. L'une et l'autre me prêtent , pour ainsi dire, la main, et concourent à calmer mes inquiétudes et à me rassurer.
Ha raison me rappelle ces grands inotifs qui m'ont to^pours déterminé à croire, et m'ont paru jusqu'à présent les plus propres à m'affermir dans la foi où j'ai été élevé. Par exemple, elle me représente ce vaste umvers et cette multitude innombrable d'êtres visibles qui le composent. Elle m'en fait admirer la diversité , la beauté , l'immense étendue , l'arrangement , l'ordre , la liaison , la dépendance mutuelle, Futilité , la durée depuis tant de siècles et leur perpétuité. Elle me fait contempler les deux qui roulent sur nos têtes , et dont les mouvements si rapides sont toujours si réglés ; ces astres qui nous éclai' rent^ «e nombre prodigieux d'étoiles qui brillent dans le firmament, cette variété de saisons qui ,'par des révolutions si constantes et si merveilleuses , se succèdent tour à tour et partagent le cours des temps. Elle me fait parcourir de la pensée, plutôt que de la vue , ces longs espaces de terres et de mers , qui sont comme le monde iniërieur au-dessous du monde céleste. Que de richesses j'y aperçois! que de productions différentes, et de toutes les espèces! quelle fécondité! quelle abondance! Y manque- t-il rien de tout ce qui peut servir, non seulement à l'entretien nécessaire ou commode, mais à la splendeur et à l'éclat, mais à la somptuosité et à la magnificence, mais aux douceurs et aux délices de la vie? Sans égard à bien d'autres preuves que je passe , et sur lesquelles ma raison pourroit insister , en voilà d'abord autant qu'il fout pour m'attacher à la foi d'un Dieu toujours existant et toujours vivant, l'Être souverafn, le principe de toutes choses , et l'auteur de tant de merveilles. Car discourant en moi-même, et jugeant selon les règles d'une droite raison et selon le ëens ordinaire et le plus universel, j'obserye d'un premier coup d'oeil qu'un ouvrage si bien entendit, si bien assorti dans toutes ses
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parties» et d'une structare aunlessus de tout l'artifice humain » ne peut être le pur effet du hasard. Que ce firmament, ces cieux, ces astres^ celte terre, ces mers, que tout cela et tout ce que nous voyons ne s'est point feit de soi-même, ne s'est point arrangée de soi-même , ne se remue point de soi-même, ne subsiste point par soi-même, sans qu'aucune intelligence supérieure y pr^tde , ni jamais y ait présidé. Le sentiment qui me vient donc làndessus et qui me touche, pour peu que j'y fasse attention , est de reconnottre une première cause et un premier moteur , un ouvrier par excellence, une puissance suprême , de qui tout est émané et qui ordonne tout, qui dispose tout, qui donne à tout l'impression, qui anime et soutient tout. Or cet excellent ouvrier, cette puissance primitive, essentielle, indépendante, toujours subsistante , c'est ce que nous appelons Dieu , et ce que nous devons honorer comme Dieu.
Je dis honorer comme Dieu ; et de degré en degré, la même raison qui me guide me porte plus avant, et me fait passer de la coimoissance de Dieu à la connoissance du cuite que je lui dois rendre, et qu*il a droit d'exiger de moi. Culte religieux : et qu'y a-t-il de plus raisonnable, soit dans le Créateur, que d'attendre de ses créatures les justes hommages qui lui appariienaent , et de les leur demander; soit dans les créatures , que de glorifier , selon qu'elles en sont capables, le Créateur de qui elles ont reçu l'être, que d'ajouter foi à ses oracles, de se conformer à ses volontés, de pratiquer sa loi, de lui offrir leur encens, et de se dévouer pleinement i son service? En cela consiste la religion : mais parceque dans l|i multiplicité des religions qui , par l'égarement des esprits , se sont introduites parmi les hommes , il y en a nécessairement de fausses et que Dieu réprouve , puis» qu'eues se contredisent les unes les autres , il est question d'en cher* dier une véritable , et d'examiner de plus si celle-là même n'est pas Tunique véritable. Or , entre celles qui régnent actuellement dans le monde, je trouve la religion chrétienne, et à la lueur de ma seule raison, j'y découvre des caractères de vérité si marqués, qu'ils doivent convaincre tout esprit sensé, solide, docile qui ne s'obstine point t imaginer des difficultés, ni à faire naître de vaines disputes.
Quand il n*y auroit point d'autre témoignage que celui des miracles de Jésus-Christ, ce seroit une preuve plus que suffisante. Ce nouveau législateur paroît sur la terre; il y prêche son Évangile , qui est la loi chrétienne; et, pour autoriser sa prédication, il se dit envoyé de Dieu. 11 est évident que si c'est Dieu qui l'envoie, et que ce soit au noih de Dieu qu'il parle, tout ce qu'il enseigne est vrai, et que nous sommes obligés de souscrire à sa doctrine. Car il faudroit ne pas avoir la plus légère notion de Dieu , pour se persuader qu'il pût attester le meuaonge et le confirmer. Ce qui reste donc à Jésus-Christ, c'est de prouver bS mission; mais comment l'entreprend -il? par les miractel qu'il opère. Les clwie$ que je faii, dit-il^ rendent timoi^a^ ât AlSi^
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ff vow ne m'en eroye» pn sur ma parole^ croyex^en met œuvres (Joan., iO). Et il est encore certain que ces œuvres miraculeuses étant audessus des forces de la nature, et ne pouvant procéder que de la vertu d'en haut , si Jésus-Christ a fait réellement des miracles , surtout ceria^ds miracles, et qu'il les ait faits pour affirmer qu'il est le Mes« sie, on ne peut plus lui contester cette qualité , ni douter qu'il ne soit venu de la part deDieu, Autrement Dieu seroit l'auteur de l'imposture, en lut communiquant un pouvoir dont il se seroit prévalu pour tromper les peuples et abuser de leur crédulité.
Or que Jésus- Christ ait feit des miracles, et des miracles du premier ordre, et des miracles en très grand nombre, et des miracles des plus éclatants , et des miracles dont la fin principale étoit de se faire connotire comme l'envoyé de Dieu ; qu'il ait chassé des corps les démons et délivré les possédés ; qu'il ait exercé sur les éléments un empire absolu, et qu'ils aient obéi à sa voix ; qu'il ait commandé & la mer, apaisé les flots , calmé les tempêtes; qu'il ait guéri toutes sortes de maladies, rendd la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, l'usage de la langue aux muets, le sentiment et le mouvement aux paralytiques, la vie aux morts ; enfin que , par le prodige le plus singulier et le plus inouï , il se soit ressuscité lui-même après avoir été mis à mort et enfermé dans le tombeau , c'est de quoi une raison édairée et d^gée de tout préjugé ne peut refuser de convenir. Il n'y a qu'à considérer mûrement et par ordre toutes les circonstances dont ces faits se trouvent revêtus , leur variété , leur éclat, le temps, les occasions, les lieux, les campagnes, les places publiques où ils se sont passés, la multitude de gensqni en ont été spectateurs, ou qui , sur le récit qu'ils en entendoient , comme de miracles avérés et tout récents, èmbrassoient la foi et formoient ces troupes de chrétiens si célèbres parleur zèle et leur sainteté; les qualités irréprochables des témoins qui les ont vus , qui les ont rapportés , qui les ont publiés jusqu'aux extrémités de la terre, qui les ont transmis à la postérité dans leurs évangiles , qui les ont soutenus sans se démentir jamais, et en ont défendu la vérité aux dépens de leur fortune , de leur repos, de leur vie: il n'y a, dis-je, qu'à faire une discussion exacte de chacun de ces points, et d'autres que je n'ajoute pas ; il n'y a qu'aies bien peser; et on avouera que, de tous les faits historiques, nuls ne sont plus solidement appuyés, ni plus à couvert de la censure. Mais, encore une fois , cette perquisition , à qui doit-elle appartenir , et du ressort de qui est-elle, si ce n'est du ressort de la raison? C'est à la raison d'éclairer d'abord tout cela, de le vérifier, et d'en tirer des preuves authentiques en faveur de la religion.
III. Cependant , après m'étre convaincu par-là , et par cent autted motifs, que je dois m'en tenir à la loi de JÀus-Christ ; après m'étre , pour ainsi dire, démontré à moi-même, par la voie du raisonnement. <}tte c*ebt ttttte loi divine , une loi qife l'esprit de vérité, qui fest l'esprn