‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 63 sur 225 · FOI SANS LES (E\)YRES. I7S · texte numérisé non relu

FOI SANS LES (E\)YRES. I7S

9taQt ? C!omprenooa-nous bien les ouvrages de la nature» et combien y en a-t-ilqui échappent à nos prétendues découvertes et à toute notre pénétration?Jugeonsdelà8inous devons éire surpris que les mystères de Dieu soient hors de notre portée, et que nous ne puissions y atteindre, et jugeons encore de là même si c*est une juste conséquence de dire : Je ne dois point croire que cela soit , puisque je n'y conçois rien.

A Dieu ne plaise que je pense de la sorte , ni que j'ose. Seigneur» m'ingérer dans des secrets qui me sont présentement inconnus! Ce seroit une présomption ; et, selon la menace de votre Saint-Esprit, en vouhnt contempler de trop près votre majesté, je m'exposerois à être accablé de votre gloire. Le jour viendra, je l'espère ainsi de votre miséricorde , il viendra cet heureux jour où j'entrerai dans votre sanctuaire éternel, où vous vous montrerez à moi dans tout votre éclat, où je vous verrai face à face. D'une foi ténébreuse, vous me ferez passer aune clarté sans nuage et tonte lumineuse. Mais jusque là, jusqu'à ce jour de la grande révélation, vous me mettez à l'épreuve, et vous voulez que je vous cherche dans la nuit et par des voies sombres. Ce n'est pas, Seigneur, que vous réprouviez les lumières de ma raison ; au contraire, vous me l'avez donnée comme un flambeau pour me guider : mais après en avoir fait T usage convenable, vous m'ordonnez de lui fermer les yeux , de la réprimer, de l'assujettir, et de l'accorder par cette sujétion même avec la foi , qui doit avoir toujours la supériorité sur elle et la dominer. Vous l'avez ainsi réglé. Seigneur, et pour l'honneur de votre parole, et pour mon salut. De bon cœur, f y consens. Je crois ce qu'il vous a plu de me faire annoncer, et je le crois précisément parceque vous me l'avez dit : Je crois, mon IHeu; mais en même temps j'ajoute, comme ce père de TÉvangile, Fortifiez mon peu de foi (Marc, 9); car il me semble, en certaines conjonctures, qu'elle est bien foible cette foi , pour laquelle néanmoins je dois être en disposition de répandre mon sang. Vous la soutiendrez, ou vous ine soutiendrez moi-même contre les plus violents assauts, et vous ne permettrez pas qu'un fonds si nécessaire el si précieux me soit enlevé.

LA FOI SAlfS LES OEUVRES : FOI STÉRILE ET SANS FRUIT.

h Sommes*nous chrétiens? ne le sommes-nous pas? Si nous ne le sommes pas, pourquoi affectons-nous de le paroltre, pourquoi en portons-nous le nom? c'est uiie hypocrisie et un mensonge. Mais si non^ le sommes, que n'en pratiquons-nous les œuvres? et n'est-ce pas une contradiction énorme d'être chrétien dans Ja créance, et païen oq plus que païen dans les mœur»?

Voilà le triste état du christianisme : en voilà le désordre le i^us universel. Je dis le plus universel; et pour en venir à la preuve, touto fondée sur l'expériepce, nous devons distingaer trois sortes de cbr^

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