LA FOI SAKS LES OEUVRES
quer d'une maligne ja]ou»e> le r^otdssent avec ceux qui ont sujei de se rqouhr {Rom.^ 12) ; qui selon leurs facultés contribuent au soulafjement des pauvres et à la consolation des affligés» s*appliquant à les counoitre, se faisant instruire de ce qu'ils souffrent et de ce qui leur manque, les visitant eux-mêmes autant qu'il convient , et ne dédai* gnant pas dans les rencontres de leur porter les secours nécessaires; qui 9 dans toutes leurs paroles et dans toutes leurs manières d'agir» prennent soigneusement garde à n'offenser personne, et du reste ne pensent aux injures qu'on leur fait que pour les pardonner : doux » humbles, patients, affables à tout le monde, et ne cherchant, à r^;ard de tout le monde, que les sujets de faire plaisir et d'obliger? Sont-ee des gens mortifiés et détachés d'eux-mêmes , qui répriment leurs désirs, qui captivent leurs sens, qui crucifient leur chair, qui, par un sentiment de pénitence, et en vue de cette abnégation évangélique dont le Fils de Dieu a fait le point capital et comme le fondement de sa loi , renoncent aux commodités et aux aises de la vie, se re* tranchent tout superflu, et se bornent précisément au nécessaire?
Hé! que dis-je? connoissent-ils cette morale? la comprennent-ils? en ont-ils même quelque teinture? Que je la leur propose, et que j'entreprenu|i de les y assujettir, ils me prendront pour un homme outré, pour im zélé indiscret, pour un sauvage venu du désert. Cest néanmoins la morale de Jésus-Christ, et c'est à cette morale que le salut est promis : il n'est point promis à une vie douce et tout humaine, quelque innocente au-dehors qu'elle parobse. Je consulte rÉvangile, et voici ceque je lis : Entrex par la porte étroite^ foi* tes effort. Le roffaume de Dieu ne s*emporte que par violence; il n'y. a que ceux qui emploient la force qui le refissent. Marchez^ c'estrà-dire agissez, tatflis que le jour vous éclaire. U arbre qui ne produit point de bons fruits sera coupé et jeté au feu. Enfin , celui qui ne porte pas sa croix 9 et ne la porte pas tous les jours, ne peut être mon disciple, m digne de moi. Tout cela est court, précis, décisif : c*est Jésus-Christ qui parle, et qui nous donne des règles infaillibles pour juger si nous seronâ sauvés on réprouvés. Toute vie conforme à ces principes est une vie de salut, mais toute vie aussi qui leur est opposée doit être une vie de réprobation.
Et qu'on ne me demande point en quoi cette vie est criminelle, et pourquoi , sans être une vie licencieuse et vicieuse, c*est toutefois une vie réprouvée de Dieu. Je ne m'engagerai point ici dans un long détail, ni en des questions subtiles et abstraites : je n'ai en général autre chose à répondre, sinon que cette vie, dont on fait consister la prétendue innocence à s'abstenir de certains excès et de certains désordres scandaleux, n'a p^int précisément par-là les caractères de pré-' destination marqués dans les textes incontestables et irréprochables que je viens de rapporter. Vivre de la sorte, ce n'est certainement point entrer par la porte étroite, ni tenir un chemii^ rudc) e^ dif^cite/