‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 78 sur 225 · BONTÉ DE D1£U ENVERS LE PÉCHEUR · texte numérisé non relu

BONTÉ DE D1£U ENVERS LE PÉCHEUR

dVgard, et c'est parla même une foible raison pour les arrêter ; ils se livrent au penchant naturel, ils suivent Tattnit, ils èntrepi^fennent, ilk agissent ; et si, au péril d'encourir la haine de Dieu, ils peuvent obtë^ nir ce qu'ils se sont proposé, ils se tiennent heureux et se félîdteni du succès.

II. Nous ne retournons à Dieu qu'avec peine. Après de longs égarements, il vient enfin pour quelques uns un temps de salut et de conversion, c'est-à-dire un temps où Ton se sent pressé de se remettra dans le devoir et de se rapprocher de Dieu. Et quel est ce temps? une conjoncture favorable que Dieu ménage, un âge plus avancé et plus mûr; oii le Feu de la passion commence à s'amortir, une humiiiation'èt îju renversement de fortune, un état d'infirmité et de langueur.

Saint Augustin ne se convertit point autrement. Ce fut un des pla^ fameux pénitents de l'Église de^Dieu, et nous ne pouvons avoir de témoignage plus convaincant ni plus irréprochable que le sien, pour apprendre combien de temps et avec quelles incertitudes il demeura flottant et irrésolu entre la divine miséricorde qui le poursuivoit sans reliche, et les engagements du monde qui le ret( noient. Il voulôit ou H croyoit vouloir; mais dans peu il lie Vouloit plus. I) demandoit à Dieu d'être affranchi de l'esclavage où le-vîce lé tenoit captif et comme eachalnp; mais en même te^ps il craignoit que Dieu ne récoutât, et que sa prière ne fût exaucée. Incessamment agfté de remords intérieurs; H dîsoit pour les calmer en quelque manière': Tantôt, tàhtôt; mais ^ tantôt ne venoit point , et il le rëmettoit toujours au lendemain. -Dàtfè ces cruelh s perplexités dont it nous a fiiit lui-même le récit en des termes si forts et si énergiques : Je soupirois, dit-il; je gémissois sood lé poids de ma chaîne ; mais j'étois lié par ma propre volontë, phis dttre que le fer; et saïis un dernier effort de la vertu d'en haut, je a'anr<A jarnais conclu line affaire que je desirois, mais qui dev(/!t coûfer si chef à mon cœur. Ainsi pailoit saint Augustin : et combien de jpéébeari ont été aussi violemment combattus dans leur retotir? tombifen d'att^ très le sont encore?

C'est de quoi ils pourroient rëbdre téhfiolgnagè, s% iouleient produire au-dehors ce qu'ils éprouvent intérieurement, et ce qu'ils cachent avec tant de soin. La grâce les presse, elle les àUit partout, elle se fait sentir à eux jusque dans les assemblées les phis nombreuses ec les plus profanes. En vain tâchent-ils de se dissiper, de se rassoref, d'effacer de leur esprit certaine^ idées qui les- troublent : Dieudemenre toujours à la porte de leur cœur, et ne cesse point de frapper. Ils le laissent attendre, et il attend ; ils ne répondent rien, et bien loiù Otffè taire et de se retirer, il élève la voix tout de nouveau, et parle encore plus haut. Assiduité qui leur devient aussi salutaire qu*èlie ledr est importune : car Dieu , par une providence spéciale, est plue con^tatlt à les sauver, qu'ils ne le s< m à se perdre. Malgré tnnt d'oppos9tiotys et de révoltes, le moment arrive, un boh hioinent , oii la griifèe i#é(i(l

Page 1