‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 79 sur 225 · BONTÉ DB DIKU ENVERS LE PÉCHEUR · texte numérisé non relu

BONTÉ DB DIKU ENVERS LE PÉCHEUR

le dessus et trimaphe. On se rend, on cède ; mais qu'est-ce après tout que ce retour? et , si je Fose dire • doit'il être d'un grand mérite detant Dieu, lorsqu'on le lut fait acheter si cher?

III. Dieu néanmoins est toujours disposé à nous recevoir. U seroit naturel cpie dans une juste indignation ii nous traitât comme nous Ta- TOUS traité lui-niétane; qu autant que nous avons témoigné de répugnances et de diffieuités à retourner vers lui, autant il se rendit difficile à nous admettre auprès de lui, et à se réconcilier avec nous ; qu'il BOUS fit attendre aussi long-temps qu'il nous a attendus, et que, pour punir nos incertitudes et nos retardements, il fût aussi lent à nous pardonner que nous l'avons été à recoonottre devant lui nus iniquités et à lui demander graee. Mais que dis-je, Seigneur ? ah ! mon Dieu , je parhe selon les sentiments de rhomme) et vos sentiments, comme vos pensées» sont bien aiHlessustle^liÀtre!). Ce sont des pensées , des seniiaients, non de colère et de Vengeance , niais de rémission et de paît * . A quel* ^ue heure donc , à quelque jour que le pécheur contrit et pénitent s'humilie devantirous, vousouUies que vous éies juge, pour vous soihvenir que vous êtes père. Il est vrai , pendant une longue suite d'années, ce pécheur éioit un rebelle; mille fois il s'est obstiné contre Dieu: Il est encore vtal que pour le fléchir^ le gagner, il a fallu tout récemment de plue fetiés instances «que jamais, et des avances toutes nouvelles de la part de Dieu ; mais Dieu met le voile sur tout cela» il h'a ëgard qu'à la disposition présente de cet homme. Dès qaone lois il se repente! qu'il se soumet, c'est assez. Les entrailles de la charité de Dit^n eh Sont émues, il étend les bras pour l'embrasser^ il ouvre son sein pour l'y rtcueillif : filllt-ceun pécheur tout noirci de crimes, iloesse d'éHi» crimiriel aux yeux tin Seigneur, et Dieu lut donne place pârtiii Mis etifatfï».

Je dî§ , moh-Wèii, parmi tos enAints , et non point parmi vos esclatèii. Ce pfodfjgUe qui s'ëteit séparé de son père , et lui avoit marqhë (altat d*if^ftKt*ènbe a même unt de mépris en l'abaiidonnant, comp» loit poiih beâtl(3onp, lofsqull s^roit revenu à la maison paternelle, d'y fbMUt erre n\h au rang djesmerrenaires, et se croyoit désormais in- Hfgnè d'j^ être regardé et traité coAime mi fils : il se fjisoit en cela justice ; mâM dti reste il ne connuissoil pas toute la tendresse du père (}ui le recevëft; et qui était même allé au-devant de lui. Bien loin d'être dégradé de fa'qnaiftéde ftls, et d'être cohdamné aux traitements rigoufeai ^nî Itil iiéiènv^tt , il éprouva tout le oon<raire. Jamais son père ne l'àeeneHHt avee f^irsde deneenr ni plus d'affection ; jamais il Ile fiartlt TJlhè sen^îMè pour lui.

CMt touS-mêMe; rfNilr Dieu ; qui nous tracez cette fleure dans votre dfvilf Évahgiie^ tfest par èette ^rabole que votre Fils adorable excrtôlllsk cbrifeâttce dfes {Pécheurs pénitents; et je puis dire, tout cott^-

pabYeque je sais» qu'elle ne m'annonce rien de si consoltDt qoe je ne sois en droit d*espérer, et à quoi l'effet ne doive répondre.

Voilà, dis*je, 6 mon Dieu , ce que j'ai lien de m^ promettre» aussi bien que (ant d'autres, dès que je retournerai à ?ons» et que j'y retournerai de bonne foi. Or n'est-ce pas un motif assec puissant pour m'iospirer là-dessus une sainte résolution, et pour me la faire exëeuter? Mais que seroit-ce, et quel désordre, quelle injustice» quand vous m'appelez de la sorte , si je délibérois encore , si je me défendois encore» si je refusois encore de me rendre? Hé ! qu'y auroit-il alors de plus inconcevable» ou d'une telle condescendance de votre amour, ou d'une telle résistance de mon coeur ?

L'heure est venue» Seigneur : il n'y a plus dedifficnllés ni de répugnances à écouter. Un amour tel que le vôtre doit amollir l'ame la phis endurcie. Je suis à vous» ou j*y veux éure. Bénissez le desarin que je forme » et le premier pas que je vaiA faire pour l>ocomplir. En votre nom j'agirai» et vous suppléerez par votre miséricorde à ce qui pourra me manquer par la fragilité de la nature et par l'ineonstanoe de ma volonté.

SACBEMBHT DE PÉNITENCE. mSPOSITIONS QU'lL Y FAUT APPORTER »

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