ET LE FRUIT*QU'OH EU DOIT RETIBBR
On exhorte assez les fidèles à fréquenter le, sacrement de pénitence ;
sis peut-être ne s'applique-t-on point assez à les instruire des dispo* sitions essentielles qu'il demande» ni à leur en donner toute la connoissance qu'ils en doivent avoir. La plupart n'en ont entendu parler que dans ces premières leçons qu'on fait à de jeunes enfants qui» malgré le soin qu'on prend de leur expliquer les éléments de la doctrine chré* lienàe» ëe sont guère en état de bien comprendre ce qu'on leur dit, et n'en conservent qu'un souvenir confus et très superficiel. C'est dans un âge plus avancé» où le jugeaient est plus mûr et ou Ton voit mieux les dhoses» qu'il fiiudroit se retracer sur cela les enseigncnients qu'on a reçus» et s'en former une idée juste. Car il s'agir d'un saerement qui, selon le bon et le mauvais usage que nous en hiisons» doit servir ou à notre justification» ou à noire condamnation. Mais, par une erreur des plus pernicieuses» on regarde, si je l'ose dire, ces sortes de considérations au-dessous de soi » et l'on se persuade qu'elles ne convieniMit qu'au temps de rénfance. Les prédicateurs, s'il^ n'y prennent ganie, contribuent eux-mêmes à entretenir cette dangereuse illusiott, ayant pour maxime de ne traiter dans la chaire que certains siqets relevés, et s'imaginant que ceux-ci ne sont propres que pour le menu peuple et pour les campagnes. En quoi certainement ils se trompent, soit eu manquant à l'une des plus importantes obligations de leur ministère, qui est d'apprendre à toutes les conditions les principaux devoirs de la religion , soit en s'élevant quelqiufois aiHlelà des bornes , et prenant
SAGRBMENT DE PÉNITENCE. m
QQ vaio ênor où aouvent on les perd de ïue» et où il& ae perdent enxméoies.
Quoiqu'il en eoit» tout ce qui concerne le sacrement de pënitencê peut se réduire, selon la notion ordinaire , à quatre arlicles capitanx, savoir, la contrition , la résolution , la confession et la satisfaciion. Je n*ai rien à dire là-dessus de singulier et de nouveau ; mais ce que je dirois néanmoins n'est que trop inconnu à bien des gens qui l'ignorent on d>solument ou en partie , tout éclairés qu ils sont d'ailleurs et qu'ils se piquent de Tétre.
I. Contrition : c'est-à-dire douleur du péché ; mais une douleur conçue en vue de Dieu par le mouvement de la grâce , et supérieure à lonle autre douleur. Voilà en trois mots déjà bien des choses d'un devoir indnpensable , et d'une telle nécessité , que de là dépend toute TefiBcace et tout le fniit du sacrement dont il est présentement question*
C'est , dis-je , une douleur / et par conséquent un acte de la volomé qui s'afflige, qui hait, qui déteste : car qui dit douleur ne dit pas one simple connoi^sance ni une simple vue de la laideur et de la difformité du péché ; ce n'est pas même , si j'ose user de ce terme , ime simple déplaisanoe de la raison, qui, naturellement droite , ne peut s'empêcher d'aperoevoir fe désordre du péché et de le condamner. On peut avoir tout cela sans êtne contrit , parceque tout cela n'est que dans l'entendeoMUt , et non point dans la volonté. On peut avec tout cela aimer toujours son péché ; se plaire toujours dans son péché^ conserver toujours le même attachement à son péché; on le peut, et c'est ce qui n'arrive qiie trop souvent. Il faut donc que ce soit la volonté qui agisse par un repentir vériudde. U fout que lia douleur, selon l'expression du prophète , nous brise le cœur ; et c'est de là même qu'elle est appelée contrition. Auirement, la volonté n'étant point à Dieu I tout le reste ne peut être de quelque prix devant Dieu , ni le toudier.
Enepre une simple douleur , en général , ne suffit-elle pas ; et si ce n'est en particulier le mouvement de la grâce qui Texcite, et qui élèverameà Dieu , ce n*est plus qu'une douleur infructueuse et sans effet. C'est pour cela que tes prophètes, prêchant aux pécheurs la pénitence et les y exhortant, ne secontentoient pas de leur dire : Convertissez-vous ; mais qu ils ajoutoient : Convertissez-vous au Seigneur vêtreDien ( Jobl, 2); par où ib leur faisoient enteadre que si ce rapporta Dieu maoquoit, que si dans leur retour ils n'epvîsageoient pas Dieu, que s'ils se proposeient tout autre objet que Dieu , ils ne dévoient pbs être, dans l'estime de Dieu, censés pénitents, puisqu'ils ne l'étoient pas selon Dieu ni pour Dieu* Et parceque cette vue de Dieu et cette douleur surnaturelle suppose nécessaire;fnent la grâce comme principe et premier mobile , voilà pourquoi les mêmes prophètes , parisBit au nom même des pécheurs , disaient à Dieu : Seigneur ; conver-
122 SACREMENT DE FfÉNITBNOB.
tissez-nous 9 et nous noiis contertirons ( fifcren., 6). Car €^«Bt éwà qu'ils s'en expliquoient , persuadés que , pour rendre nos coeurs dociles » que pour ^n amoKîr la dnreté et en lëobir l'obMinaUon , que pour y Mre natire cette sainte tristesse qui seule peut nous rëconciUev avec Dieu et opérer le salut, il est d* une absolue nëeessilé qne bons soyons prérenus de rinspiratîon dîTine et «idës du Mooura d'en haut.
Ce n'est pas tout ; mais void ce qu'il y a de plus ettentiéi. Car cette douleur • formée dans la volonté inspirée par Tesprit de Dieu , d conçue en vue de Dieu , doit être au-dessus de tonte antre éenleur ; c'est-ù-dire qu'il n*y a point de revers , point daccident fichénx , id de malheur dans la vie, de quelque nature qu'il soit, dont il puisse m'étre permis de concevoir une douleur supérieure , ou même égAe à celle que doit me causer l'offense de Dieu et la perte de fca grâce. Il iaut que je sois plus touchéde cette offense deDieu etde cette perte de la grâce de Dieu , que Je ne le seroià de la ruine entière de ma fortune , eût-elle été la plus florissante et la phis abondante. 11 font que cette offense de Dieu , que cette perte de la grâce de Dteo , me tienne plus an cœur que f affront le plus sanglant qui me convriroit de éoiH fusion y que Vabandonnèmeot le plus général qui me réduiroit dans h dernière misère , que le mal le pins sensible et le plus aigu qui mt tourmenteroit sans relâche , qne la mort d*un patron , d-un ami , d*un parent, d'un fils, d'un époux , d'un père , d'utie mère , de tout ce que je puis avoir sur la terre de plus cher, enfin que le danger même le plus évident d'une mort prochaine par rapport à moL 8i mon re* gret ne va pas jnsqne là, il ne peut être suflBsant, et dès-lors je ne sois point dans i'etat d'une vraie contrition , ' ni même de cette attritioo pai foite , nécessaire au sacrement de pénitence.
On me dira que cela serait capable de troubler les consciences , et de les jeter dans le désespoir. 0 est vrai , cela peut désespérer ; mau qni ? des âmes mondaines qui n'ont jamais bien connu Dieu » et qui ne s'appliquent jamais à le bien connottre; desaoM^ toutes plongées cbns les sens , et d*autant plus insensibles pour Dieu ' qu'elles sont plus sensibles pour elles-mêmes, et pour tout ce qui flatte leur amonrpropre ; des âmes volages , dissipées , accoutumées à n'envisager tout ce qui regarde la religion que très superficiellement , et sans ce&se distraites par tes objets extérieurs qui leur frappent la vue , et' qui emportent toute leur attention. Voilà ceux que doivent étonner les leçons que je trace ici , voilà ceux qui en doivent être découragés et rebutés. •
Mais pour appliquer à mon sujet ce que disoit saint Auguattn sur une matière à peu près semblable , donnez-moi une ame qui aime Dieu ; une ame remplie de l'esprit du christianisme,' une ame (elle qoe nous devons tous être ; et supposons qoe , par un effet de la fragilité humaine , ou par la surprise de quelque passbn , cette ame ait ev le
malhear d^onblier Dteu^t de s'oublier elle-même jusqu'à succomber dans une rencontre à la tentation , et à se laisser engager dans le désordre du péché ; je demande si lorsqu'elle viendra à se reconnut-
Ire, et qu^aidée de la grâce elle se mettra en devoir de retourner à Meu 9 elle aura de la peine à porter son regret et sa douleur au degré que je marque , et que je prétends être absolument requis? Quand nous voyons David couché sur la cendre , et humilié devant Dieu ; qu^d nous voyons saint Pierre couvert de confusion , et pleurant avec amertume; auanc| nous voyons Madeleine prosternée aux pieds de Jésus-Christ , et lés arrosant de ses larmes , concevoos^nous qu*il y tût alors quelque chose au inonde dont ils fussent plus affligés, di. môme aussi affligés qu'ils Fétoient de leurs égarements , et pouvonsnous imaginer quelque intérêt qu'ils eussent voulu faire entrer en compromis avec les intérêts du souverain maître dont ils avoient encouru fa juste indignation » et auprès de qui ils cherchoîent par-dessus tout et aux dépens de tout à se remettre en grâce ? Or nous* ne sommes pas moins pécheurs que ces &meux pénitents , nous n'avons pas» pour exciter notre repentir, des motife moins solides ni moins touchants : que nous manqUe-t-il ? plus de sincérité et plus de zèle dans notre conversion à Dieu.
Cependant il ne font rien exagérer, et je dois convenir que plusieurs pourroient être en effet découragés et avec sujet , si cette douleur que la pénitence exige de nous consîstoit dans le sentiment : car ie sentiment ne nous est pas toujours libre , et souvent il peut être beaucoup plus vif à l'égard de certains maux de la vie , et de certains événements que nous craignons ou que nous déplorons , qu'il ne l'est à l'égard des péchés que nous détestous , et dont nous avons un regret véritable. Ce n'est donc point par ce sentiment que notre contrition doit l'emporter sur toute autre douleur ; mais par la détermination de la volonté, mais par la préparation de l'esprit et de la partie supérieure de Pâme , mais par la disposition intérieure et réelle où se trouve le pénitent de subir toutes sortes de peines et d'accepter toutes sortes d'adversités temporelles et de calamités , plutôt que de consentir à un seul péché : si bien qu'il hait ainsi le péché plus que tout le reste , et qu'il voudroit , au prix de tout le reste , pouvoir efiacer tous les péchés qu'il reconnott avoir commis , et par où il a déplu à Dieu. Il n'est point nécessaire pour cela de ressentir les mêmes serrements de cœur, d'entrer dans les mêmes agitations , de s'abandonner aux mêmes gémissements, ni detomber nu-dehors dans la même désolation quesi l'on venoit nous annoncer quelque infortune humaine et quelque désastre où nous fussions intéressés. Il suffit d'avoir cette haine du péché que fai spécifiée, et que les théologiens, selon leur langage ordinaire, nomment appréciative, parcequ'elle maintient tous les droits de Dieu , et qu elle lui donne dans notre estime une préférence entière et absolue. Or voilà ce qui lie doit désespérer personne , puisqu'il n'y a per-
^t SACREMENT DE PÉNITENCE.
sonne qui ne paisse , avec l'assistance divine » former an fond de son ame une telle douleur.
Ce n'est pas, au reste, qu'il n'y ait pour cela même des soins a prendre et des efforts à foire : car, comme disoit saint Augustin , si vous n'êtes pas encore attiré de Dieu , agissez , priez, pressez, afin qu'il vousattire.On se trouve assez souvent dans une sécheresse decœuroù il est fort à craindre qu'on n'ait pas cette conlriiion sans laquelle on ne peut espérer le pardon de ses péchés , même avec le sacrement de pénitence. Eh ! le moyen qu'on pfit l'avoir de la manière dont on approche du saint tribunal ? On y vient quelquefois avec une précipitation qui ne donne presque pas le loisir de penser à ce que l'on fiait, ni de réfléchir sur aucun des moii£s dont notre douleur doit être animée et sanctifiée. On s'y présente avec une froideur et une espèce d'indolence qui foit tout négliger dans un des exercices du christianisme le pins important et le plus sérieux. Et parcequ'on n'a nul usage du recueillement intérieur et de ces actes que le cœur prévenu de la grâce produit en lui-même et de lui-même, on se contente de certaines formules tracées sur le papier, on les lit dans un livre, ou on les récite par mémoire, sans s'y affectionner, et peut-être sans les bien comprendre. Souvent même , par une ignorance inexcusable, ou par un oubli non moins criminel , après une revue assez légère de ses foutes , on les déclare au ministre de la pénitence, sans avoir eu soin de s'élever un moment à Dieu , ni d'en foire en sa présence aucun désaveu. Car voilà ce que nous voyons dans une infinité de gens du monde, et surtout du grand naonde, lorsqu'à des temps fort éloignés les uns des autres , ib sadressent à nous , bien moins par un mouvement de piété et par un vrai désir de conversion , que par une coutume et une certaine bienséance chrétienne à laquelle ils ne veulent pas manquer. Nous leur demandons s'ils sont préparés', c'est-à-dire, avant toute chose , s'ils sont véritablement contrits et repentants » s'ils ont une douleur sincère de leur conduite passée , dont ils s'accusent; et , sans hésiter, ils nous répondent qu'ils le croient ainsi ; mais de bonne foi , ont-ils lieu de le croire, et comment peuvent-ils se le persuader ?
Car qu*est-ce que cette douleur sincère? c'est un plein changement du cœur^ en sorte que leoceur soit réellement détaché des objets auxquels il s'étoitiivré avec plus de passion. Il faut que, par la force et la. supériorité de celte douleur, le cœur haïsse ce quM uimoit, et qu'il aime ca qu'il halssoit : il faut que ce soit un cœur tout nouveau. Quoi effort de l'ame suppose un changement de cette nature ! quel sacrifice de soi-même! quelle victoire! Or une telle victoire pêut-elle être le fruit d'une réflexion vague et courte, ou de quelques paroles prononcées à la hâte et comme jetées au hasard ? Il est vrai.que les opérations de kl grâce dans un cœur ne dépendent point du temps; mais, dans les règles ordinaire^, la grâce n'opère qu'avec poids et avec mesure :
elle a ses voies poor s'insinuer, et ses degrés pour ayancer ;• die prévient, elle soutient y elle aide à consommer l'ouvrage; mais elle exige aussi du pénitent qu'il agisse lui-même, qu'il rentre en lui-même, qu'il s'exdke lui-même, qu'il se fasse à lui-même d'utiles reproches et de salutaires leçons, qu'il se retrace tontes les vues et toutes tes considérations les plus propres à le détacher de son péché, et à lui en inspirer de rhorreur ; qn'U s'applique à les pénétrer et à les approfondir, surtout qu'il les rapporte toutes à Dieu , et qu'il insisie snr celles qui peuvent lui représenter ce souverain mattre plus digne d'un attachement inviolable et d'un dévouement parfait; enfin, qu'il ait recours à Dieu même, qn'il lui ouvre son cœnr, et qu'il le conjure d'en amollir la dureté : voilà, dis-je, ce que la grâce attend de notre coopération. Or tout cela, selon l'ordre commun, n'est point l'afiaire d'un instant, et ce l'est encore sûrement moin^poûr tant de pécheurs et de pécheresses qui, dans le cours d'une année, s'acquittent à peine une fois du devoir de la pénitence, que pour des âmes pieuses et timorées qui fréquentent le ss^crement.
Mais ceci pos^, il y a donc bien des confessious nulles? j'en conviens, et là-dessus je n'oserois presque déclarer tout ce que je pense. Cependant un confesseur, qui ne peut lire dans le fond des cœurs, est souvent obligé d'en croire la personne qui lui parle, et qui lui témoigne son regret et sa bonne disposition. Il s'en tient là, il absout ce prétendu pénitent , et du reste ne répond de rien : car il sait qu'il n'y a que Dieii qui puisse juger de la validité de cette absolution ; et d'ailleurs, ^ns déroger en aucune sorte à la puissance des ministres' de Jésus-Christ, ni à la promesse que ce divin maître leur a faite, U n'ignore pas que ce qu'ils délient, ou semblent délier sur la terre, n'est pas toujours délié dans le ciel.
Mais il faudra donc dés temps infinis poui^ se disposer à la confession? Ma réponse est qu'il y faudra tout le temps nécessaire pour s'assurer d'abord de sa contntion , autant qu'il est raisonnablement et moralement possible. Je dis autant qu'il est possible raisonnablement et moralement : car çn condamnant une extrénuté, qui est unp trop grande négligence, je ne prétends pas porter à un autre excès, qui est une inquiétude scrupuleuse. La prudence chrétienne tient le milieu entre l'un et l'autre : elle ne va point au-delà de certaines bornes; et quand, eu égard aux circonstances et aux moyens qu'on a pris, on peut juger sagement et favorablement de l'état de son cœur, on doit alors se confier en Dieu et demeurer en repos, sans se tourmenter inutilement par des retours perpétuels et des défiances excessives de soi-même.
Concluons cet article en déplorant notre misère. N'est- il pas étran^
qu'avec tant de raisons, dont une seule devroit suffire pour nous pei>
cer l'ame de douleur au souvenir de Diea, et de toutes les offenses
que nous commettotis contre lui, nous soyons si difficiles à prendre
le ihoiodi^e sentiment de componction? N'est-il pas éirang[e qne taons iiyonsbesoin de tant d'exhortations, d'instructions, de méditations, pouir noîis retracer là-dessus des idées qui ne deVroient jamais s'efRacer de notre esprit, et qu'il nous Faille tant d'eflbrls pour eii ressentir l'iitaprekéion ? Comment oublions-nous si aisément et si vite un Dieu cré2nèu^, un Dieu conservateur, un. Dieu rédempteur, on maître si grand, un pèrèt^i tendre; sa libéralité, sa sainteté, sa justice, ses innombrables perfections? Et comment, & la simble petasée de tantde litres teà pins engageants pour DOtks et les pluàcapal)les de noas affectionner, né voyons-nous pas d'un premier coup d'cjeii Ténormité de nos péchés, qui blessent ce souverain Être et qui notas séparent de lui? Comment ne fondons-nous pas en larmes, et ta'éclatons-nouspas en géniissémetats et en sanglots ?Que manquet-il donc i notre Dieu pour nous devenir aimable? N*a-t-il pas des droits assez légitimement acquis sur nôtre cœur? n'est-il pas assez bon? ne nous a-i-il pas fait assez de bien? ne nous en fait-il pas assez chaque ]bur?neèe dispose-l-îl pas encore à nous en faire assez dans l'avenir, et même dans toute Téternité? Notk*e indifférence pour lui n'est guère ïnoins incompréhensible que ses miséricordes envers nous. n. Résotùtjon. C'est, selon la plus ordinaire fiaçon de parler, oe
Sue Bouâ appelons bon propos. Ce bon propos consiste dans une ferme éterminatioù de fuir désormais le péché, de n'y plus retomber et de se maintenir dans la grâce de Dieu , en se corrigeant de ses vices, çt renonçant à ses habitudes criminelles. Disposition si essentielle, qiue sans cela notre contrition ne peut plus être qu'une contradiction manifeste et une chimère» Car le moyen d'accorder ces deut choses ensemble, je veux dire une volonté quj déteste les péchés commis, et celte même volonté toute prête encore à les commettre; une volonté qui hait le péché sincèrement et souverainement, et qui néanmoins l'aime toujours assez pour y retourner à la première occasion, et pour
Î donner le même consentement? Ce seroit tout à la fois, et à l'égard 0 même X)l)jet ,. vouloir et ne pas vouloir ; ce seroit accomplir dans sa pjersonne celte parole du Prophète : Uiniquité se$t démentie elle* mhn€{Piûlfii:^h); enfin, ce seroit faire à la majesté divine la même insulte que feroit un sujet rebelle qui viendroit se ji^ter aux pieds du prince et implorer sa clémence, mais qu'il lui dpnneroit en même temps à entendre que, malgré toutes les soumi.Nsions qu'il lui fait, il n'en est pas moins disposi à former dans la suite de nouveaux partis, et à prendre les armes contre lui.
Afin donc que la douleur du passé soit véritable et recevable devant Dieu , il est d'une nécessité absolue que le bon propos pour ravenir l'accompagne, puisque l'un ent'ernie Tauire, et qu'on ne les peut sé« parer. Voilà pourquoilë concile de Tiente définit la contrition en disant que c'est une douleur et une détesiation d^s péchés commis, jointe à la volonté de n'en plus commettre. De savoir si cette resolution ftoit être expresse et formelle, ou s'il suffit qu'elle soit comprise yir-
SACREMENT DE PÉNITENCE. m
lueHeiieiit dms l'acte de déiestation et de doulenr, c*est me qoestion qye propuseat les maîtres de la morale^ et sur laquelle îh raisonnent et pensent dîiféreoifBeDt; mais, sans examiner ces diverses opinionSi ni peser la force des raisonnements de part et d'autre, quand il s'agit d'une âffiaire aussi importante que noire réconciliation avec Dieu, le Bieax esl de prendre te plus sAr, et de dire à Dieu comme le Prophète roi : Je i'az juré. Seigneur ^ et j'en fais encore le serment ^ it faiéer àjamau voi divins préeepus, et de ne me plus déparAr^ en quai que te sotl, ée fobiissanee due à votre l&i {Psalm. 118). Et parceque c*est en telle el teUe matière que j'ai eu le malheur d'enfreindre vds ordres et de m*écarter de mes devoirs, c'est à quoi Je me propose de faire particulièiement attention , et de quoi je veux me préserver av€c plus de soin. Oui , je le veux, mon Dieu , je le veux ; vous en êtes témoin, vous qui sondez le fond des cœurs, et vous voyez toute l'ètefldae et toute la ferineté de ma résolution. - Dans cette protestation ainsi faite à Dieu > il y a deux choses à distinguer : un propos général , et un propos particulier. Propos général , qoâ s'étend sans exception à tous les péchés capables de donner la mort à noire ame et de nous priver de la grâce de Dieu. Car s'il y avoit un sesil péché, j'entends pécbé mortel , que le pénitent ne fût pas résolu d'éviter, dès-là son acte de résoludon au regattl des autres péchés, séroit ÎÉTfldide : pourquoi? parcequ'ilnepourroit avoir pour principe le vrai motif qui en fait tout le mérite, et qui est que le péché déplaît à Dieu, qu'il blesse l'honneur dé Dieu , que c'est une ingratitude souveraine et une injustice envers Dieu. £n effet , comme ce motif convient également à tons les péchés, ils'ensuit, par une conséquence nécessaire, que dès qu'il nous détermine à nous abstenir d'un péché, il nous détermine pareillement à nous abstenir de l'autre. Si donc nous faisons là-dessus quelque distinction , c'est une preuve évidente que ce n'est point ce motif qui nous conduit, et que notre prétendu bon propos n*est qu'illusoire. Propos particulier : c est-à-dipe, du reste, que notre résolution doit surtout insister sur les péchés dont nous sommes actuellement coupables, et que nous venons déposer au tribunal de la pénitence. Car nous étant plus propres, puisqu'ils nous sont personnels, la raison veut que nous y apportions plus de vigilance, et que nous y fassions plus de reflexion. Mon pas qu il soit nécessaire de les parcourir tous séparément, et de s'arrêter sur chacun par autant d'actes distingués les uns des autres. Sans ce détail le même acte suffit : il n'est question que de hiiM^re ef&cace, et de ne lui point prescrire de bornes.
Mail on me demandera par où l'on pourra juger que cet acte est efficace, et s'il faut pour cela pouvoir se répondre qu'on ne retombera plus. Car comment avoir cette assurance de l'avenir, et quel est rhomme qui peut prévoir toutes les conjonctures oti il se trouvera » et ee quil y fera ou ce qu'il n'y fera pas? Il en est même dont le penchant en si fort et l'habitude si enracinée, qu'il leur semble qu'ils
n'auront jamais assez de constance pour y résister, et <pie dès la pre^ mière attaque ils succoynberont. Cette difficulté se résout ttsëmcnt par la différence de deux actes qu'on ne doit pas confondre l'un avec rautre. Le premier est dans l'entendement , et l'antre dans la volonté. De se défier de soi-même, et d'entrevoir, au milieu même des promesses qu'on £ait à Dieu et à son minisire, qu'apparemment on ne persévérera pas ; qu'après avoir soutenu quelque temps, on se lassera; que la passion se réveillera, et qu'il y aura des rencontres où îoh ne peut guère s'attendre de tenir ferme et de ne se laisser pas entraîner : tout cela et cent autres idées semblables, ce sont des pensées, ce sont des conjectures, ce sont des vues de l'esprit où la volonté n'a point de part, et dont elle est indépendante. Malgré ces défiances, ces craintes, et toutes les expériences qu'elle a de ses inconstances natu* relies, elle peut néanmoins, avec l'aide de Dieu, s'établir dans une résolution actuelle et véritable de s'éloigner pour jamais du péché, et de renoncer à tout engagement criminel. Mais l'esprit lui représente là-desstts ses faiblesses, ses légèretés, la violence de ses inclinations^ mille combats, mille écueils, et le peu de fond qu'il y a à faire surla disposition présente où elle se trouve. Il n'importe : parmi toutes ces alarmes, elle est ou elle peut être réellement déterminée et résolue*
Le pénitent ne doit donc point s'étonner, quelque difficulté, et même, si je l'ose dire, quelque impossibilité qu'il se figure dans son changement et sa persévérance. Cette impossibilité prétendue n'est que dans son imagination , laquelle s'effarouche, et dont le démon se sert assez ordinairement pour le décourager et l'arrêter. Car c'est un des artifices les plus communs et les plus dangereux de l'esprit tentateur pour refroidir les pécheurs pénitents et pour renverser les desseins de conversion que la grâce leur inspire, de leur en mettre devant les yeux les conséquences par rapport à toute la suite de leur vie , et de les embarraser de mille réflexions telles que celles-ci, qu'il leur suggère iniérie^rement et incessamment : Mais à quoi est-ce que je xn*engage? Mais pourrai-je vivre ainsi pendant un long cours d'années qui peut-être me reste encore à fournir? Mais si, dans l'ardeur dont je me sens présentemeni animé, rien ne me coûte, ce premier feu ne se ralentira poiot; et si celte ferveur, qui maintenant m'adoucit tout, vient à tomber, comme il n'arrive que trop, à quel dégoût, à quels ennuis serai-je exposé? etaurai-je la force de les porter? Mais est-il à croire que je puisse passer mes jours dans une retraite à, laquelle je ne suis point fait; que je puisse me dégager de cet attadifii|fipt et ne plus voir cette pei*sbnne dont mon cœur est épris; que je puj»sé me défendre de ses reproches, de ses larmes, de ses poursuit^, ou [plutôt que je puisse m'interdire sans retour ces sociétés»,çes entretiens , ces entrevues, ces jeux, ces parties de plaisir, ces spectacle^; que je surmonte mille respects humains, mille considérations, mille tentations et du dedans et du dehors, qui ne manqueront pas sur cela de
m'aaaaillir» et souvent lorsque j'y penserai le moins et que je serai moins préparé à de si violents assauts? Vains raisonnements d'un esprit intimidé et troublé par la passion qui le domine, par la nature corrompue qui se révolte, par Fennemi de notre salut qui cherche à nous surprendre, et qui eniploie toutes ses ruses à déconcerter Toitvrage de notre conversion.
Hais la passion, la nature, l'ennemi commun des hommes ont beau parler, exagérer les choses, grossir les objets , il n'en est pas moins an pouvoir du pénitent éclairé et touché der Dieu , que sa volonté n'en soit point ébranlée. 11 est toujours màttre de dire : Je veux ; et, mattre en efiet de vouloir avec la grâce , il n'est pas besoin qu'il ait une oobnoissance anticipée de ce qui arrivera, ni qu'il puisse compter avec certitude qiie jamais il ne se départira de la résolution où il est de ne plus pécher; mais il suffit qu'il soit dans cette résolution, ou qu'il croie prudemment y être. Il y auroit même de la présomption à se tenir assuré contre tontes les rechutes , et c'est en quoi pécha saint Pierre, lorsqu'il dit avec tant de confiance au Fils de Dien^ Quand il i1^oitde ma vie, et que tous les autres prendroient la fuite, ponr moi je ne vous abandonnerai point. Car notre pénitence ne nous rend pas impeccables , et notre volonté étant une volonté humaine , eHe est naturellement changeante. D'où il s'ensiiit que , sans une révélation expresse de Dieu, nul homme ne peut savoir comment il se comportera en telles et telles circonstances , si quelquefois il s'y rencontre.
C'est donc assez d'être certaip , autant qu'on peut l'être moralement et sagement , qu'on veut se corriger, et qu'on le veut à quelque prix que ce soit; et qu'on le veut par le même motif qui a excité notre repentir et notre- douleur ; et qu*on le veut, pour tous les temps qui suivront , quelque sujet qu'il y ait de craindre que cette volonté ne vienne quelquefois à se relâcher et à se démentir. Dès qu'on est dans cette préparation de cœur, on doit du reste se confier en Dieu pour l'avenir; on doit dire comme FApôtre : Si le Seigneur est avec moi et pour moi , qui sera.contre moi? or j'espère qu'il ne m'abandonnera pas, et qu*il m'aidera à consommer l'ouvrage que je commence par sa grâce; on doit se soutenir et s'affermir par ce consolant témoigoage qu'on pense avoir lieu de se rendre i soi-même : Il est vrai, je serai exposé à bien des attaques, et que ferai«je alors? je n'en sais rien ; mais ce que je sais , c'est ce que je suis actuellement résoin de fiiire, qui est de ne me détacher jamais de mon Dieu et de ses divins commandements ; ce que je sais , c'est qu'autant que cette résolution subsistera (et pourquoi ne subsisteroit-elle pas toujours?), rien ne me fera violer là foi que j'ai, donnée à mon Dieu et que je lui donne; enfin, ce que je sais, c'est que pour témoigner à Dieu la sincérité de cette résolution, je vais dès maintenant user de tous les préservatifs nécessaires, ^prendre tous les moyens que la religion me
(buriiit, me retirer de toute oocasipe dangereuse, et apporter de pjirt toute la vigilauce qui dépend de moi.
Voilà, dans ce dernier article, comme la pierre de. touche qui nooi fera connottre si notre propos est tel que nous nous le persuadons et que nous le disons. Garen vain ferons-nous mille promesses à Dieu, et en vain nous dirons-nous mille fois à nous-mêmes que nous voulons vivre désormais avec plus de règle, et fsrîre un divorce étemel avec le péché : si nous ne prenons pour cela nulles mesures; si nous reAn sons méoie celles qu'on nous prescrit ; si nous prétendons être tou-* jours de certaines sociétés, voir toujours certaines compagnies et fréquenter certains lieux , avoir toujours avec certaines personnes des entrevues et des liaisons particulières; en un mot, nous jeter fou* jours dans le péril, et y demeurer ; si, malgré les avis que nous donne nn confesseur, nous ne voulons rien sacrifier, ni rien entreprendre pour assurer notre persévérance , ce n'est point alors nn jugement mdl fondé, de conclure que nous ne sommes résolus qu'à demi y on même que nous ne le sommes point du tout. La preuve enest sensMe : car vouloir une fin , je dis la vouloir solidement et efficacement , Vest, par une oonséquenee néoessaire, vouloir lever, selon qu'il est en nous» tous les obstacles qui pourroient nous éloigner de cette fin , et e^est en même temps .vouloir faire de notre part tous les efforts et embrasser toutes les voies qui peuvent noas y conduire. Autrement tonte hi bonne volonté que nous pensons avoir ne peut être qu'une illufilott et une chimère.
J>e là vient qu'on remarque si peu d'amendement dans Ja plupart des personnes qui approchent du sacrement de pénitence^ Ils vou* droient accorder ensemble deux choses tout-à-f^it incompatibles : e*est4'-dire qu ils voudroient ne pins pécher, et néanmoins demeurer ionjours dans me disposition prochaine de pécher. Que le ministre de la péaitesoe leor fiasse la même question que fit Jésus-Christ au paralytique de l'Evangile, et qu'il leur demande : Voutest^vous être guérie (JoAM., 1^? Ils répondent sans délibérer qu'ils le veuleUti Ataîs que ce même ministre , sage et instruit , feisant peu de fond smr eette réponse générale et indéterminée, passe plus avant, et qu'il en viame h un détail où il lui convient dedescendre selon la eonnoissançe qu'il a de leur état; qu'il leur demande en particulier s'ils ventent s'abstenir dételles visites, s'ils veulent s'interdire tek entretiens et telles familiarités , s'ils veulent renoncer à telles parties de plaisir et se retirer de ces assemblées et de ces spectacles, e'ils veulent interrompre tels négoees et ne plus s'engager en telles afhiires , s'ils veulent réparer tels dommages qu'ils ont causés, et se dessaisir de tds profits injustes et mal acquis ; si , pour vaincre l'animosité qu'ils ont dans le cœur, H pour témoignage d'une plf*îne réconctliation , ils cottsenient à faire quelques démarches de leur part et quelques avances; si , pour s'aKeroûr dans le bien, pour se fortifier contre les nouvelles
SACMEIlHiiT Uù PiNnENOE. 951
atUiquas dom ik auront à se dëfetidre» ponr racheter le lenm>6 qu'ils ont perdu, pour édifier le public qu'ils oui scaudalisé, ils sont daua i^ dessein de se rendre plus assidus aux pratiques cbséiiesnes, de s*4i6qoiMer régulièrement de telles prières et de teb exercices de i^été, d*9pproclier des sacreoaeats à tels jours dans Tannée ei à teUes féteA^ 4e faire ciiaque jour quelque bonne lecture » quelque retour sur enx* ménses, ei^o de ne rî^ omettre de tout os qu'on leur marqneim et qu'on jugera leur être salutaire; que tout oela, diihie, le ooufesaeur l'e^e dleuxet le leiir propose» cjest alors qu'ils commeneetti.è hësi» ter et à ^«e roeitre en garde contre lui , comme s'il les traitoit avee tm>p .de rigueur. Cependant ils ont beau se plaindre , et accttserni'une sôvérité outrée le ministre qui leur impose de pareilles eondilioM, ik B'<8t que trop bien fondé àse défier de leurs paroles, et àlesrewioyer sans absolution*
Gbecehoosle Seigneur, et cberekons-ie dans toute la droiture, df noire ame. Nous pouvons nous tromper aoua-mémes, noua pouvons tromper le préirequi nous écoute, mais nous ne tnomperons lanaaie Dieu« Nous nous étonnons quelquefois de nos* rechutes presque coDf tiBHellea ; mais il n'est pas difficile d'en découvrir la cause. :Ge n'est pas. que noiis ne'uous soyons présentés, et que nous ne nou» pséaaiitiMua encore de, temps en temps au saint tribunal, pour y déposer noa4)échéf; raais-c est que nous n'y avons peut^ire«jamaia'.app(Mé UM volonté bien forméode changer de vie, et de travailler sérieuse» ment à la réformaiîoa de nos raoeucs. Kous avons pris pour volonté quelques velléués, quoique» désirs imparfaits» quelques reproche^ de la oonsoience qui nous condaauioit intérieurement, et qui Mus dictoit ce que nous devons taire* Nous l'aiioas vu, mais ravoM«Mms (mt? et pourquoi ne l'avons* nou$ pas fiiit?^enoore une fois, e>esi.que nous ne k'avoiia pas voulu : car ou ne manque guj^re à ce que L'on veuly quand on le veut bien résolument et que la (iiose est en noire pouvoir* Je voulois, dtscHtsaint Augustin, parlant de loi»mteie, je voulois mm oonvénir; mais je.le voulois comme un homme plongé dans un pnofend assoapisseÉneut , lequel voudroitser0veiller,etqni reu>mbe toujours dans son sommeil. Ayons recours à Dieu; c'est loi qui , sekm teaana de rApdtre', nou9 fmi vouloir et exécuter.
111. Confession. Dans Tusage commun, on comprend sons le^arnns de confession tout ce qui a rapport au sacrement de pémlence«; Waîa, dans une signification plus étcmte et plus propre, appelons ki con* fession cette seconde partie du sacrement, qui consistée s'accuser dk sas péchés, et à les déclarer secrèlcAènt au ministre étaUi de Dieu pour les Gonnoitreet pour nous les rematiro,.en^ vertu au pDH:^ir qn'ilareçudeiésus-Christ. Orn6u& no pouYons. noua fermier une itiéeplus juste de cette (l[>nfe8srofL, que de la Rfgardfp. comme une anticipation du jugement de Dieu. Que feira Dieu daitt^^son dernitr jugeswnt? il ouvrira le grand livre de nos eonscienoan; il produira au
sas SACREMENT HE PENITENCE.
jour, non seulement nos actions qni , pendant- la vie» ont pu parolirè aux yenx des hommes, mais les secrets les pins caches de nos coeurs, nos pensées, nos sentiments , nos désirs, nos vues, nos intentions, nos projets, n prendra ce glaive dont parle saint Paul , ce glaive de sa vérité et de sa sagesse , avec lequel il démêlera tous les plis et tons les replis de nos âmes. De sorte qne rien n'échaj^ra à sa connoissanoe, et que de tous les péchés du monde , il n'y en aura pa» on qu'il ne découvre selon toute sa malice , c'est-à-dire selon son espèce et toutes ses cmonstanoes. Voilà , par proportion et à l'égard de nous-mêmes, ce que nous devons faire dans le tribunal de la périftence; mais avec cette dîMérence essentielle, que la manifestation que Dieu fera de nos pèches dans boû jugeaient général sera publique et universelle , au îkm que nous ne sommées pnésentement obligés qu'à une révélation particttli^e, où le prêtre seul, lieutenant de Dieu, nousentend, et qu'il doit tenir secrète sons le sceau le plus inviofaibfe. Ce n'est pas , iqprès tout , que le pénitent , par tontes ses recherches, puisse parvenir à .se connûttre aussi parfaitement que Dieu le connbttra'el qii'il le crandtt dès maintenant, ni qit'il puisse par conséquent mettre sa^conscîénce aux yeux du confesseur, dans la même évidence -qiie Bien la mettra aux yeux de l'um'vefs. Nos vues pour cela sont trop fbibles, et il n'est pas moralement possible que toutes les fautes dent nous sommes coupables devant Dieu nous sment toiijourft|>résentes à l'esprit, et que nul oubli n'en efibce aucune de notre soutenir. Mais par où nous devons au moins suppléer, autant que nous le pouvons, à ce défaut, c'est par un examen raisonnable, et par toute la réiei(ion qu'exige de nous la prudence chrétienne pour nous disposer à rendM compte de nous-mêmes et de notre état.
Quand on veut juger un criminel, on commence par TinformatioB, on appellelestémoins, <»i reçoitlesdéposîtions, on n'ometrien de tout ee qui peut servir à instruire le procès, et à convaincre l'accusé des fUts qui lui sont imputés. Or quel est ce criminel à qui l'on doit prononcer sa sentenoe? n'est-ce paa moi-même , lorsque je vais, en qualfté de pécheur , me jeter aux pieds du prêtre et me soumettpe à son jugeuMut? Ce qu'il y a dans ce jugement de singulier, c'est que j'y sois tout à la fois et l'acQVé et raccusâteur. Comme accusé, j^y dois venir dans on esprit d'humilité; mais surtout comme accusateur, j'y dois procéder avec toiKe la drconspeciion et toute l'attention requise pour développer devant moi ma conscience , et pour être prêt à l'exposer dai|8 la confession nûmept et sans déguisement.
De là donc la nécessité de l'examen. Examen d'une obligation indispensable : car la même loi qui m'oblige à confesser mes péchés m'oblige à les rechercher ,. à me les rappeler, à les retracer dans ma mémoire, pitflque sans cela je n'ensuis faife la déclaration exacte et fidèle. Examen solide , et confirme à l'importance do devoir dont j'ai à m'acquitter : aar il est question de me préparer à recevoir la grâce
d'un sacrement, et de ne me pas mettre par ma négligence en danger de le profisiner; examen semblable à celui que David foisoit dé luimême» lorsqu'il passoit, ainsi qu'il le témoigne, les nuits entières à méditer, à réfléchir, à creuser dans le fond de son cœur, ne voulant pas y laisser une seule tacbe, quelque légère qu'elle pût être, dont il ne s'aperçût, et dont il ne prit soin de se purifier; examen proportkmné à la durée du temps qui s'est écoulé depuis la confession précédente. Et en effet, la raison dicte qu'une revue, par exemple, de plusieurs m<ns ou d'une année , demande une plus ample et plus longue dtacussion que la revue seulement de quelques jours ou de quelques semaines, et que ce qui peut suffire pour l'une ne suffit pas pour l'autre : du reste, (examen renfermé en certaines bornes que doit régler la prudence, afin de ne se point porter aux extrémités où vont qnelgoefois des âmes titnides à l'excès et trop inquiètes, qui ne sont ja- OMM contentes d'elles-mêmes , et en reviennent sans cesse ù de nouvelles perquisitions dont elles s'embarrassent et se tourmentent fort inntilement. Dieu; qui est la sagesse et l'équité même, n'exige rien de BOUS au-delà d'une diligence raisonnable et mesurée; et si, malgré nous et par un effet de la fragilité humaine, quelque point alors, même grief, se dérobe à nos lumières, le Seigbeur infiniment juste et miséricordieux aur» égard à notre foiblesse, et ne nous fera pas un crime d^une omission involontaire. Mais aussi ne comptons pas que ce soit une excuse légitime devant Dieu, qu'un oubli causé par notre légèreté et notre inconsidération. Nous serions les premiers à nous le reprocher dans une laffuire temporelle : comment nous seroit-il pardonnable dans un des plus saints et des plus importants exercices du christianisme?
Tel est néantncMns le désordre. S'agit-il des affaires du monde , il n'y a point d'étude, point de contention d'esprit qu'on ne fesse pour lés examiner à fond. Cesi peu que d*y avoir pensé ilne fois t on les porte partout vivement imprimées d^ms l'imaginaiion ; dn les tourne et retourne en mitte manières, et il n'y a pas tfn jour sous lequel on ne le6 envisage .'.pourquoi? c'est qu'on craint d'y être trompe; et pourquoi le craint-on^ c^est qu'il y va d'un intérêt à quoi Ton est seqsible et très sensible, bien que ce ne soit qu'un intérêt périssable ; c'est qu'il y va de la fortune ; c'est qu'il y va d'un gain qu'on veut se procurier, ou d'une perte dont on veut se garaptir. J^ais s'agit-il de la conscience, on n'y regarde pas de si près , et il semble que ce soit une de ces àffeires qu'on peut expédier dans Tespaeé de quelques moments. Y eûtil mie année et plus qu'on ne fût rentré en soi-même pour savoir où Ton en est avec Dieu et de quoi l'on peut être responsable à sa justice, on se persuade avoir satisfeit là<>dessus à son devoir, en jetant mi coup d'^il sur la conduite qu'on a tenue, et s'attacbant à quelques artides plus marqués. On passe tout . le reste , et on ne va pas plus afvnt. Bien loin de craindre quelque surprise dans une révi-
|!^ SACREMENT m PÉNITENCE.
sioD si prompte et ji précipitée, on contribue souvent soi-méine k 8f tromper : c'est-à-dire que, sur certains doutes qui naissent , sur ceir* tains scrupules, on dispute avec soi-même et contre soi-même pour les rejeter, pour les étouffer, pour les traiter de craintes frivoles , et pour se dispenser de les mettre au nombre des accusations qu'on se tient obligé de faire. Car c'est ainsi qu'en usent une multitude presque infinie de prétendus pénitents, d'autant plus dangereusement se* duits par leurs fausses maximes, qu'ils en voient moins l'erreur, et qu'ils approchent du sacrement avec plus de sécurité.
Quoi qu'il en soit, ce n'est qu'après tout l'examen convenable qM le pécheur, comme témoin éclaire, doit oomparoitre «n présence de son juge, qui est le ministre de Jésus-Christ : mais cette prëcautiom prise, c'est alors le temps de s'énoncer, de découvrir les plaies do son ame, de révéler aux oreilles du prêtre toutes ses misères, et de lui en faire un aveu simple et préci§. Confession entière, et pour cela confii* sion non seulement qui déclare le péché, niais qui s'étende à toutee les cîK^nst^ces capable^, ou de changer l'espèce du péché, ou d'en augmenter ia malice : circonstances Ai nombre , de i'iiabitude , d^ Ueu, de l|i personne, des vues, dus mptii^, des. sifites, des moyens et autres. Car je dois me Caire connoitre aussi crimind que je le suis : or je le suis plus ou moins, selon le nombre de mes péchés, selon l'habitude de mes péchés, selon la sainteté du lieu où j'ai péebé , selon le caractère de' ma personne ou celui de la personne à l'égard de (|«i j'ai péché, selon la conooissance et la volonté délibérée avec laquella j'ai péché , selon les motifs que je me suis proposés en péchant , intérêt, ambkion , envie , haine, vengeimce ; selon les suites et les perai» deux effets que j'ai causés , scandales, mauvais exemples, dommages; aelon les voies don^ je me si|is servi et les moyena que j'ai employés , mensonges,. calomnies, fraudi^, trahUons, violences : voilà, dis-je, sur quoi je dois m'expliquer, ne retenant rien, ne celant pien, et m'appUquant ce que le Prophète disoit de lui-même, quoique dans une matière toute différente : Malheur à moi H je me laif (IsAK,'t)), et si je me lais sur un seul point , puisqu'un seul point voloniairement omia suffiroit pour rendre inutile et même suciilége la confession. qu^jn ferois dé tous les autres.
Confession nue et sans ambiguïté, sans embarras, sans détours. Car voici quel est l'artifice et conime la dernière ressource de notre amourpropre. H en est peu qui, de dessein formé, cachent un péché mortel, et qui osent, aux dépens de leur conscience, porter jusque là le dégaisemen^ e^la dissimulation : mais à qu'>ia*t-on recours, et quelle sorte de n»ilîeu preod-on? Ce péché qu'pu a lant de peine à4iri^ de| ténèbres, et q^'on y voudrait tenir enseveli , du moins en le iirodui* santy on le coloi o, on l'enveloppe, on ladoucit, on le représe^ le sous des images ei on 1 exprime en des term«& qui le rendent m^NJ^s-odiflu^ et ()ui en diminuent la difficulté : de sorte que le confesseor> pour
SAÇRPIËNT D£ PËNITËNCX. Wi
peii qa'U manque de péneiratioo et de vigilanpe, ne le çonnolt qa'4 demi, et n'en peut discerner toute la grièyeté. Quand la femme de Jéroboan;! vmr trouver Âbias pour apprendre de lui quelle seroit Yi^ sue d'une dangereuse maladie dont &od fils éloit attaqué, ne voulant pas être connue» elle Sjp déguisa; mais le prophète» iqspiré d'en hai^t et instruit de ce qu'elle étoit , lui cria d*aussi loin qu'il l'aperçut ; ^nirez, femme de Jéroboam: pourquoi vo^lez-pous paroHre autre qti^ vous nêiei (3 Keg*, 14)? C'est ce qu'un confesseur ne peut dir^, parcequ'il n'a pas poi^r l'éclairer la même inspiration ni la môme lumière. 11 ne yoit les choses que selon qu'on les lui dépeint » et il est ai$é de lui en imposer sur dje& faits qu il ne peut savoir qne parle récit de la personne qui les lui déclara : conduite pitoyable dans un pénitent ou U9e pénitente. Qu'arrive-t-il de là ? dpuÛe mal : savoir» que d'une part oq ^1a peine d*uoe révéiaMon toujours fâcheuse quant au fond» quelque îisparfaite pt quelque fardée qu'elle iioit ; et que d'ailleurs oti n'en relire aucun fruir» puisqu'elle n'est suffisante» qi pour nous .réconcilier avec Dieu» m pourcalmer la coDscieuLce et.iQOu$ donner la paî».
Confession abrégée autan.t quelle le doit être, retenue, diserte. Poigt de. ces longiR'S narraiioos où le temps s'écoule en de vain$ discours» et qui^l)icn loin d'éclaircjr les sujets» ne servent qu4 les obscurcir; point de jces expressions peu séauies, e^ qui blessent une certaine modestie; point de c^^s accusations qui int^ ressent la répOtatipp d';^i|truj , et qui retombent ^ùr\p prop^^^n ep le (Jié&îgn^pt. G est là que la i^e ma^ime^u Fils de p^p^ confient P^r* Édtement : Soytz ftfudênu^cpv^m^ l^ serpent, e^ simples eç^me (a ço' bmbfi (AliTT^M lOj. Ayt^ cette prudence, on preud garde à ce qu'on dit ec à b maniière.do|U pn lu dit ; et avec cette simplicité^ qp par& iagénum^nt, on A>jofite« ni ne retranche.: c^ qui e$t certai^, pn l'ac-r CHse jcQmt*^^ perM^in ; ^t ^ qiii est douteux » oj^ le con^e commi; douteux. . .
' . Enfin, .popfejssion huniblio* La raisoiiest qne» sans cette humi|i(é» on j)'4ura pas . la force ae surnmuter le plu^ ÇrW pk^iacjie.^ Fil^tégfilé et ^ la sluci^riié d^ la eonfessiog. Car voiU V^neil pu écl^onei^ nj^ ipfinité de chrétiens. Comme il j 4» dit le Sage» une pMdan^ §alut^pe qui niène fi b gloire» il y a aussi une mauvaise lion ta qui CQndM4 iWt péché fil à.Ia^uorl. Elle conduit au p^ché » B^i^qn'elle lie la Ung\ié^jqu'eDê' b^vift^ Ja bouche sur. certaines faujles qui qq])tçpt plii^ à d^Jipreir » parjgefiu'elles paarqnenit yiU^ de fpi^les^^ et q\i*e^lp auçeiff j>Iy3 d/e ^nfnvv^^ £^ ppndni^nt de la sorte^ aif péchié, plie conr dûit à }fi mort» piijjiqn's^lors^ bi^ loin de r^oouvrer la vie de J'ame par W rémijisfû# de ^s péchés^ on devient plu^ criniinel, et l'on ajoute ^1^ péçb^s passés ni) noii'veai^ p^cbé plus gi ief eacor^ ^ pins mortel , .qui 6s^l>bu$ di» sacrement.
Cogun^ .do#c s^ {^réserver dé ces désprdres » si ce n'e&t par Yj^ur Aùliiiî d^ la. pémttocis ^ ist eslid Jnn# di^|)f9sitjpn pl^ nécessaire?
236 SACREMENt DE PÉNITENCE.
Qu'est-ce qu'un pénitent ? c'est un coupable qui se reconnott coupable, qui se dénonce iui-méoie condme coupable , qui Tienty en qualité de coupable, réclamer la miséricorde de son juge, et demander {{race. Aussi est-ce pour cefa qu'il parott devant le prêtre en posture de suppliant, la tété découverte , les genoux en terre , et tel que le pùbKcain qni se tenoit à la porte du tertnple, sans oser lever les yeux et se frappant la poitrine. Extérieur qui témoigne assez quels sont du quels doivent être les secrets sentiments du cœur. Je dis quels doivent être ses sentiments intérieurs , et ce ^nt ceux d'une véritable pénitence. Plus elle nous fait voir l'injustice et la laidetir du péôbé , plus elle nous porte à nous hair nous-mêmes , & nous renoncer nousmêmes, et par conséquent à nous confondre nous-mêmes. Car tl n'est rien qni soit attaché plus naturellement et plus essentiellement au péché, que ia confusion. Ainsi David, dans la pensée de son péché, qu'il ne perdoit jamais de vue , que disoit-il à Dieu, et oonnrm^nt seregardbit-il en la présence de Dieu ? Ah! Seigneur, s'écrioit ce roi pénitent, mes crimes sont en plus grand nombre que les cheveux de ma tète, et le poids de mes offenses ni accable {Psabn. S7). Témoin et confus de ma mishCf je marché la tête penchée , et je me suis k mot-même un sujet d'horreur (Ibid.). Mes amis même», ponrsuivott le même prophète, et mes proches se sont élevés contre moi; its ni'ont méprisé , ils m'ont abandonné à mes ennemis et à leurs insultes [VM») : mais je rCai pa» eu une pàrble à répondre; car ma, conscience m* a bien fait sentir qu^U n'y a point (t humiliations ni df opprobres qui ne me soient duM^ et dans eeseuf tmentje tCti point cherché à cachermes inkpàtés (Ibid.).
Mais , JOie dira-t-on , c'est une nécessité bien dnre de révéler des choses à qttoi l'on ne peut penser soi-même sans rougir , et il ftnt , pour s'y déterminer, une étrange résolution. J'en eonviena^ mais làdessus je réponds : 1. Que c'est une obligation étroite et rigoureuse, n n'y a ni état, ni caractère, ni âge, ni prééminence, q«i en exempte. Le prince n'en est pas plus dispensé que l'artisan , ni le prêtre pas plu^ que le hilque. Nous sommes tous pécheurs; et en conséquence dé nos péchés , nous sommes tous , sans acception de personnes assujettis à la même loi. Ou soumettons^nous-y, et observons-fa autant qu'il est en nous, ou n'espérons jainais de pardon. 2. C'est une peine; mais cette pdne est un des premiei^s châtiments du péché. Yoiks àtéz commis le péché sans honte , ou la honte ne vous à pas empêché de le cèmmettre.'il est juste qu'une sainte honte commence à le ihéparer. Or c'est ce qti'elle hit , car elle est expiatoire et méritoire. La rémish sion que vous obtenez par-là ne vaut-^e pas bien fe peu d'efforts que vous avez à fen-e , et pouvez-vdus l'acheter trop cher ? Honte ponk* honte, il n'y a pas à délibérer ni à balancer sur le choix d'une hante passagère et particulière , pour éviter à la fin des siècles et dans l'assemblée générale de tons les hommes une ignominie université et éternelle* 3. Si la confusion que nous avons à subir fait tant d'im-
SACILEMEHT DE MfcNlTENCE. 257
presaioD sur noua» et s'il nous parott si difficile de s'y soumettre» c'est qiie nous ne sommes point assesb animés de l'esprit de pénitence. Avec une conirition plus vive, nous aurions beaucoup moins de répugnance à nous humilier. Que difrje? saintement indignés obntre nousmêmes, nous ne nous croirions jamais autant humiliés que nous le méritons ; et sur les termes que nous emploierions à nous accuser, il faudroii plutôt nous retenir, qu'il ne seroit besoin de nous exciter. Car voilà ce qu'on a vîi plus d'une fois , et ce qu'on voit encore en quelques pénitents vraiment convertis et sensiblement touchés. Usentils de vaines excuses et de prétendues justifications? Au contraire: comment dans Isurs accusations se traitenl-ils , et quelles idées donnent-ils d'eux-mêmes? que n'imputent-ils point à la perversité de leur cœur, à la malignité de leur esprit, à la corruption de leurs sens , à la violence et au débordement de leurs passions ? Craignentils la confusion qui Içur en doit revenir, et la comptent-ils pour quelque chose? Souvent le confesseur est obligé de les arrêter, de modérer leur zèle, de les consola, de leur faire entrevoir jusque dans leurs désordres. un fonds d'espérance et d'heureuses dispositions à un parfeit retour, de relever ainsi leur courage, et de les remettre du trouble et de l'abattement où ils, sont. Quand on est contrit delà sorte, toutes les difficulté disparoissent , et l'on^se résout aisément à la confession la plus humiliante.
£t de quoi aurions-nous lieu dé nous plaindre, lorsque le Fik môme de Dieu , notre Sauveur et' notre modèle , s'est exposé aux plus prodigieux abaissements et aitx humihations les plus profondes »
Eonr la réparation de ces mêmes péchés dont il nous semble si pénile de porter la honte , aprèi que nous en avons goûtéle plaisir criifûnel? A quelles indignités et à quels mépris a-t-il été livré, ce Saint des saints , et comnieut a-t-il paru sur la terre ? comme le dernier des hommes , comme Topprobre du monde et le rebut du peuple. Iktais surtout dans cette douloureuse passion oh il consomma son sacrifice , de quels outrages fut-il comblé? et, selon le langage du Prophète, iîit-jl rassasié? 11 soutint le supplice de la croix , dit TÀpôtre , et il accepta toute la conAision de la mort la plus infâme. Ce ne fut point une confusion secrète , mais publique et découverte. Toute sa gloire "y fut cachée , sa puissance , sa sagesse , sa sainteté : et pourquoi cela? c'est que son Père l'avoit chargé de toutes nos iniquités; c!est que lui-même il avoit bien voulu les prendre sur lui, et que, se couvrant de la tache de tous les péchés des hommes , il s'étoit engagé à en essuyer devant les hommes toute la honte. Est-ce là de quoi il s'agit poumons? Est-ce lace que l'Église, autorisée et inspirée de Dieu, nous demande ? Le précepte de la confession s'étend-il jusque là; et pour y satisifeire feutil se perdre ainsi d'honneur , et sacrifier toute sa réputation ?
De quelque nature que soii la confusion que doit nous causer l'a-
m SACRÈStENt M PÉmtfeffCE.
lea de no6 foutes , elle ne àera pds sans IVuit par rapport roSme ï cette vie et à notre tranqoillitë. Il est certain , et l'expérience Hous Ta appris , comme elle nous l'apprend tous les jours » qu'on est bien dédommagé du peu de violence qu'on s*est folt efi se déclarant au niuiia^ tre de la pénitence. Dès qii^on a percé Tabcès et qu'on l'a jeté dehors, On sent tout-à-coup la sérénité se répandre dans Famé. On se trouvé comme déchargé d'un pesant ferdeau. Dieu verse ses consolations , et Ton teconnott qu'il n'y à dans là confession que des rigueurs apparentes , mais que dans le fond c'est une source de douceur^ interieuîes et toutes pures. Profitons d'^un moyen si saint et si puissant pour nous remettre en grâce auprès de Dieii, et pour apaiser les troubles de notre conscience. Moins nous en avons fait d*usa(^e jusqu'à présent, plus nous devons réparer nos pertes passées, ti^esten uouç confessant crimtyiels, que nous rentrerons dans les voies de la justice chrétienne^ et ôUe nous fléchirons en notre faveur le Père des miséricordes.
tV. Saflsfaciion. C'est line vérité de fof ^ que Tabsolution du prêtre, en nous remettant, quant à là coulpe, lés péchés que nous avons confessés , ne nous en reihet pas pour cela toute la peine, je veu( dire toute la peine te^pporelle dont nous demeurons redevables à la Justice de Dieu. En vertu de cette absolution , la peine éternelle nous est remise , puisqu'étant alors justifiés par la grâce , nous sommes coQséquemment rétablis dans nosdroitsà l'héritage céleste et sm Sahir. Mais parcequ'il faut, d'une manière ou de l'autre, que la justice divine soit satisfaite, en même temps que nous recevons la rémission de la peine éternelle , il nous reste , dans les règles ordinaires, une peine temporelle à subir ; et telle est, contre les hérétiques (les derniers siècles , l'expresse décision du concile de Trente,. Car il n'en est pas, remarque le saint concile , du sacrement de pé^nitence comme du baptême: par le baptême, la irémission est complète, rémission de It coulpe et rémission de toute la peine ; au. lieu que dans le sacrement de pénitence, Dieu ne remet p^s toujours , avec la coulpe et la peine éternelle , ce que nous appelons peine tempoi elle. D'où vient cela , et pourquoi cette différence ? Le même concile nous Tapprend : c ^t que l'équité et la raison veulent que les pécheurs qui , depuis le baptême , ont perdu la grâce qu'ils avoient reçue, et ont violé le temple du Saint«> Esprit , soient traités avec plus de sévérité que d'autres qui , sans cette grâce du baptême , ont péché avec moins de connoissance et moins de secours, et n'ont pas abusé d.es mêmes dons.
De là celte troisième partie du sacrement de pénitence , laquelle consiste en des œuvres pénales que le confe^^seur impose au pénitent, |)our lui tenir lieu de satisfaction. Ce n'est pas , selon la pensée et te langage des théologiens, une partie essentielle du sacrement, mais intégrante : c'est-à-dire qu'elle n'en est que le complément , ^t que'te sacrement sans cela pourroit subsister. Non pas toutefois que ce ne.soit ikne partie nécessaire et d'une double nécessité , l'une par rappori au
SACRÈifEi«T DE PÉNITENCE.
prétré , qtri est le ministre de la pénitence , et l'antre par rapport au pénitent y qui en est le sujet. J'explique ceci.
Nécessité par rapport an ministre de la pénitence , je veux dire qn*en même temps qu'il absout un pécheur, et qu*î1 lui confère la ^âce du sacrement après avoir reçu sa confession , il doit lui enjoindre une peine, car c'est ainsi que l'Église l'ordonne; et comme cette peine est une satisfaction pour tes péchés commis, il s'ensuit qu'elle y doit être proportionnée ; en sorte que, plus les péchés ont été griefs dans leur malice on multipliés dans leur nombre , la peine sôit plus rigoureuse , puisqu'il est raisonnable que celui-là soit puni plus sévèrement , lequera péché ou plus moiteltement ou plus habitiietlement. Aussi est-ce dans cet esprit que la primitive Église avoit tant de peines différentes marquées pour chaque espèce de péché , et que les chrétiens s y soumettoiént y en vue de prévenir les jugements de Dieu et de se soustraire à ses vengeances. Si la discipline a changé, l'esprit est toujours le même , et le zèle des prêtres pour les intérêts du Seigneur ne doit pas être moins vif présentement , ni moins ferme qu*il rétoit dans les premiers siè^^Ies. Us n'ont qu'à entendra là-dessus ce que leur déclare !é concile de Trente , et la terrible menace qu'il leur feit. Voici ses paroles, dignes de toute leur attention , puisque c'est l'Église elle-même qui parle et qui prononce. Les prêtres du Seigneur^ conduits par l' esprit de Dieu, et suivant les règles de la prudence, doir , vent enjoindre des satisfactions sabitaires et convenables, eu égard à la nature des péchés et à la faiblesse des pénitents: pourquoi ? de peur^ ajoutent les Pères du concile, ^ue s*ils se montrent trop indulgents^ en n^imposant pour clés fautes grihes que de légères peines, ils ne se rendent coupables, et ne participent aux péchés de ceux qu'ils auront ainsi ménagés {Sess., 14).
Malheur, donc à ces ministres faciles et complaisants qui portant là balance du sanctuaire que le Seigneur leur a confiée, au lieu cîe la tenir droite,* la font pencher du côté où les entraîne une condescendance naturelle et tout humaine ! Malheur à ces ministres timides et lâches, qui se bissent dominer par l'autorité et la grandeur, et nont pas la force d'user de leur pouvoir, ni de garder dans leurs jugements toute la supériorité que leur donne leur ministère ! Malheur à ces ministres aveugles et inconsidérés qui , faute d'application ou faute de connoissance, ne font pas le discernement iiécessaire entré les divers états des malades qu'ils ont à guérir, et ordonnent au hasard les remèdes, sans examiner quels sont les plus efficaces! Malheur à ces ministres intéressés et vains qui, pour ne pas rebuter ni éloigner d*eut des personnes d*une certaine distinction, dont il leur est ou utile ou honorable d'avoir la confiance, les déchargent , autant qu'ils peuvent, des rîgU'^urs de la pénitence, et sacrifient la cau^e de Dieu à des vuek politiques et mei*cenaires ! Mais/ d'ailleurs , il doii être aussi permiB d'ajouter : Malheur à cea ministres outrés et rigides à Texcès , parce*
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qu'ils le sont par naturel et par indination, parcequ'ilsle sont par entêtement et par prévention, parcequ ils le sont par uneafFectaûonde pharisien et par ostentation ; en un mot, parcequ*ils ne le sont ni par raison, ni par religion! Malheur, dis-je, à eux, quand ils désespèrent les pécheurs , en les accablant de fardeaux insoutenables , et qu*âs oublient cette règle si sage que leur prescrit le concile, de compatir à rinfirmité de Thomme, et d'y conformer las évérité de leurs arrêts ! N'allons pas sur cela plus loin : car, en toute cette instruction, ce n'est point tant des ministres de la pénitence qu'il s'agit, quedes pénitents.
Nécessité par rapport au pénitent. L'obligation est mutuelle , et la même loi lie paiement l'un et l'autre, j'entends le prêtre et le pénitent. Ainsi, cpmme le prêtre est obligé d'imposer au pénitent une peine , le pénitent, de sa part, est obligé de l'accepter. Obligation même encore plus raisonnable et plus étroite à Végigtd du pénitent , puisqu'il est le coupable, et qu'il ne peut^ sans une injustice ouverte, refuser à Dieu, après l'avoir offensé , la satisfaction que mérite l'injure qu'il a faite à ce souverain maître.
Mais on demande en quel temps cette pénitence doit être accomplie^ si c est avant l'absolution , ou si l'absolution peut précéder ? Cette question est aisée à résoudre, puisque c'est une erreur condamnée , de dire que le prêtre ne peut ni ne doit point absoudre le pénitent , ù moins que celui-ci n'ait pleinement satisfait à toutes les œuvres qui lui ont été ordonnées. Et nous voyons en effet que l'usage contraire est établi et pratiqué communément dans l'Église : le confesseur écoute le pénitent, s'assure, autant qu'il est possible, de ses bonnes dispositions, surtout de sa contrition et de sa résolution , lui donne ensuite les avis qu'il juge propres, lui enjoint la satisfaction qu'il croit oonyenir ; et, s'il n'y a rien du reste qui l'eogage à différer, l'absout et le réconcilie. Telle est, dis-je, la pratique ordinaire, malgré les abus que voudroient introduire des gens qui ont pour principe de diangertoat dans l'Église, et de tout jnnover. Ce n'est pas qu'il n'y ait quelquefois des rencontres et des circonstances où il rst bon et sage de remettre l'absolution après l'accomplissement de certaines œuvres, par exemple, de certaines restitutions, de certaines réparations, de certaines réconciliations, d'autres exercices, préliminaires, si J'ose parler de la sorte, qui servent à mieux disposer lie pécheur, et qui sont pour le prêtre de plus sûrs garants des promesses que le pénitent lui a faites, ou plutôt qu'il a faites à Dieu : mais ce sont des occasions particulières , lesquelles ne doivent point prévaloir à la maxime générale, et dont l'Église laisse le jugement à la sagesse et à la dfecrétion du confesseur.
On demande encore si c'est un devoir tellement indispensable d'accepter la peine que le ministre de la pénitence.a imposée, qu'on ne piiisse, pour quelque raison légitime, la refuser et s'en exempter? sur quoi il est à observer que souvent lé confesseur n'étant pas instruit de l'état d'une .personne, de ses engagements*, de ses facultés ,
dé sa complexion naiurelie et de k délicatesse de son tempérament , il peot armer que par î{pioraoce, ou quelquefois mémepar htdiscrétioD, il lut ordonoe des choses moralement impraticables. Or jamais Dico ne BOUS commande l'impossible, ni jamais l'Église n'exige de WMI8 ce qui est au-dessus de nos forces. D'où il résulte que le pénîteot alors est en droit de représenter et de s'excuser, non pas pour être déchargé de toute peine, mais pour obtenir que telle peine qui lui est enjointe, età laquelle il n'est pas en pouvoir de satisfiiire, lui soit commuée selon la plus juste compensation, dans une autre à peu près égale. Il n'y a rien en cela que d'équitable, ni rien qui ne s'accorde parfoitement avec la prudence évangélique et l'esprit de la pénitence cbréiieone.
Mais quelle est la grande illusion et le grand abus ? illusion presque mwverselle, et répandue parmi une multitude infinie d'hommes et de femmes du monde; illusion qui croît tous les jours, à mesure que la piété s'éteint et que la mollesse du siècle éiend plus loin l'empire des sens ; illusion que les ministres de JésusChrist ont tant de peine à combattre , et qu'ils ne peavent détruire, à moins qtf ils ne s'arment de tonte la fermeté du zè!e apostolique ; illusion, dis-je qui consiste en de prétendues impossibilités qu'on imagine, et dont on se prévaut contre tout ce qui peut captiver l'esprit ou mortifier la chair c'est-à-dîre contre les œuvres les plus satisfectoires et les plus méril toires. 11 est bon d'édaircir ce pmot , et d'en donner une pleine intèlligeoce. . .
Le ministre de la pénitence exerce tout à la fois deux fonctions celle déjuge et celle de médecin des âmes. Comme juge, il doit punir et comme médecin des ^mes , il doit travailler à guérir. De là les pénitences qu'il impose doivent être tout ensemble, et expiatoires et médicinales. Expiatoires par rapport au passé, pour acquitter le pénitent des dettes qu'il a contractées devant Dieu ; médicinales par rapport à l'avenir, pour déraciner les mauvaises habitudes du pénitent et pour le précautionner contre les rechutes. Voilà les deux fins que se propose un confeasuur habile et fidèle , sans les perdre jamais de vue dans les pratiques et les satisfections qu'il ordonne. Et parceqne 1^ contraires se guérissent par les contraires, et qu'on ne peut mieux ni expier le passé, ni se mettre en garde contre l'avenir, que par des oeuvres directement opposées aux fautes qu'on a commises ou qu'on seroit en danger de commettre, que feii-il ? afin de rendre les pénitences qu'il enjoint plus salutaires, il ordonne, par exemple, pourde» péchés d'avarice, des charités et des aumônes; pour des péchés de ressentiment et de vengeance, des témoignages d'affection et de bons ofiices envers les personnes offensées ; pour des péchés de scandale et de libertinage, des actions de piété, n l'assiduité aux exercices publics de la reliijioa ; pour des intempérances ou des impudicités , les macérations du corps, les abptinençes e) les jeûnes; pour un aiuche^ B, 5. 16
ment éétordomé au nonda et à sef dif ertis9fa»eals» àm j«W9 4§ retraite et des tempe de silence et de prière : ainsi du reste» *
Or tout cela devient impossi))le, on piniât leparolt : pourqi^oi? parceque toutcela gène, et qu'on est ennemi de la. g^peei de toute oon* trainte ; parceque tout cela contredit les inçUnaitions et les passiona , e( qu'on ne veutles contrarier siu* rien» ni ifsur faire aucune violence ; parceque tout cela afflige les sens» et qu'on ne prétend rien leur f etranc(ier de leurs conmodités et de leurs aisea. Parler i un ntondaîn » k une mondaine, de modérer leur jeu ou m6me de se Finterdire abso* lument, de se retirer des spectacles et de certaines assemblées; parler à un homme intéressé de faire des largesses aux pauvres, à un vindicatif de pardonner et de prévenir par quelques avances ; i un ambitieux de s!exercer en des actes d'humilité, à un sensuel éd réprimer ses appétits, à un paresseux des'appliquer entravai); à un libertin tout répandu au-debors de vivre avec moins de dissipation, de s'acquitter des devoirs du christianisme, d'entendre la parole de Oiea, de lire de bons livres, d'assister au service divin ; leur marquer là-dessus dea règles et leur imposer des lois, c'est leur tenir un langage étranger » c'est, à les en croire, leur deinaBder plus qu'ils ne peuvent, c'est ne les pasconnottre et ne savoir pas les conduire. Si le oonfesseqr, exact et ferme, insiste néanmoins sur cela, et ne veut rien relâcher de la sentence qu il a portée, ou s'élève contre lui , on se récrie sur son extrême rigueur, on le traite d'homme sauvage, qui n'a nul usage du monde, et qui n'en sait pas distinguer les conditions. Erreur pitoyable, uniquement fondée sur un amour déréglé de 8oi*méffle, et sur lûftiux principes d'une aveugle nature qui nous séduit.
Tout ce que vous ordonne ce confesseur est plein d'une raieon et d'une sagesse toute chrétienne. Maia cela m'est bien onéreux : aussi est-ce une pénitence, et il n'y a point de pénitence qui n'ait son austérité et sa peine'. lUis je ne suis point fait à toutes ces pratiques : il est bon de vous y faire, et c'est justement afin que vous appre* niez à vous y faire qu'on vous les enjoint. Mais j'aooepterois pins vcMon* tiers toute autre chose : toute autre chose voua conviendroit nmos que celle-ci, parcequ il est juste que vous soyes puni par où vouaavez péché, et que d'ailleurs c'est un remède plps spëciflque et plus certain contre le penchant habituel qui vous porteroit encore k pécher. Mala il faut donc changer le plan de ma vie? en doutez-vous, et n'est-ce pas pour vous réformer et pour changer de conduite , que vous aves dû venir au saint tribunal ? Mais je suis d'un tempérament foible : éprouvez-vous, et peut-être vous verrez que vous n'êtes pas, à beao« coup près, si foible que vous le pensez; de plus , cette foibiesse que vous feites laot valoir peut bien être une raison popr vous ménager» sans que ce soit une dispense absolue de tout exercice pénible et mor* tifiant. Mais enfin, je ne pourrai jamais m'assujettir à ce qu'on lae propose : vous ne le pourrez pas, parceque vou^ ne le iMiles pas ; or
toQsdewil^Toulojr, piiûq|9«kl)^)QTeut, et qu'a n» vtei jffaim {las selon le$ xaàm [irétextes que yoi^s alléguez , ipaîi>selon seionbea et ses volpatës.
Chose «^trauga» qu'ayant un aussi grancl intérêt qw noua k aïow è détourner les coups de la justice de Dieu » et pAi^vani rapaÎMrà ai peu de f raiSt nous hésitions encore et nous no^s rendiops si difficiles à prendre les noyens qu'on nous présente ! Il n^y à poinyle péché qui ne méritât des larmes étemell^, si l^ divine npiaériopidft n'agiasbit en notre faveur; et il n'y a ppm| 4e satisfilipUoina <|iM pualeai 4tra suffisantes» si Di«u usoit à notre égard de tous ses droits» Avoummus après cela bonne grâce de nousp^ain^re? et que* insuA-oa dt dûh^ qui soit équivalent à ce qu*ota en pourroit attendre selon les lois dttlft pluf droite lostice? Ne comptons poiiit avec Dieu,» a^ que Diea iitoaait>te point avec nous ; car, dans ce coiiipte « noua nous trouve/rions. Ûen en arrière. Si C homme entreprend de dupuXer conitt k Stigntur, àkoii le saint homnoie lob , de mUU wjeu d'qceiaaiiânt t< ^ fmurra poM a»» tisfaire sur vn seul (Job, 9). Le n^al est que nous ne nous fttlaciiaBn point assez à comprendre la grièveté dé péché, et Iça donunagta Or trémes. qu'il nous cause. Quand Vfwis. aurons mârement considéré y d'uue part, la grandeur infinie de Dieu^ la multitude de ses bienfiuta, la sévérité de ses jugements; d*autrepart, notre propre bassesse et ootrs néant devant cette suprême ipajesté, notre, ingratitude envers cetle bonté souveraine, ce que nous avons à espérer de son amour, œ qna nous avons à craindre de sa justice, de là nous ap|^pendiv>ns : i"" quelles actions de grâce lui sontdues.de nous avoir fourni, dans Tii^tJlpition du sacrement de pénitence , une ressouroe pour notia relever de nos chutes, et une planche pour nous tirer du naufrage après le péché ; St*" de quelle conséquence il est de ne laisser poinl le péché s'd* lablir dans nous et y prendre n^cine , mais d'avoir pcomptemeut recours à la pénitence et à son sacrement, dès que nous nous sentons atteints de qiielque blessure mortelle c|ans lame, et que nous sommes, tombés dans la disgrâce de Dieu ; 5° de quel a^vantage doit être pour nous la fréquente confession, puisqu'elle sert à purifier de plusen plus notre. cœiir, à nous fortifier contre les attaqneokoù nous sommes oon* tinuellement ei posés , à nous maintenir dans un. état de grâce et s^ nous y faire croître; 4** avec quelle soumission nous devons écouter le confesseur qui nous parle au nom de Dieu , soit lorsqu'il nous reprend, soit lorsqu'il nous exhorte, ou lorsqu'il nous inauruit et qu'il noua donne des conseils pour le règlement de notre vie; S"" avec quelle fidélité et quelleconstance nous devons entreprendre tout ce qu'il nous prescrit de plus mortifiant : fortement persuadés, Alon la maxiade de saint Bernard, que moins il nous épargne en ce nuinde , pins il ménage nos véritables intérêts pour Tautre ; et que bien loin que sa fermeté soit une raison de nous éloigner de lui , ce seroitau contraire un jiiate sujet de nous en détacher et de le qwtter* s'il nmia trnitoit