‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 81 sur 225 · MORTIFICATION DES SENS · texte numérisé non relu

MORTIFICATION DES SENS

a¥ec plus d'indulgence et qu'il novQi* fit marcher par un chemin plus commode ; 6" «nfin, combien il est doux, en se retirant des pieds du ministre de Jésus-Christ , d'entendre, comme de la bouche de Jésus- Christ même, cette consolante parole : Vom étei tentrit en grâce , alU%, et ne péehex plus.

PÉNrrBNCE EXt£rIBURE , ou MOETIFICATION DES SERS.

Notre «iède , tout perverti qu'il est, ne laisse pas d'avoir des pëni* teotB et des pénitentes. 11 en a jusque dans le grand monde , jusques a la cour. Mais quelles pénitentes et quels pénitents?* des pénitents et des pénitentes de notre siède , et non des premiers nècles. Expli* quon»-BOQs.

Abstinences rigoureuses , jeûnes fréquents et même perpétuels , longues vejUes, travail pénible , solitude et profond silence , le pain et l'eau pour se nourrir , le sac et le cilice pour se vêtir , une simple natte, ou la terre nue pour reposer; rochers, cavernes, grottes obscures et ténébreuses, pour se retirer ; injures de toutes les saisons , chaleurs de l'été, froids de l'hiver , infirmités du corps, mort à soimême et à tous les sens , tout cela accompagné de ferventes prières , et tout cela soutenu sans interruption , sans relâche jusqu'au dernier soupir de la vie : telle étoit la pénitence des premiers siècles. Mais ces siècles sont passés , et la pénitence de ces heureux siècles est passée avec eux.

Car quelle est la pénitence du siècle présent , et, pour ne me point engager dans une discussion trop générale et trop vague, j'ose vous demander en particulier quelle est la pénitence que vous faites , vous ù qui je parle et de qui il s'agit actuellement entre vous et moi ? Après av<Nrété du monde, et y avoir paru sans y donner l'édification que le monde devoit attendre de vous , que dis*je? après y avoir peut-être donné bien des scandales dans le cours d'une vie libertine et déréj;lée , vous regardez la retraite où vous vivez présentement comme un état de pénitence ; mais cette pénitence, i quoi se réduit-elle? Je ne prétends rien lui êter de son mérite , et |e vous rends volontiers toute la justice qui vous est due. Vous n'êtes plus, grace au Seigneur, ce que vous avez été, et vous tenez maintenant une conduite beaucoup plus régulière et plus chrétienne. Il en fsiut bénir Dieu , puisque c'est un don de sa miséricorde. Je l'en bénis en effet, et je le prie d'achever en vous son ouvrage, et de vous le foire consommer par une sainte persévérance.

Hais revenons ,^*il vous platt, et voyons donc où se termine votre pénitence. CV vous comptez bien que votre état est un état pénitent, et vous espérez bien que Dieu l'acceptera comme tel, et qu'il vous en récompensera. Or quel est-il / cet état? trouvez bon que j'entre {«dessus en quelque détail. Un équipage modeste , il est vrai • mais propre, et surtout fort commode. Même modestie, mais aussi

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