ALLUMCE DE LA PIÉTÉ ET DE LA GRANDEUE
Quelque eppoié que sembleétre M( ehrialianisoie ïétaî des grande » il y a une merveUleuae alliance entre la pieté et la grandeur. Bien loin qu'elles soient incompatibles, elles se soutiennent muioellenient l'une et Tautre : de sorte que la piété sert à relever la grandeur, et que lagrandeur sert à relever la. piété,
L La piété relève tout à k fois la grandeur, et devant Dieu, et devant les bomines : devant Dieu, ptrseque la piété rend la grandeur chrétienne et saîote ; devant les honunes , parceque la piété nous rend la grandeur singulièrement aiouble et véiiérable.
Grandeur chl^éumule et ssinte devant Dieu : par oè? Par la piété, ainsi que je viens de le dire ; car que lait la piété dkias un grand , et comment le sanctifie-t-elle? E&t-ce en le dépouillant de sa grandeur méine? est«ce en le faisant renoncer k tous les titres d'hi^nneur dont il est revêtu? L'oUige-tpelle à céder ses droits, à se démettre de son aatorité et de son pouvoir, à descendre de son rang et à se dégrafer, à mener une vie privée et à se réduire dans une retraite obscure, sans pompe, sans éclat, sans nom? 11 est vrai qu'il y a eu des grands du HKmde i et même des princes et des rois , que l'esprit de Dieu a portéA jusque là. Us se sont retirés dans les solitudes et dans les dottres, et, pour se mettre plus sAreoMut en garde contre Is contagion du siècle, on^ur acquérir une ressemblance plus pariaiie avec Jésus* Christ humilié et sîiéanti, ils se sont cachés et ensevelis dans l«*s ténèbres. Mais si ces exemples sont dignes de notre admiration, cen'est pas une conséquence que tous les grands les doivent suivre, et qu'ils ne puissent autrement se sanctifier que par cette abdication volontaire et ce renoncement à l'eut de distinction 06* la Providence les a élevés. S'il en éioit ainsi, il laudroit donc qu'il n'y eût dans le monde chrétien ni puissance séculière, ni dignité, ni ma|;istrature, ni principauté , ni monarchie , puisqu'il seroit nécessaire de quitter (aat cela et de se défaire de tout cela, pour pratiquer le christianisme et pour s'y perfisctioaner. Système qui dérangeruit tout le plan de la sagesse divine, et qui renverseroit tout l'ordre qu'elle a éial»li. A ne point parler des saints légihlaieurs et des saints rois qui ont vécu dans i'ancienue loi et gouverné le peuple de Dieu, comtHèn de grands dans la loi noiuvelle, combien de rois, sansdérogeren rien deleur gnandeur,sOot parvenus, au mili^ de la cour, à la plus sublime sainteté, et ont mériié d'être honorés <Sun culte public par toute l'Église?
De là il s'ensiùt qu'on peut être grand selon le moade , demenrei^ dans la condition de grand , \ivre err gt^nd , et cependant aivcher et s'avancer d|ns les voies de la perfection chrétienne. Or voilà Fou- ■ vrage, ou plutAt le çhef-d'ceuvre de la piété; àkd fait remonter us
Sn ALUANGE m LA PltklÉ St DE LA GRAMMStiil.
jnsqo'an prÎMipede M gr«|de«r et de tente grandeor humaiine; <|oi est Diett; elle lui fait reoonnottre avec l'ApAtre , et selon là ifiÉiittie fondameotale de la foi, que toute puissance vient de Dieu , et par conséquent que tout ce qu'il est\ i( né Test que par la grâce de Dieu. 9'où il conclut i par le raisonMiMiit le plus juste et le pAus sensible , quetoutâ sa gnindei|r n>st donc i^n'nne grandeur subordonnée au sou* veraib matii^ de qui il Ta reçue; que c^est uiie grandeur dëpeikdante, elquÇf bien loin qu^eHe TafilhHicliisse des lois divines « elle lui impose une obligation particulière d'honorer d'un cube plus retigSeux, plus a$9du, pMfë fervent » le «upréme auteur i qui il est i^etaUe de son 4tat et de tous les iivantagea tenporels qui y sont attadiës; que oé n*est pas pour Ifii^n'eUelma éiri doonée» œtle grandeur, et qu'il n'eu est que le dépositaire ; mais cfue ekaqœ cbose devant reteutnier à sa ^uite, t't$tk Dieu que rbonaagè en est dû , et à ce Seigneur tles ^igrtèurs qu'elle doit étfel'ëisl'ëB par un usage tel qu'il le demande et 1^ <^'îl le uléritê.
Toutes œs pensées , et bien d'autres <|ue Ja piété ne manque point dff aote^iv^f tiennent un grand dans une aitentien continuelle suf ^QÎ-ménie , pour ne se laisser point ëMouir de l'éclat qoi ren^ironuè, et ne se point évanouir dans ces idées , pour se maintenir toujours 4a vent fiieu et à l'égard de Dieu dans deseéntiments bumbies et soumis , dans une dépendance volôutaife et entière, dans une obéissanee pleine tt parfiaite; pour n'user jamais de sa puissance contre Dieu, eit la folsant sc^rvir à saiisfirire ses passion», son intérêt, son ambi"^ tiott , ies resséntimenla et ses vengeances ; mais , au contUlive , pour l'emptoyer toujours selon les vues et le gré de Dieu , eonsékant Dieu dans tout ce qu'il entret>rend , n'y envisageant que Dieu , et ne s'f proposaot autre ébuaè qbe d^tre l^exécuteur de ses ordres et le mi* nistre de ses éternelles vpkintés ; pour s'atuicber avec d^autant plus de fidélité et pluil de zèle au service de Dieu, qu'il se voit oontUé plus ly^ralemeùt et ploé ^bondàmmeAt de ses dons ; pour lui rendre tous les devoirs de religion , d'adoration , jde reoonnoiiisanee et de dévo* tion que l'Église de Dieu exigé de chaque fidèle , ne manquant à nulle obsenriince , ne |ie dispensant d*aucune pratique , y eu ajoutant mém» de j[>rof>res et de peraonneltes ; en un mot, remplissant miitie justice y et É'éooutsnt là-«éssué ni feapect du monde, ni inclination ou repu* gnance de la nature. Qui peut douter qu*un grand de ce caractère né suit spqcialemeiit agréable i Dieu ? c e8t*à«dire , qui peut douter qu'il ne soit vraiment gvand aux yeux de Dieu , puisque la vraie grandeur est de plaire à Dieu , et que rien ne do^i phîîre davauuge à Dieu que hi grandeur même temporelle, ainsi uff liquée à le glorifier, et toute déuauée i soil homidurf Voilé par où David devint m objet de complaisaÉea peur 9^ ,; ut nu jfitiiletf^eloa le cosnr de Dieu : cfest eeqai CQMéuri loutèi sua entreprises et tou|es sel vietofres, c^eit ce qui €n fil tour In mériisr et <fct le pdi»
ALLUlHCB de Là PIÉTË ET DK LÀ GRANBEUB. IW
GrftBdMr siagriièraMiit amtSSie et léùétMt devant les homoee : autre effet de U piélé dap8 nii grand. 11 eit ceraio que la wtv, en quekioe sujet i^n'elie se renoontre » est toujours digftie de noire estiae et de nos respects ; mais il faut opnvenir, dit sahit Bernard, que'^ par me grace'et un don pSirtieulisr, elle pUlt surtout dans les noUesi D'où Tient èela ? on pdurrok dire qo'ëtsînt behueoop plus rare daai ka grands, eUe partit partie mèiBe beauooup plus estimable. Od pourroît ajouter qu'ayant dans îtis grands beaucoup plus d'efforts I fiure poor se soutenir, et plus de difficultés à yaincrey eile les rend aussi beaucoup pfan recomoianUablea par les obstacles mêmes qu'Hs surmontent, et par les victoires qu'ils remportent. Mais, sans ifa'ar'^ rterr i ces raisolis nîà toutesics autres, voici, oemesenÂle, la plus eastnlieUe : c'est qfie la pifité corrige dans un grand les dëfetfts tea plus ordiuaîres par èù la grandeur devieiit communément odieuse èl aiëprisable , et qu'au contraire elle lui donne lés qualités les plus ea^ pa|>lea de gagner les cœurs et de les prévenir en sa faveur.
Bb effet, ee qui nous indispose à Fëgard des grands, e| ce qui nous porte le plus souvent contre eux aux murmures et aux mépris , ce^nt leurs hanteurri et |eara iertés, ce sont leurs «rs dédaigneux et méprisants , ce sont klirs façons de parler, leurs lerlnes, leurs gestes, leurs regairds, tontes kurs manières, on brusqués ou reboiantes, ou tro[$ iospërieiises et trop dominantea; ce sont encore bien plus leiirs fyran^ mes et leurs duretés, quand 9 pur l'abus te ph» énorme du pouvoir ùéùt ils ont ^téÉevétoi, île tiennent dans Toppression des hommes cbdune eux , et leur fbns sentir sans mënageiiif'ttt todt le poids de leur graodeur; quand , par lladififéreace la plos monéHe , imiquement artêntifs à ee qui les touche, et reuonçant à tous les sentktftnts de la charilé, ils voient d*un oeil tranquille et sans nulle compassion des miiAreadoot aàsex ordiaafremeni ils sdnt eux«médiesattteura; quand, par une monstrueuse ingratitude , ils laissent sans récompense les sêr* vices lés plus impartants, et ouMieèt des gens qol se sont immolée et qui s'immolent sans cesse pour ieurslméréts ? ce simt leurs injustices. Murs violences, leurs concussions, et, si je piiis user de ce terme , Mrs bri^fundages, soit connus et puUics (cIh- àonvent liiôme iris ne s'en cachent pas), soit pnrticnliers et plus secrets, mais cpii ne causent pas moina de dommage , et ne tiennent pal moins à souffrir ; ce sont les désordres de leur vie, leurs débauches , leurs excès , leilr irreU^ gion 9 tous les vices où ils s'abandonnent avec d'autant f4us de liberté que c'éét avec pins d'imponité. Voilà, tout grande qn*ils sont, ou par la naissance ou par la iàîveur , ce qui les rabaisse infiniment dans tes espiiia et ce qiît les avilit 2 on respeete-dans eint léiir caractère i on re^ doute lédr pnrsaance ; on lédr rend les hommages qu'on ne pettileor refuser, ni selon les lais dtt- motide, ni selon la Mf de Dieili mai* leuca peraranns, oommeiit lei regardnkmi ? et tand(| ^'au-dehera on lek hoMftr/qtieUaébtnaeen faic^on dans le céèni', et qoelies idéea en