‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 98 sur 225 · RBGOURS A LA PRIÈRE DANS LES AFFLICTIONS^ DE LA VIE · texte numérisé non relu

RBGOURS A LA PRIÈRE DANS LES AFFLICTIONS^ DE LA VIE

Dam faffllcUQn euyétoii, jt me suu.sQuvenu de Dieu, etjm settct /a joie $e répw^e dons men cœur (PnUm. 76). C'est et qu'éprouvoit là Prophète royal, et c'esi le témoignage qu'il en rend lui-même. Le ^peptre ni la couronne qu'il portoit ne l'exeroptoient pas de peines ; ou plutôt n'est-ce pas ce qbi rexposoitauxpius grandes peines? Quoi qu'il eu soit , i qnoi , d^9 toutes ses peines , avoit*il ^recours? i la prière. Il y trouvoi^ spusquiien, son repos, sa coDsolaïUîn. Ressourça 4^ âmes aràigées , ei ressource immanquable. .11 fiauf en avoir fiait l'expérience pour le connoitre. -•

En effet, ce n'est jamais en vain qu'une ame s'adresse à Dieu daus la doulepr qui la presse. Souvent elle ne sait pas , ni ne peut savoir par 011 Dieu la consolera. Souvent même, à n*en croire que les sens et que la reisou humaine, il lui semble que son mal est sans remède, tant elle en est possédée el accablée. Mais qu'elle ne s'écoute point elle-même; qu*elle se fasse violence pour surmonter un certain dég<>At qui l'éloigné de la prière (car le chagrin dégoûte de tout) ; que dans un esprit de foi et de confi^^uce elle aille à Dieu, elle se prosterne aux pieds de Dieu, elle se jette dans le sein de Dieu ; quelle lui dise comme David : Vous êtes. Seigneur» souverainement équitable dans Vos jogements, mais vous u'êtes pas moins compatissant à nos manx,ni moins charjtabte ; vous esercez sur moi votre justice en m'aifligeant, exerces encore sur moi-même votre misérik^orde en me consolant : qu'elle agisse et qn'eUe parle de la sorte , Dieu se laissera toudier à cette prière ; il y prêtera l'oroille, et elle opérera dans le temps.

Je dis dans le tempe iHurqué da Dieu, li a ses monemsi et oe u'esl

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pas tcMwmsi iniat Theure ni dès le joar mépie qu'il ealne la tempétet et qu'il remet una am^ dans s^ première traoquiltilé. Mais au tNMit de quelques h«qrest de quelques jours, ou ntërieurement il la oihii* sole par quelque ëTëaemeDt auquel elle ne s'attendoit'^ » et qui lui présente une scène toute nouvelle et plus agréable, ou il la fortifie in«* térieuremeiii par quelque réflexion qui lui lait envisager les choses sous des idëe^ moins tristes et moins fâcheuses. Car comme la pbi* part de nos obagrins ne viennent que d'une imagination blessée, il ne faut assez oommunément qu*une vue» qu'une réflexion, pour diaaiper le nfiage qui eaveloppoit Tesprit, et qui le plongeoit dans une noire mélanoolie. Dans un instant on ne se reconnolt plus , on n'est plus le même; ce qui sembloit un monstre ne paroit pins qu'un valu fimiAne ; on a honte de sa foiblesse passée ; et , de l'abattement où l'on est tombé, on se relève et on rentre dans la paix. Que fait tout cela? c'est qu'on n'a pas oublié Dieu, et qu'on s'est tourné vers Dieu. De là cet ifnport^mt avis de l'apâtre saint Jacques.: Si iiutiqu*un at dam ia tri$ê€$êej quUl prie (Jacq., 5). Peut-être Dieu tarderat-i| un peu à venir et à raniener la sérénité : mais ne cessons point de prier* La prière, comme la parole de Dien» produit son frmt dam la pa* Uenee '•

C'est de quoi nous avons, sinon un exemple, du moins une figure, dans la personiiede Jésus-Christ. Ce divin Sauveur se voyant à la veille de cette sanglante passion ou la justice de son Père l'avoit condaihaé» et senunt le trouble et les agitations de son ame, ne cherche point ailleurs de soulagement k sa peine que dans la prière (Lvc.» 33). S'il eAt suivi l'attrait et leeentiment naturel, il se fût arrêté avec ses apôtres, il leur eftt déchargé son cœur, il leur eût représenté TeKtiiémité des maux qui lui pendoieot sur la tête, et la rigueur du supplioe q»'ii alloit subir. C'eût éié pour lui une espèce d'aibucissemeni, de les entretenir, de les écouter^ de recevoir les témoignages de leur zèle» de leur attachement à sa personne, de leur compassion. Mais il connoiasoit trop combien il y a peu de fond è faire sur les hommes» et com« bien peu l'on ^u peut attendre de solides secours dans les adversiiéa de la vie. 11 l'éprouvoit n^éme siir l'heure : à peine ses apôtres fiii« soient-ils quelque attention à cequ'illeurdiiok, è peine récoutoientils; ils demeuroieat plongés dans le somoieil, et ne lui répondoient pas une parole.

Que lui restoit-il donc? la prière : mais une prière humble et son-* mise,, mais une prière continue et prolongée pendant les heures en« tières , mais une prière fréquente et réitérée jusqu'à trois fois sur le même sujet et dans la même conjoncture. Kx en quoi consistoit-elLe , ce^te prière? à quoi se réduisuk-elle? elle ne coosisloit point en de longs discours ; mais, ^eloo le rapport des évnogélistes , elle se réduis soit à quelques ipota entrecoupés qu'il piwoncoit et qu'il répétoit de

* Fy»«fiMi affermai lu poKénlto. Lin:., S.

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