‹ Œuvres de BourdaloueChapitre 104 sur 225 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Comme Dieu est absolument et souverainement saint, parce qu'il est saint par lui-même, aussi TEsprit de Dieu, par une propriété, même personnelle, est-il appelé dans TÊcriture, non-seulement TEsprit saint, mais Esprit sanctificateur, c'est-à-dire source et principe de sainteté dans tous les sujets à qui il se communique. Ce n'est donc pas sans raison que le Sauveur du monde, sur le point de monter au ciel et parlant du Silaint-Esprit, qu'il devait envoyer sur la terre, se servit d'uno expression bien mystérieuse en apparence , quand il dit à ses disciples : Qne ce xlivin Esprit leur tiendrait lieu d'un second baptême, et qu'au moment que ces promesses s'accompliraient en eux, ce qui devait arriver peu de jours après, ils seraient baptisés par le Saint-Esprit : f^os auiem bapUzabimini Spiriiu Sancto, non post muiios hos dies. {JcL, 1.) Car l'effet propre du baptême est de purifier et de sanctifier; et le Saint- Esprit étant particulièrement descendu pour purifier les cœurs des hommes , quelque mystérieuse que paraisse cette expression, elle ne laissait pas d'être, dans l'intention de Jésus-Christ, très-naturelle. Mais il est maintenant question d'en pénétrer le sens ; et puisque ce baptême du Saint-Esprit a été généralement promis à tous les fidèles, il s'agit, pour vops et pour moi, d'en reconnaître l'excellence d'une part, et de l'autre les obligations. Deux points d'instruction dont vous allez comprendre la conséquence , et que je vous prie de n'oublier jamais.

Il est donc vrai que le Saint-Esprit descendant sur les apôtres fut comme un baptême solennel , dont chacun d'eux sentit l'impression salutaire; et c'est ce qui a fait dire à TertuUien que ces bienheureux disciples furent alors comme inondés de l'Esprit de Dieu : Spiritu Dei inundatos (T^btull. ) , parole emphatique, mais qui dans le fond se réduit littéralement à la promesse du Sauveur : Vos autem baptizabimini Spiritu Sancto; puisque dans l'usage des premiers siècles du christianisme on baptisait par immersion , qui était une espèce d'inondation. Or qu'est-ce que d'être baptisé dans le Saint-Esprit, sinon acquérir, en recevant le Saint- Esprit, une pureté toute céleste et toute divine? Je ■^, chrétiens, que lesapêtres, dès leur vocation à l'apoa^iat, avaient été baptisés par Jésus-Christ : et je sais que , p&r ta vertu de ce premier baptême ,

BOCROALODB. — T. B.

ils étaient déjà purs devant Dieu, selon !e témoignage de Jésus-Christ même : Et vos mundi estU. (Joàh., 18.) Mais aussi vous n'ignorez pas que ce premier baptême conféré aux apôtres avait été le baptême de l'eau; au lieu que le second, dont le Saint-Esprit, par son ineffable mission et par sa présence immédiate, leur imprima le carat^re, fut, d'une foçon toute particulière, le baptême du feu : différence que le saint précurseur avait annoncée, en parlant aux Juifs du Messie, et leur disant : Ipse vos bapUzabit in Spiritu Sancto, et igni. (Màtth., 8. ) C'est lui qui vous baptisera dans le Saint-Esprit et dans le feu : différence qui se vérifia pleinement , lorsque le Sain^Esprit, en forme de langues de feu, se partagea et s'arrêta sur chacun des disciples : Etapparuerunt ilUs dispertitx HnguaB tanquam ignis , sedUque supra singulos eorum. {Jet., 2.) Pourquoi ce symbole du feu? Pour marquer, dit saint Chrysostôme, que comme, le feu a une vertu infiniment plus agissante , phis pénétrante et plus purifiante que l'eau, aussi, par la venue du Saint-Esprit , les cœurs des hommes devaient être purifiés d'une manière bien plus parfaite qu'ils ne l'avaient été par le premier baptême de Jésus-Christ. En effet, après le baptême de Jésus- Christ, les apôtres, tout sanctifiés et tout régénérés qu'ils avaient été parce sacrement, ne laissaient pas d'être encore très-imparfaits. Selon le rapport que nous en fait l'Évangile, quoique baptisa par Jésus-Christ ils étaient encore ambitieux, intéressés, jaloux; on voyait encore parmi eux des dissentions , et ils tombaient dans des faiblesses dont cette grâce, quoique sanctifiante, du baptême du Fils de Dieu, ne les avait pas entièrement préservés. Mais à peine ont-ils reçu le Saint-Esprit, qu'ils deviennent des hommes tout spirituels, des hommes détachés du monde, des hommes au-dessus de tout intérêt : des hommes, non-seulement saints , mais d'une sainteté consommée; des hommes pleins de Dieu et vides d'eux-mêmes; en un mot, des hommes parfaits et irrépréhensibles. Ils ne sont plus, dit saint Chrysostôme, cet or de la terre, grossier et informe, tel que la terre le produit, mais cet or purifié et éprouvé, qui a passé par le feu : Igné examinatuMj probatum terrm, purgatum septuplum. {Ps.W .) Or, le feu par où ils ont passé , c'est , ajoute saint Paul , notre Dieu lui-même : non plus notre Dieu irrité et faisant éclater comme autrefois le feu de sa colère sur les pécheurs , mais le Saint- Esprit répandant avec profusion ses dons et ses grâces, et consumant par le feu de son amour tout ce qu'il y a dans ses élus d'impur et de terrestre : Deus erUm noster ignis consumens est (ffebr., 13.) Voulez-vous savoir, chrétiens , jusqu'à quel degré de perfection et de pureté alla ce baptême de feu? Ne vous scandalisez pas de ce je vais dire,

pulsqae c^est une vérité des plus constantes de la foi. Peut-être croyez-vous que ce baptême se termina, dans les apôtres, à leur dter certains restes de leurs premières attaches, ou au monde, ou à eux-mêmes : vous vous trompez; j'ai quelque diose encore de plus important à vous déclarer : et quoi? le voici : car la perfection de ce baptême de feu alla jusqu'à purifier leurs cœurs d'un certain genre d'attache qu'ils avaient eue et qu'ils conservaient pour Jésus-Christ. Oui , cette attache trop humaine pour le Sauveur du monde était dans la personne des apôtres un obstacle à la descente du Saint-Esprit; et si Jésus-Christ, pour rompre cette attache, ne s'était séparé d'eux, jamais le Saint-Esprit ne leur eât été donné 9 Si enim non abiero, Paracletus non vcfUa^ vos, (Joiii., 15.) Quelle incompatibilité y avait-il ^tre l'un et l'autre , et pourquoi les apôtres ne pouvaîenMfaKpaj^ recevoir le Saiot-EsftïXy pendant qu'ils étaient attàiMa-à4eur d|viQ maitré ? Éeoutez la réponse de saint Augustin , et tirez-en vous-mêmes les conséquences : Parce que les apôtres , dit ce saint docteur, en s'attachant à Jésus-Christ, ne l'envisageaient pas, comme ils de- Taient, avec des yeux assez purs : parce que, dans Famour qu'ils lui portaient, ils le considéraient trop selon Thumanité et selon la chair. Il est vrm , cette humanité était sainte , et cette chair était consacrée par son union intime avec le Verbe : mais parce que la grossièreté de leur esprit ne faisait pas un assez juste discernement de ce mystère; parce qu'en s'attachant à Jésus-Christ, ils ne relevaient pas assez au-dessus de Thomme, quoique ce fût rHomme-Dieu , l'Esprit de Dieu, dont la sainteté surpasse infiniment toutes les idées que nous en avons, ne pouvait, dans cet état d'imperfection, les honorer de sa présence. Il fellait donc , poursuit saint Augustin, que les apôtres perdissent Jésus-Christ de vue, pour pouvoir être remplis du Saint-Esprit, et il fallait que le Saint-Esprit, prenant, si j'ose ainsi parler, les intérêts de Jésus- Christ contre Jésus -Christ même, arrachât du cœur des apôtres les sentiments trop naturels qu'ils avaient pour ce Dieu-Homme. Voilà, dîs-je, mes chers auditeurs, quelle a été, dans les apôtres, l'excellence de ce baptême de feu, et d'où nous devons «onclure quelles en doivent être les obligations par rapport ^ nous; je veux dire, jusqu'à quel I point le Saint-Esprit doit être pour nous un esprit de pureté et de sainteté.

Après cela, faut-il s'étonner si Dieu, dès le commencement du monde, protesta, par un serment si solennel et si exprès , que jamais son Esprit ne demeurerait dans l'homme, tandis que l'homme serait siyet à la chair? Non permanebU Spiritus meusinhomine, quia caro est. {Gènes,, 6.) Fautil s'étonner si dans l'horreur extrême que Dieu

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conçut de la corruption des hommes, se repentant d'avoir créé Phomme, il lui ôta son Esprit, et loi fit sentir les effets de sa justice par ce déluge universel, qui fut comme l'expiation, mais l'expiation authentique des dérèglements de la diair? Non, non, chrétiens, il n'y a rien en cela qui me surprenne ; et supposé le principe que je viens d'établir. Dieu, selon les lois ordinaires de sa sagesse, n'en pouvait autrement user. Ce qui m'étonne, c'est qu'on se flatte encore de pouvoir, sans éloigner Dieu de nous, entretenir dans le monde certaines attaches : attaches funestes, sources inépuisables de tous les malheurs, de tous les égarements, de tous les entêtements, de tous les excès et de tous les emportements des hommes; attaches que fou' entretient, prétendant qu'elles sont innocentes^ et qu'étant, comme on les suppose, autorisées par l'usage du monde, elles n'ont rien ^PfâcooipatÙiIe. avec l'Esprit de BaintQté- Caftfest ainsi, moâdainSt que vous en jugez; et voilà peut-être la phis dangereuse illusion dont vous ayez à vous parer. Mais vous avez beau vouloir vous tromper vous-mêmes, et chercher des excuses , cet Esprit de Dieu , dont ^ la pénétration est à l'épreuve de tous vos artifices, ou ne demeurera jamais en vous , ou détruira dans vous toutes ces damnables attaches qui vous lient à la créature, et que votre amour-propre tâche de justifier. Si vous étiez de bonne foi , et si vous vouliez, au lieu d'en croire Tesprit du monde, cet esprit de séduction et d'erreur, vou^^n rapporter à rEspritmême de^ahitecé, dont VOUS devez être, comme chrétiens , les temples vivants; par les vues qu'il vous donnerait, par les remords qu'il exciterait dans vos cœurs , il vous ferait reconnaître l'impossibilité absolue de l'accorder jamais, lui qui est la pureté et la sainteté même, avec ces sortes d'attaches, surtout avec celles que la diversité du sexe , jointe à la vivacité de l'âge et du tempérament , a rendues de tous temps si dangereuses et si pernicieuses. Comme Esprit de sainteté, il vous convaincrait que ces attaches »e sont ni ne peuvent être Innocentes pour vous, puisque malgré vousmêmes vous sentez bien qu'elles amollissent votre cœur; puisque vous ne pouvez disconvenir qu'elles le partagent ; puisque vous savez qu'elles vous détournent, et même qu'elles vous dégoûtent de vos légitimes devoirs ; puisque du moment que ce sont des attaches, et des attaches du cœur connues pour telles, le monde même ne vous les pardonne pas, car elles vous exposent à sa censure, elles donnent lieu à la médisance, elles servent de sujet à la raillerie; puisque c'est au moins la matière la plus prochaine du péché; je dis plus, puisque ce n'est communément rien autre chose qu'un déguisent et un raffinement de sensualité. VoilÀ-**^^ l'Es- Drit saint vous ferait Yoirr^oc-qtrtt vous ferait en

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tendre, ei tous lui prêtiez ToreUle, et que tous fiusies plus dociles à en enivre les secrets mouve* ments. liais soit que tous Fécoutiez , ou que tous ne i*écoutiez pas, indépendanuneot de tons , Dieu en a prononcé Tarrét, qu'il retirerait son Esprit de l'homme qui vit selon la chair. Or, le principe de CCS attaches, et ce qui les fût naître, n'est-ce pas la concupiscence de la chair? Je sais que vous leur donnez de beaux noms, et que , pour en étouffer tous les remords, vous tes qualifiez sans scrupule d'amitiés honnêtes. Hais l'Esprit de sainteté, réclamant au fond de vos consciences contre cette honnêteté prétendue, vous dit que ee sont des amitiés r^rouvées de Dfeu, qui, par un progrès insensible, mais infaillible, conduisent eitfin de rhomiête apparent à l'impur et au criminel. Quoi doncl dirétieos , les apôtres n'ont pu recevoir le Saint-Esprit, tandis qu'il leur restait pour Jésus- Christ une attadie un peu trop humaine; et vous vous croiriez disposés à le recevoir, en laissant former dans vos coeurs des passions vives et ardentes pour de mortelles créatures; en concevant pour elles des sentiments de tendresse, dont la suite' immanquable est de n'avoir plus que des sécheresses pour Dieu; en entretenant avec elles des liaisons dont la privante pervertirait un ange , s'il avait des sens; en vous engageant • par rapporta elles^ dans des af&ores et dans des intrigues qui tont, à votre honte« la plus grande occupation de votre vie? Non, non, doit conclure aujourd'hui toute âme solidement chrétienne; non, divin Esprit, Je le confesse, rien de tout cela ne peut subsister avec vous , et il y aurait même une monstrueuse contradiction dans l'alliance que j'en voudrais £ure, ou que j'en croirais pouvoir ûiire avec la pureté des mœurs, et encore phis avec la pureté du cœur. Quand tout cela n'irait pas jusqu'à détruire, par une offense griève , votre règne en moi , et qu'absolument une telle attache ne romprait pas encore le lien de la grâoe habituelle qui m'unit à vous, le seul respect de votre adorable personne, ô Esprit de mon Dieu! la seule idée que la Coi me donne de votre délicatesse sur la préférence infime qui vous est due, et sur l'amour sans partage que vous exigez comme Dieu; la seule crainte de Vous irriter et de provoquer votre jalousie (car vous êtes le Dieu jaloux), devrait me faire renoncer^ à tout objet créé : fât-ce mon œil , il faudrait l'arrâcher, puisque ce serait un sujet de scandale pour moi, et un obstacle à vos grâces les plus intimes et à la partijcipation de vos plus exquises faveurs.

Or voilà, mes chers auditeurs, ce que j'ai appelé par rapport à nous les obligations du baptême Ultérieur du Saint-Esprit. Que devons-nous donc faire pour accomplir ces obligations importantes, et à quoi dans la pratique, doit se réduire ce

mystérieux baptême? Le voici. Pour répondre au d(»sein de Dieu, notre soin continuel doit être de corr^er et de retrancher tout ce qu'il y a d'humain dans nos pensées, dans nos désirs, dans nos paroles et dans nos actions : car, comme disait saint Paul, après avoir reçu l'Esprit de Dieu , et nos actions , et DOS paroles, et nos désirs, et nos pensées, ne doivent plus avoir pour fin, pour objet, pour règle, que ce qui est bon, que ce qui est louable, que ce qui est saint, que ce qui est exemplaire et édifiant : De cKterojfratreSj qumcumquê putUca, qurncumque sancta , qumcumquê bonxfcàn» (PkUJIpp.y 4) ; notre soin continuel doit être de mortifier par l'esprit les ceuvres de la chair : 5< jpiri^/octa caniis mor^ JlcaverUU, vivetis, {Rom., 8.) Or, par les œuvres de la chair, i'apêtre n'entendait pas seulement ces vices grossiers, ces monstres de péché, qu'il nous défendait même de nommer; mais il entendait cent autres choses qui y conduisent, et qui , par la fragilité de notre cœur, y servent de disposition; occasions recherchées, discours licencieux, libertés imprudentes, regards immodestes, curiosités, lectures, conversations, divertissements peu chrétiens , excès d'intempérance , vie molle et sensuelle : U entendait, filles du siècle, ees airs mondains et affectés , si contraires à la pudeur et à la retenue de votre sexe; ces nudités artificieuses , et quelquefois si honteuses et si scandaleuses, dont le ciel rougit; ce luxe qui inspire l'orgueil , cet étalage de vanité , cette idolâtrie de vos personnes , ce désir effréné de plaire, que l'esprit corrompu du monde netM)mpte pour rien, mais dont sans doute le Saint-Esprit , si vous l'avez reçu dans cette fête, vous fait voir le danger et même le crime. Sans parler de l'impudîdté, saint Paul entendait, par les œuvres de la chair, tout ce qui est en général incompatible avec la sainteté de l'Esprit de Dieu , surtout avec la charité : animosités , dissentions , querelles , inimitiés , haines, aversions, envies, colères, vengeances : Manifesta swU ixutem opéra camis, qum sunt Mmici- Use^ rixXy irx, disseniiones, ssmukUiones, {Galat, 5.) Car si vous n'aviez pas, mes frères, {youtait-il, et puis-je ajouter moi-même après lui , si vous n'aviez pas renoncé à tous ces désordres, s'il vous restait encore un fiel amer contre le prochain , si VOUA n'étiez pas réconciliés de bonne foi avec cet ennemi, si vous n'aviez pas étouffé dans vos cœurs tous les sentiments de vengeance, si vous n'étiez pas tous réunis par une charité sincère et cordiale, quelque opinion qu'on ait de vous, ou. que vous en ayez vous-mêmes, n'est-il pas vrai que vous seriez encore charnels : Nonne camales esHsf (1. Cor,, 8.) Or, tandis que vous serez charnels, ne prétendez pas recevoir le Saint-Esprit.

Je me trompe, chrétiens , vohs pouvez y prétendre , et vous le devez. Car , tout pécheurs que

ss.'

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▼ous étei , Dieo youi Fa promis ; et le sermeot qa*il a fait que son Esprit ne demeurera jamais dans l'iiomme, tandis qae rhomme sera esclave de la chair, n'empêche pas la Térité de cet autre oracle par où il s*est engagé à répandre son Esprit sur toute chair : Effundam deSpirUu meo nqferomnem camem (Jet, 2); et c'est ce qui doit consoler les âmes faibles et imparfaites. L* Esprit de Dieu ne demeurera point en nous, tandis que nous serons charnels ; mais il se répandra sur nous , afin que nous cessions d'être charnels : et voilà le miracle que nous devons lui demander; miracle plus grand que celui de la création du monde; ou plutôt qui , dans l'ordre de la grâce, est une espèce de création plus miraculeuse que celle du monde. Mais il fsut pour cela , Sq^eur, la toute-puissance de votre grâce. Quand vou^>»:éâtes le monde, vous travailliez sur le néant , et ce néantii^^wHIs résistait pas ; ici c'est le néant du péché, qui , tout néflm-quUl.e8t , s'oppose à vous, et s'élève contre vous. Envoyez-nous donc votre Esprit dans toute sa plénitude; et par là , Seigneur, créez dans nous des coeurs purs, des cœurs chastes, des coeurs soumis à votre loi : Car mundum créa in me Deus {Psaim., 50) ; envoyeznous cet esprit sanctificateur; et par là, renouvelant nos coeurs, vous renouvellerez toute la face de la terre : EmiUe spiritum tuum , et creabuntur, et rettevaidsfaciem terrx. (Ibid., 108.) Quelle force, mon Dieu, et ^el zèle pour votre gloire ne nous inspirera-t-il pas? G'estceque nous allons voir dans la troisième partie.

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