DEUXIÈME SERMON
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LA PURinCATION DE LA VIERGE.
Postquam impleti suni dUê purgaHonis ejus tecunâum legem Mcyti, tuUrunt illum in Jérusalem, ut sUterent eum Domino,
Le temps de 1â purification de Marie étant accompU selon la loi de Moïse, ils portèrent Tenfant à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur. 6aimt Luc , chap. s.
SlBB.
Ce sont les deux mystères que célèbre TÉglise, et qui partagent , pour ainsi dire, cette auguste solennité, la purification de Marie et la présentation de Jésus-Christ; mystères vénérables, où nous découvrons ce qu*il y a dans notre religion , non-seulement de plus sublime et de plus divin, mais de plus édifiant et de plus touchant. Un Homme-Dieu offert à Dieu, le Saint des saints consacré au Seigneur, le souverain Prêtre de la nouvelle alliance dans iln état de victime, le Rédempteur du monde racheté lui-même, une Vierge purifiée et une mère enfin immolant son fils; quels prodiges dans l'ordre de la grâce! Voilà ce que le prophète avait prédit, ou plutôt voilà ce que le Dieu d'Israël par la bouche de son prophète, avait promis aux Juife, lorsqu'il leur disait : renverrai devant moi mon ambassadeur (c'était Jean-Baptiste, le précurseur de Jésus-Christ) ; il me préparera la voie , il vous annoncera ma venue : aussitôt le Messie que vous attendez , cet Ange du Nouveau Testament , et ce Sauveur que vous demandez depuis si longtemps et avec tant d'instance, entrera dans son temple, et y sera présenté comme le prix et le gage de votre rédemption : Et sfafim veniet in templum suum DomincUor queni vos qu»' ritis, et Angélus TtsfamenU quem vos vultis. (Ma- LACH., 8.) Il y entre en effet, chrétiens, il y est aujourd'hui porté, il y est sacrifié, et c*est à nous à proOter de son exemple pour notre instruction et pour la réformation de nos moeurs. Car ce n'est point seulement à la lettre que nous devons nous en tenir, comme les Juifs, mais il faut passer jusqu'à Tes- ' prit; ce n'est point inutilement, ni dans une vide cequ>lle attend de vous. Mais autant que vousserex | spéculation que nous devons considérer ces grands fideiea laioi de Dieo« mtant oeti^ namm mm vous i mystères, mais en ciiretien8,et avec tous les fruits
BOORIULOUB. — T. & ^
SUE LA PURIFICATION DE LA VIERGE
de sainteté qu'ils peuvent produire dans nos cœurs. Implorons pour cela le secours du ciel par Tintercession de Marie. Ave, Maria.
Ce n'est pas sans sujet , chrétiens , que le saint pontife Siméon, prenant aujourd'hui le Sauveur entre ses bras, l'appelle la lumière du monde, et Fadore comme le Messie destiné à éclairer toutes les nations de la terre : Lumen ad revelationem gentium. (Luc, 2.) Car je puis dire qu'une des grâces particulières du mystère de ce jour est de répandre la lumière dans nos esprits , et de nous donner deux connaissances qui font l'une et Fautre toute la science des saints. Je m'explique, et je prétends que dans la présentation de Jésus-Christ, nous apprenons tout à la fois et à connaître Dieu , et à nous connaître nous-mêmes : deux choses souverainement nécessaires, deux choses dans l'ignorance desquelles le monde avait toujours vécu, deux choses d'où dépendait la perfection, le salut et le bonheur des hommes; mais deux choses que l'Homme-Dieu pouvait seul par&itement nous enseigner. Que je me connaisse , Seigneur, disait saint Augustin, et que je vous connaisse; que je TOUS connaisse pour vous aimer, et que je me connaisse pour me haïr : avec cela je renonce à toute autre connaissance, et sans rien savoir de plus, je crois tout savoir : Domine, noverim te, noverim me. (AuG.) Or il me semble, chrétiens, que c'est surtout au mystère que nous célébrons qu'étaient attachées ces deux connaissances. Car pour vous expliquer mon dessein , je vais vous montrer, dans les deux parties de ce discours , que nul autre mystère n'est plus propre à nous faire comprendre tout à la fois et ce que c'est que Dieu , et ce que c'est que l'homme ; ce que c'est que Dieu, et ce qui lui est dû; ce que c'est que l'homme , et ce qu'il se doit à luimême. Cet enfant que Marie offre dans le temple , et dontSiméon fait l'éloge, nous apprend également l'un et l'autre; et s'il est exposé à la vue de tous les peuples, Àntefaciem omnium populorum (Luc, a ) , ce n'est que pour instruire tous les peuples de ces deux points essentiels, et sur quoi roule toute la religion. Tâchons à les bien concevoir ; et fortiGés des lumières abondantes dont le bienheureux Siméon se trouva comme investi , quand il vit l'auteur et le réparateur de son salut, remplissons-nous de la science de Dieu et de la science de nous-mêmes. Jésus-Christ, dévoué et consacré au Seigneur, nous donnera la science de Dieu : ce sera la première partie. Jésus-Christ offert et immolé pour nous, nous donnera la science de nous-mêmes ; et ce sera la seconde partie. Vous voyez l'importance du suiet ; commençons.