‹ Œuvres de BourdaloueChapitre 183 sur 225 · SS · texte numérisé non relu

SS

rait sur la terre, et combien Dieu serait-il glorifié dans tous les états? Pour cela, grand apôtre, vous que l'Église nous propose pour modèle , faites* nous part de ce zèle ardent, de ce zèle constant , de ce zèle infatigable qui vousa soutenu, qui vous a embrasé, qui vous a consumé. La gloire dont vous jouissez , bien loin de l'éteindre, n'a fait que lepu- ' rifier et que Pallmner davantage; exercez*le encore sur nous; et que Feffet de' ce zèle soilf de réveiller le nôtre, et de nous apprendre à travailler comme vous, pour être récompensés comme vous, dans l'étemité bienheureuse , où nous conduise, etc.

SERMON

Ml»

LA FÊTE DE SAINTE MADELEINE

Et ecee mulier gtue erat in civitate peecatrùf, ut cognovit qwfd Jttm aeeubmmt m domô pharUmi, aHulU ataboêtrum ungmanUt 4$ $Umê rein $ecui ped9B tju», Utergmiê cœpit rigart pedu ^us , et eapUlU capiUt tui tergebat.

So m^oie temps niie iBiDQie de la vUle qui étattde manvalse vie, ayant su qae Jësus-Cbrist mangeait chez on pharisien, y apporta on vase d*aU>4tre plein d^lna hoile de parfàm', et s'é* tanipvoslefiiéeàsetTieàs,«Ue eomuieoçaà les «rraeer de ses larmes^et eUe les essaya avec ses cheveux. Sjjst Lçc, chap. 7.

Cette femme que l'Évangile noua représente aujourd'hui, et qui doit ûiire tout le sujet de nos considérations , selon la pensée des Pères etdans le sentiment même de l'Église, c'est la bienheureuse Bladeleine , doatrhistoire vous est aussi connue qu'elle est pour vous édifiante et touchante. Mulier in civUate peccatrix : Fennne, il est vrai^ pécheresse, mais prédestiiiée de Dieu pour être un vaisseau d'élection et de sainteté; femme autrefois décriée par les désordre» de sa vie, mais ensuite ilhistrée par sa pénitence; femme auparavant le scandale des âmes, mais depuis l'exemple le plus éclatant d'une par&ite converdon. Voilà, dis-je, chrétiens, ce qui nous est ici proposé, et ce que Dieu, par une providence particulière, a voulu rendre public, afin que les grands péeheurs du monde eussent dans la personne de cette sainte et un puissant motif de confiance, et un vrai modèle de pénitence; un puissant motif de confiance^ pour ne pas tomber dans le désespoir, quelque éloignés de Dieu qu'ils paraissent; et un vrai modèle de pénitence, pour ne pas présumer de la miséricorde de Dieu jusqu'à négliger le soin de leur salut. Car je puis bien dire à une âme chrétienne engage dans le péché, ce que saint Ambroise, parlattt de David, dinit à l'empereur Théodose : Çtii Mctites es errajr/^m^segfawv pcmitentem ( AmbbO : Ame criminelle et infidèle

POUR LA FÊTE BB SAINTE MADELEINE

à Dieu, si vous avez eu le malheur de suWre Madeleine dans ses égarements , consolez^vous ; car puisqu'elle a trouvé grâce auprès de Dieu, que n'avez- vous pas droit d'espérer ? mais tremblez , si , l'ayant suivie dans ses égarements, vous ne la suivez pas dans son retour et dans sa pénitence. Et en effet, que ne devez- vous pas craindre , si un exemple aussi salutaire et aussi convaincant que le sien, qui a converti tant de cœurs endurcis, ne fait pas la même impression sur vous? Madeleine , chrétiens, est la seule qui paraisse, dans l'Évangile, s'être adressée à Jésus-Christ en vue d'obtenir la rémission de ses péchés. Les autres , qui étaient Juifs d'esprit et de cœur aussi bien que de religion, ne recouraient à lui que pour obtenir des grâces temporelles, pour être guéris de leurs maladies, pour être délivrés des démons qui les tourmentaient-: et si Jésus-Christ les convertissait, c'était presque contre leur intention ; mais Madeleine cherche Jésus-Christ pour Jésus-Christ même , et dans le sentiment d'une véritable contrition. Tâchons donc à nous former sur ce grand modèle , et pour cela, implorons le secours du ciel par l'intercession de Marie. Ave, Maria.

Donner sur la pénitence des règles et des préceptes, c'est un long ouvrage , chrétiens, et qui souvent ne produit rien moins dans les esprits des hommes que ce qu'on en attendait et que Ton avait droit de s'en promettre ; mais donner un modèle vivant' de la pénitence, c'est une instruction abrégée, dont tous les esprits sont capables, et une espèce de conviction à laquelle il est comme impossible 4« résister : or c'est ce que j'entreprends aujourd'hui. Il n'y a personne dans cet auditoire, en quelque disposition et en quelque état qu'il puisse être , qui n'ait besoin de se convertir : car nous disons tous les jours à Dieu, et nous ne croyons pas lui faire une prière inutile : Couverte nos, Deut {Pialm. 84) ; Seigneur, convertissez-nous. Soit que nous soyons dans l'état de sa grâce , soit que nous n'y soyons pas, soit que nous commencions à marcher dans la voie de Dieu , soit que nous y soyons plus avancés, il y a pour nous un certain changement de vie auquel Dieu nous appelle, et en quoi consiste notre conversion. Il est donc important que nous ayons devant les yeux une idée sensible où nous puissions reconnaître tous les caractères d'une vraie pénitence; or c'est ce que TÉvangile nous propose dans la personne de Madeleine : car je trouve que sa pénitence a eu trois qualités, qu'elle a été prompte, qu'elle a été généreuse, et qu'elle a été efficace. Pénitence de Madeleine , pénitence pronkpte, pour surmonter tous ces retardemen^s si ordinaires aux pécheurs ; c'est la premièjre partie : pénitence généreuse, pour triompher de tous les obstacles, et en particulier de ces respects

humains qui arrêtent tant de pécheurs ; ce sera la seconde partie : pénitence efficace, pour sacrifier h Dieu tout ce qui avait été la matière et le sujet de son péché; vous le verrez dans la troisième partie. Je m'en tiendrai à ce que nous dit l'Évangile, dont je veux seulement vous faire une simple exposition.

Page 1