LE HUITIÈBIE DIMANCHE APRÈS LA PENT£CX)TE
SUB L'AVnddE.
Sujet. £i moi je vous dis de même : Faites-vous des amis de vos richesses, q^n que quand vous serez ré' duils à l'extrémité , ils vous reçoivent dans les demeures éternelles.
Tel est l'usage que nous devons fiiire des biens temporels, et tel est le firuit que nous en pouvons retirer'par
l'aumône.
Division. Dans l'établissement de l'aumône, la providence de Dieu s'est montrée également bienfaisante envers le pauvre et envers le riclie. Bienfoisante envers le pauvre , d'avoir pourvu par une loi particulière au soulagement de sa pauvreté , première partie. Biendûsante envers le riche , de lui avoir donné un moyen aussi infidllible que celui de l'aumône pour apaiser Dieu dans l'état de son iniquité , deuxième partie.
pREiiÈRE PARTIE. Providcucc dc Dicu bienftkisante envers le pauvre par l'établissement de raumône. Il y a dans la condition du pauvre trois grands désavantages, à en juger selonla nature et selon les vues du monde. 1. Cette inégalité de biens, qui le ftit manquer de tout,taQdis que le ridie*
est dans l'abondance ; 2. les misères et les besoins attachés à cet état d'indigence, tandis que le riche goûte toutes les douceurs et toutes les commodités de la vie ; 3. Pétat de dépendance où la disette réduit le pauvre, et les mépris qu'elle lui attire, tandis que leriche est dans l'éclat et dans la grandeur. Or voilà à quoi la Providence a suppléé par la loi de la charité , et en particulier par le précepte de l'aumône.
1. L'inégalité de biens a été nécessaire pour entretenir l'ordre et la subordination dans le inonde. Mais du reste Dieu , par le précepte de l'aumône, ordonne au riche de donner son superflu au pauvre, et par là tout devient égal, selon L'expresse doctrine de saint Paul, Vtfiatcequatitas. Les riches sont donc comme les économes de Dieu , et ont une obNgalion indispensable de fouruh* à toute sa maison la subsistance nécessaire. Or les pauvres font partie de cette maison de Dieu.
3. n est vrai que l'indigence expose les pauvres à de grandes misères , et nous ne le voyons que trop : mais si les pauvres souffrent , ce n'est point à Dieu qu'il s'en faut prendre nia sa providence ; car fl a lait un commandement exprès aux riches de les soulager, et fl a ajouté à son comnoandement h phis terrible menace , qui est ceOe d'une damnation étemelle. Que ne doivent pas craindre sa* cela tant de riches impitoyables, et comment se justifieront-ils au jugement de Dieu?
3. Si le monde méprise les pauvres, Dieu par son précepte nous apprend à les honorer, puisqu'il ftif voir combien fls lui sont cbers , et puisqu'il les établit auprès de nous comme ses substituts , dans lesquels fl veut que nous le reconnaissions et que nous rhonorkms lui-même. De là ces sentiments de vénération qu'une piété reflgieuse nous inspire pour eux. Cest donc ainsi que la condition des pauvres est relevée, et combien le sera-teUe encore plus dans rassemblée générale des hommes et dans la gloire, sMls ont été sur la terre des pauvres patients et fidèles!
Decxièie pàatib. Providence de Dieu bien&isante envers le rkbe par f étabKssement du précepte de l'aumône : comment? parce qu'elle lui donne parla, 1. de quoi corriger ropposition de son état avec celui de Jésus-Christ pauvre; 3. de quoi réparer tant de péchés et tant de désordres où le plonge l'usage du monde, et surtout l'usage des biens du monde; 3. de quoi par conséquent se promettre quelque sûreté pour le salut et contre la malheureuse réprobation dont les riches àont menacés.
1 . De quoi corriger l'opposition de son état avec celui de Jésus-Christ pauvre : car dès là que vous partagez vos biens avec Jésu8<?hrist dans la personne des pauvres , vos biens sanctifiés par ce partage n'ont plus de contrariété avec la pauvreté de cet Homme -Dieu, puisqu'fl entre ainsi comme en société de biens avec vous.
2. De quoi réparer tant de péchés et tant de désordres où leplon^^ rusage du inonde , et surtout l'usage des biens du monde. Rien, sdon l'Écriture , de plus satisMoire anprèsdeDien que l'aumône. Cest pourquoi Daniel donna au roi de Babylone ce conseil si salutaire : Rachetiez vos péchés par vos aumAnes. Le rkhe a donc dans son état de quoi satlsâireàDieu ; fl a dans ses richesses mêmes, qui avaient été pour lui f instrument du péché , la matière de la réparation du péché, U a de quoi se ftire auprès de Dieu de puissants intercesseurs.
ANALYSES DES SERMONS
3. De quoi «e pitMnellre quelque sArelé pour le saUit. Voilà en eCTet par où bien des riëlies se sont sauvés ; voilà par où ils ont obtenu de Dieu ces grâces eflkaces qui les ont retirés de leurs égai^inenls et conduits au port de rétemité bienlieureuse. Mais il fout pour cela des aum6nes qui aient toute l'étendue et toute la mesure convenable.