LE NEUVIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE
SUR LES REJUOROS DE LA CONSGENCE.
SoiBT. Lorsque Jésus fat proche de Jérusalem, voyant cette ville , il versa des larmes de compassion pour elle , et il dit :Osidu moins en ce Jour , qui est pour UH, iu avais connu ce qui pouvait te donner la paix!
Cest ainsi que Dieu parle Intérieurement à une ûine crimineDe , et qu'il presse un péclieur par les remords de sa conscience.
Division. Le remords du péché est une grâce de Dieu. La miséricorde de Dieu en nous accordant cette grftce qui ûiit le remords do péché , première partie. La malice et le nMJheur de Thomme qui s'obstine contre cette grâce pour persévérer dans le péché, deuxième partie.
Pbevière partie. La miséricorde de Dieu en nous accordant cette grâce qui fait le remords du péché. En voici les avantages :
1. C'est une grâce; car c'est un secours que Dieu nous donne pour nous convertir.
2. Cest une grâce intérieure, puisque c'est la toIx même de l'Esprit de Dieu qui se fait entendre au fond de notre cœur.
3. Cest la première de toutes les grâces que Dieu donne au pécheur pour commencer l'ouvrage de sa conversion : c'est par cette grâce prévenante que Dieu le touche d'abord. Exemple de David et de Caîn.
4. C'est entre les autres grâces la plus miraculeuse dans la manière dont elle est produite. Ce miracle consiste en ce que c'est le péché même qui donne naissance à cette grâce.
5. Cest de toutes les grâces la plus digne de ta grandeur et de ta majesté de Dieu. Ce n'est point en suppliant que Dieu agit par ce remords, mais en maître et en juge, qui menace et qui répand dans une âme la terreur de ses jugements. Exemple d'Achab.
6. C'est de toutes les grâces ta plus constante. Elle nous suit partout, et plus nous faisons d'efforts pour ta rq>ousser, plus elle s'attache à nous.
7. C'est ta grâce ta plus universelle. Il n'y a personne qui ne soit sujet aux reproches de sa conscience après le péché. *• '
8. Cest la grâce ta plus assurée pour l'homme pécheur, rt ta moins sujette à l'illusion. L'ange de ténèbres se transforme quelquefois pour nous tromper, en ange de lumière , mais il se garde bien de représoiter à un pécheur le désordre de son crime.
9. Sans cette grâce tous les dons de Dieu deviennent stériles à notre égard , et avec^elle ils sont tous efDcaoes : car si notre coosdence ne forme ce remords , peccavi , j'ai péché , tout le reste est inutile; et dès que ce remords est une fota bien conçu, U communique à tout le reste une TNTtu particulière et sanctifiante.
' 10. Cest ta grâce ta plus eonvaiiicmte pour disposer
Fesprit de l'homme à ta pénitence. La conscience est âloi s son pi-opre témoin , et se trouve forcée de s'accuser ellemême et de se condamner.
U. De ta c'est ta grâce la plus puissante sur le cœur. Elle le pique et le presse si fortement, que pour se délivrer du tourment secret qu'il ressent, il est enfin obligé de se rendre. Voilà ta principe des plus grandes conversions. Que de trésors renfermés dans une seuta grâce I et n'estce pas là que nous devons reconnaître toute ta miséricorde de notre Dieu.'
Deuxième partie. La malice et le malheur de l'Iiomme qui s'obstine contre cette grâce du remords de ta conscience, pour persévérer dans le péché. En vold les divers degrés.
1. Puisque le remords de ta conscience est une grâce, résister à ce remords, c'est donc résister à la grâce et au Saint-Esprit
2. Puisque le remords de ta conscience est ta première grâce du salut et le premier moyen de conversion pour lui pécheur, résister à ce remords , c'est donc tarir à son égard toutes les sources de ta divine miséricorde.
3. Puisque ta remords de ta conscience est une grâce toute miraculeuse, plus devons-nous être coupables dans la résistance que nous y apportons.
4. Comme ta remords de la conscience est ta grâce ta plus digne de ta majesté de Dieu et ta plus conforme à sa grandeur souveraine , rien aussi ne lui doit être plus injurieux que les révoltes d'une vile créature qui ta rejette , et qui emploie tous ses eflbrts à ta repousser. Car phis Dieu agit en Dieu , plus suis-je criminel de ne me pas soumettre et de ne lui pas obéir.
5. Le remords de la consdence est la grâce ta plus constante et ta plus durable : par conséquent une pleine résistance à ce remords suppose ta malice ta plus invétérée et ta plus insurmontabta.
6. Le remords de ta conscience est la grâce ta plus commune et ta plus universelle : c'est une grâce qui n'est pas même refusée au plus méchant homme et au plus impie. Que reste-t-ll donc à un pécheur qui se prive de cette dernière espérance?
7. Le remords de ta conscience est ta grâce ta plus certaine pour un pécheur et ta moins sujette à l'illusion ; mais de ta saint Bernard conclut que la résistance à ce remords est donc aussi ta plus prochaine disposition au désespoir.
8. Affreux désespoir que redoublera au jugement de Dieu cette même conscience dont nous aurons tant éludé les poursuites salutaires. Son remords est maintenant pour nous la grâce ta plus convaincante; mata cette conviction dont nous ne profitons pas , ne servira qu'à mettre devant Dieu le dernier sceau à notre condamnation.
La conclusion, c'est donc d'écouter les remords de notre conscience. H nous en coûte plus pour y résister, qu'U ne nous en coûterait pour tas suivre. Ce que nous avons surtout à craindre , c'est que, par ta force de l'habitude et par un juste châtiment de Dieu, ta consdence ne vint, non pas à ne point agir du tout, mata à n'agir plus que foiblement.
LE DIXIÈMK DUfANCII£ APRÈS LA PENTECOTE.
80» VÉrrkX DE yiE ET ut sont de S*Y PERPECnOIflŒE.
Sujet. LepharUien $e tetiant debout faisait intérteurevient cette prière : Seigneur, je vous rends grdce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes,
YoOà l'esprit de rambltieiix : fl reut toujours monter, toujours s'âever an-dessus des autres, au lien de demeurer sagement dans son état et de traTaOler à s'y perfectionner.
DrrisiON. L'ambition nous porte à un rang oà nous ne derons point aspirer, puisqu'il est au-dessus de notre état ; et elle nous entretient ^tons une négligence enlière des obligations de notre état, où néanmoins nous devons yiyre et nous perfectionner. En deux mots, on yeut être ce qu'on n'est pas, première partie; et l'on ne veut pas être re qu'on est , deuxième partie.
Peewèrb pabtib. On yeut être ce qu'on n*est pas, on yeut s'éleyer au-dessus de son état : ambition que les philosophes mêmes et les sages du paganisme ont condamnée. Biais tenons -nous-en aux maximes de la foi, qui nous apprend que rien n'est plus Iktal ponr le salut que ce désir de sa propre éléyatlon. Cinq raisons.
1 . Parée qu'il n'est rien de plus difficile que de s'éleyer dans le monde ^ de ne pas oublier Dieu ni s'oublier soimême; e'est la belle leçon que téisaàt saint Bernard an pape Eugène.
2. Parce qu'en s'éleyart, on s'attire par une suite nécessaire des obUgalions infinies de conscience auxquellet on ne satisfait presque jamais , ou l'on ne satisûJt qu'imparlàitement. Dans cette yie, disait Cassiodore, le pouvoir et le devoir sont deux choses inséparables. Être pins que noos n'étions, c'est devoir plus que nous ne devions et à Dieu etauxboinmes. Quelles sont , par exemple, dans rÉffUse, les obligations d'un prâat? Après cela ne nous étonnons pas que les saints aient fbi ces dignités éclatantes dont la vue nous éblouit ; mais ce qui doit nous étonner, c'est que des hommes mUte fois moins capables qu'eux d'en remplir les obligations, lea recherchent avec tant d'ardeur.
3. Parce que , pour s'élever dans le monde , il foutavoir des qualités et des vertus acquises qu'on a fort raremoit , et dont alors le défaut est crimhieL Rien de plus raisonnable que cette règle. Mais les emplob, dit-on, font les hommes : erreur, les emplois doivent perfectionner les hommes, et non pas les préparer. Or, a-t-on soin de s'éprouver soi-même avant que de travailler à son agrandissement, pour voir si Ton a toutes les dispositions convenables , et pour s'appliquer à les acquérir?
4. Parce que bien même qu'on eût du reste tout le mérite nécessaire pour être élevé, rechercher réiévation c'est s'en rendre indigne : car une des premières qualités requises , c'est l'humilite ; et il y a une indécence pœitive à yonloir être supérieur aux autres. Chose si vraie, que ceux qui , par leura intrigues , parviennrat à certains rangs, affectent le plus de fiUre croire qu'ils n'y ont en rien contribué. Jésos-Christ, notre maître , ne s'est point attribué l'hoimeur, comme parle saint Paul; et nous, pécheurs, nous allons an-devant des honneurs du monde , et nous nous les procnrops. Cela est-il toléraMe; et comment alors pouvons-nous paraître devant un Dieu humilié et anéanti?