Parse que le désir de s'élever est une source de dé
sordres qui rainent presque inévitableoient la obarite et k justice parmi les hommes. De là, les cabaka, les peii-
dies, lea quodles, les vengeances , et mille antres aanz dont nous ne sommes que tn^ témoins tous les Jonra. Voilà w^anmoins la grande maladie de noti« siède , ce désir de s'avancer et de se distingua.
DiuxiÈn PAETiB. On ne veut pas êtie ce qu'on est, c'est-à-dire qu'on néglige la perfection de son état Cependant toute h prudence de l'homme, même en matière de salut, se réduit à s'avancer dans la periëction de son étet, et à éviter toute autre perlection, ou contiaira à celles, ou qui en empêche l'exerace. Voici les preuves de cette importante vérite.
1. Parce que h perfection de notre état est ce que Diea veutdenous : car U ne nous a appdés à cet état que pour en accomplir les devoirs et pour nous y sanctifier. Hors delà, quoi que nous fossions, ce n'est plus proprement la volonte de Dieu. Si chacun dans le monde s'appliquait à être ce qu'il doit être, on peut dire que le monde serait pariait; mais parce qu'on ne suit que son caprice et son incltoatioii, de là vient un renversement général dans toutes les conditions.
2. Parce que ce n'est que par rapport à notre état et à la perfection de notre état que Dieu nous a préparé des grâces. C'est la théologie expresse de saint Paul : et il est d^aUleursde lafol, que nous ne fcronsjamais d'autre bien que celui pour lequel Dieu nous accorde sa grâce.
3. Parce que c'est dans la perfection de notre état que notre sainteté eat renfermée, et que c'est par conséquent à cela seul qu'est attachée notre prédestination. Voilà par où les saints se sont sanctifiés; voilà In rè|^ que Jésus- Christ même a suivie; yoOà ce que saint Pan! a si ibrte« ment recommandé aux fid^es.
Trois avis importants. 1. De nous défeire du z^e d*uiin perfection chimérique et imaginaire que Dieu n'attend pns de nous, et qui nous détourne de celle que Dieu exige de nous. 3. De modérer ce zèle Inquiet de la perfection d'an* trui, qui nous fiiit négliger la nôtre, et que noos entrebs nons souvent au préjudice de te nêtre. 3. De réformer ee x^ tout paten que nous avons d'être parfaits et irr^irochables dans notre état, selon le monde , sans travailler à l'être selon le christianisme et selon Dieu.
LE ONZIÈBIE DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE.
SUB LA lfâ>ISAllCE.
SuiBT. On lui amena un homme q%U était mmrd ai
muet, et on le pria de mettre les mains sur lui pour leffuérir.
Jésus-Christ (ait parler un muet : mats souvent nous est-il phis difficile et plus expédient de nous taire.
DiyniON. Entre les péchés fl n'en est point de pion lâche ni de plus odieux que te médisance : première partieu Entre les péchés, il n'en est point qui engage plus In conscience, ni qui lui impose des obligations plus iigo«« reuses que te médisance : deuxième partie.
PRiMiàRB P4R11B. PoInt de péché plus lâche ni pto odieux que te médisance. Deux moti(lid<»it le Saint- Espitt s'est souvent servi lui-même ponr nous inspirer en géo^ rai rhorreur du péché.
Jl. Point de péché plus lâche que te médisaoee. OaM dm vous pariex est, ou yotre ennemi, on votre maà, cm
ANALYSES DES SERMONS
QO homme indifférent ^ Totre égard. Si c'est Totse ennemi, dès là c'est haine ou enne qui vous engage à en mal parler, et cela même a touyours été traité de bassesse. Si c'est
J Tolie ami, quelle Ucheté de trahir ainsi la loi de l'amitié!
\^t si c'est un honmie indifférent , pourquoi l'entreprenez-
'tous ? n ne vous a point offensé , et tous l'offensez. 2. Le
/médisant attaque l'honneur d'autnii, et de quelles armes
se sert-il? d'une sorte d'armes qui de tout temps a passé
I pour avoir quelque chose de honteux; ce sont les armes
I de la langue. 3. Quel temps choisit-il pour frapper son
Wup? celui où l'on est moins en état de se défendre, et
hii la personne dont U médit est absente. 4. La médisance ,
)kfin d'agir {dus sûrement, commet encore trois autres là-
, ^hetés. Sur certains faits elle ne parle presque jamais qu'en
secret. Elle affecte de plaire et de se rendre agréable. Et
^ tâche de se couvrir de mille prétextes qui semblent la
justifier.
2. Point de péché plus odieux , et à Dieu et aux hommes : à Dieu, qui est^amouTH charitéJUlSnSonimes , que le médisant attaque avec tant de liberté. Aussi l'Écriture nous le représente comme un honrnie terrible et redoutable par les maux infinis qu'il cause partout Biais, dites-vous, on se plaît à l'entendre. J'en conviens : mais en même temps qu'il platt et Ipi'on aime à l'entendre , on le hait et on Tabhorre. Car si l'on prend plaisir àl'éoouter lorsqu'il s'agit des autres , on le craint pour soi-même, et l'on juge assez qa'on n'en sera pas mieux traité dans l'occasioB.
Après cela n'estOl pas étrange que la médiianee soit mi péché si commun et si universel? C'a été le viee de tous les temps. C'est encore le vice de tous les éuts et de toutes les professions.
DBUXiàiiB farue. Point de péché qui engage phis la conscience, ni qui lui impose des obligations plus rigoureuses. C'est un péché contre la justice. Toiite iigustice à
\ l'égard du prochain est d'une conséquence dangereuse pour le salut ; mais de toutes les espèces d'injustices , Il n'y en
l a aucune dont l'engagement soit plus étroit et plus terrible devant Diea que celui de la médisance , et cela pour trois raisons, f . Parce qu'H a pour tenne la plus délieate et la plus
. importante réparation, qui est ceûe de rhonneur. Car il
* Ikut le réparer, cet honneur que vous avez ravi à votre frère,etn«llepnlssancenevoas en peut dispenser. IllÎMit le réparer d'autant pk» nécessairement que c'est un bien plus précieux et idos exoeUenft. Il Uni le réparer aux dépens même de votre propre honneur. Or on sait combien il est difficile de se résoudre à subir cette confusion.
2. Parce que c'est l'engagement dont l'obligation souffre moins d'excuse , et est moins exposée aux vahis prétextes de l'amour-propre. Qoand on nous pade de resûtoer un bienmal acquis, nous pouvons quelquelbit nous en défendre par la raison de rimpossibilité absolue; mais quand il s'agit de rhonnenr, qn'avons^Hnis à alléguer? Détail de divers prétextes dont on veut feussement s'autoriser.
3. Parce que c'est un engagement qui s'étend à des suites infinies , dont il n'y a point de conscience qui ne doive trembler. Outre l'honneur que blesae la médisance, elle cause encore d'antres dommages. Cette Jeune personne, par exemple, n'est plot en état de penser à un établisse' ment dans le monde, dsfdsqne vous Pavez décriée. Toute la fortune d'un homme ait perdne, pour nn mot que vons
avez dit de lm\ Or voilà ce que vous êtes obligé de réparer. * N'est-il donc pas toujours bien surprenant qu'on se gaide si peu d'un péché qui traîne après soi de tellc^ obligations? Et ce qui doit surtout nous surprendre , c'est que des gens qui du reste font profession de la morale la plus sévère suivent les principes les plus larges sur un point ausst' essentiel que l'est la restitution de l'iionneur. Apprenons à nous taire quand la réputation du prochain y est intéressée, et apprenons à parier quand il est du même hitérêt que nous lui rendions ce que nous lui avons enlevé.
LE DOUZIÈME DDHANCHE APRÈS LA PENTECOTE.
SUR LA CHAMTÉ nO PROCHAnL
Sujet. Un samaritain faisant voyage se rencontra au» près de lui; et le voyant, il en fut touché de compassion. H alla à lui et banda ses plaies ^ après y avoir versé de l'huile et du vin. Ensuite il le conduis slt dans une hôtellerie, et prit soin de lui.
C'est la charité qu'exerce un samaritain à l'égard d'un juif, et telle est à plus juste titre celle que nous devons exercer dans le christianisme les uns envers les autres.
Division. Pomt d'intérêt propre que nous ne devions (sàre céder à la charité do prochain , première partie. Point d'intérêt du prochain que nous ne devions respecter pour le bien de la charité, deuxième partie.
Première partie. Point dlotérêt que nous ne devions fUre céder à la charité du produdn. Sans cela il est bnpossible de conserver la charité, et cette maxlnae est fondée sur quatre preuves.
1. Sur la nature même de la charité en général. Car hi charité est une union des cœurs et des volontés. Or l'intérêt propre nous renferme au dedans de nous-mêmes, et par conséquent empêche cette mik» avec le prochain. C'est donc une illusion de dire, ce qu'on dit néanmoins tous les jours : Taime cette personne parce que Dieu me le ooounande, mais du reste je ne veux avoir avec elle ni habitude ni société; qu'elle se tienne de son oêlé et moi du mien. Comme si toute la charité se réduisait à ne point vouloir de mal et k n'en pohit foire, et qu'elle ne dât pas aller jusqu'à entrer dans les intérêts du prochain , sans se resserrer tout entier dans les siens propres. C*est ainsi que la loi de Dieu nous le dicte. Il veut que nous n'ayons tous qu'un même cœur ; et parce que rien ne divise plus les cœurs que rattachement au propre intérêt, il veut que pour rentretien de la charité nous nous nous dépouillions de oet intérêt et nous y renoncions.
2. Sur les qualités particulières de la charité chiétienne. Toute charité n'est pas charité chrétienne; et le caraclèee de la charité , telle que Jésus-Christ nous l'ordonne par son précepte, a quelque chose de singulier. U prétend que nous nous aimionsles uns les antres comme il noos aaimés. Voilà son commandement Or il nous a aimés jusqu'à sacrifier tous ses hitérêts pour nous; et à'est à eettt charité désintéressée qu'il veut qu'on reconnaisse ses dis» dples , conune en effet on les y reoonnaisaaii antrefioU , il comme on ne pent plus préseatonent les y reconnaître.
3. Sur les obligations rigouranses qu'iraf^pse la charité seloQ les dlOérenU étaU et les dlrenst ooMlttions. Car tt y a des occasiona oè elle nous oUi^a MispensaUensnt de rcnoaeer même à notre vie, de renoncer à l'honneur
ANALYSES DES SERMONS
'da monde et à notre réputatiofl , de renoncer à nos biens et à noft droits. Morale sur le procès.
4. Sur les désordres qui , sans ce désintéressement, rainent tons les jours» dans le commerce de la ^ie , et anéantissent la charité. Pourquoi se haiton, se déchire4-on , se détrait-on les mis les autres? pour Tintérét. Otez l'intérêt propre, on peat alors répondre de la charité des hommes : mais laisse! cet intérêt ; plus que difisions dans les familles, que foctions dans les ÉUU , qne schismes dans rÉgUse.
DeuxiicMB PAans. Point d'intérêt do prochain que nous ne derions respecter pour le bien de la charité : pourquoi ? Trois raisons.
1. Parce que tout intérêt d'autnii est essentiellement l'objet de la charité qd est en nous, ou qui y doit être. Or en cette qualité II nous doit donc deTenir, non«seulement cher, mais , pour ainsi dire, YénértUe.
2. Parce que cet intérêt d'autnii, quelque petit qu'il noDS paraisse en lui-même, par rapport à la cbarlté est presque toujours important dans ses conséquences. Or c'est par ces conséquences que nous devons l'enTisager, pour bien juger des obligations qu'il nous impose selon Dieu.
3. Parce qu'il n'y a pobt d'intérêt d'autnii dont le mépris ou le peu de soin , par la seule Taiblesse des hommes , ne puisse être pernicieui à la charité. Or dès là nous sommes Inexcusables, si nous venons à le mépriser et si nous n'y apportons pas toute la circonspection que demande la prudence chrétienne. Plus notre prochain est Ciible, plus derons-noos avoir d'égards pour ne le pas uesser»
LE TREIZIÈME DDfANCHE APRÈS LA PENTECOTE.
son LA COIlFlSSIOrf.
SojET. Dès quHl eut aperçu ces lépreux, il leur dit : Allez . faites-vous voir aux prêtres.
Cet lépreux guéris, et obligés de se montrer aux prêtres , nous représentent les pécheurs appelés au tribunal de hi pénitence pour y confesser leurs péchés et y être absous.
Ditisioif. Parrapportau passé, Ui confession est le moyen le plot efficace et le plus puissant que la Pro? ideoce nous ait fMuni pour efftioer le péché, première partie. Et par rapport à l'avenir, la confession est le préservatif le plus faiÂdlIflile et le phis souverain pour nous garantir des rechutes dans le péché , deuxième partie.
PnsmÈâB pÀnns. Par rapport au passé , la confession est le moyen le plus efficace et le phis paissant que la Providence nous ait fiMimi pour effecer le péché, ifok, tire-t« elle cette vertu? l. de la volonté ou du don de Dieu; 2. d'ette-même et de son propre fonds.
1 . De hi volonté ou du don de Dieu. Un moyen de pénitence et de salut n'est efficace qu'autant qne Dieu veut l'aoeepter. Or il a voulu et 11 veut accepter, pour la rémiasioa des péchés, la confession. En quoi Dieu fait swtout paraître deux de see divins attributs, sa grandeur et sa bonté. Sa grandeur, remettant le péché en souverain et SMS obeerver avec nous toutes les formalités d'une Jastke rigoorenie. Il lui suffit que nous nous reconnaissions coupables. Sa bonté, exigeant de nous si peu de chose» et se eonlentant, pour nous pardonner» dn shn* pie aveu de notre péché et du repentir de notre canir.
Mais, dit-on, c'est à on homme qu*il fluEit Mre cet vnm : il est vni, c'est à un homme,midBàunliomnM tenant In place de Dieu , et le ministre des miséricordes de Diea. Est-ce donc là une oonditioa si difficile, eu égard à In grâce que nous obtenons?
3. D'eOeHDêmeet de son propre fonds. Car la confessiofi du péché (kit trois choses les plus capables de gagner le cœur de Dieu. 1. Elle humilie le pécheur, et parla hil arrache jusqu'à la racine du péché , qui est l'orguefl. JÂP férence entre l'esprit de l'hérésie et l'esprit de la vraie religion. Comme l'esprit de l'hérésie est un esprit d'orgueil , il n'a pu souffrir la confession des péchés aux prêtres. D'ailleurs, illusion de ceux qui fuient la confession par la honte qu'ils y trouvent, et de ceux qui voudraient ôter cette honte aux pénitents. 2. La oonfessioii excite en nous te douleur et la contrition du péché : cnr nous ne comproMms jamais plus vivement la mafiœ da péclié que lorsque nous en fîiisons la déclaration au tribunal de la pénitence. Hors de là nous n'y pensons pas, cm nous n'y pensons qu'à demL 3. Enfin il ne tient qu'à nous que la confession ne eoounenoe d^ à expier hi peine da péché, et qu'elle ne nous serve de satisfeclion pour le péché. Car dès qu'elle nous est pénible et que nous y sentons une répugnance qui nous coûte à surmonter, nom pouvons nous en flUre un mérite auprès de Dieu. Knsti saint Ambroise n'a pas craint de dire que hi confession de péché est l'abrégé de toutes les peines ordonnées de Dieu contre le péché. Omnium p<gnarum compendHitm, Explication de cette parole.
DwxifeMi PMtm. Par rapport à faveidr, la eonfeasion est fe prés«vatif le plus infaillible et le {dus souverain pour nous garantir des rechutes dans le pédié. Ced se vérifie en considérant le sacrement de pénitence tous trois rapports, 1. par rapport à Jésus-Christ, qui en est l'auteur; 2. par rapport au prêtre, qui en est le ministre, 3. parrapportànous^némei, qui en sommes les si^ets.
1. Par rapporta Jésus-Christ, qu'est-ce que le sacrement de pénitence? C'est une de ces sources de ^êces que ce Sauveur en mourant fit couler de son sacré côté. Mais quelles grâces sont particulièrement attachées à la oonf^ession sacramentelle? des grâces de défense et de sontien. Dieu veut que nous allioos recnefllir ces grâces dans son sacrement : et de là il s'ensuit qu'un chrétai qd quitte Fusage de la confession, renonce aux grâces du salut les plus esfentieUes, qui sont les grâces de précautioB contre le péché, et que plus un chrétien approche dn saint tribunal, phis il se fortifie contre hi tentation.
2. Par rapport au prêtre. Car le prêtre, en qualité de nrinistre choisi de Dieu, a une grâce parUcoMère poor la direction des âmes, et poor les maintenir dans la voie de la justice chrétienne. Et en effet, que ne peut point sur nous un directeur prudent et zélé, en qui nous avons confiance? Erreur ou mauvaise foi de ceux qui ne veulent prendre d'un confesseur nuUe règfe de diredion.
3. Par rapport à nous-mêmes. L'expérience nous apprend que la coniiBSsIon est un frein pour arrêter notre cœoi et pour réprimer ses désirs crimbwls. Cette seule pensée , je dois demafai ou dans quelques jours paraître antribonal de la péniten», est capable de nous retenir dans les plusdangereusesoccasions. Au contnlre, quand une fois on a secoué le joug de la eonfession, en quels aUnaes ne se prédplte-tron pas? Les hérétiques ne Font qne trop
ANALYSES DES SERMONS
^pnmyé. On me dira qail se suisse bien des abas dans la oonfessioD; mais de qnoi ne peut^m pas alHiser? Corrigeons les sl>iis et conservons l'osage de la confession.