LE DIX-HUITIÈME DUCANCHE APRÈS LA PENTECOTE
SUR Lk RECtfITTB DAKB LE PÉCBé.
SuiET. Jésus voyant leur foi , dit (tu paralytique : tien JUSf prenez confiance, vos péchés vous sont remis.
Cest ce que Dieu dit encore au pécheur pénitent ; mais un des caractères de la vraie pénitence , c'est la fermeté et la persévérancç.
DrvisioN. Rechute dans le péché, marque d'une fausse pénitence à l*égard du passé, première partie; obstacle à !]a vraie pénitence dans l'avenir, deuxième partie.
Première partie. Rechute dans le péché , marque d'une fausse pénitence à l'égard du passé. Si votre pénitence a Cité telle que vous la supposez , c'est-à-dbe une vraie pénitence, il faut que vous vous soyez engagé à Dieu par une protestation sincère de ne plus retomber dans le péché •qui vous avait attiré sa disgrâce. Cette protestation sincère Q renfermé une volonté sincère. Or, est-il croyable qu'un homme ait eu une volonté déterminée et absolue de renoncer à sou péché, et qu'immédiatement après, lAdiemeut et sans résistance, il y retourne tout de nouveau? Une volonté bien résolue est pluseflicace. Ainsi raisonniitsaint Bernard, et avant lui Tertulllen.
A cela on peot opposa* trois choses. Car premièraMaf ne pent-il pas arriver que la volonté change? Il ikut conveatr que ce changement est possible; maU U faut ea même temps ^ter que qoand les rechutes sont sobiiet et ft^ quentes, fl n'y a nulle vraisemblance que ce soit par mi tel changement En voidte preave : c'est qnedans footle reste de notre conduite on ne.voît point de ces légèretés si surprenantes.
Secondement on dit : nous sommes fkibles, et malgré
la sincérité de nos résoinâons , la Ti(^ence de nos passions nous entraîne. Il est vnU que nos ptsaicais sont de poissants ennemis; mais si la promesse qne noos avons fidie à Dlm de persévérer dans sa grâce a ^ véritable, ^e 2 dû être plus fi>rte que ces ennemis prétendus, et sa propriété la phis essentielle était de les pouvoir surmonter. Or, comment me pertoaderai^je qu'elles en cette rerto, lorsqu'il ne m'en parait rien? Juges de vous par vousmême. Vous sortez d'une maladie, et vous cn^gnez une rechute: que ne Aites-vons point pour la préveitfr? Or, le propos que vous avez ftit d'éviter la rechute dans le péché, doit être encore plus efficace que ce désir nature de conserver votre vie. Oaeriez-vous dire qu'a Fa été. Et ce
qui doit être une dernière conviction , c'est que ces mêmes passions auxquelles vous succombez, vous sauriez bioi les vahicre et y résister, s'il s'agissait de votre fortune et d'un intérêt temporel
Mais enfin, âitrOù en troisième Ken, nous avons gémi, nous avons formé des regrets et des repentirs, sous avoii9 versé des larmes, et ne sont-ce pas là des actes de pénitence? Faux principe. Ce sont là , si vous le voulez , des grâces, des désirs de pénitence; mais ce n'en sont pas tonjours les actes. Les Juifs croyaient en Jésus-Christ, et paraissaient s'attacher à lui, voyant les miracles qu'il foisait. Mais Jésus^Hirist, remarque saint Jean, ne se fiait paspour cda à eux , parce qu'il les connaissait. Ceci pourra troubler bien des oonscimices; mais il est bon de les troubler, pour les réveiller de Fassoupissement où elles sont.
DEOxitiiB PARTIS. Rechute daos le péché , obstacle à la vraie pénitence par rapport à Favenir. Ce n'est pas un obstade faivindble , et quand saint Paul dit qu'il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés des lumières du salut et sont après cela retombés , se relèvent par la pénitence, nous ne devons entendre ce terme d'impossible que d'une impossibilité morale ou d'une extrême difficulté.
Quatre choses rendent hi pénitence très-diflidle après la rechute. 1. C'est que la rechute éloigne Dieu de nous. Exemple de Samson. Après que Dalila lui eut coupé sache* velure, il se croyait aussi fort qu'auparavant, mais 0 ne savait pas, remarque l'Écriture, que le Seigneur s'était retiré de lui. 2. C'est qne la rechute fortifie FincUnationque nous avons au mal; la volonté se pervertit, et Fhabitude se forme. 3. C*estque la rechute aflaiblit en nous la vertu de la grâce. Les plus grandéb vérités ne font presque plus d'impressicm sur l'espijt d'un pécheur. Il les a cent fois entendues, et autant de fois néanmoins il s'est replongé dans ses premières abominations. 4. Cest que U rechute est d'elle-même et de sa nature essentieDement opposée à la grâce de la conversion ; car elle igoute à la malice du p^é l'ingratitude envers Dieu et le mépris : deux caractères que Dieu a le plus en horreur, et les plus capables de Feudordr à notre égard, comme nous nous sommes endurcis pour loi.
ANALYSES DES SERMONS
CkmdnskHi qui regarde «leox sortes depersounes : 1. que ceax qaf, depuis lear pénitence, se sont heoreusement soutenos , prennent garde k eux et redoublent encore leur TigOauce; 2. que ceux qui sont retombés ne perdent pas toute espérance. Leur conversion est diOidley mais elle n'est pas Iftipossible : parce qu'elle n'est pas impossible, i1 ^t rentreprendre; et parce qu'elle est difficile, fl fiiut faire tous les efforts nécessaires.
LE DKrlfEUYIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE.
SUK L'ÉTERNrré MALHEUREUSE.
Svsn. Àlar$ le roi dit à tes qffleier$ : Je(e%^ dans les ténèbres, pieds et nuiins liés : e*est là ^'U y aura des pleurs et des grincements de dents.
Ce qu'il yade plus intolérable dans les peines de l'enier, c'est leur éternité.
Dimoir. Voyons comment la foi doit nous confirmer diBt beréince de l'éternité malheareose, première partie; et comment la créance de l'éternité malheureuse, par le plus hnte retour, d<rft nous exdter à la pratique des œuvres delà fol, deuxième partie.
PmEnteB FABTn. Comment la foi doit nous confirmer dans la créance de l'étemité malheureuse. 1. Elle corrige sur le sujet de cette éternité nos erreurs; 2. die perfectionne nos lumières.
1. Elle corrige nos erreurs. Trois erreurs faussement établies sur la bonté de Dieu , sur la justice de Dieu , et sur la toute-pm'ssance de Dieu. Dieu est trop bon pour affliger éteraellemettt une âme pécheresse; première erreur. Cest parte que Dieu est bon, r^Kmd TertoUien, et sourerainement bon, qu'il doit balr souverainement le mal et le punir de même. Mais sans s'arrêter à cette réponse, tenonsHMMit^n à la foi. La même Écriture, qui nous enseigne que Dieu est souverainement bon, nous enseigne qu^il fera soufiVir éternellement les ftmes réprouvées. Elle ne peut errer ni dans l'un ni dans Fautre. Donc une peine étemelle dans l'enfer peut s'accorder avec une bonté souveraine dans Dieu. Dîeo eat trop juste pour venger dans des siècles infinis oe qui s'est passé dans un instant : seconde erreur. On pourrait vous dire que, s'fl n'y apas entre rétemité malheureuse et le pédie une proportion de durée, il y a une proportion de malice d'une part , et de Tautre de satisfiiction et de punition. On pourrait encore ▼ons foiré observer que pour un crime d'un moment la justice humaine condamne à une prison, à un bannissenioit perpétuel, et même à la mort, qui est une espèce de peine éternelle. Mais revenons-en toujours à la foi : elle nous apprend deux choses sur lesquelles die ne nous peut tromper; savoir que Dieu est juste, et que ses vengeances n'ont point de terme. Par conséquent ces deux vérités ne se eooÂMtteot pofait , et concourent parfoitement ensemble. Dieu n'est pas assez puissant pour foire que la créature subsiste une éternité entière dans les souffinnces et dans les tourments : troisième erreur. Cest la plus frivole, et la foi tout d'un coup la détruit par l'idée qu'elle nous donne de la toute>puissance de Dieu.
2. Elle perfectionne nos lumières; car nous ne manquons pas de raisons pour justifier la conduite de Dieu touchant l'étemité malheureuse. La première est tirée de la volonté du pécheur, qui éuit , comme l'observent saint Jérôme et saint Augustin » de résister éternellement à
Dieu , si Dieu l'eût laissé vivre étemeDement sur la tei re. La seconde est prise , selon saint Thomas, de la nature du péché, qui, né pouvant être réparé par une âme réprouvée, doit subsister toujours et toujours avoir sa peine. La troisième est encore prise de la nature du péché, qui offensa une grandeur infinie ; d'où saint Augustin et tous les théologiens conduent quil mérite donc une peine infinie. Et comme cette peine ne peut être infinie en die-mème et dans son essence, fl faut qu'elle le soit dans son étemité. Telles sont sur rétemité malheureuse les lumières et les productions de respritde l'homme; mais void comment la folles perfectionne et les confirme. C'est un de ces secrets qui ne sont connus qu'aux ftmes humMes et aux vrais fidèles. Car d la foi donne à toutes ces connaissancea une peribction et une force particulière, ce n'est point en élevant nos esprits, mais en les abaissant et en les soumettant à Pautorité de la parole de Dieu. C'est alors que, foisant le sacrifice de notre raison, nous pouvons mieux raisonner que jamais. Ces grandes idées de la majesté de Dieu et de la malice de rhomme qui l'offense n'étant plus aflkiblie8,nl par les préjugés de notre esprit, ni par les passions de notre coMir, font sans obstade toute leur impression sur nous, et Dieu les seconde encore par sa grftce et par ses communications intérieures. Les plus sfanples et les plus dodles ont là-dessus les vues les plus daires et les plusrdevées. Tdie a été la foi des sahits,et de tant de saints disthignés par l'étendue de leur doctrine et la sublimité de leur génie.
Deuxièub partib. Comment la créance de Fétemité malheureuse doitnous exdter à la pratique des teuvres de la foi. Pour peu que nous nous aimions nous-mêmes d'un amour raisonnable et chrétien , fl n'est rien que nous devions plus craindre que cette étemité malheureuse, ni dont nous devions nous préserver avec plus de soin. Ornons oe pouvons l'éviter que par la pratique des ceuvres de la foi, c'est-à^dh^ par rinnocence et la sainteté de notre vie. Par conséquentcroire une étemité de pehie , cTest un des plus puissants motifs pourrons remettre dans la règle ou nous y maintenir, et pour nous porter à vivre en chrétiens. Deux qualités particulières de oe motif : c'est 1. le plus universd, 2. lephis sensH)le.
f . Motif le plus nniversd. Il serait à souhaiter qu'on ne s'adonnftt à ses devdrs et aux exercices du christianisme que par [le pur motif de Tamour de Dieu. Mais ce motif, après tout, n'est guère propre que des justes et des par* feits. Au lien que tous, justes, lâches, pécheurs, sont touchés de la crainte sahitaire des redoutables jugements de Dieu et de ses chfttiments étemds. Exemples de tant de mondains qui par là ont été convertis, et de saints même que cette pensée de l'étemité a soutenus dans la tentation.
2. Motif le plus seosible.;Car ce qui se foit sentir à nous sur la terre plus vivement , c'est la pdne et même la seule idée que nous nous en formons. Or d cda est vrai à regard d'un md passager, combien plus Fest-fl à l'égard d'un md étemd? L'étemité, dira-t-on, est incompréhensible, et le moyen de craindre ce qu'on ne comprend pas? mait c'est justement ce qui la rend plus terrible. Un md d grand qu'A est faiconcevable, voflà ce qui ddt nous sddr de frayeur, et nous foire tout entreprôidre pour nous en garantir. Le d^ordre est qu'oà n'y pense point, et l'impiété
même va jusqu'à regarder avec mépris un homme qui s*o»
cape de celte pensée et qai en parait toaché. Biais, qnoi qn'en dise le monde nbertin et impie, je la crains, cette affkvuse éternité , je la crains soayeralDement ; et plaise au del qoe je la craigne efficacement
LE YIIiGTlÈBII£ DIMÀNCBE APRÈS LA PEOTfiGOTE.
8im îM xfetJB POUR L*aoimEim ob là reucion.
Sujet. Il crut en Jésus- Christ, et toute sa nuÊison crut
comme luL
Parée que œ maître ne se contenta pas de enAre , mais qn'il parla sdon sa créance , qatl confessa Jésus-Christ de be«ehe«l par OBorres, il engagea tonte sa maison à croire femme lai Tel est le zèle qne noos dCTons aToIr ponr rbannenr delà reUgion.
DmnoR . Coonne chrétiens , nons reconnaissons dans notre religion deux qualités essoitielles, la Térité et la sainteté : la Térité de sa doctrine, et la sainteté de sa morale. De là soivent deox conséquences qoi doivent faire lont le fond de ce disoonrs. Notre religion est vraie; donc nous devons tons rhonorer par la profession de notre foi : première partie. Notre rdi^^n est sainte ; donc nous devons tons rhonorer par la pureté de nos mœars : deaiième partie.
Première partie. Notre religion est vraie; donc noos devons tons ]*honorer par la profession de notre foi. C'est une décision de Tapdtre , qne pour acqaÀîr la justice chrétienne et pour parvenir an salot, il fant deux choses : crohre dans le cœur, et faire au dehors profession de sa créance. Voilà l*hommage qu'ont rendu à la religion les premiers fidèles, et selon le témoignage de Tertoliien , rien n'a plus contribué à l'établir et à la répandre dans le monde, que la constance des martyrs à la professer hautement et aux dépens de leur vie.
Cette profession de notre foi et l'honneur qu'en retire' la religion , est pour nous d'un devoir si rigoureux , que nous n'y pouvons manquer sans en devenir responsables àDieu , à l'Église et à toute la société des fidèles. 4. Responsables àDieu , qui ne doit pas seulement être honoré par un culte intérieur, mais par un culte visible et extérieur. 2. Responsables à l'Église , qoi demande de nous et a droit de demander une confession publique, comme une ratification authentique et solennelle de la promesse faite pour nous dans notre baptême et de l'engagement contracté en notre nom. 3. Responsables à toute la société des fidèles à qui nous refusons l'exemple, et, dans cet exemple, le soutien que nous nous devons les- uns aux autres contre le libertinage.
Voilà de puissantes raisons ;'mais , par la pins crimindie prévarication» an Uen d'honorer notre foi en la professant, nous la déshonorons par nos scandales. Scandales directs, et oe sont des scandales de libertinage et d'irréligion. Scandales indirects, et ce sont des scandales d'indifférence, éb négligence, de respect faumaUi en matière de religion. 1. Scandales directs, scandales de libertinage et dlrréligion : railleries des choses saintes, préoccupations contre l'Église, discoun et raisonnements sur les articles de la foi, livres contagieux où la fol est artifideusement corronq[Hie, liaisons avec des gens connus pour être des incrédules et des athées, entretiens où se débitent des maximes formellement opposées à la morale de l'Évangile. 2. Scandales indirects» Scandales d'indifiérenoe : qu'il s'âève sur des
points importants quelques oentestatloos* on dit qii*oo ne prend prant de parti. Scandale de n^jHgence : on ne pratique nul exercice de religion. Scandale de complaIsuiGe : on prête Foreille aux paroles licencieuses de quelqaes amis dont la foi est très^nspecte. Scandale de respect humain : on n'ose parler pour la religion en présence d'un roatCTe, d'un grand. Soyons avec Dieu de bonne foi : et si noos sommes à lui faisons-le connaître.
DscxtÈiE PART». Notre religion est sainte, donc devons tous l'honorer par la pureté de nos mceurs. notre religion soit sainte, c'est un principe que nous < d^à établi dans un autre discours. De toutes les qualités qui la relèvent , Il n'en est point de pins excellente que sa sainteté; d'où il s'ensuit qoe ce qui Pbonore davantage, c'est ce qui fait plus éclater cette sainteté. Or, rien ne fidt plus paraître la sahiteté de la religion chrétienne, que la sainte vie des chrétiens : car on ne peut mieux juger de l'arbre que par ses fhiits , ni du principe que par ses effets. Ce n'est pas qu'indépendamment de notre vie, elle ne puisse être sainte en elle-même : mais c'est notre bonne vie qui la fait plus paraître sainte. Voilà pourquoi saint Paul et tous les Pères de l'Église ont tant exhorté les fidèles à se rendre irrépréhensibles dans leur conduite. Voilà ce qui a donné aux païens mêmes une si hante estime da christianisme.
Mais qu'est-il arrivé dans le coun des siècles? Cest que nous avons dégénéré de cette pcemière sainteté qui faisait autrefois flenrir le christianisme, eC dooC ses dé^BDsears se servaient pour en inspirer l'estime et ponr l'autoriser. Voilà comment nous déshonorons la religion ; car quoique dans le fond on ne puisse ni on ne doive rien lu* aUribuer de tout le mal que noos commettons, puisqu'elle le condamne, il n'est néanmoins que trop ordinaire à ses ennemis d'en prendre occasion de la décrier. Ne peut-on pas dire d'elle dans l'étal présent où nous la réduisons, cequ'on disait de Jérusalem dépeuplée et déserte : Hœceine est urbs per/ecli decoris ? Est-ce là cette religion jadis si florissante et si belle?
Il fout après tout reconnaître qu'il y a encore des Ames fidèles , et des chrétiens réglés et pieux , dont la conduite semble devoir en quelque sorte dédommager et consoler rÉgli6e.r Biais qu'est-ce que cette consolation, si nons avons égard à deux choses ; 1. à la mnltitode presque infinie de pécheurs qui déshenoroit leur foi; 2. àl'hijustiee des hommes, surtout des ennemis de la vraie religion, qui ferment les yeux à tout ce qu'il y a d'édifiant pour n'en être pomt touchés, et qui ne les tiennent ouverts qu'aux désordres dont ils sont témoins? Fasse le ciel qoe notre zèle se rallume pour l'honneur de notre foi! Cest amsi que , sans passer les mers, nous pourrons participer au ministère des apêtres. Nous sommes si sensibles à l'honneur d'une fomille où nous avons pris naissance : ne le serons-nous point à Thonneor d'une religioDOÙ noos aveas été régénérés?
LE VniGT ET UNIÈME IUMAUCIIE APRÈS LA
PENTECOTE.
8UB-LE PABBOIf B18 INJURES.
Sujet. Alors tan maître le fit appeler, et lui dit : Méchant serviteur, je vous ai remis tout ce que vous me deviez , parce que vous m'en aviez prié. Ne faU lait-il donc pas avoir pitié de votre compagnon , comme f ai eu pitié de vous ? Sur cela le maître indigné le livra aux exécuteurs de la Justice.
ITttteDdoiis pas «b traîtemeiit moins rigoureux de la part de Dieu , si nous ne pardonnons pas les injures que Boas p«é(eiidoM avoir Toçaet,
BnrisioN. Dieu a droit de iioas ordonner en ftrrenr dn prochain le pardon des injures que nous en avons reçues; première partie. Si nous refiisons an proeliain oe peîôatt, BOUS donnons à Dieu un droit partieolier de ne nous pardonner jamais à nous-mômes; deuxième partie.
PREwàRB PARTn. Dieu a droit de nous ordonner en fe* Tenr du prochain le pardon des injures que nous en avons reçues , et ilTexige en effet de nous comme maître , comme V^t comme modëe, comme juge.
1. Comme mattre. fl f a mi précepte du pardon des fa^ures; précepte fondé sur les ^us solides raisons : mais sans antre raisc», Fautorité seule de Dieu nous doit suffire, et voilà «fabord la réponse la plus courte et la plus décrive pour renverser tons nos piîstextes. Di^ le veut, c'est assez.
2. Comme père et bienfiiltenr. Cet honmie ne mérite pas que vous lui pardonniea; mais Dieu qui vous le do» mande, le mérite pour lui , afnrès voua avoir eomblé de ses grâces. Ce n'est pas à oelui^si on à celid-là que vous accorderez ce pardon, mais à Dieu qui veut l)ien se mettre en leur place. Quel avantage poor vous de pouvoir donner à votre Dieu oe témoignage de votre reeonnaissanoe et de votre amourt
3. Comme modèle. Que ne pardonne-t^û point dans tout le monde à tant de pécheurs, et que ne voos a4-il point pardonné à vous en partieuUer? Ne peut-il donc pas bien vous dire : Omne ddHHm dimisi tièif nonne oporhUt et te misereri? J'ai pardonné, et je vous al pardonné; pourquoi ne pardonnez*vons pas comme moi?
4. Comme juge. Peut-être doulez-vous que Dieu Toas ait pardonné jusqoes à présent. Hé bien t voici le moyen d'obtenir dans la suite le pardon de toutes vos fautes , «t cette rémission dont vous ne pouvez être encore certain. Dieu , en qualité de juge , vous dit : Pardonnez , et je vous pardonnerai moi-même : Dimittite êi dimittemini. Cette parole est précise et formelle.
DEoiièifB PAETiB. Si nons reftisens an prochain le pardon que Dieu nous ordonne et qu^ «zige indispensablement de nous, nous donnotis à Dieu nn droit ptftleuHer de ne nous pardonner jamais à nousHmêmet. CariJors nous nous rendons singulièrement coupables , et coupables en quatre manières : envers Dieu, envers Jésus-Christ Fils de Dieu , envers le proohafai substitné en la place de Dieu, et envers nous-mêmes. .
I. Coupables envers Dieu. Nous violons nn de ses préceptes les plus essentiels. Or commoit pouvons-nous espérer alors qu'A se laisse fléchir en notre feveur? Point deviiséricorde à ceM qui n'a pas fait miséricorde.
<|. Coupables envers Jésus<)bri8l Fils de Dieu. Nous
le renonçons en quelque manière dès que noQB renonçons an caractère le plus dlstinctif dn christianisme, qui est le pardon des injures et l'amour des ennemis. Or, par là n'obligeons4ious pas ce Dieu aauveur à se tourner contre
nous et à nous renoncer; et si Msus-Christ^ notre médiateur, nous renonce, à qui aurons-nous recours?
3. Coiqiahles envers le prochain substitué en la place de Dieu. Nous lui reAiaon» ce qui lui est dû en conséquence du transport que Dieu hii a fait de ses justea prétentions contre nous. Car Dieu lui a en eOèt transmis tous ses droits.
4. Coupables envers nous-mêmes. Nous nous démen* tons nous-mêmes et la prière que nous faisons tous les joui» à Dieu, en lui disant : Pardonnez-nous nos qf' /enses, comme nous pardonnons à ceux çui nous ont offensés. Ainsi nous prononçons contre noos-mêmes, par cette prière, notre propre condamnation. Dieu nous répond alors : Cestpar vous-mêmes que je vous juge. Parce que vous n'«ves pas pardonné, ne comptez pofait que je vous pardonne. Méditons bien ce Ameste anrêt, et pienene sur cela noire parti.