‹ Œuvres de BourdaloueChapitre 211 sur 225 · DiiBcnlté de réparer l'ii^ostice commise» et de rendre · texte numérisé non relu

DiiBcnlté de réparer l'ii^ostice commise» et de rendre

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ANALYSES DES SERMONS

on bieo doDt on se trouve Misi. Où Toit-on en effet des geos qui restitoent de bonne foi? Quelles peines même ne témoignent pes certains riches et certains grands du monde, quand il s*agît d*acqnîtter des dettes légitimement con* tractées ? Yoilà Tun des obstacles les plus invincibles à la conversion de tant de pécheurs. Dès qu'on leur parle de resatution, tous les bons sentiments où ils semblaient Mie s'évanouissent D'où vient cela? c'est qu'il n'est rien dans le fond qui répugne davantage et qui soit plus eontrafa« an naturel de rhomme , que de se dessaisir des choses qui flattent sa cupidité. Elle suggère miOe prétextes

que l'on écoute.

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DEUXiftaB PARTiB. Rien de plus liuix que l'impossibilité prétendue par la plupart des hommes de réparer le dommage causé au prochain, et rien de plus vrai que l'hnpoesibilité du salut sans cette réparation.

1. ImpossibiUté de restituer, communément Grasse et prétendue. On dit. Si je restitue, Je rufaie ma ftmiUe : il vaut mieux miner vos enfiyits que de vous damner et de les damner avec vous. On dit, Je dote maintenir mon état : votre premier deveh* est de rendre au prochain œ qui lui appartient On dit, n ne me restera pas même de quoi vivre :abaB, répondsafait Augusthi; car suivant oe principe, un voleur public pourrait Justifier ses larcfais. Oonflei-vous en la Providence; elle y pourvoira. On dit, Je me déshonorerai en restituant iflyades voies secrètes pour (Ure une restitution, sans hasarder sa répatatk». On dit, Où trouveraije toutes les personnes à qui Je suis re devable, etcomment dédommagerai^ tonte une vile, tevte une province? 1. Concevei on vrai désir de le ftdre, autant qu'il dépendra de vos (soins. 2. Cherchez-en de bonne foi les moyens. 3. Si vous ne poovei restituer tout, restitwK une partie. 4. Consultes un homme intelligent et sage. Biais parce que la cupidité vous domine, vous Toos contentei d*on examen superficiel , et vous n'en vouki croire que vous-même.

2.Impoes^téréelleet absolue du salut sans la restitution. Car la restitution , autant qu'elle dépend de nous, est d'une obligation fodispensaUe. Ni les prêtres n'en peuvent dispenser, ni Dieu même, sdon de très-habiles théologiens : mais , soit qu'il le puisse ou qu'il ne le puisse pas, il est certain qu'il ne le vent pas. Sans eeU le monde ne serait plus qu'une retraite de voleurs. On me dira que la contrition seule, et à plus forte raison johite avec le sacrement de pénitence, suffit pour se réconcilier i^cinemàitavec Dieu ifen conviens, mais suis nne volonté sincère et efficace de restituer, il ne penty avoir de vraie eontrltlon. Considères que ces bi^is fa^ustement acquis TOUS abandonneront un Jour, mais que les crimes qoe vous aurex commis en les acquérant ne vous abandonneront jamais. H faut ou lespeidre dès maintenant, ou perdre votre Ame éternellement. Que répondrez-vous à Dieu quand vous paraîtrez devant lui , et qu'il vous r^rochera toutes vos Iniquilés? Il n'y a qu'une restitution prompte et parfiiite qui puisse vous préserver de ses anatbèmes.

Lft YiNGT-TROISIÈIfE DIMANCHE APRÈS LA

PENTECOTE.

SUE LE Disn BT LB DÉGOÛT DB LÀ GOMMUNIOH.

Sui£T. EUe disait en ellMnéme : Si Je fntii eeukmetU toucher sa robe. Je serai guérie.

La seule robe de Jé8us<)hri8t guérit cette femme affli-

gée d'une longue Infirmité : que ne peut point à pins fotîm raison pour la sanctification de nos Ames cet adorable sacrement , où nous recevons Jésus-Christ même par la munlon?

Division. Deux sortes de dispodtions, ordinaires le christianisme , à Fégard de la communion : désir et dégoût Nous avons besoin d'instruction sur Tira et sur l*wtre. Désir de la communion, première partie; d^gofit de la communion, deuxième partie.

pEEnteB pABTiB. DésIr de la eommunSon. f. Mbtifis de ce désir. 2. Avantages de ce désir. 3. Règles de ce désir.

1. Motift de ce désir. Us se réduisent tous à on motiT général où Ils sont renfermés ; savoir : que toute Ame chrétienne doit désirer souverainement et par-dessus toute chose d'être unie à Jésus-Christ, puisque c'est en Jésns- Christ qu'elle trouve tous les biens. Or c'est lacommanion qui nous unit réeUemoit et substantiellement à Jésus- Christ. Mais ce désir de la communion peut-il convenir ik un pécheur dans l'état actuel de son péché? Oui :car toat exclu qu'il est de la sainte table par son péché, il peut néanmoins désirer d'y être rétabli, non point avec son péché, mais après s'être lavé et purifié de cette tache. Plus même un homme est pécheur, plus il doit désirer la communion, de la manière que je le viens d'expliqno* ; parce que plus fl est pécheur, plus il est malade et &lble , et qu'il doit par conséquent plus désirer ce qui peut le guérir et le fortifier.

2. Avantages de ce désir. I. Cest U première dispoaf* tion à la communion , quoique ce ne soit pas une disposition suffisante. Le sacrement de Jésos-Cbrist est une viande, et une viande ne profite iamais n^enx que lorsqu'on la mange avec appétit Jésus-Christ se tient honoré de ce désir, puisque c'est une marque de l'estime que nous faisons éb ce saint aliment qu'il nous offre. 2. C'est le principe et comme le mobile de toutes les autres dispositions. Car voulant communier, et ne voulant pas d'aHIeors communier indignement , Je me trouve engagé par Ut à ne rien obliger de tout ce qui me peut disposer à une bonne com. munion. Abus de notre siècle : au lieu d'exciter ce désir dans les&mes, on IravaiOeà l'y éteindre, et de là vient que l'usage de U communion est si négligé par la plupart des chrétiens.

3. Règles de ce désir. Il fout que oe soit un désir humble , un désir éclairé ou demandant à Fêtre , un désir prudent et sage, docile et soumis, en un mot un désir chrétien ; et non point un désh* présomptueux , aveugle , précipité, volage, opfaiiâtre et entêté. Dès que ce désir aura les qualités convenables , conservons-le , quoi qu'on paisse nous dire pour ramortir en nous et nous le faire perdre.

DBUxiàas PAam. Dégoût de la communion. U y a un dégoût de la communion qui vient de Dieu, et ily en a un qnl vient de nousmêmes et de notre fonds. L'un n'est qu'une épreuve de Dieu , ou qu'un châtiment passager de Dieu, et ce n'est point de quoi il s'agit ici; mais Fautre procède d'une mauvaise disposition de notre coeur, et c'est de cette sorte de d^ût qu'A est question. Voyons -en 1. le principe, 2. les suites funestes, 3. les remèdes.

f . Principe de ce dégoût. Cest le rdftchement delà vie. On quitte ses exerdcesde piété, on ne veut plus tant se foire de violenoe ni tant veiller sur soi; on s'accoutume à nne vie sensudle et délicate, à une vie dissipée et mon-

ANALYSES DES SERMONS

daine : oBraime, et tout ce qui est ctpable de la trovbler . devient insupportable. De là donc Ton conçoit de Féloigne* nient pour la communion, parce qu'elle demande une autre Tie que celle-là. Pourquoi tant de communions? ditHn. On se téOrt de la sainte table , et l'on se met ainsi plus an Urtg^ On parlait et Ton agissait tout autrement à ces temps d'une fënrenr chrétieme, où l'on était animé de l'esprit de Dieu.

2. Suites de ce d^oùt Comme le^reUchement de la vie porte au dégoM de la communion , le dégoût de la communion, parle retour le plus naturel, mais le plus funeste, porte à un nouTeau relâchement de yie. Car ce dégoût éloigne de la eomonmion; et moins ca communie, moins on a de grâces, moins on a de forces, moins on a de Tigilance, d'attention sur soi-même, de zèle pour son arancement, et par conséquent plus on se relâche. Voilà comment on a yu des personnes dans les plus saintes sociétés se déré|^;rtcooumiii on a vu les soci^és elles* mâmes tout entières se démentir ei deyenir le scandale de lardigion.

3. Remèdes de ce d^oùt 1. S'appUquer à bien comprendre le principe et les suites malheureuses du dégoût où l'on est tombé , et se fiûre là-dessus à soi-même d'utiles reproches ; 1. ne point sulTre le dégoût où l'on se trouTO, et agir même contre ce dégoût; 3. se confier à un directeur dont la conduite soit à couvert de tout soupçon, et prendre ses avis; 4. avoir recours à Dieu même , et lui demander instamment qu'il fléchisse notre coeur et rature à Int.

LE YINGT-QUATRIËME DIMANCHE APRÈS LA

PENTECOTE.

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