‹ Œuvres de BourdaloueChapitre 218 sur 225 · On w^imm^fÊim · texte numérisé non relu

On w^imm^fÊim

comme une ^ramé. Mlil Kltee à la ProvMKÉee, Fl^^se de Jésus-Christ n'avait pas besoin de l'avis prétendu salutaire qu'on a youlu nous donner là-dessus; car ce n'est point à Marie que nous offrons, comme à Dieu, des sacrifices : nous rhonorons d'un culte inférieur à cehrî de Dieu , mais supérieur à tout autre que cdui de Dieu, et c'est l'honorer judideusement.

2. On s'est plamt que les dévots de Marie lui donnaient des titres d'honneur qui ne lui appartenaient pas, surtout ceux de médiatrice et de réparatrice. Mais puisqu'elle est mère de Dieu , y a t-il un titre d'honneur qui ne lui convienne? et, en particulier, sahit Bernard ne rappeUe-t-il pas expressément médiatrice et réparatrice, et ne témoigne-t-il pas que de son temps c'était ahid que toute l'Église Fappdait? Or, c'est encore honorer judicieusement la Vierge que de lui attribuer les qualités que toute l'Église lui attribue. H n'y a qu'un médiateur de rédemption , qui est Jésus-Christ; mais il y a d'autres médiateurs d'intercession, et Marie, entre ceux-d, ne doit elle pas avoir la première place?

3. On s'est plaint du zde que font paraître les déyots de Marie à défendre certains privilèges qu'ils reconnaissent en die : privilège de grâce dans son hnmaculée conception ,

privilège de gloire dans sa triomphante assomption. Mais raisonnons toujours sur le même prindpe; de tous les privilèges qui, sans préjudider aux droits de Dieu, servent à rehausser l'éclat de la maternité divhie, y en a-t-fl un seul que nous puissions raisonnaUement lui contester? n'est-ce pas asses que ce soient des privilèges reconnus par lesplus savanUhommes dcFÉgllse, autorisés par la créance

commune des fidèles, appuyés an mohis sur les plus fortes

eoiqecturei tt ]fl8 tétooignages les plus solides ? Or tels sont les priTiléges qae noos lioiioroiis dans Marie , et c'est par là que nous les honorons prudeimneot. Faut-il donc que le ministère de la parole de Dieu soit aujourdlini nécessaire pour maintenir le culte que nous rendons à la plus sainte des Tîergcs? mais, malgré tous les eiïorts de l'hérésie, le culte de Marie a subsisté, et fl subsistera.

Dcin(iÉ3iE PARTIE. luroqucr Marie, mais Tinvoquer clfieacement. Nous pouTons invoquer Marie, puisque l'Église a défini que nous pouTOus invoquer les saints ; et que d'ailleurs il est certain que cette mère de Dieu a toute la miséricorde et tout le pouvoir nécessaire pour nous aider de son secours; c'est ainsi que les Pères ont raisonné. Non- seulement nous pouvons invoquer Marie , mais nous le devons : pourquoi? pour nous conformer À l'Église, pour nous attirer la grâce, pour nous procurer contre les dangers du monde une puissante protection , pour assurer notre salut. Mais le point est d'invoquer cette vierge efficacement , c'està-dire de telle sorte qu'elle puisse agréer nos prières, et que nous ne Finvoquions pas en Tain ; sur quoi il y a jeux extrémités à éviter, 1. trop de confiance dans la protection d(f Marie, 3. trop peu de confiance dans cette même protection.

1. Trop de confiance; car nous lui (kisons quelquefois des prières présomptueuses, et par là !n}arfeuses à Dieu , indignes de la mèie de Dieu , et pernicieuses pour nous-mêmes; or, de tdles prières ne peuvent être efficaces.

2. Trop peu de confiance. H semble, à entendre parler les censeurs do colle de la Vierge, qu'un pécheur, dans rétat de son péclié, ne peut avoir recours à elle, parce qu'il n'est pas actuellement contrit et pénitent, et parce qu'il n*a pas l'amour de Dieu. Mais, sans être actuellement contrit et pénitent, ne peut-il pas demander, par l'intercession de Marie, la grâce de la pénitence? et, sans avoir actuellement l'amour de Dieu , ne peut-il pas le désirer et l'obtenir par Marie? Dans un siècle où nous voyons tant d'âmes s'égarer et se pervertir; ne leur fermons pas les ▼oies du retour et du sahit. Or, une de ces voies les plus assurées , c'est une sincère confiance en Marie.

Troisième partie. Imiter Marie : 1 . ce que nous devons ftoaiter dans Marie ; 2. pourquoi nous la devons imiter.

1. Ce que nous devons imiter dans Marie, c'est sa sainteté; 2. la plénitude de sa sainteté; 3. la perfection de sa sainteté; 4. la persévérance et la fermeté invariable de sa sainteté.

2. Pourquoi nous la devons imiter : pour avoir part à la gloire dont elle prend aujourd'hui possession; c'est par le secours de cette vierge que nous pouvons imiter ses ttemples. Adressons-nous à elle pour cela ; dévouons-nous à elle comme un de nos rois , et disons une profession pubttqœ de notre dévouement

Prièro à la Viei^.

I*' POUR LA FÊTE DE TOUS LES SAlMTS.

Sujet. Dieu est admirable dans ses saints.

Admirable dans leur prédestination , dans leur vocation , dans toute l'économie de leur salut, dans leur béatitude et dans leur gloire. Mais n'en demeurons pas là ; car U y a des choses qui doivent encore pins nous toucher.

DrvisiON. Dieu est admirable de nous avoir donné les saints pour intercesseurs et pour patrons ; premièt« partie :

admirable de nous avoir proposé les «alnis pour modelée et pour exemples; deuiièrae partie» ^

pREmÈRE PARTIE. Admirable de nous avoir donné lee

samts pour mtereesseareetpom- patrons : pounfooi .M . parce qu'en cela Dieu nous découvre visiblement les trésors de sa sagesse et de sa piovideDoe; 2. parce que la gloire dee saints e»est inMmoit rdevée; 3. parce que nous y trouvons de très«gran^ avantages pour notre sahit.

1. Dieu , en nous donnant les saints pour patrons, nous découvre vieiMement lee trésors de sa sagesse et de sa providence : car c'est ainsi qiTil établit le plus bd ottlre et la subordhiation la phis pariaite qu'a puisse y avoir cotre les hommes. Ifoos dépàidons des saints, et notre dépendance nous est aimable , parce que noos savons qoe les samte s'intéressent en notre fiiveur. Leur élévatîoo , an lieu de les enfler, leor donne des inclinations bienftisaiites pour nous; et, au Heu d'exciter notre jalousie, elle nous inspire ime reconnaissance affectueuse pour eux. De phis , c'est ainsi que Dieo a trouvé le moyen d'entretenir une sainte correspondance entre l'Église triomphante dans le ciel , l'Église mUitante sur la terre, et l'É^ souftranle dans le iwrgatoire.

2. La ^ire des saints en est infiniment relevée. En effet, nous apprenons de là quel est le pouvoir des saints : et s'ils sent si puissants pour les autres , quels trésors de gloire ne possèdent-ils pas pour eux-mêmes ? quelle gloire d'être nos médiateurs auprès de Dieu , et des médiateurs à qui Dieu accorde tootl C'est par là même encore qae Dieu nous engage à les honorer nous-mêmes : en sorte qu'ils ont tout à la fois et les honneurs du del , et les hottneors de la terre.

3. Noos y trouvons de très-grands avantages pour notre saluL Les saints prient pour nous ; et comme leurs piières sont plus efficaces que les nêtres, elles contribuent dans un sens à notre salut plus que les nôtres : plus efiicacee, dis-je , que les nôtres, soit par la dignité des saints plos relevée , soit par leor charité plus ^rée, soit par leor attention beaucoup plus constante et plus fixe; enfin, par leur ferveur beaucoup plus ardente : aussi comtiien de hss les hommes ont-ils éprouvé les salutaires effets de leer protection I

Mais comment répondons-nous à leurs soins? Noos les déshonorons sur la t^re, nous violons les temples que l'Église a érigés sous leur nom , nous proCanons leurs Atoe. Aurons-nous après cela bonne grâce de reprodier ans hérétiques de notre siècle le mépris qu'ils ont fiiit do coite des saints? A cet abus qui regarde leur culte, nous eo ajoutons un autre qui est Fabus de leur invocation. Me parlons point de ces prières abominables qui lèraiefit dee saints, s'ils les écoutaient, les ftiuteurs de nos vices; ne parlons point de ces prières mondaines et intéressées qu'oo &ï% aux saints, pour des biens temporels, sans jamais leur demander des biens spirituels. Le grand abus de Tinvoca^ tion des saints dans les prières même en apparence ke plus rdigiéuses, c'est que nous voulons qu'ils demandent à Dieu pour nous ce que Dieu , selon les règles de et sagesse, ne veut pas nous accorder, et ce qu'il n'est paeè propos qu'il nous accorde. Nous les invoquons ; et du reste, comptant sur leur hiteroession , nous prétendons vivre sans vigilance , sans pénitence, sans gène. Souvenons-noof que , si les saints sont puissants auprès de Dieu , ils ne le sont pas au préjudice de Dieu même, et de ce que noue ta

ANALYSES DES SERMONS

datOM; el prenoos garde qu*au lieu d'être dob protoc^ tears, Os ne deTiennent nos aocusatears el noe juges.

Dgoxièmb paatie. Admirable de nous âToir proposé les sainls pour modèles et pour exemples; car cet exeo^ des saints opère en nous trois merreilleux effets : 1. il nous persuade la sainteté; 2. il nous adoucit la pratique de la sainteté s 3. il nous Ole tout prétexte par où nous pourrions nous déTendre d'embrasser la sainteté.

1. L'exemple 4es saints nous persuade la sainteté : com« aient ? En nous foisant comprendre d'une simple vne toute b perfection et tout le mérite de la sainteté : car qu'est-ce qu'un saint? C'est une idée réelle» Tisible» palpable et substantielle de toute la sainteté évangélique ; et Dieu , en nous le montrant, nous dit : Inspice, et foc secundum exemplar; Regarde , et conforme-toi à ce modèle. Or, il n'est pas possible de voir la sainteté, je dis la Traie sainteté, telle qu'elle a été dans les saints, sans l'estimer : cette estime en (ait naître l'aniour et le désir; et nous inspirer ces sentiments k l'égard de la sainteté, n'est-ce pas nous la persuader? L'exemple de Dieu n'était pas propre à faire sur nous le même effet, car, outre que Dieu est invisible , il n'est pas saint de la manière que nous devons l'être; notre sainteté doit consister dans la pénitence, dans la soumission , etc. , et tout cela ne peut conTenlr à Dieu. H fiiUait donc qu'il nous proposât des bommes comme nous et de même nature que nous : or, c'est ce qu'il a fidt. C'est par de semblables exemples que l'illustre Matatbias confirma ses enfants dans le culte du Seigneur, et c'est dans le même dessein que l'Église a ordonné qu*on ei^KwAt à nos yeux les images des saints.

2. L'exemple des saints nous adoucit la pratique delà sainteté : car il nous apprend, 1. qu'il n'y a rien d'impossible dans le sainteté, puisqu'il n'y a rien que les saints n'aient pu et qu'ils n'aient soutenu ; 2 qu'il n'y a rien même de si difficile qui ne puisse nous devenir agréable , puisque les saints y ont trouvé et goûté les plus pures douceurs. Ces pensées réveillent notre courage , et le courage facilite tout.

3. L'exemple des saints nous été tout prétexte par où nous pourrions nous défendre d'embrasser la sainteté. Détail des divers prétextes que l'exemple des saints détruit : ils pouvaient les alléguer aussi bien que nous. Qu'auronsnoos donc à répondre quand Dieu, dans son jugement dernier, nous demandera compte de l'affieuse différence qui parattra entre leur vie et la nêtre?

Compliment au roi.

n* POCm hk FÊTE nB TOUS LES SAIIfTS.

Sncr. Les disciplet de Jésus-Christ s'étant apprth ehés de lui , il se mit à les enseigner.

Que leur enseignait c« dirin Maître? La sdence des saints.

Division. Les saints ont trouvé le secret d'accorder dans le monde leur condition avec leur religion ; première partie. Les saints se sont servis de leur religion pour sanctifier leur oonditlon; deuxième partie. Les saints , par un heureux retour, ont profité de leur condition pour se rendre parfaits dans leur religion; troisièine partie. TeHa aétéla ideiioe des saints , et telle doit être la nôtre.

PâBnùKB PABTiB. Les saints ont aecordé dans le «onde leur condition avec leur religion : 1. Us n'ont point cherché liaaiirteté hors de tour condîtion; 2. Us se sont sanctifiés

jusque dans les conditions qui semblent les ptusupposéas k la sainteté; 3. par le moyen même de la pénitence, ilsont acquis la sainteté dans les conditions où ils «'étident engagés sans avoir consulté Dieu, et où le seul mouvement de leura passionsles avait hit entrer.

1. Ils n'ont point cherché la sainteté bon de leur oondi* tion;mais ils s'en sont tarasàlamaximedesaintPaul quand il disait aux Corinthiens : Que chacun travaille^ se sanc^ tifier dans rélal et selon l'état où U se trouvaU loraqu'U & embrassé la foi; car voilà lesens de ce passage: Unsuguàif queinquanoeatUmevoetUuseslfineapemumetUtqMd Deum. Ainsi les saints, sans se déranger et sans se déplacer, ont accordé la sainteté, les uns avec lagrandeur, et les autres avec l'humiliation ; les uns avec l'opulence, et les autres avec la pauvreté, etc. Or, ce qu'ils ont ûdt lorsqu'ils étaient k ma place, pourquoi ne le ferais-je pas comme eux? n'y ya-t-il pas de tout mon intérêt '

2. Ils se sont sanctifiés jusque dans les conditions qui semblent les plus opposées k la sainteté ; combien se sont sanctifiés dans la profession des armes? C'est donc une erreur de croire que ma condition m'empêche d'être saint : erreur qui ne sert qu'à nous décourager; au lieu que la pensée qu'on peut se sanctifier dans son état, donne de la confiance et anime* C'est encore une antre erreur, de se persuader qu'on serait plus à Dieu , et qu'on y pourrait plus être dans une condition moins exposée ; car celle où Dieu vous a appelé est celle où il vous a préparé plus de grâces, et par conséquent la plus sûre pour vous : Toilà ce qui a fixé les saints.

3. Us sont ianrtifiés, par k moyen 4e la pénitence, dans les conditions même où ils s'étaient engagés sans avoir consulté Dieu , et où le seul mouvement de leurs passions tes avait fait entrer. Ne pouvant plus sortir de ces conditions, ils ont cherché dans leur religion une ressource à leur malheur; et c'a été de pleurer devant Dieu, et de réparer, par une vie plus austère, plus exemplaire, plus régulière » le crime de leur imprudence : c'est ainsi que les saints ont su accorder leur condition et leur religion. Ce merveilleux accord leur a coûté; mais en peut-il trop coûter pour acquérir une science si salutaire?

Deuxième partie. Les saints se sout servis de leur religion pour sanctifier leur condition. Ce que Saloroon disait de la sagesse en demandant à Dieu qu'elle travaillât tonjours avec Ini, les saints l'ont pensé de la religion. Elle leur a serri , 1. pour éviter les désordres à quoi leur condition était sujette; 2. pour accomplir les devoh^ dont leur condition était chargée.

1. Ils se sont servis de leur religion pour éviter les désordres à quoi leur condition était sujette. Il y a dans chaque condition certains désordres essentiels que la religion seule peut corriger; mais les saints , en conformant leur condition à leur religion, s'en sont préservés ; sans cela la prospérité les eût éblouis , rabondance les eût corrompus : mais parce qu'ils s'étaient lait de leur religion comme une armure divine pour se défendre de toutes les tentations, rien ne les a pu pervertir : et Toilà ce que les païens même ont révéré. Or, puisque je professe la même religion , pourquoi n'en ferals-je pas le même usage?

1. Ils se sont servis de leur religion pour accomplir les devoirs dont leurooDditSonéUit chargée II y a dans toutce les conditions certabis devoirs pénibles et mortifiants, et sans la religion les saùiti auraient pris seulement de leurs

ANALYSES DES SEBMONS.

ooaditkMis ce qu'il y aTait d'utile et de oommode, et se tenient déchargés do reste; mais parce qaHs agissaleot per principe de religioD , ils ootsatisfidtà tout; eteny tatisftisaot, leur religion leur a tout fUt rapporter à Dieu. Que TOUS êtes admirable dans tos saints, 6 mon Dieu! et que la science de Tos saints est proibnde et sublimet

Tbomèhe Pkvm. Les sainU, par un heureux retour, eot profité de leur condition pour se rendre parfaits dans leur religion. Ils ont trouvé dans leur condition, 1 . de puissants motife pour s*exciter 4 la pratique de leur rdi^ ; 3. des moyens de glorifier Dieu et d'honorer leur rdiglon ; 3. des croix dont ils ont fait la matière de leur pénitence , et des sacrifices qu'ils ont eu le bonheur d'oOHr k Dieu dans resprit de leur religion.

1 . Des motifs pour s'exciler à la pratique de leur religion. Ce que leur condition les obligeait 4 foire pour le monde ne saffisait-il pas pour leur apprendre ce qu'ils defaient faire à plus forte rdson pour Dieu?

2. Des moyens pour glorifier Dieu et pour honorer leur religion. Combien ont &it pour Dieu de grandes choses, parce que leur condition les mettait en état de les faire? Si saintLouis n'eût pas été roi, aurait-Q porté tant de saintes lois? aurait-il bAti tant d'hôpitaux? Cependant, sans foire ce que saint Louis a foit , je trouverai toujours dans la médiocrité de ma condition de quoi marquer à Dieu mon 1^ et de quoi l'honorer.

3. Des croix dont Qs ont foit la matière de leur pénitence etdes sacrifices qu'ib ont eu le bonheur d'offrirà Dieu dans resprit de leur religion. Par là ib ont eu dans les conditions les plus relevées, et jusque dans les cours des princes, plus d'occasions de se sanctifier qu'on n'en a partout ailleurs. Soyons soumis et patients comme eux : c'est par la patience qu'on parvient k la même giofa« qu'eux.

ComplknentauroL

PODR LB joua ni Là oomteMunoif dbs «okib.

SuiR. Je vous du en véHié que Vheure estvemie, et c'est celle-ci , où Us fnorts entendront la voix du Fils de Dieu, et oà ceux qui rentendront, vivront.

Cette voix du Fils de Dieu, c'est la voix de son sang, qui , dans le sacrifice de l'autel , a été auyourd'hui offert k Dieu pour les morts ; il s'est fidt entendre àces ftmes que la justice de Dieu retient dans le purgatoire, et il leur a annoncé l'heureuse nouvelle de leur délivrance.

Division. Ne pas secourir les âmes du puigatoire , parce qu'on n'est pas persuadé des pemes qu'elles y souffirent, ni qu'il y ait un purgatoire, c'est une conduite aussi déraisonnable qu'elle est pleine d'erreur : première partie. Être persuadé des peines que souffirent les Ames du purgatoire, et ne pas travailler k les secourir, c'est une dureté aussi criminelle qu'elle estcontraire à la piété et aux lois mêmes de l'humanité : deuxième partie. Être disposé k secourir les Ames du purgatoire , et ne se servir pour cela que de moyens inefficaces, c'est un désordre aussi commun quil est déplorable dans le christianisme : troisième parlie.

PanntRK pamtib. Ne pas secourir les Ames du purgatoire, parce qu'on n'est pas pmuadé des peines qu'elles y souffirent , ni qu'il y ait un purgatoire , c'est une conduite aussi déraisonnable qu'elle est plehie d'erreur. Tdle est néanmoins la conduite des hérétiques et de ceux qui, par II-

bertinase, entrent sur œ point dans lews sentiments : conduite ok il est aisé de découvrir trois grands défauts.

1. Dans undontedespécufotion,ilssemettent Mih»> saïd de manquer A un des plus importants devoirs de la justice et de la charité chrétlenne:carenfinles hérétiques, malgréeux, sont Ibrcés de reconnaître que, comme ils n'ont point d'assurance qu'A y ait un purgrtoire, aussi n'ont-il» point d'assurance qu'il n'y en ait pas. Or, dans on tel doute, oonctare à ne point prier pour les morts, est-ce une condnHe sage? Nous qui croyons le purgatoire^ nona ne sommes pas pour cela certahis que ceux d'entre let morts pour qui nous prions en particulier, y soient nctnellenent ; car Us peuvent être , ou dans le ciel , ou dans renfer. Cependant nous prions toi^oars : pourquoi? parce que , comme dit saint Augusthi , il vaut mieux s'exposer à fUrepour cet Ames des prières superflues, que de se mettre en danger de ne pas fiire pour eDes des prières néees* safavs. Ainsi devraient raisonner les hérétiques.

2. ns ne prient pas pour les morts, parce quiis ne croient pss le purgatoire : mais, tout au contraire. Ils devraient crobe le purgatoire , parœ qu'il est évident et inoonfestnble qu'a fout prier pour les morts. Rien de phis solidement établi parFantorité de rÉcriture, par oelle des anciena conciles et des Pères , par toute hi tradition , que la prière pour les morts. Or , sll fout prier pour les mofts, fl y a donc un purgatoire. Mais pour ne vouloir pas tirer cette conaéquenee, les hérétiques nient le principe, et pour le nier Os reiettent des livres de l'Écriture irès-antbeatiqoes, et ne défèrent ni aux conciles, ni aux Pères, ni A la tradi* tion.

3.Decequie8tfakcertaintouchantlepurgaUMre,il8 sa fbnt un pr^ugé contre le purgatoire même. Par exemple » ce qui les choque, ce sont certaines pemtores sensible et affreuses qu'on nous en fait. Hais moi, si fêtais k leur place y je me dirais à moi-même : Je ne sais point expressément ni où souffirent les Ames des morts que Dieu purifie, ni ce qu'elles soufltent, ni comment cÂles souftent; mais sans examiner toutes ces circonstances , qid ne sont pohit essentieiles , il me suffit de savoir qu'elles souffrent, qu'il est juste qu'elles soufflent, et que je puis les soulager dans leurs soufllranoes. Quel bonheiv pour nous, fidèles catholiques, d'être les enfants d'une Égibe qui ne nous abandonne, ni pendant notre vie, ni après notre mortt

DicxtknE FARTiB. Être persusdédes peines que souffrent les Ames du purgatoire* et ne pas travailler A les secourir, c'est une dureté aussi criminelle qu'die estcontraire à la piété ^ aux lois même de l'humanité; elle blesse trois mtérêto différents : f. nntérêt de Dieu; 2. l'imértl de nos firères; 3. notre propre Intérêt.

l.L'faitérêt de Dieu:ear, délivrer une Amedupurgatofre, cTest procurer un accroissement de gloire A Dieu; c'est autant glorifier Dieu qu'on le glorifie par la conversion des hifidèles; c'est le gloriftor comme Jésus-Christ le glorifia lorsqu'il descendit dans les limbes pour en tirer les Aums des anciens patriarches; c'est, pour ainsi dire, tirer Dieu lui-même dTun état violent où il se trouve, obl%é qu'il est de punir des Ames qui hil sont cfaèras, et qu'A vendrait rassembler dans son sein.

a. L'intérêt de nos fkères: ils souffrent, et ce aoni DOS proches, nos parents, nos amis.

Page 1