LE SIÈCLE A DU CARACTÈRE
L'histoire en a la preuve en mains.
C'est l'exemple qui fait les Kbmmes.
Si Dieu renvoyait les RomaiAs^ Dans le pauvre siècle où nous sommes, Gaton tournerait à tout vent, Lucrèce serait une fille, Messaline irait au couvent, Monsieur Brutus à la Bastille.
L'ABBÉ CHÀLLIEU ET LE CARDINAL BKRNIS
Chaulieu, disciple d'Épicure, Et des GrAces heureux amant, Quand tu chantais si tendrement Ces vers, enlants de la nature,
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Qui t'inspirait? Le sentiment.
toi, qui veux suivre ses traces.
Abbé galant et délicat,
Dont les pinceaux donnent aux gr^es,
Cet air coquet de ton état,
Qui t'inspire cette finesse,
Ces traits choisis, cet agrément,
Qui voilent le raisonnement,
Et font badiner la tendresse ?
Tu me réponds : c Le sentiment. »
Mais viens sur la verte fougère
Voir folâtra cette bergère ;
Quelle tendre simplicité!
Son amour lui sert de parure ;
11 rend touchante sa beauté ;
On la'prendrait pour la Nature
Sous les traits de la Volupté*
Ne dis- tu pas : Telle est la muse
De Ghaulieu, cet aimable auteur;
11 me touche lorsqu'il' m*amu se,
Son esprit ne parle qu'au cœur.
S'il tient en main sa tasse pleine,
Il est Bacchus, je suis Silène.
Lorsque sur les lèvres d'Iris,
Il cueille ces baisers humide^j,
Dont les plaisirs vifs et perfides
Suspendent tous les sens surpris,
Et livrent les nymphes timides
A leurs satyres enhardis.
Mon âme s'enivrt^, avec elle
Des torrents de sa volupté;
Je songe... Plus d'une beauté
Sait les nuits que je me rappelle.
S'il cesse d'être Anacréon^
Pour s'instruire chez Épicure,
11 détruit la demeure obscure
240 CiJAMbOBT.
Où Terreur voyait FÂchéron.
 sa Toix mon cœur se rassiue.
Et mes plaisirs bravent Phiton.
Plus froid, éblouis davanlajçe; Bemis, je vois dans ton ouvrage Autant d'éclat et moins d'appas; Ton esprit obtient mon suffrage.
Mais mon cœur ne le donne pas.
Ta muse est l'adroite coifuetie Qui sait placer un agrément, Faire jouer un diamant.
Femme adorable, un peu caillette; Toujours en habit arrangé, Possédant l'art de la toiletté, Et redoutant le négligé.