IMITATION DE MARTIAL
J'ai fui loin de la ville, Ariste, et pour jamais : J*ai vu votre surprise, et je vous la pardonne. Quitter Bome et ses jeux, son cirque, son palais ! Tout Romain de nos jours, en pareil cas, s*étonne. Ecoutez mes raisons ; vous jugerez après.
Dans Rome, For payait mon étroit domicile :
Sans frais, j'ai dans les champs agrandi mon asile. Une cendre économe, en mon humble foyer, Réprimait la chaleur d'un ruineux brasier :
Ici la flamme brille, et le chêne et le hêtre Pétille impunément dans un âtre champêtre.
Chez vous, à chaque pas, ma bourse décroissait; Chacun de mes besoins, vivre m'appauvrissait : Du luxe de mon champ ma table est décorée; ^ mon rustique habit j'admire la durée.
u^ châmfort.
Pour chercher yos plaisirs et quelquefois renuui, On me vit me contraindre et dépendre d'autrui : Je dépends de moi seul pour être heureux et sage, fit j'ai fait loin des cours ma fortune au village. Cultivez donc les grands : demandez-leur «n vaiu Ce qu'en changeant de lieu vous obtenez soudain !
Depuis un temps Laharpe a des aieux :
Surcroît d'orgueil. Le vitrier, son frère, En est blessé; moi je suis furieux, Bien moins pourtant que la limonadière.
Eh ! mon ami, baisse les yeux sur moi :
Ma race est neuve, il est vrai, mais qu'y faire? Dieu ne m'a point accordé, comme à toi.
Prés de trente ans pour bien choisir mon père,
Je touche au midi de mes ans, Et je me dois tons mes instants Pour jouir, non pour taire un livre.
Ami, penser, sentir, c'est vivre :
Ëcrire, c'est perdre du temps.