‹ Œuvres de ChamfortChapitre 3 sur 32 · CHAMFORT PEINT PAR ROEDERER · texte numérisé non relu

CHAMFORT PEINT PAR ROEDERER

Journal de Paiiis, 18 mars 1795.

niALOGUE ENTRE UN REDACTEUR ET UN AMI DE CHAMFORT.

L'Ami. — Est-ce que vous ne défendrez pas Chamfort contre tant d'attaques ?

Le Rédacteur. — Ma foi, je n'en sais rien.

L*Ami. — Pî'étiez-vous pas de ses amis?

Le Rédacteur. — J'en étais, certainement.

L'Amï. — Et vous Tabandonneriez !

Le Rédacteur. — N'a-t-il pas été terroriste?

L'Ami. — Oui, jusqu'à la menace; non, jusqu'aux actions.

I II croyait nécessaire de paraître terrible, pour éviter d'être

^ I cruel. 11 s'est arrêté quand il a vu la férocité frapper avec les

• armes que le patriotisme alarmé ne voulait que montrer. Le

confondriez-vous avec les hommes de sang ?

Le Rédacteur. — Non; mais je ne le mettrai pas non plus au nombre des esprits sages qui ont prévu les conséquences des déclamations incendiaires, ni des âmes courageuses qui ont travaillé à empêcher les fureurs populaires, ni même des âmes sensibles qui en ont constamment gémi. N'est-ce pas lorsque la terreur l'a atteint lui-même, qu'il a cessé d'applaudir au terrorisme ?

L'Ami. — C'est bien avant; et il ne s'est pas borné au silence; il a frappé sur le terrorisme dés qu'il l'a vu crueb

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comme il Tavait fait sur le despotisme dans tous les temps, et SUT le modérantisme quand il Ta cru dangereux. Ignorez-vous qu il fut mis en arrestation pour avoir refusé à Hérault-Séchelles d'écrire contre la liberté de la presse? N'avez- vous pas entendu citer ce mot qui lui échappa au sujet de la fraternité, que les tyrans proclamaient sans cesse : « Ils parlent, dit-il, « de la fraternité d'Étéocle et de Polynice. » Ce fut lui qui, enteodant déplorer Tindifférence du public pour les chefs-d'œuvre de la scène tragique, l'expliqua en ces mots : « La tragédie"^ ( ne fait plus d'effet depuis qu'elle court les rues. » Ce fut lui qui dit de Barrére, à la naissance de son pouvoir : « C'est un « brave homme que ce Barrére ; il vient toujours au secours du « plus fort- j» — « C'est un ange que votre Pache, dit-il un «jour à un ami de celui-ci; mais à sa place, je rendrais mes « comptes. » Ce furent ces discours, et cent autres que ceux-là supposent, qui indisposèrent les décemvirs contre lui. On sait qu'au moment de son arrestation il fit ce qu'il put pour se tuer; rerais en liberté, ses amis lui reprochèrent d'avoir tenté de se donner la mort: « Mes amis, répondit-il, du moins je ne « risquais pas d'être jeté à la voirie du Panthéon, » C'est ainsi qu'il appelait cette sépulture depuis l'apothéose de Maral. Quelque temps après sa délivrance, un des amis qui lui ont fermé les yeux, Colchen, le félicitait d'être échappé à ses propres coups ; Chamfort lui répondit : « Âh ! mon ami, les horreurs que je vois • me donnent à tout moment l'envie de me recommencer. » Ne voyez -vous pas, dans ces paroles, les sentiments d'une âme sensible et courageuse?

Le Rédacteur. — Je me plais à les reconnaître en lui; mais pourquoi donc cet emportement de paroles, ce débordement d'invectives et de menaces contre les mêmes castes, contre la plupart des mêmes individus que Marat et Bobespierre proscrivirent depuis ?

L'Ami. — Vous l'avez dit : parce que Chamfort n'était pas un esprit sage; j'ajouterai même qu'en politique il n'était pas un esprit éclairé. 11 avait vu les abus et les vices attachés à l'ancien régime ; il leur avait juré la guerre ; et il croyait néces-

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saire de ia faire à outrance, sans précaution, comme sans mesure : voilà son erreur.

Le Rédacteob. — Mais n*y a-l-il pas eu du mauvais cœur dans sa conduite, et au moins de cette méchanceté qui se plaît à nuire, pour peu que la justice y autorise; de cette méchanceté qui n'est pas celle du scélérat, mais celle de l'homme dur et violent ?

L'Ami. — Nullement ; et ce qui le prouve, c'est qu'il a cessé ses emportements dés qu'il a vu qu'on prenait à la lettre les discours des Marat et des Robespierre ; il voulait faire peur et non faire du mal, puisqu'il s'est arrêté dés qu'il a vu qu'on faisait mal pour faire mal, et encore pour faire peur.

Le Rédacteur. — Mais n'a-t-il pas voulu satisfaire des vues personnelles? n'est-ce pas son intérêt qui lui a conseillé de flatter les partis dominants ?

L'ÀMf. — Son intérêt n'a été pour rien dans sa conduite. Toujours Ghamfort s'y montra supérieur ; disons plus : il en fut toujours l'ennemi. Non-seulement il s'attacha à la Révolution, mais même il poursuivit avec passion jusque sur lui-même tous les abus, ou ce qu'il croyait être les abus de l'ancien régime. 11 se déchaîna contre les posions, jusqu'à ce qu'il n'eût plus de pension ; contre l'A cadém ie, dont les jetons étaient devenus sa seule ressource, jusqîTà ce qu'il n'y eût plus d'Académie ; contre toutes les idolâtries, toutes les servilités, toutes les courtoisies, jusqu'à ce qu'il n'existât plus un homme qui osât se montrer empressé à lui plaire; contre l'opulence extrême, jusqu'à ce qu'il ne lui restât plus un ami assez riche pour le mener en voiture ou lui donner à diner. Enfin il se déchaîna contre la frivolité, le bel esprit, la littérature même, jusqu'à ce que toutes ses liaisons, occupées uniquement des intérêts publics, fussent devenues indifférentes à ses écrits, à ses comédies, à sa conversation. Il s'impatientait d'entendre louer son Marchand de &myme comme une comédie révolutionnaire ; il s'indignait même qu'on se crût réduit à tenir compte de si faibles ressources pour servir une si grande cause. « Je ne croirai « pas à la Révolution, disait-il souvent en 1791 et 1792, tant

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i< que je verrai ces carrosses et ces cabriolets écraser les pas- « sants. » Voici une anecdote qui le caractérise. Le lendemain du jour où TÂssemblée constituante supprima les pensions, / nous fûmes lui et moi voir Marmontel à la campagne. Nous le trouvâmes, et sa femme surtout, gémissant de la perte que le décret leur faisait éprouver; et c'étaient pour leurs enfants qu'ils gémissaient. Ghamfort en prit un sur ses genoux : « Viens, dit* « il, mon petit ami, tu vaudras mieux que nous; quelque jour « tu pleureras, eij apprenant qu'il eut la faiblesse de pleurer a sur toi, dans l'idée que tu serais moins riche que lui. b Ghamfort perdait lui-même sa fortune par le décret de la veille. — Si Ghamfort, comme on voit, ne passait rien aux autres, il ne se passait rien non plus à lui-même, il fut misanthrope peut-être, mais non pas inhumain; il haïssait les hommes, mais parce qu'ils ne s'aimaient point; et le secret de son caraclére est tout entier dans ce mol qu'il répétait souvent : « Tout homme qui, j « à quarante ans, n'est pas misanthrope, n'a jamais aimé les/^ « hommes, b On lui a reproché d'avoir été ingrat envers des amis qui l'avaient obligé pendant leur puissance; et l'on s'est fondé sur son ardeur à poursuivre les abus dont ils vivaient. La belle raison ! La preuve que Ghamfort ne fut point ingrat, c'est qu^il resta attaché à ses amis dépouillés d'abus, comme il l'avait été qn^nd ils en étaient revêtus.

Le Rédacteur. — A ce compte, il n'y aurait qu'à admirer dans Ghamfort; et ce que vous appelez le défaut de sagesse de son esprit ne serait que la faculté de s'émouvoir trop vivement pour le bien et contre le mal!

L'Ahi. — Vous allez maintenant trop loin. La morosité de Ghamfort, sa misanthropie, furent des défauts sérieux ; il irrita souvent des gens qu'il aurait pu ramener; il affligea des hommes honnêtes par des jugements inconsidérés. 11 provoqua sans le vouloir, il autorisa des passions perverses, et arma des hommes atroces de maximes violentes et de raisonnements spécieux; et, quand il avait lancé un mot piquant ou accablant sur quelque homme que ce fut, il ne revenait plus sur l'opinion qu'il en avait donnée, non qu'il fût arrêté par la crainte méprisable de déprécier

un mol saillant, mais plutôt parce qu'il voulait se faire craindra d*un ennemi qu'il croyait trop blessé pour ne pa^ être irrécoii , ctliable; c'est ainsi qu'il resta toute sa vie le détracteur de U Uarpe parce qu'il l'avait été un jour ; il s'obstina à soutenir que cet excellent littérateur, dont il honorait d'ailleurs le patriotisme, ne savait pas le latin, parce qu'il l'avait surpris autrefois je ne sais dans quelle erreur sur le sens d'un mot de Tite-Live. Ces travers sont inexcusables; mais je ne puis pour cela passer condamnation sur des reproches qui att(\quent le fond de son cœur.

Le Rédacteur. — Je vous entends; mais, après tout, à quoi bon célébrer Charafort? Qu'a-t-il fait pour la Révolution ? Il n*a pas imprimé une seule ligne pour en hâter ou en arrêter la marche suivant les circonstances, non plus que pour Téclairer.

L'ÂMi. — Comptez-vous pour rien une foule de mots saillants, qui ont passé mille fois dans toutes les bouches? Sa réponse à des aristocrates qui, après le 14 juillet 1789, se demandaient douloureusement ce que devenait la Bastille : « Mesu sieurs, elle ne fait que décroître et embellir. » Ces autres paroles sur la manière de faire la guerre à la Belgique : « Guerre « aux châteaux! paix aux chaumières! » paroles qui, pour être devenues l'adage du vandalisme et de la tyrannie en France, n'eu étaient pas moins justes et politiques relativement à des ennemis étrangers et des agresseurs cruels; cette prédiction» malheureusement démentie par M. Pitt, mais qui devait bii servir de leçon, et fournira à TAngleterre un éternel reproche contre lui : « L'Angleterre ne fera pas la guerre à la France, elle « aimera mieux sucer notre sang que de le répandre ; » enfin celte réflexion décisive sur des projets de loi proposés à TAssemblée constituante pour réprimer la licence des écrits calom-

\nieux : « Toute loi sera inutile contre la calomnie, parce qu'elle « se vend bien, b Chamfort imprimait sans cesse; mais c'était dans l'esprit de ses amis. 11 n'a rien laissé d'écrit; mais il n'aura rien dit qui ne le soit un jour. On le citera longtemps ; on répétera dans plus d'un bon livre des paroles de lui, qui sont Ta-

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brégé ou le germe d'un bon livre.... Ife craignons pas de le dire : on n'estime pas «i sa valeur le service qu'une phrase énergique peut rendre aux plus grands intérêts. 11 est des vérités importantes qui ne servent à rien, parce qu'elles sont noyées dans de volumineux écrits, ou errantes et confuses dans Fentendement; elles sont conmie un métal précieux en dissolution: en cet état il n'est d'aucun usage; on ne peut même apprécier sa valeur. Pour le rendre utile, il faut que TarUste le mette en lingot, Taffîne, Tessaye, et lui imprime sons le balancier des caractères auxquels tous les yeux puissent le reconnaître. Il en est de même de la pensée. Il faut, pour entrer dans la circula' tion, qu'elle passe sous le balancier de T homme éloquent, qu'elle y soit marquée d'une empreinte ineffaçable, frappante pour tous les yeux, et garante de son aloi. Ghamfort n'a cessé de frapper ce genre de monnaie, et souvent il a frappé de la monnaie d*or; il ne la distribuait pas lui-même au public, mais ses amis se chargeaient volontiers de ce soin ; et certes il est resté plus de choses de lui, qui n'a rien écrit, que de tant d'écrits publiés depuis cinq ans et chargés de tant de mots.

Le Rédacteur. — Je me rends, citoyen; mais que puis-je faire de mieux pour la mémoire de Ghamfort que d'écrire notre entretien et de le publier? y consentez-vous?

L'Am. — Volontiers.

ROËDËRER.

Dans le numéro suivant du Jodrhal de Paris, on remarque la note suivante :

A la bonne heure, citoyen, quelques mots fins ou énergiques, quelques anecdotes rapidement contées, réduites dans un cadre ingénieux, voilà ce qui compose votre morceau sur Ghamfort, voilà ce qui plaît à tous les lecteurs, et non des discussions à la

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fois pesantes et étranglées, des disputeurs, des dissertaleurs, des docteurs de quelque genre que ce soil, de Salamanque ou de la comédie; vos deux pages valent mieux qu'une vie en deux volumes. Quand on les a lues, vingt souvenirs reviennent encore. Je Tai connu, dés la jeunesse, ce Ghamfort; et je doute beaucoup qu'il tût digne d'être misanthrope à quarante ans, si, pour en avoir le droit, il faut avoir aimé les hommes. Il n'aima jamais que Ghamfort : c'était un homme habile à lancer un trait d'esprit acéré, comme une arbalète chasse une flèche. Je vais en dire quelques mots, non par le besoin de médire (il n'y eut pas plus entre nous' de haine que d'amitié), mais par le désir d'être vrai, et de bien juger ceux qui ont été désireux de paraître, et qui ont eu la triste ambition d'être craints.

Ghamfort le fut toujours ; sa figure était charmante dans la jeunesse; le plaisir l'altéra étrangement, et l'humeur finit pai ]a rendre hideuse. 11 ne montra d'abord que de la gaieté, et seulement un petit germe de méchanceté; mais ce germe ressemblait au plus petit des grains qui devient un arbre : il ombragea toute sa vie. Après un succès académique, il essaya la carrière des négociations ; il eut une correspondance qui ne fut remarquée que par des lettres outrageusas contre l'ambassadeur qu'il avait suivi. On peut croire qu'il revint à Paris; et il dit que la politique n^était que du haut allemand. Soit qu'on eût dégoûté M. de Ghoiscul de ce caractère trop acre, soit qu'on lui eût laissé ignorer ses talents, Ghamfort désespéra ou dédaigna d'être replacé, et il se dévoua aux lettres.

Parmi ceux qui se firent connaître dans le même temps, je me rappelle l'abbé Delille, non moins fécond en saillies. Leur caractère modifia bien diversement leur esprit. Delille a toujours plu comme un enfant. Ghamfort sollicitait le rire et se faisait redouter.

Les bons mots de Ghamfort se heurtèrent bientôt contre ceui de Duclos.

Ghamfort remarqua, il imita, il surpassa peut-être ce ton de flatteur brusque, cet art de caresser les grands avec une apparence de rudesse qui avait valu à Duclos, de la part d'un autre

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malin, Tépithéte de faux sincère. Mademoiselle Quinault, qui me Ta dit, lui donnait un autre nom assez plaisant, don Brusj ]/ quin d* Algarade, Chamfort eût mérité cette grandesse. J*ai vrf de ses fureurs. J'ai ri de Thumilité où il tenait Pélégant Vaudreuil, son patron. Celui-ci s'occupait sans cesse à lui procurer des accès à la cour ; et Chamfort se résignait à accepter de petits titres en faveur des pensions ; c'est ainsi qu'il fut secrétaire de madame Elisabeth. On Fembarrassa beaucoup, en le voulant faire secrétaire de l'ordre du Saint-Esprit ; il y avait encore là deux mille fnincs de pension à gagner. Mais une espèce de demicordon bleu à porter en sautoir gâtait l'affaire. Cela avait l'air subalterne; et c'était alors que Chamfort invoquait la religion de l'égalité, qu'il n'eût jamais connue s'il avait pu porter ce même cordon de Vépaule dextre à la hanche gauche»

D'ailleurs on lui rappela qu'il avait dit à notre excellent Ducis, à qui on proposait le cordon de Saint-Michel : « Que feras* « tu de ce ruban? tu ne l'auras pas plutôt qu'il faudra le por- « ter. » La Révolution vint; vous avez conté le reste. Il finit par s'enivrer de démocratie et de mauvais vin, et puis se tuer, se manquer, se recommencer. Je vois en lui beaucoup de rage, et cherche son humanité', 11 dédaignait à la fin qu'on vantât son Marchand de Smyrne; la ieune Indienne n'est guère qu'une élégante bagatelle, dont on doit, ce me semble, l'idée à Métastase. Son éloge de Molière a été lu; mais on relit surtout celui de la Fontaine. Quand il l'écrivit, il était loin des sublimités du sans-culottisme.

Nous croyons avoir réuni tout Ghamfort en ce volume. C'est d'autant plus Ghamfort, que nous avons dégagé son œuvre de ces imitations malencontreuses, par exemple sa tragédie et ses essais de style éloquents, vers et prose, qui appartiennent de droit à la mémoire de Gampistron et de Thomas. Ghamfort n'est pour ainsi dire Ghamfort que lorsqu'il n'a pas songé â Tétre.

Nous commençons le volume par la plus vraie expression^ de Ghamfort, par son esprit jeté au hasard du mot, du trait, de rhumenr, de la méchanceté, de la philosophie sur les hommes et les choses de son temps. Les Caractères et Portraits sont encore ce qui a -été dit de plus franc et de plus vif sur les contemporains de Ghamfort.

Après les Caractères et Portraits, nous réimprimons le Marcliand de Smymey qui est resté au répertoire du Théâtre- Français. ^

Viennent ensuite les Étoges de Molière et de la Fontaine.

Nous n'avons pas osé condamner les vers de Ghamfort, nous avons recueilli tous ceux qui peignent quelqu'un ou quelque chose, tous ceux qui sont marqués à l'esprit, au coin de Ghamfort.

Après les vers, nous réunissons les pages les mieux réussies parmi les lettres, les études, les essais.

Enfin nous avons clos cette édition définitive de Ghamfort par les Maximes et Pensées. Un peu d'alliage s'est mêlé à l'or pur dans le creuset de Ghamfort, depuis cinquante ans, plus d'une effigie s'est effacée à courir le monde, mais combien de ces maximes et pensées sont encore la meilleure monnaie de l'esprit français!

L'Éditeur,

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