CHAPITRE XL
p^tonent 1\T ^* us partifmes de l'Ule Percée le dix neuf ^ c 1IflcPer " N iour du did: mois pour retourner à Tadoufac. Comme nous tufmes à quelques trois lieuës du Cap
Tourmente, l' liUcfqUC ( 2), ÎIOUS tllflTlCS Contrarie/. d'vilC tOUT-
I I ) Probablement le lac Méupcdiac. (Voir la tarie de lolî.i
I z i La tradition, relativement a ce cap, ne parait pas s'etre bien conservée ; on ne le trouve même pas mentionné dans la plupart de nos cartes modernes. Parmi le* ancien» géographes, le> tins le placent a peu préi a mi-chemin entre le cap des Rosiers et Matanc, et les autres a quinze ou vingt iicuc.* environ à l'c-t du cap Cliate.
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mente, laquelle dura deux iours, qui nous feift "Tô^T relafcher dedans vne grande anfe, en attendant le beau temps. Le lendemain, nous en partifmes, & fufmes encorcs contrariez d'vne autre tourmente. Autre tour- Ne voullant relafcher, & penfant gaigner chemin, mcu,c " nous fufmes à la cofte du Nort, le 28. iour de iuil- Coiiedu
... ^ r • CL C T ^" urt °" lluus
let, mouiller 1 ancre a vne anle qui eltiort mauuailc reiaïchaimcs. à caufe des bancs de rochers qu'il y a. Cette anfe(i) eft par les 51. degré & quelques minutes (2).
Lelendemainnousvinfmcsmouillerl'ancreproche d'vne riuiere qui s'appelle Sainde Marguerite, où il ui ^vj^ y a de pleine mer quelques trois bralFes d'eau, 8c Marguerite, braflc Se demye de baffe mer; elle va affez auant. A ce que i'ai vu dans terre du cofté de l'Eft, il y a vn fault d'eau qui entre dans ladicle riuiere, & vient de quelque cinquante ou foixante braffes de haut ; d'où procède la plus grand part de l'eau qui defeend dedans. A fon entrée, il y a vn banc de fable, où il Cof(c fa peut auoir de balle eau demy braffe. Toute la cofte Wonncufc du collé de l'Eft eft fable mouuant; où il y a vne poinde à quelque demy licuë(3) de ladidle riuiere qui aduanec vne demie lieuë en la mer, & du cofté de l'Oueft, il y a vne petite ille. Ccdicl: lieu eft par les 50. degrez. Toutes ces terres font très mauuaifes, ^ s cs remplies de fapins. La terre y eft quelque peu haute, mais non tant que celle du Su.
A quelques trois lieues, nous paffafmes proche d'vne
(O Vraisemblablement la baie Moisic, à l'ouest de laquelle il y a un banc de rocher» irc>-dangcrcux.
( z i Cette hauteur, qui e.<t celle du détruit de Bcllc-Idc, est évidemment trop forte. Suivant Bjvficld, le fond de la baie Mui.sic est à 50^ 17'.
( } ) 11 A quelques deux lieues, 1, se trouve la pointe à la Croix. Il y a tout lieu du croire que le manuscrit portait deux iuu.s, et que le typographe aura lu Jemy iiiut.
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1603. autre riuiere (1), laquelle fcmbloit cftre fort grande, Riuiere. barrée neantmoins la plufpart de rochers. Aquelques D-vnc 8. lieuës(2) de là, il y a vnc pointe (3) qui aduance EiccTia vne lieue' & demye à la mer, où il n'y a que braiTe mcr - & demye d'eau. Pafle cette poin&c, il s'en trouue p ^*"J£ autrc vne autre (4} à quelque 4. lieues, où il y a aiTez d l eau.
Toute celte colle elt terre baffe & fablonncufe. DVne bonne A quelque 4. lieues de là, il y a vne anfe où entre pêu C tqu»mé vnc riuiere (5). Il y peut aller beaucoup de vaiiTcaux de vaiffeaux. du cofté de fOiielt. C'eft vne poincle balTe qui aduance cnuiron d'vne lieuë en la mcr. Il faut ranger la terre de l'Hit (6) comme de trois cents pas pour pouuoir entrer dedans. Voilà le meilleur port qui elt en toute la coite du Nort; mais il y faict fort dangereux y aller, pour les baffes & bancs de fable qu'il y en a en la plupart de la cofte prés de deux licuès en mcr.
Baye. On trouue, à quelques fix lieuësde là vne baye(7) où il y a vne ille de fable. Toute laditte baye elt fort batturiere, ii ce n'elt: du colté de l'Elt, où il peut auoir quelque 4. bralTes d'eau. Dans le canal qui entre dans laditte baye, à quelque 4. lieues de là, il
Anfc. y a vnc belle anfe, où entre vne riuiere. Toute
( 1) Li rivière des Rocher*, qui s; jette dans la baie du même nom. ( 2) "Dix-huit lieues. 11 • Voir la note suivante).
( 3) Cette pointe doit être la pointe des Monts, qui est i environ dix-huit lieues de la baie des Rochers; car, dans tous ces parages, il n'y a pas d'autre pointe aussi considérablc, et où il y ait si peu d'eau. Peut-être ne faut-il voir ici qu'une faute de typographie; cependant, il est possible aussi que l'auteur aie été trompé par les courants. Au bas de la pointe des Monts, il se fait, du côte du nord, comme un immense remous; de sorte que le vaisseau était porté sur la pointe, lorsque l'on croyait avoir à lutter contre la marée.
(4) Le cap Saint-Nicolas.
(ç) La rivière de Maniomagan.
(6) Par rapport à la baie, ou à l'entrée de la rivière, il faudrait dire : «la terre du Nord. « Mais, par rapport au cours de la rivière même, l'expression est juste. (-) La baie des Outardes.
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cette cofte eft baffe & fablonneufc. Il y defcend vn î ( )0 7 fault d'eau qui eft grand. A quelques cinq lieuës de coiic falà(i), il y a vnc poincte qui aduancc cnuiron dcmy blonneure lieuë en la mer, où il y a vne ance(2j; & d'vne poindte à l'autre, il y a trois lieuës, mais ce n'eft que battures où il y a peu d'eau.
A quelque deux lieuës, il y a vne plage où il y a vn bon port 8c vne petite riuiere, où il y a trois illes (3), & où des vailTeaux fe pourroient mettre à l'abry.
A quelque trois lieuës de là, il v a vne poincte de D'vne fable qui aduance enuiron vne lieue, ou au bout il aduancc « u y a vn petit illet (4). Puis, allant à l'Efquemin(5), mer ' vous rencontrez deux petites illes baffes & vn petit De deux rocher à terre. Ces dictes illes font cnuiron. à demy lieuë de Lefquemin, qui eft vn fort mauuais port Port de Lefentouré de rochers & aiTeche de balTe mer. Et faut t,ucmm ' varifer pour entrer dedans au derrière d'vne petite poincte de rocher, où il n'y peut qu'vn vailTeau. Vn peu plus haut, il y a vne riuiere qui va quelque peu Riuiere. dans les terres ; c'eft le lieu où les Bafques font la pefche des ballaines (6). Pour dire vérité, le port ne vaut du tout rien.
Nous vinfmes de là audict port de Tadoufac, le Amuécà troiliefme d'aouft. Toutes ces dictes terres cy-deflus 1
( 1 ) Une partie de ces cinq lieues doit se prendre dans l'entrée de la rivière aux Outardes ; car, comme l'auteur le remarque un peu plus loin, la pointe aux Outardes et celle des Bctsiamis ne sont guère qu'à trois lieues l'une de l'autre.
(2) La pointe, l'anse et la rivière portent le nom de Bctsiamis.
(3) Les ilets de Jérémic.
(4) Cette description ne peut guère convenir qu'à la pointe à Mille- Vaches, quoiqu'elle soit à environ neuf lieues des ilets dejerémic. Comme il est difficile d'admettre que Champlain ait pu ne voir que trois lieues là où il y en avait neuf, il faut supposer ou bien qu'il y a eu quelque chose de passé dans le texte, ou bien que le manuscrit portait un 9, que le typographe aura pu prendre pour un 3.
( ç) Aujourd'hui, on dit : les Escoumins.
<6) Environ une lieue plus haut que les Escoumins, se trouve l'anse aux Basque».
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1603. f° nt baffes à la cofte,.& dans les terres fort hautes. Ils ne font fi plaifantes ny fertillcs que celles du Su, bien qu'elles foient plus baffes.
Voylà au certain tout ce que i'ay veu de cette ditte colle du Nort.
Les cérémonies que font les Sauvages deuant que (ï aller à la guerre. Des fa uu âges Al moue ht cois & de leur monjirucufe forme. Difcours du jlcur de Prcuert de Saincl-Malo fur la defcouuerturc de la cofle d ' Arcadic ; quelles mines il y a, âf de la bonté fertilité du pays.