‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 105 sur 287 · ACTE IV, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IL

Il voit de tous côtés qu'on o Wirve ses pas : Le péril cependant ne l'épouvante pas.

Si la pitié pour nous peut émouvoir votre êtme , Si moi-même en secret j'approuvai votre flamme , S'il est vrai (jue l'iinaour ait pu vous attendrir , Au nom de cet amour, daignez le secourir.

Je vous dirois qu'un cœur plein de i^econnoissanœ D'un service $i grand sera la récompense , S'il avoit attendu que tant de soins pour nous Vinssent justifier ce qu'il sentoit pour vous.

PLISTHENE.

Dissipez vos frayeurs et calmez vos alarmes :

Vos yeux , pour m'aUendrir , n'ont pa$ besoin de larmes.

Hélas ! qui plu$ que moi doit plaindre vos malheurs ?

Ne craignez rien : mes soins ont prévenu vos pleurs.

De ces funestes lieux votçe fuite assurée

Va vous mettre à couvert des cruautés d'Âtrée ;

Et je vais , s'il le faut , aux dépens da ma foi,

Prquver à vos beaux yeux ce qu'ils peuvent sur moi.

Oui , croyez-en ces dieux que mon anaour atteste ^

Croyez-en ces garants du salut de Thyeste,

Il m'est plus cher qu'à vous : sans me donner la mort ,

Le roi ne sera poii^t l'arbitre de son: sort.

Votre père vivra, vous vivrez, etJPlistbène

N'aura point eu pour vous une ten4k^sse vaine»

Je sauverai Thyeste. Eh I que n'ai-je point fait?

Hélas ! si vous saviez d'un barbare projet

A quel, prix j'ai déjà tenté de le défendre»...

Venez : pour lui, pour vous , je vais tout entreprendre.

Heureux si je pouvois , en vo^s sauvant tous deux , ,

184 ÀTRÊE ET THYESTE.

Près de ne Vous voir plus , expirer à vos yeux ! Mais Thyeste parott : quel bonheur est le nôtre I Quel favorable sort nous rejoint l'un et l'autre !

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