ACTE I, SCÈNE II. Sg
Né de ce sang fatal à la déesse en proie , J'avois encor sur moi la quereifc de Troie ; •Juge de la v^^eance , à ce titre odieax.
Ce fut peu de sa haim^ , die arma tous les dieux. La Crète paroissoit , tout âattoit mon* envie ; ^ • Je distinguob déjà le port de Cydonie :
Mais le ciel ne m'ofiroit ces ol^ts ravissants Que pour rendue toujours mes désirs plus pressants. Une effroyable nuit sur les eaux répandue Déroba to^t à coup ces objets à ma vue ; La mort seide y parut. ... Le vaste sein des mers Nous entr'ouvrit cent fois la route des enfers. Par des vents opposés les vagues ramassées^ De l'abime profond jusqnes au diel poussées , . Dans les airs embrasés agitoiént mes vaisseaux ^ Aussi près d'y périr cpi'à fondre sous les eaux. D'un déluge de feux l'onde comme allumée Sembloit rouler sur nous une m«T enflammée ; Et Neptune en eourNmx à tant de malheureux N'offroit pour tt>ut sdut tgue des itx^»s affreux. Que te dirai-je enfin ? Dans ce péril extrême , Je tremiblai /Sophronyme j et tremblai pour moi-^méme. Pour apaiser les dî^ix , je priai.... je promis. ... Non y je ne promis r^ : dieux cruels ! j^en frémis.... Neptune y l'instpuneiM; d'une indigne foiblesse y S'empara de mon cœm* y et dicta la promesse : * S'il n'en eut inspira le barbare dessein y Non y je n'auFois jamais promis de sang humain. H Sauve des malheureux si voisins du naufrage y i< Dieu puissant I m'éeriai-îe, et rends-nous au mage :
6o IDQMÉNÉE.
w Le premier des sujets rencontré par son roi
(( A Neptune immolé satisfera pour moi.... n
Mon sacrilège vœu rendit le calme à l'onde j
Mais rien ne put le rendre à ma douleur profonde ;
Et l'effroi succédant à mes premiers transports^
Je me sentis glacer en revoyant ces bords.
Je les trouvai déserts , tout avoit fui l'^irage :
Un seul homme alarmé parcouroit le rivage j
Il sembloit de ses pleurs mouiller qudques débris :
J'en approche en tremblant, v. hélas ! c étoit mon fils.
A ce récit £ital tu devines le reste.
Je demeurai sans force à cet objet fUneste ;
Et mon malheureux fils eut le temps de voler
Dans les bras du cruel qui devoit l'immoler.
SOPHRONYME
Ài-je bien entendu ? Quelle horrible promesse l Ah ! père infortuné I
IBOBrÉN^E. .
•» ' Bebfslle à ma tendresse.
Je fus .près d'dbéir : mais Idaman%e enfin Mit mon âme au-dessus des dieux et du destin ; Je n'envisageai plus le vœu ni la tempête ; Je baignai de mtes pleurs une si chère tête.
Le ciel voulut en vain me rendre fiirieux ; La nature à son tour fit taire tous les 4i^ux« . Sophronyme, qui veut peut braver leur puissance ; Mais ne peut pas qui veut éviter leur vengeance, A peine de la Crète eus-je touché les bords , Que je la vis remplir de mourants et de morts. En vain j'adresse au del une plainte importune f