‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 15 sur 287 · ACTE I, SCÈNE IL €i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IL €i

J*ai trouvé tbus les dieux du paru de Neptune.

éoPHRONYME*

Qu'espérez-vous des dieux en leur manquant de foi?

îdoménée.

Que du moins leur courroux n'accablera que moi ; Que le ciel, fatigué d'une injuste vengeance. Plus é(Juitable enfin , punira qui l'offense j Que je ne verrai point la colère des dieux S'immoler par mes ntains tm sang si précieux.

SOPHRONYME

Seigneur , à ce dessein vous mettez un obstacle : Pourquoi par Egésippe interroger l'oracle ?

Vos peuples^ informés du sort de votre fils, Voudront de leur salut que son sang soit le prix.

Que le ciel, que la Crète à l'envi le demandent. N'attends point que mes makis à leur gré le répandent. J'interroge les dieux I oe n'est plas sans frayeur: L'oracle est trop lécritiddnst le. ftmd de mon cœur. J'interrc^e les dieu^ ! qMe veuxriu que je fasse ? Pouvois-je à naes sujets refuser 'Cette grâce? Un peuple infortuné m'en {M*esse par ses cris ; J!ai résisté long-temps ; à la fin j'y souscris. Tu vois trop à quel prix il faut Je satisfaire. Ne puis-je être son toi qu'en cessant d'être père ? Mais pourquoi m'alarmer ? Les dieux pourroient parler. Non , les dieux sur ce poii^t n'ont lâpi à révéler. Que le ciel parle ou non sur ce cruel mystère , Ne puis-je pas forcer Egésippe à se taire ?

80PHR0NTMB. *

Il se tairoit en vain : par le ciel irrité.

Son silence, seigneur, sera-t-ii imité?

A se taire lonç-temps pourrez-vpus le contraindre ?

Que je prévois de maux ! que vous êtes à plaindre !

IDOMENEE.

Tu me plains : mais, malgré ta sincère amitié ,. Tu n'auras pas toujours cette même pitié, Quand tu sauras les manxi^ dont .le destin m.'accable , Et que l'amour a part à mon sort déplorable.... Je vois à ce nom seul ta vertu s'alarmer , Et la mienne a long-temps craint de t'en infi>rmer. * Tu sais que Mérion , à mon retour d'Asie, De son sang ériminel paya sa perfidie :

Lorsque je refusois une victime aux dieux.

J'osai biien m'immoler ce prince ambitieux.

Qu'il m'en coûte I Sa fille en ces Keax ametiée, Érixène a comblé les maux d'Idoménée.

Groirois-*tu que mon oœur, nourri dans les hassrds. N'a pu de deux beaux yeux sautebir les r^ards ; Et que j'adore enfin , trop facile et trop tendre. Les restes de ce sang que^je viens de répandre ?

SOPHEONYME.

Quoi ! seigneur, vous aimez ! et parmi tant de maux..*.

IDOMiNÉZ.

Cet amour dans mon cœur s'est fi>rmé dès Samos. Mérion , incertain du succès de ses armes, Y crut mettre sa fite à l'abri'des alarmes.

Je la vis, je l'aimai; conduite par Arcas, Je la fis dans ces lieux amener sur mes pas«

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