‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 143 sur 287 · SCÈNE IV. ÉGISTHE, TYDÉE, ANTÉNOR · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. ÉGISTHE, TYDÉE, ANTÉNOR

ÉGISTHE

Demeurez, et souffrez qu'envers vous je m'acquitte.

Ainsi que le héros brille par ses explcâts ,

La grandeur des bienfaits doit signaler les rois.

34o ELECTRE.

Tout parie du guerrier qui prit notre défense : Mais rien ne parle encor de ma reconnoissance. Il est temps cependant que mes heureux sujets, Témoins de sa. valeur, le soient de mes bienfaits. Que pourriez-vous penser, et que diroit la Grèce? Mais quoi! vous soupirez ! quelle douleur vous presse? Malgré tous vos efforts elle éclate, seigneur; Un déplaisir secret trouble votre grand cœur : Même ici mon abord a paru vous surprendre.

Avez-vous des secrets que je ne puisse apprendre ?

TYDÉE

De tels secrets , seigneur, sont peu dignes de voua? Je crains peu qu'un grand roi puisse en être jaloux. Permettez cependant qu'à mon devoir fidèiç Je retourne en des lieux où ce devoir m'appelle. J'ai fait peu pour Égisthe, et de quelque succès Sa bonté chaque jour s'acquitte avec excès.

S'il est vrai que mon bras eut part à la victoire , Il suffit à mon cœur d'en partager la gloire. Ne m'arrêtez donc plus sur l'espoir des bienfaits : Les vôtres n'ont-*ils pas surpassé mes souhaits? J'^ suis comblé, seigneur; mon âme est satisfaite; Je ne demande plus qu'une libre retraite.

EGISTHE

Un intérêt trop cher s'oppose à ce départ :

Argos perdroit en vous son plus ferme rempart. Des héros tels que vous, sitôt qu'on les possède. Sont, pour les plus grands rois , d'un prix à qui tout cède. Heureux si je pouvois, par les {dus forts liens, Attacher pour jamais vos intérêts aux miens !

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