ACTE H, SCÈNE IV. ^i
Je vous dois le-salut de toute ma &mille , >
Et ne yeux point sans vous disposer de ma fille»
TYDÉEyàpart.
Ciel ! où tend ce discours ?
ioiSTHE.
Oui, seigneur, c'est en vain Qu'avec la paix un roi me demande sa main :
Quelque éclatant que soit tm pareil liyménée , Au sort d'un autre époux nia fille est destinée ; Sûr de vaincre avec vous ," je crains peu désormais ' Tout le péril que suit le refus de la paix.
Il ncr tient plus qu'à vous d'affermir ma puissance. ^ ' J'ai besoin d'une main qui serve ma vengeance. Et qui fesse tcimber dans l'éterneHe nuit L'ennemi déclaré que ma haine poursuit , * ^
Qui me poursuit moi-même, et que mon cœur déteste. Point d'hymen , quel qu'il soit , sans la tête d'Oreste : Ma fille est à ce prix; et cet effort si grand, *
Ce n'est que de vous seul que ma haine l'attend.
• TYDÉK.
De moi , seigneur ? de moi ? juste del l -
ioiSTHE.
De vous^mémei Calmez de ce transport la violence extrême.
Quelle horreur vous inspire un si juste dessein ? *v Je demande un vengeur, et non un assassin. Lorsque , pour détourner ma mort qu'il a jurée, J'exige tout le sang du petit-fils d'Atrée, Je n'ai point prétendu , seigneur, que votre bras Le fit couler ailleurs qu'au miUeu des combats. I. iQ
i43 ELECTRE.
Oreste voit p9rtout voW an renommée ;
La Grè<ie en est remplie , et TAsie alarmée }
Ses exploits seuls devroieut vous en rendre jaloux :
C'est le seul ennemi qui soU digne de yoas.
Courez donc l'immoler ; c'e^ la seule victoire ,
Parmi tant de lauriers, qui manque à votre gloire.
Dites un mot , seigneur ; soldats et matelots
Seront ,préts avec vous de traverser les flots.
Si ma fille est un bien qui vous paroisse digne
De porter votre cœur à cet effort insigne ,
Pour vous associer à ce rang glorieux
Je ne consulte point quels furent vos àieux.
Lorsq^^'on a les vertus que vous faites paroître ,
On est du sang des dieux ^ ou digne au notoins d'en être.
Quoi quHl en soit, seigneur, pour servir mon courroux
Je ne veux qu'un héros , et je le trouve en vous.
Me serois-je flatté d'une vaine espérance.
Quand j'ai fondé sur vous l'espoir de ma veageance?
Vous ne répondez point ! Âh ! qu'estn^ que je vol?
TYDSS. •
La juste liorreUr du coup qu'on exige de mm.
Mais il faut aujourd'hui, pai!" plus de confiance , Payer de votre cœur l'afifreuse confidence.
Votre fille , seigneur, e^t d'un prix à mes yeux Au-dessus des numels , digae même des dieux.
Je vous dirai Men plus : j'adore' Iphianasse ; Tout nàon respect n'a pu surmonter mon audace ; Je l'aime avec transport j mon trop sensible cœur # Peut à peine suffire à cette vive ardeur :
Mais qurnid^ avec l'espoir d'obtenir ce que j'aime^