‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 145 sur 287 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

L'univers m'offriroit Ik puissance suprême , Contre votre ennemi Ken loin d'armer moii bras , Je ne sais point quel sang je ne répandrois pas^ Revenez d'une erreui^ à tous les deux funeste. Qui ? moi , grands dieux I qui ? moi , vous iniinôler Oreâte ! Âh ! quand vous le crojez seul digiie de mes coUps > Savez-vous qui je suis, et me cdnnoissèiJ-vouê ? Qtiattd même ma vertu n'auroit pu l'en défendre , N'eût-il pàs eu pour lui l'amitié la plus tendre? Ah î plût âttTÉ diêut cruels , jaloux de ce héros ^ Aux dépens de mes jours l'avoir BStnvé des flots ! Mais , hélâs I c'en est fkit } Oreste et Palamède....

Ils sont morts ? Quelle joie à mes craintes succède ! Grands dieux ! qui me rendez le plus heureux des rois. Qui pourra m'acquitter de ce que je vous dois ? Mon ennemi n'est plus ! Ce que je viens d'entendre Est-il bien vrai, séighetlr? Daignez au moins m'apprendré Comment le juste ciel a terminé son sort , En quels lieux , quels témoins vous avez de sa mort,

TYDÉE

Mes pleurs. Mais au transport dont votre âme est éprise ,

Je me repens déjà de vous l'avoir apprise.

Vous youlez de son sort en vain vous éclaircir :

Il me fait trop d'horreur, à vous trop de plaisir;

Je ne ressen&que trop sa perte déplorable.

Sans m'imposer encore un récit qui m'accable.

EGISTHE

Je ne vous presse plus, seigneur, sur ce récit. Oreste ne vit plus; son trépas me suflGit :

344 ELECTRE

Votre pitié .pour lui n'a rien dont je m'offense ;

Et quand le ciel sans vous a rempli ma vengeance, *

Puisque c'est vous du moins qui me l'avez appris , ,

Je crois vous en devoir toujours le même prix.

Je vous l'offre, acceptez-le ; aimons-nous l'un et l'autre :

Vous fîtes mon bonheur ; je veux faire le vôtre.

Sur le trône d'Argos désormais affermi ,

Qu'Égisthe en vous , seigneur, trouve un gendre , un ami.

Si sur ce choix votre âme est encore incertaine.

Je vous laisse y penser , ^t je cours chez la reine*

TYDÉE, à part.

Et moi, de toutes parts de remords combattu.

Je vais sur mon amour consulter ma vertu.

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