ACTE I, SCÈNE II
Il sembloit qu'une fille à mes regards si chère Devoit me dérober la tête de son père; Mais Vénus, attentive à se venger de moi , Fit bieia^ dans mon cœur céder l'amant au roi. J'immolai Mérion, et ma naissante flamme En vain en sa faveur combattit dans mon âme ; Vénus, qui me gardoit dé sinistrés amours.
De ce prince odieux ihe fit trancher les jours. Que dis-jé ? dans le sang du père d'Érixène J'espérôis étouffer mon amour et ma haine :
Je m'abusois; mon cœur, par un triste retour. Défait de son courroux , n'en eut que plus d'amour. Si depuis mes malheurs je ne l'ai pas vu naître. En dois-je moins rougir d'avoir pu le connoître?
SOPHRONYME
Menacé chaque jour du sort le plus affi*eux , Nourrissez^vous , seigneur^ un aiâour dangereux?
lÛOMENEÈ.
Je ne le nourris point , puisque je lé déteste : C'étoit des dieux vengeurs le coup le plus fimeste. Que n'a point fait mon cœur pour stflbiblir le trait !